ʼIʻrāb

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Le terme ʼIʻrāb (en arabe : (إﻋﺮﺍﺏ) désigne le système de suffixes nominaux, adjectivaux ou verbaux de l'arabe classique et de l'arabe standard moderne. C'est un nom verbal (masdar) construit à partir de la racine ع-ر-ب (ʻ-r-b ; forme IV) et sa traduction littérale est : « rendre (le mot) arabe ». Le terme est donc lui-même apparenté étymologiquement au mot « Arabe ».

Les suffixes typiques de l'ʼIʻrāb s'écrivent uniquement dans les textes entièrement vocalisés, comme le Coran ou les livres d'apprentissage de la lecture pour les enfants (ou les non-arabophones). Ils sont prononcés dans le discours oral formel mais ont disparu de tous les dialectes arabes contemporains. Les règles de la prononciation arabe font que les suffixes ne sont pas prononcés en fin de phrase dans certaines circonstances[1].

Les déclinaisons[modifier | modifier le code]

Substantifs suivant une déclinaison régulière[modifier | modifier le code]

Lorsque le substantif à décliner est défini, les suffixes sont -u (pour le nominatif), -a (pour l'accusatif), -i (pour le génitif).

Lorsque le substantif est indéfini, les suffixes sont complétés d'un -n (tanwīn) : -unn (pour le nominatif), -ann (pour l'accusatif)[2], -inn (pour le génitif).

Ce système s'applique à la plupart des substantifs, y compris les substantifs féminins se terminant en -ah / -at (ta' marbūta : ة), ainsi qu'à de nombreux pluriels internes (irréguliers).

Le /n/ final tombe également lorsque le substantif à l'accusatif forme la première partie d'une iḍāfa (construction de substantifs dont le second terme est au génitif ; ex.: la maison de l'homme, la voiture des amis).

Ainsi :

  • Nominatif (مرفوع marfūʿ) :
    • baytunn بَيتٌ : une maison
    • al-baytu البَيتُ : la maison
    • baytu r-rajuli بَيتُ الرَّجُلِِ : la maison de l'homme.
  • Accusatif (منصوب manṣūb):
    • baytann بَيتًا : (je vois) une maison
    • al-bayta البَيتَ : (je vois) la maison
    • bayta r-rajuli بَيتَ الرَّجُلِِ : (je vois) la maison de l'homme.
  • Génitif (مجرور majrūr):
    • baytinn بَيتٍ : (d') une maison
    • al-bayti البَيتِ : (de) la maison
    • bayti r-rajuli بَيتِ الرَّجُلِِ : (de) la maison de l'homme.

Diptotes[modifier | modifier le code]

Quelques noms au singulier (dont de nombreux noms propres ou des noms de lieux), ainsi que certains types de pluriels irréguliers sont qualifiés de diptotes (الممنوع من الصرف al-mamnuʻ min aṣ-ṣarf, littéralement : (celui qui) est privé de pureté, ou (celui qui) est privé de terminaison casuelle). Ces mots n'ont que deux suffixes de cas.

Lorsque le substantif est indéfini, ou dans une iḍāfa, les terminaisons sont -u (nominatif), -a (accusatif), et -a (génitif), soit sans ajout du tanwīn et similaire aux deux derniers cas. Lorsque le substantif est défini, le génitif est marqué par le -i habituel

Le duel[modifier | modifier le code]

Les terminaisons du duel (المثنى al-muthannā) sont : -āni (nominatif) et -ayni (accusatif et génitif). Le -ni tombe dans une iḍāfa.

  • Nominatif :
    • wālidāni والدان: deux parents
    • al-wālidāni الوالدان: les deux parents
    • wālidā'r-rajuli والداالرجل: les deux parents de l'homme.
  • Accusatif et génitif :
    • wālidayni والدين: deux parents
    • al-wālidayni الوالدين: les deux parents
    • wāliday'r-rajuli والدي الرجل: les deux parents de l'homme.

Pluriel masculin régulier[modifier | modifier le code]

Le pluriel masculin régulier, ou complet (الجمع المذكّر السالم al-Ǧamʻ al-muḏakkar as-sālim), qui concerne surtout des êtres humains de sexe masculin) est marqué par les suffixes -ūna[3] (nominatif) et -īna[3] (accusatif et génitif). Ces terminaisons ne changent pas selon que le substantif est défini ou indéfini.

Le -na tombe lorsque le nom est dans une iḍāfa :

  • Nominatif :
    • wālidūna والدون: des parents (plus que deux)
    • al-wālidūna الوالدون: les parents (plus que deux)
    • wālidū'r-rijāli والدو الرجال: les parents (plus que deux) des hommes.
  • Accusatif et génitif :
    • wālidīna والدين: des parents
    • al-wālidīnaالوالدين: les parents
    • wālidī'r-rijāli والدي الرجال: les parents des hommes.

Pluriel féminin régulier[modifier | modifier le code]

Le pluriel féminin régulier (الجمع المؤنث السالم al-Ǧamʻ al-mu'annath as-sālim) sont marqués par les suffixes -ātu[n] (nominatif [indéfini]) et -āti[n] (accusatif et génitif [indéfini])[4],[5].

Le -n final tombe lorsque le nom est dans une iḍāfa.

  • Nominatif :
    • mudarrisātun مدرسات: des enseignantes
    • al-mudarrisātu المدرسات: les enseignantes
    • mudarrisātu'l-awlādi مدرسات الاولاد: les enseignantes des enfants.
  • Accusatif et génitif :
    • mudarrisātin مدرسات: des enseignantes
    • al-mudarrisāti المدرسات: les enseignantes
    • mudarrisāti'l-awlādi مدرسات الاولاد: les enseignantes des enfants.

Syntaxe[modifier | modifier le code]

Système verbal[modifier | modifier le code]

L'aspect inaccompli porte également des suffixes vocalisés qui déterminent le mode du verbe.

  • À l'indicatif (مرفوع marfūʿ) : -u. yaktubu signifie « il écrit »[6].
  • Au subjonctif (منصوب manṣūb) : -a. yaktuba signifie « qu'il écrive ».
  • Au jussif, ou apocopé (مجزوم majzūm) : . yaktub (forme employée dans certaines constructions subordonnées, ou pour l'impératif). Les principes de l'euphonie peuvent parfois entraîner l'ajout d'un -i final : yaktubi (par exemple, lorsque le jussif est suivi de deux consonnes)

Les grammairiens arabes traditionnels ont établi une équivalence entre l'indicatif des verbes et le nominatif des substantifs, entre le subjonctif et l'accusatif, et entre le jussif et le génitif : c'est pourquoi ces formes portent les mêmes noms en arabe - à l'exception de la paire jussif-génétif, peut-être parce que le -i du jussif tombe souvent, ce qui casse la similarité. Cependant, les recherches en linguistique historique n'ont pu établir si les suffixes similaires sont le résultat d'un ancien lien intrinsèque entre les deux parties de chaque paire, ou le fruit du hasard ou non[7].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Kristen Brustad, Mahmoud Al-Batal, und Abbas Al-Tonsi, A Textbook for Arabic: Part Two. Georgetown University, Washington, DC, 2005 (ISBN 978-1589010963) ; 1e édition : 1997, (ISBN 0-87840-350-7) La méthode complète pour apprendre l'arabe.
  • (fr) Mathieu Guidère, Arabe grammaticalement correct ! Grammaire alphabétique de l'arabe, Paris, éditions Ellipses, 2001 (ISBN 2-72980923-6) Précis de grammaire accessible pour tous les niveaux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Par exemple, le suffixe -n (tanwīn) n'est pas prononcé à la fin d'une phrase ou d'un vers en poésie; un suffixe en voyelle peut ou ne pas être prononcé selon les exigences de la versification.
  2. La déclinaison de l'accusatif indéfini s'écrit dans tous les cas, même dans les textes autrement non vocalisés.
  3. a et b Le -a final n'est en général pas prononcé dans le discours oral.
  4. Le -n (tanwīn) est comme d'habitude la marque des substantifs indéfinis.
  5. Le -i final n'est en général pas prononcé dans le discours oral.
  6. Le futur simple se construit en ajoutant le préfixe sa- : sayaktubu, « il écrira ».
  7. Le système phonologique arabe ne disposant que de trois voyelles courtes, le choix est en effet restreint aux possibilités exposées ci-dessus.