ʻAkilisi Pohiva

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ʻAkilisi Pohiva
Fonctions
Ministre tongien de la Santé
413 janvier 2011
Monarque George Tupou V
Premier ministre Lord Tuʻivakano
Législature Élections législatives de novembre 2010
Prédécesseur Viliami Tangi
Successeur ʻUliti Uata
Député (représentant du peuple)
à l'Assemblée législative tongienne
En fonction depuis le 1987
Élection élu et réélu en 1987, 1990, 1993, 1996, 1999, 2002, 2005, 2008, 2010
Biographie
Nationalité tongien
Parti politique Parti démocrate des Îles des Amis
Profession Enseignant

Samuela ʻAkilisi Pohiva est un homme politique tongien. Membre fondateur du Mouvement pour les droits de l’homme et la démocratie, ainsi que du parti politique qui en émane (le Parti démocrate des îles des Amis), il est l'un des principaux activistes ayant fait campagne pour l'instauration de la démocratie aux Tonga[1].

D'abord enseignant, il commença à s'exprimer en faveur de la démocratie à la fin des années 1970, et fut renvoyé de son emploi avant de porter plainte avec succès pour retrouver son poste de fonctionnaire[1]. Il entra en politique, et fut élu député en 1987, parmi la minorité de députés représentants du peuple à l'Assemble nationale[2].

En 1996, il fut arrêté et brièvement emprisonné sur ordre de l'Assemblée nationale pour outrage au parlement, pour avoir révélé au public des détails de procédures parlementaires. Il fut libéré sur ordre de la Cour suprême, qui statua que son emprisonnement était « illégal et anticonstitutionnel »[3].

Dans les années 1980, il devint l'un des éditeurs de Kele‘a, principal journal du mouvement pro-démocratique. En 2002, il fut arrêté et poursuivi pour sédition, pour avoir publié dans Kele‘a un article affirmant que le roi Taufaʻahau Tupou IV était détenteur d'une fortune cachée. Il fut acquitté par le jury[4]. Suite aux émeutes de 2006 à Nukuʻalofa, par des manifestants réclamant la démocratie, Pohiva fut à nouveau arrêté et poursuivi pour sédition, accusé d'avoir encouragé les émeutiers. Il fut acquitté en septembre 2009[5].

En vue des élections législatives de novembre 2010, qui pour la première fois permettraient aux citoyens d'élire une majorité des députés, et introduiraient ainsi la démocratie aux Tonga, Pohiva cofonda le Parti démocrate des îles des Amis, dont il fut le président[6],[7]. Le parti remporta douze des dix-sept sièges ouverts aux représentants du peuple, et Pohiva lui-même fut ré-élu député, avec plus de 60 % des suffrages dans sa circonscription à Tongatapu[8],[9],[10],[11]. Il paraissait dès lors probable qu'il soit nommé premier ministre[8]. Pour la première fois, le premier ministre devait être élu par l'Assemblée, plutôt que nommé par le roi, et l'élection eut lieu le 21 décembre. Pohiva fut candidat face à Lord Tuʻivakano, l'un des neuf représentants de la haute noblesse au Parlement. Le candidat démocrate obtint douze voix, et fut ainsi battu par son adversaire, élu Premier ministre avec quatorze voix[12].

Lorsque Tuʻivakano forma son gouvernement, Pohiva demanda six postes de ministres pour les députés de son parti, en vertu des résultats de l'élection législative. Il n'en obtint finalement que deux, acceptant pour lui-même, le 4 janvier, le poste de ministre de la Santé, tandis que son collègue ʻIsileli Pulu devenait Ministre du Tourisme[13],[14]. Le 13 janvier, toutefois, il démissionna, protestant contre l'entrée au gouvernement de personnes non-députées (à des postes qui, à ses yeux, auraient pu être attribués à des membres de son parti), et refusant de signer un accord qui lui aurait interdit de voter (au Parlement) contre toute mesure adoptée en conseil des ministres[15],[16]. Bien qu'il n'y ait pas d'Opposition officielle, Pohiva fut, dès lors, considéré comme le chef de l'opposition de facto[17].

En 2011, Pohiva s'opposa à un amendement à la loi sur les armes et les munitions (Arms and Ammunitions (Amendment) Act) qui visait à réduire les peines imposables aux détenteurs d'armes illicites, alors que deux députés avaient été inculpés pour ce délit. Il exprima son espoir que le roi, George Tupou V, refuse d'y apporter sa sanction royale. Le roi opposa son véto à l'amendement début 2012, le déclarant « contraire au bien-être et à la sûreté » de ses sujets[18],[19],[20].

En mars 2012, Pohiva critiqua Lord Tuʻivakano pour n'avoir pas pris de mesures pour endiguer la corruption dans le pays, et annonça qu'il allait déposer une proposition de loi pour que les députés issus de la noblesse soient élus par l'ensemble des citoyens, et non plus seulement par les nobles. Il décrivit cette proposition comme une étape vers une « pleine démocratie »[21].

En décembre 2013, Action parlementaire globale lui remit le Prix de Défense de la Démocratie (Defender of Democracy Award), en reconnaissance de ses trois décennies et demi de campagne pour davantage de démocratie aux Tonga. Il est le premier insulaire du Pacifique à recevoir ce prix international[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b ‘I. F. Helu, "Democracy Bug Bites Tonga", in Crocombe, Ron, Culture & Democracy in the South Pacific, Suva : Université du Pacifique sud, 1982, ISBN 982-02-0079-2, pp.139-152
  2. (en) "People's Representatives", Parlement des Tonga
  3. (en) « ʻAkilisi Pohiva », Action parlementaire globale, décembre 2013
  4. (en) "MPs acquitted on sedition charges", The Age, 20 mai 2003
  5. (en) "Tongan MPs acquitted over 2006 riots", ABC Radio Australia, 17 septembre 2009
  6. (en) "Another new political party emerges in Tonga as country prepares for 2010 elections", Radio New Zealand International, 6 septembre 2010
  7. (en) "Tonga's Human Rights and Democracy Movement confident", ABC Radio Australia, 22 novembre 2010
  8. a et b (en) "Strong showing for Tonga democrats in election", BBC, 26 novembre 2010
  9. (en) "Pro-democracy party in Tonga a big in winner general elections", Radio New Zealand International, 25 novembre 2010
  10. (en) "Veteran pro-democracy campaigner has major success in historic Tonga elections", Radio New Zealand International, 25 novembre 2010
  11. (en) Résultats officiels des élections de 2010 à Tongatapu, Matangi Tonga
  12. (en) "Lord Tu'ivakano becomes new Tongan prime minister", BBC, 21 décembre 2010
  13. (en) "Editorial: Democracy's day one step closer in Tonga", New Zealand Herald, 4 janvier 2011
  14. (en) "First meeting of Tonga's new Cabinet", Matangi Tonga, 5 janvier 2011
  15. (en) "Tonga's democracy campaigner quits", Michael Field, Stuff.co.nz, 14 janvier 2011
  16. (en) "Democractic Party head resigns as Tongan health minister", Australia Network News, 14 janvier 2011
  17. "Tonga leader unfazed by motion of no confidence", Radio New Zealand International, 20 juin 2012
  18. (en) "Tonga democrats hope King will veto bill reducing illegal gun penalties", Radio New Zealand International, 2 décembre 2011
  19. (en) "Democracy at Work? Part II", Lopeti Senituli, Taimi Media Network, 17 novembre 2011
  20. (en) "King withholds assent on lower firearms penalties", Matangi Tonga, 10 janvier 2012
  21. (en) "Tongans' champion of democracy to push for full voting rights", New Zealand Herald, 30 mars 2012
  22. (en) "Tonga’s Pohiva says Defender of Democracy Award important", Radio New Zealand International, 17 décembre 2013