Œnanthe safranée

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L’œnanthe safranée (Oenanthe crocata) est une plante de la famille des Apiacées (et autrefois classée parmi les ombellifères), très commune dans l'ouest de la France. Elle contient de la crocatone, mais aussi des composés toxiques (œnanthotoxine, toxique à partir de quelques milligrammes ingérés)[1]. L'intoxication par cette plante est une urgence médicale.

Cette plante a fait l'objet d'une thèse de pharmacie il y a plus d'un siècle (1878) C Ordonneau (1878) Études sur l'oenanthe safranée (oenanthe crocata) ; Thèse présentée et publiquement soutenue à l’École supérieure de pharmacie de Montpellier.

Toxicité, toxicologie[modifier | modifier le code]

C'est une plante toxique[2] ; Avec la grande ciguë (Conium maculatum) et la ciguë vireuse (Cicuta virosa), l’œnanthe safrané est, parmi les Apiacées, « l'une des 3 principales espèces dangereuses trouvées en France »[2]. Sa racine exsude un liquide orange. Les composés toxiques sont des polyines (comme chez la ciguë vireuse et la petite ciguë) et à la différence de la grande ciguë (dont la toxicité est due à des alcaloïdes[3].)

Elle est également toxique pour certains animaux domestiques, qui peuvent notamment en consommer les racines mises à jour avec l'épandage de boues de curage de mares, fossés, étangs[4].

Des accidents sont rapportés plusieurs fois par an chez l'Homme, parfois mortels. Il en advient chaque année, souvent suite à une confusion avec une plante alimentaire, notamment lors d'opérations « survie » ou lors d'un repas au « naturel » improvisé[5]. Un cas d'intoxication volontaire a été décrit (2005) dans la littérature (le patient de 43 ans a été sauvé, après 4 jours de réanimation et traitement des symptômes[6].

Chez un enfant ayant confondu cette plante avec une carotte sauvage et en ayant mangé, les symptômes étaient un état « confus avec une somnolence et des céphalées, puis présentait des troubles digestifs (douleurs abdominales, vomissements, diarrhée). À l’hôpital étaient constatés un myosis, une ophtalmoplégie et une rhabdomyolyse »,

Habitat[modifier | modifier le code]

En France, elle pousse dans les zones humides et sur les sols très humides du sud et de l'ouest de la France et depuis peu dans le nord de la France (Picardie[7]).

Aussi appelée « navet du diable ». En néerlandais, elle est appelée « Dodemansvingers » (qui signifie doigts de mort).

Description[modifier | modifier le code]

Fleurs

Confusion possible : angélique, angélique des estuaires

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Toxicologie[modifier | modifier le code]

La plante produit plusieurs composants toxiques : dérivés acétylénique dont l'œnanthotoxine et la dihydroœnanthotoxine, à des concentrations beaucoup plus élevés que les autres œnanthes. Les parties souterraines sont les plus toxiques ; la plante sèche l'est moins.
Des intoxications sont possibles ; chez l'homme ou l'animal, et notamment chez l'homme car le tubercule pouvant être confondu avec la racine du radis, du navet ou du céleri. Les feuilles peuvent être confondues avec certaines variétés de persil.
Une intoxication a par exemple eu lieu à Vivario par ingestion de « pâté aux herbes ». Un officier génois a rapporté la mort de vingt-sept soldats empoisonnés « par une salade d’ochjigrisgiu (nom vernaculaire corse) » dans la région de Roccapina[8].
La mort peut survenir en 3 heures. L'œnanthe safranée pourrait ainsi correspondre à l'« herbe sardonique », moyen utilisé par les sardes de l'antiquité pour droguer leurs victimes avant la mise à mort[9].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Janot MM & Robixeeau C (1955) SUR LA CROCATONE. PRINCIPE CRISTALLISÉ NON TOXIQUE DE L'ŒNANTHE CROCATA L.(Ombellifères). Bulletin de la Société de chimie biologique, 360
  2. a et b Durand, M. F., Pommier, P., Chazalette, A., & de Haro, L. (2008). Intoxication par une apiacée sauvage: à propos d’une observation pédiatrique. Archives de pédiatrie, 15(2), 139-141 (résumé)
  3. Jeantet S (2004) Intoxication et photosensibilisation aux Apiacées (Thèse de doctorat).
  4. Geoffrion, R. (2000). Les plantes toxiques dans les cultures : à redouter dans des parcelles non ou mal désherbées. Phytoma-La Défense des végétaux, (532), 8-11.
  5. Polese JM (2007). Encyclopédie visuelle des plantes sauvages. Éditions Artemis.
  6. Fradin, P., Gamelin, L., Chiale, E., Connan, L., Gabillet, L., & Pluchon, Y. M. (2005). Intoxication volontaire à l’ Œnantha crocata: À propos d’un cas. Journal européen des urgences, 18(1), 33-36.(résumé).
  7. Wattez, J. R., Vignon, F., & Douchet, M. (1973). L'Oenanthe safranée, une espèce nouvelle pour la flore de la Somme. Rev. Fed. Franc. Soc. Sci. Nat, 12(52), 1-4.
  8. Archives d'Ajaccio, Archives d'Ajaccio, La Flore endémique de la Corse EDISUD
  9. Appendino G, Pollastro F, Verotta L et Als. Polyacetylenes from Sardinian Oenanthe fistulosa: A Molecular Clue to risus sardonicus, J Nat Prod, 2009;72:962-965

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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