Ōtomo Sōrin

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Portrait d'Otomo Sorin.
Ōtomo Sōrin est un nom japonais traditionnel ; le nom de famille (ou le nom d'école), Ōtomo, précède donc le prénom (ou le nom d'artiste) Sōrin.

Ōtomo Sōrin (大友 宗麟?) (31 janvier 1530 - 11 juin 1587) est un daimyo de l'époque Sengoku, chef de l'un des clans les plus puissants de l'île de Kyūshū, faisant partie de ceux qui, rencontrant saint François Xavier, se convertissent au christianisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Parcours politique et militaire[modifier | modifier le code]

D'abord connu sous le nom de Ōtomo Yoshiaki, fils aîné de Ōtomo Yoshiyaki, il prend la tête du clan lorsque son père se fait assassiner alors qu'il était prêt à le déshériter[1]. Il poursuit ensuite l'expansion territoriale entamée par son père, en affrontant et battant le clan Kikuchi en 1551, puis en soumettant le clan Akizuki en 1557. Quelques années plus tard, en 1561, commence une lutte de plusieurs années avec le clan Mori, interrompue 1562 et reprise en 1568. A la fin de cette guerre, Le clan Mori étend son influence aux dépens d'autres clans de l'île, tel le clan Ryūzōji. Plus tard encore, après leur conversion au christianisme, Yoshiaki, devenu Sorin après une première conversion religieuse comme moine bouddhiste et ayant gardé ce nom une fois devenu chrétien, et son fils Yoshiatsu, tentent de profiter de la défaite du Clan Itō des mains des Shimazu pour occuper le nord de la province de Hyuga, contre l'avancée de ces derniers, et d'y installer une cité chrétienne. Dans l'impossibilité d'obtenir l'aide de Toyotomi Hideyoshi face à leur nouvel ennemi, ils lancent une opération qui mènera, en 1578, à la bataille de la Mimi-gawa et au premier désastre pour les Otomo. Leur puissance décline alors au profit des anciens ennemis vaincus Akizuki et Ryûzôji.

En 1586, pourtant, c'est le clan Ryūzōji qui subit un revers important par la mort du chef Takanobu lors d'une bataille contre les Shimazu. Sorin tente alors une nouvelle fois de faire appel à Hideyoshi, allant le rencontrer à Osaka. Cette fois-ci ce dernier réagit favorablement. Après une nouvelle défaite des Ōtomo lors de la bataille de la Hetsugi-gawa, les troupes de Hideyoshi arrivent à Kyūshū, et gagnent face à leurs adversaires pour unifier l'île sous leur coupe. Sorin décède cette même année avec l'assurance d'avoir pu installer le pouvoir de son clan sur son domaine, malgré la perte d'autonomie. Quelques années plus tard, son fils Yoshimune, suite à quelques nouvelles erreurs, mènera le clan à sa perte.

Influence étrangère et religion[modifier | modifier le code]

Ōtomo Yoshishige rencontre le missionnaire jésuite François Xavier en 1551 et embrasse très vite la culture européenne. Il en adopte vite aussi bien les coutumes que les technologies militaires[2] au point qu'on ne puisse déterminer finalement si sa future conversion au christianisme est un acte de foi ou une stratégie politique et économique. En 1562, l'aide des portugais s'actualise au point que Sorin bénéfice de 3 navires portugais lors du siège du château de Moji qui s'avèrera finalement être une défaite pour lui[3]. Dans tous les cas, pendant une quinzaine d'années l'influence occidentale se mêle encore à la culture japonaise et ne l'empêche pas de devenir moine bouddhiste en 1562 sous le nom de Sōrin[3].

En 1578, il finit par adopter la religion chrétienne et se fait officiellement baptiser. Cette conversion s'accompagnera d'un zèle allant jusqu'à brûler des temples bouddhistes et shinto[4],[5] malgré les protestation des prêtres, promettant une vengeance des Dieux. C'est cette même année que cessera l'expansion du pouvoir des Otomo au profit des Shimazu. Il est cependant à noter que cet apparente fureur fanatique peut avoir des motifs politiques, certains temples ou sectes, pouvant disposer d'une grande influence et d'un grand pouvoir aussi bien culturel que politique ou militaire[6]. Mais les liens ne s’arrêtent pourtant pas à des profits sur le territoire japonais. Ainsi en 1582, Ōtomo Sorin envoie, avec les deux autres Daimyo chrétiens de Kyūshū, Ōmura Sumitada et Arima Harunobu, la première mission diplomatique japonaise en Europe, à Rome, auprès du Pape : l'ambassade Tenshō.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) John Whitney Hall, The Cambridge History of Japan, Volume 4, Cambridge University Press, 1991, p.307
  2. (en) Stephen Turnbull, Samurai Women 1184-1877, Osprey Publishing, 2012, p.43
  3. a et b (en) Stephen Turnbull, Samurai - The World of the Warrior, Opsrey publishing, 2006, p. 104-105.
  4. (en) Sansom, George, A History of Japan, 1334-1615. Stanford, Calif.: Stanford Univ. Press. p. 464.
  5. (en) Charles Ralph Boxer, The Christian Century in Japan: 1549-1650, University of California Press, 1951, p. 96.
  6. (en) Charles Ralph Boxer, The Christian Century in Japan: 1549-1650, Ashgate publishing, 2009, p. 124.