Ōkunoshima

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Vue de l'île depuis Kurotaki-yama. Le pylône de droite est le plus haut du Japon, avec 226 m.

Ōkunoshima (大久野島?) est une petite île située dans la Mer intérieure du Japon dans la ville de Takehara (préfecture d'Hiroshima). Elle est accessible en ferry depuis Tadanoumi et Ōmishima. Sur cette île se trouvent des terrains de camping, des pistes de randonnée et des lieux d'intérêt historique. Elle est souvent appelée « île des Lapins » (ウサギ島, Usagi shima?) à cause du nombre de lapins sauvages qui s'y trouvent. Ceux-ci sont apprivoisés et approchent facilement les humains. Malgré sa taille, l'île a joué un rôle clé pendant la Seconde Guerre mondiale, car elle possédait une usine de gaz toxique qui a alimenté en grande partie la guerre chimique qui s'est déroulée en Chine[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les ruines de l'usine de gaz (et la centrale électrique qui l'alimentait) en 2007

L'île était une zone de terres cultivée avant la première guerre sino-japonaise lorsque dix forts ont été construits pour la protéger. Seules trois familles de pêcheurs y vivaient alors[2].

En 1925, l'Institut de Science et Techniques de l'Armée impériale du Japon a lancé un programme secret pour développer des armes chimiques, en se basant sur de vastes recherches ayant montré que les États-Unis et l'Europe produisaient déjà de telles armes[2]. Le Japon était signataire de la convention de Genève de 1925 qui bannissait l'usage de la guerre chimique. Bien que le développement et le stockage d'armes chimiques ne fussent pas interdits, le pays mobilisa de grands moyens pour maintenir secrète la construction d'usines de munitions chimiques commencée en 1929, allant jusqu'à effacer toute trace de l'île sur certaines cartes[3]. L'usine s'est construite de 1927 à 1929 ; elle comprenait un atelier d'armes chimiques qui a produit plus de six kilotonnes de gaz moutarde et de gaz lacrymogène[2].

L'île a été choisie pour son isolement, propice à plus de sécurité, et pour son éloignement de Tokyo et d'autre zones sensibles en cas d'accident. Sous la juridiction de l'armée du Japon, l'usine de conditionnement de poisson a été transformée en réacteur à gaz toxique. Les riverains et les employés potentiels n'ont pas été prévenus de ce changement et tout a été gardé secret. Les conditions de travail étaient harassantes et de nombreuses personnes ont souffert de maladies liées à l'exposition aux produits toxiques.

Avec la fin de la guerre, les documents concernant l'usine furent brûlés et les Forces Alliées d'Occupation firent disparaitre le gaz, soit en le relâchant dans l'air, soit en le brûlant, soit en l'enterrant, soit en l'immergeant en mer[4], et ont sommé la population de garder le silence à propos du projet. Plusieurs dizaines d'années plus tard, des victimes de l'usine ont reçu des aides du gouvernement pour recevoir un traitement. En 1988, le musée du gaz toxique d'Ōkunoshima a ouvert.

Présent[modifier | modifier le code]

Le musée du Gaz Toxique

Le Musée du Gaz toxique[modifier | modifier le code]

Le musée du Gaz Toxique a été inauguré en 1988 pour sensibiliser le public au rôle de l'île dans la seconde guerre mondiale.

Autres bâtiments et infrastructures[modifier | modifier le code]

Il y a un hôtel, un camping et un petit terrain de golf à 6 trous.

Accès[modifier | modifier le code]

Le meilleur moyen d'atteindre Okunoshima depuis le continent est de prendre la Ligne Shinkansen Sanyō jusqu'à la gare de Mihara (le Nozomi ne s'y arrête pas) ; à Mihara, prendre la ligne locale Kure jusqu'à Tadanoumi, puis marcher jusqu'au terminal et prendre un ferry (la traversée dure 12 minutes).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ian Buruma, The Wages of Guilt: Memories of War in Germany and Japan, (New York: Meridan, 1994), 111.
  2. a, b et c (en) Yuki Tanaka, « Poison Gas: The Story Japan Would Like To Forget », Bulletin of the Atomic Scientists, octobre 1998 p. 10-19
  3. (en) The Beginning of the Gas Plants, exposition du Musée du Gaz toxique, visitée le 10 décembre 2006
  4. « Documentaire « Armes chimiques sous la mer » », sur future.arte.tv,‎ 2013 (consulté le 25 février 2014) rattrapage arte+7

Liens externes[modifier | modifier le code]

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34° 18′ 31″ N 132° 59′ 35″ E / 34.30861, 132.99306