Izmir

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Izmir
Smyrne
Vue panoramique
Vue panoramique
Administration
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Région Région égéenne
Province Izmir
District Région égéenne
Maire
Mandat
Aziz Kocaoğlu, CHP
2004
Préfet Mustafa Toprak
2013
Indicatif téléphonique international +(90)232
Plaque minéralogique 35
Démographie
Gentilé Smyrniote
Population 2 774 103 hab.
Densité 235 hab./km2
Géographie
Coordonnées 38° 26′ 00″ N 27° 09′ 00″ E / 38.433333, 27.15 ()38° 26′ 00″ Nord 27° 09′ 00″ Est / 38.433333, 27.15 ()  
Altitude 5 m
Superficie 1 181 100 ha = 11 811 km2
Localisation
Districts de la province de İzmir
Districts de la province de İzmir

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Izmir
Liens
Site de la mairie http://www.izmir.bel.tr
Site de la province http://www.izmir.gov.tr
Sources
« Index Mundi/Turquie »

Izmir (turc : İzmir et en grec : Σμύρνη / Smýrni), anciennement Smyrne, est le deuxième plus grand port de Turquie (après İstanbul), et la troisième agglomération du pays par le nombre d’habitants (2,8 millions d'habitants en 2010[1]). Elle est située sur la mer Égée près du golfe d'Izmir. Ses habitants sont les Smyrniotes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

İzmir est la forme turque moderne du nom Smyrne, ville connue depuis l’Antiquité (comme İznik pour Nicée). La forme Smyrne a été longtemps préférée en français à la forme turque qui ne s'est imposée qu’au XXe siècle. Aucun gentilé formé sur Izmir n'est signalé. Les noms de famille algériens Zmir, Zemirli, Zmirli, Zermirline... proviennent de la ville d'Izmir[2].

Smyrne fut fondée vers 3000 avant J.-C. par les « Lélèges », sur le site de Tepekule près de l'actuelle Bayraklı. Son nom proviendrait de celui d’une reine amazone. Entre 2000 et 1200 av. J.-C. elle fit partie du royaume hittite puis, à la suite de l’effondrement de l'État hittite face aux attaques des Phrygiens, elle fut occupée par des Éoliens émigrés de Grèce vers l'Anatolie au XIe siècle av. J.-C., puis par des Ioniens.

De l’indépendance à la conquête par Rome[modifier | modifier le code]

Agora de Smyrne

La première Smyrne vécut son apogée durant la période ionienne. Elle fut envahie en 600 av. J.-C. par le roi de Lydie Alyatte II, puis par les Perses en 546 av. J.-C. Ravagée, la cité n’occupa plus de rôle important durant la période classique (Ve et IVe siècles av. J.-C.).

Selon la légende, c’est Alexandre le Grand qui décida de restaurer la cité détruite. Mais ce sont plus probablement ses successeurs (Antigone le Borgne, puis Lysimaque) qui reconstruisirent la cité au IVe siècle av. J.-C., après la mort d'Alexandre. En 302 av. J.-C., elle passa sous la domination de Lysimaque, ancien général d’Alexandre le Grand, après sa victoire sur Antigone le Borgne, puis sous la domination des Séleucides puis, pour une courte période, sous celle du royaume de Pergame (fin du IIIe‑début du IIe siècle av. J.-C.). Les Séleucides tentèrent de reprendre le contrôle de l’Ionie où se situait Smyrne. Smyrne se battit aux côtés des Attalides, de Pergame et de Rome. En 189188 av. J.-C., les Séleucides furent chassés de l’Ionie et de l’Asie Mineure. Smyrne reçut des territoires pour avoir combattu aux côtés de Rome. Son engagement lui permit de bénéficier d’une indépendance protégée par la cité romaine. La ville reçut plusieurs hommes politiques romains en exil.

Agora de Smyrne

De 89 à 85 avant Jésus-Christ, Smyrne, comme l’ensemble des cités d'Asie Mineure, soutint le roi du Pont (Mithridate VI Eupator) dans sa guerre contre Rome. Sylla, général romain, entreprit la conquête de l’Asie Mineure. Il prit Smyrne et obligea chacun des habitants de la cité à défiler nu en plein hiver. Lors de la paix de Dardanos (85 av. J.-C.), qui conclut la guerre entre Rome et Mithridate VI, Smyrne, comme la majorité des cités libres d'Asie et d'Égée entra alors dans la province romaine d'Asie.

Smyrne fait partie des sept Églises d'Asie citées dans l'Apocalypse[3] de saint Jean qui a, d'après Tertullien, institué le premier évêque de Smyrne : Polycarpe[4]. Un passage de l'Apocalypse fait allusion à des chrétiens emprisonnés et Jean les félicite de leur courage face à la persécution de Domitien[5].

Depuis le IIIe siècle av. J.-C., Smyrne a toujours donné l’impression d'une cité prospère. Artistiquement, elle est connue pour ses grotesques. Les grotesques sont des figurines en terre cuite dont la particularité est d’exagérer un défaut physique lié souvent à la maladie. Il semble que ces représentations n’eurent pas seulement un but artistique ou de divertissement. Smyrne possédait une célèbre école de médecine dans l’Antiquité où séjourna le célèbre médecin Galien. Il est probable que certaines de ces sculptures servaient à illustrer des maladies comme l’hydrocèle (accumulation anormale de liquide ou de gaz dans un testicule). Une collection de ces objets est visible au musée du Louvre.

De la ville romaine ne sont connues que la zone de l'agora (en cours de fouille) ainsi que l'emplacement du théâtre, aujourd'hui recouvert par des maisons.

La ville est la patrie du célèbre rhéteur Aelius Aristide, qui vécut au IIe siècle et a laissé une œuvre littéraire importante.

Smyrne médiévale[modifier | modifier le code]

Forteresse de Kadifekale
Kadifekale (Pagos)

Smyrne vit naître l'une des sept églises originelles de la chrétienté. Devenue une province de Byzance après la division de l’Empire romain, elle fut envahie par le roi des Huns Attila en 440, puis par les Arabes en 695, avant de retourner dans le giron de Byzance. En 1081 elle fut conquise par les Turcs Seldjoukides, avant que les Byzantins, profitant de la progression des Croisés en Anatolie, n'aient reconquis en 1097 les territoires occupés par les Turcs sur les côtes de la mer Égée. Elle fut ravagée par les Turcs en 1222 et rebâtie par Jean Doucas qui édifia Kadifekale (la « citadelle de velours »).

En 1320 elle fut conquise par Mehmet Bey, émir d’Aydın. Son fils Umur Bey perdit la citadelle du port (Liman Kalesi) au profit des Chevaliers de Rhodes le 28 octobre 1334. Jusqu’en 1402 les Croisés et les Turcs gardèrent leurs positions respectives, les Croisés dans la Citadelle du port et les Turcs dans la « citadelle de velours » (Kadifekale), jusqu’à ce que Tamerlan détruise la Citadelle du port en décembre 1402.

Izmir ottomane[modifier | modifier le code]

L’importance économique et culturelle de Smyrne s'accrut progressivement durant les 500 ans où elle fit partie de l’Empire ottoman à partir de 1426 et dont elle fut la cité la plus riche. Smyrne est également le lieu de naissance de Sabbataï Tsevi (1626-1676), Messie auto proclamé, qui provoqua une importante crise au sein de la communauté juive de l'Empire ottoman. La ville est l'une des plus importantes « échelles du Levant », où se côtoient à côté des Turcs des communautés franques, juives, grecques, arméniennes. Au XIXe siècle, Smyrne est appelée un « petit Paris ». Le nouveau port (1870) construit par l'entreprise Dussaud et les deux premières lignes de chemin de fer de l'Empire ottoman (Smyrne-Kassaba et Smyrne-Aïdin, 1856) concourent à projeter la ville dans l'ère moderne.

L'incendie de Smyrne[modifier | modifier le code]

Attribuée à la Grèce après la Première Guerre mondiale lors du traité de Sèvres, en raison de son peuplement largement hellénophone, elle est occupée par l’armée grecque à partir du 15 mai 1919. En ce jour, plus de deux mille personnes[6] meurent à Smyrne et dans les environs. Après l’effondrement militaire de cette dernière pendant l'été 1922, la ville est prise par les forces de Atatürk le 9 septembre 1922 à la fin de la guerre d’indépendance.

L'incendie de Smyrne (1922)

Dans les dernières semaines de la guerre, les Grecs ottomans de l’intérieur se réfugient en masse à Smyrne, au rythme de plus de 20 000 par jour : ils sont plus de 200 000 le 8 septembre lorsque les dernières forces grecques quittent la ville. Il ne reste plus alors dans le port que des navires étrangers (anglais, français, italiens et américains). Les premières troupes turques arrivent le 9 septembre dans la ville, et les exactions commencent : jusqu'au 13 septembre, la ville est livrée aux pillages et aux meurtres contre les populations grecque et arménienne. Le métropolite de Smyrne, Chrysostomos, qui avait refusé de s’embarquer avec les derniers officiels grecs, est lynché sur la grande place, au vu des sentinelles françaises du consulat qui ont ordre de ne pas intervenir par souci de neutralité. Les navires européens au large refusent les réfugiés qui tentent de les accoster et les tentatives du consul américain Horton pour organiser l’évacuation sont désavouées par son gouvernement.

Le 13 septembre, un incendie éclate dans le quartier arménien. Il s'étend rapidement à toute la ville et échappe à tout contrôle: en une semaine, il détruit presque toute la ville et fait près de 2000 morts[7],[6]. L’origine de ce désastre est fortement disputée : les Grecs et les Arméniens en imputent la responsabilité aux pillards turcs, tandis que les Turcs accusent les Grecs de s’être livrés à une politique de terre brûlée pour éviter que leurs biens ne tombent aux mains des Turcs. De fait, ce type de pratique est attesté en Ionie à cette époque, et une commission d’enquête française reprend cette explication. Il faut néanmoins remarquer que le 13 septembre le quartier arménien était gardé par les troupes turques et que les Arméniens ne pouvaient circuler librement : c’est un des points soulignés par Horton, témoin oculaire qui accuse nommément l’armée turque de la destruction de Smyrne dans son ouvrage paru en 1926, The Blight of Asia. Ce témoignage a été confirmé par des études historiques telles que Smyrna 1922: The Destruction of a City de M. Housepian Dobkin (1988).

Le 24 septembre, la flotte grecque revient à Smyrne et évacue jusqu'au 1er octobre 180 000 réfugiés, prélude de l'échange de populations musulmanes et chrétiennes qui a lieu entre la Turquie et la Grèce l'année suivante.

La reconstruction d'Izmir[modifier | modifier le code]

Alsancak, Izmir
Alsancak, Izmir

À la suite du traité de Lausanne, Smyrne, comme l'ensemble de l'Anatolie, est cédé à la Turquie, où Mustafa Kemal a remplacé le sultanat par une république. Les populations d'origine étrangère quittent la ville, notamment les Grecs à la suite de l'échange de population entre la Grèce et la Turquie.

La ville, où seuls les quartiers turcs et juifs ont été épargnés par l'incendie, sera reconstruite progressivement, d'après les plans de l'urbaniste René Danger[8]. La ville accueille tous les ans (première semaine de septembre) la Foire internationale pour laquelle a été aménagé en 1936 le grand parc au centre de la ville (Kültürpark).

Après la Seconde Guerre mondiale, Izmir connait un boom démographique en partie dû à l'émigration depuis les provinces orientales. Le projet d'extension de Le Corbusier, invité par la municipalité en 1939 puis en 1948, n'est pas réalisé. La ville présente cependant un aspect très moderne, que seuls viennent atténuer les quartiers du port (ancien quartier franc) et les pentes de la citadelle de Kadifekale.

Izmir a conservé sa tradition de ville ouverte sur l'Occident.

Il reste à Izmir des traces et des liens de la présence d'une communauté francophone. Édouard Balladur, ancien Premier ministre français, est né à Izmir en 1929. Le lycée Saint-Joseph, établi par les Frères des Écoles chrétiennes en 1880, poursuit sa mission.

Administration[modifier | modifier le code]

Izmir est la préfecture (valilik) de la province (il) du même nom.

Culture[modifier | modifier le code]

Musée ethnographique d'Izmir

Izmir possède plusieurs universités, les plus anciennes étant l'Université d'Égée (Ege Üniversitesi, 1955) et 9 Septembre (Dokuz Eylül Üniversitesi, 1988). Récemment se sont ouvertes des universités privées : Université d'Économie à Balçova et Université Yaşar à Bornova.

Le festival de musique d'Izmir se déroule chaque été, en partie dans des sites historiques comme le théâtre d'Ephèse.

Dans le parc de la Culture se tiennent de nombreuses manifestations, dont la Foire du Livre et la Foire internationale de la Pierre (en avril).

La municipalité a inauguré en 2008 le Centre culturel Adnan Saygun, du nom du plus célèbre compositeur turc.

Géographie et économie[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Climat[modifier | modifier le code]

Izmir bénéficie d’un climat méditerranéen, avec un été chaud et relativement sec (pointes de 48° en juillet), et un hiver doux, avec des minima de 6° (moyenne de 10°).

Entre avril et octobre il pleut très peu, mais il peut y avoir des orages violents, avec des inondations.

Relevé météorologique de Izmir -altitude: 25 m
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 5,6 6,1 7,7 11,3 15,3 19,6 22,2 21,9 18,5 14,3 10,6 7,4 13,4
Température moyenne (°C) 8,6 9,3 11,6 15,8 20,6 25,2 27,5 26,9 23,4 18,4 14 10,5 17,6
Température maximale moyenne (°C) 12,2 13,3 16,2 20,8 25,9 30,5 32,7 32,3 28,9 23,5 18,4 13,6 22,4
Précipitations (mm) 132,3 99,1 76,4 44,5 23,5 9,9 7,5 3,5 14,9 40,3 87,1 153 692,4
Source : Le climat à Izmir (en ° C et mm, moyennes mensuelles) [1]


Économie[modifier | modifier le code]

Port sur la mer Égée.

Transports[modifier | modifier le code]

Il y a une ligne de métro en service et deux autres en construction.

L'aéroport International Adnan Menderes est situé à 18 kilomètres au sud d'Izmir.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Archevêché[modifier | modifier le code]

L'archevêque d'Izmir est Ruggero Franceschini.

Personnages célèbres[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « TURKEY: Census Population », Citypopulation.de,‎ 3 mai 2011 (consulté le 20 mai 2011)
  2. Anna Parzymies Anthroponymie algérienne : noms de famille modernes d'origine turque Éditions scientifiques de Pologne, 1985 (ISBN 83-01-03434-3 et 9788301034344)
  3. Les sept Églises : Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, et Laodicée. Voir l'Apocalypse 1,11.
  4. De praescriptione haereticorum, 32.
  5. Apocalypse 2,8-11
  6. a et b Mustafa Kemal invente la Turquie moderne, Paul Dumont, p. 31
  7. The New York Times: "Only Ruins Left In Smyrna" (16-09-1922)
  8. René Danger, architecte art déco, revue Arkheia, no 21, Montauban, 2009.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Smyrne, Evocation d'une Echelle du Levant, XIXe-XXe siècles, par Laurence Abensur-Hazan, éditions Alan Sutton, 2004.
    • Léon Kontenté, Smyrne et l'Occident, Yvelinédition, 2006, seconde édition augmentée : 2008. ISBN 9782846681698
    • Alain Blondy, XVIII. yy.da Izmir, Fransa ve Malta [Smyrne, la France et Malte au XVIIIe siècle], in Durusoy (Gertrude), Fransız Seyahatnameleri ve Tarihin Aynasında Izmir Kolokyumu, Izmir, Izmir Büyüksehir Belediyesi Kültür Yayını, 2002, 73-98.

Sources historiques[modifier | modifier le code]

  • Le Voyage à Smyrne. Un manuscrit d'Antoine Galland (1678), Chandeigne, coll. « Magellane », 2000.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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