Chissioua Mbouzi
| Chissioua Mbouzi | |||
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| Géographie | |||
| Pays | |||
| Revendication par | |||
| Archipel | Archipel des Comores | ||
| Localisation | Canal de Mozambique (océan Indien) | ||
| Coordonnées | |||
| Point culminant | non nommé (153 m) | ||
| Géologie | Île volcanique | ||
| Administration | |||
| Collectivité d'outre-mer | Mayotte | ||
| Démographie | |||
| Population | Aucun habitant | ||
| Autres informations | |||
| Découverte | Préhistoire | ||
| Fuseau horaire | UTC+3 | ||
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Géolocalisation sur la carte : Mayotte |
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| Îles de France | |||
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Chissioua Mbouzi est une île de l'océan Indien située à l'entrée nord du canal du Mozambique, dans l'archipel des Comores. Elle forme avec Grande-Terre, Petite-Terre et Chissioua Mtsamboro la collectivité d'outre-mer française de Mayotte, dont elle est la quatrième plus grande île.
Elle est située en face du village de Passamainti, entre la Grande et la Petite-Terre.
Elle a une surface de 84 ha, et culmine à une altitude maximum de 153 m. Son sol est principalement composé de cinérites (roche volcanique fortement dégradée par le temps). L'île est actuellement inhabitée, mais a été dans le passé utilisée par des bergers pour faire paître leurs troupeaux de chèvres (m'bouzi, en mahorais, signifie « chèvre »). Une léproserie a aussi été installée sur l'îlot, mais elle est aujourd'hui fermée. Lors de la construction de la piste de l'aéroport, il a été proposé d'utiliser le matériel minéral disponible sur l'îlot pour remblayer le lagon sur Petite-Terre. Une carrière a bien été ouverte, mais c'est le site appelé la Colline à Chaux, sur Petite-Terre, qui a finalement été choisi.
Sommaire |
[modifier] Faune
Les Makis
Cet îlot aujourd'hui classé en Réserve Naturelle servait de lieu pour relâcher des makis de Mayotte. Ainsi, quand un lémurien était trouvé blessé, il était confié à l'association Terre d'Asile pour le soigner. A Mayotte en général l'évolution de l'espèce est mal connue. Sur Petite-Terre les lémuriens ont disparu et sur Grande-Terre on s'aperçoit qu'il y a des changements de comportement liés à la déforestation massive, à l'urbanisation, au nourrissage, à l'imprégnation par l'homme, aux chiens errants ...
Sur l'ilot Mbouzi, l'association Terre d'Asile maintient artificiellement des makis qui sont soignés et alimentés quotidiennement sans aucune maîtrise de l'accroissement démographique et des règles vétérinaires[1]. En l'espace de 13 ans la population est passée de 20 individus à 650. En 2012, la population a été chiffrée à plus de 800 individus. Ces makis sont concentrés sur trois hectares de forêt, autour de l'ancien bâtiment de la léproserie, occupé par l'association. Malheureusement, la forêt sèche de l'îlot où l'eau douce fait défaut une partie de l'année, ne peut accueillir une telle concentration de makis à l'état naturel.
L'îlot est particulièrement infesté de rats notamment dans la zone de concentration des makis où ils profitent du nourrissage et des traitements vermifuges. Étant omnivores, les rats sont un fléau pour les îles tropicales, où ils n'ont pas de prédateurs naturels. Ils sont eux-mêmes des prédateurs pour la faune naturelle de la Réserve Naturelle tel les oiseaux, les reptiles, les insectes... Ils représentent également une menace pour la régénération de la végétation indigène qu'ils consomment à l'état de plantules ou de graines.
Cette concentration d'animaux (makis et rats) présente un risque épidémiologique majeur et peut même présenter un risque de propagation d'un virus sur les populations de makis de Mayotte. De plus, les makis, trop habitués à la présence humaine, se montrent de plus en plus agressifs et envahissants, en plus de causer des dégâts sur la végétation.
La nature est régie par des équilibres très fragiles qu'il faut bouleverser le moins possible. Des interventions apparemment anodines comme le nourrissage de la faune sauvage sans contrôle scientifique peut entrainer des réactions en avalanche incontrôlables, comme la prolifération d'espèces invasives. Le Maki de Mayotte n'étant pas en danger d'extinction mais à priori seulement en régression comme beaucoup d'espèces animales, celui-ci ne fait pas l'objet d'un plan national de conservation justifiant ce très coûteux apport alimentaire.
En 2012 a été pris la décision d'expatrier 300 makis de Mbouzi vers des zoos de la métropole. Les makis restant seront stérilisés afin de stopper leur prolifération et leur nourrissage artificiel (par l'homme) sera progressivement réduit puis stoppé. La stérilisation sera financée par l'association Brigitte Bardot tandis que le nourrissage est entrepris par l'association MKV, l'association Terre d'Asile (qui assurait autrefois le nourrissage et qui est à l'origine de cette prolifération de maki) ayant disparu de la circulation depuis le début de la mise en lumière du désastre causé sur la réserve...
[modifier] Flore
Au niveau de la flore, cet îlot possède une relique de forêt sèche naturelle, milieu de plus en plus rare à Mayotte. Du fait des activités humaines qui ont pu avoir lieu, l'îlot possède aussi une grande surface de milieux dégradés : pelouses sur cinérites, forêt semi-xérophytes à manguier (Mangifera indica) et bois noirs (Albizzia lebbeck), sous-bois à Leucaena leucocephala, peuplements monospécifiques de Lantana camara ou Furcraea foetida (deux des espèces les plus invasives sur Mayotte), ainsi qu'un grand nombre de tulipiers du Gabon (Spathodea campanulata). Néanmoins, malgré ces milieux secondarisés, l'îlot possède de grandes richesses floristiques : sa forêt sèche abrite nombre d'espèces patrimoniales et/où endémiques telles que les orchidées Cynorkis flexuosa, Nervilia kotschyi, Angraecum leonis, Vanilla humblotii. On y trouve aussi plusieurs endémiques strictes de Mayotte, telles que le Cyphostemma labatii, le Dioscorea mayottensis, l'Argomuellera trewioides, le Noronhia cochleata.
L'îlot abrite aussi des endémiques des Comores, dont Hibiscus comorensis, Diospyros comorensis, et Lagrezia comorensis dont c'est la seule station connue sur Mayotte, avec un statut incertain aux Comores, puisque cette plante n'y a pas été récoltée depuis Boivin, 1854. La redécouverte de cette plante à Mayotte en juin 2009 confère à cet îlot une importance toute particulière.
L'îlot possède aussi une petite mangrove.
[modifier] Réserve naturelle
| Réserve naturelle de l'Ilot Mbouzi | |
|---|---|
Nourriture pour les makis (2008) |
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| Catégorie UICN | IV (aire de gestion des habitats/espèces) |
| Pays | |
| Collectivité d'outre-mer | Mayotte |
| Superficie | 1,42 km2 |
| Création | 26 janvier 2007 |
| Administration | Les naturalistes de Mayotte |
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La diversité en milieux et en espèces, ainsi que leur rareté ont poussé les autorités compétentes à classer cet îlot en Réserve naturelle[2], la première sur Mayotte. L'association des Naturalistes de Mayotte a été désignée gestionnaire de la réserve nouvellement créée. Néanmoins, un problème se pose déjà pour cette réserve, en la présence de cette population de makis. En effet, l'espèce Eulemur fulvus mayottensis étant protégée par la loi, il est donc interdit de déplacer des individus, et de les nourrir, ce que l'association Terre d'Asile a pendant longtemps fait, avec la bénédiction des autorités. Bien que l'apport de nouveaux makis soit désormais interdit sur l'îlot, il est impossible d'arrêter de fournir leur nourriture aux 600 individus déjà présents, car alors ils mourraient. La réserve se trouve donc face à un problème qui semble difficilement soluble.
[modifier] Notes et références
- « Les makis de Mbouzi » ImazPress, 29 décembre 2002 (consulté le 3 avril 2011)
- L'ilot Mbouzi (RNN162) sur le site Réserves naturelles de France (consulté le 3 avril 2011)
[modifier] Annexes
[modifier] Bibliographie
- Michel Gresse, Brigitte Gandon, Laurent Tarnaud (et al.), « Conservation et introduction de Lémuriens sur l'îlot Mbouzi (Mayotte) », in Revue d'écologie, 2002, vol. 57, no 1, p. 75-82