Îles d'Hyères

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Îles d'Hyères
L'île de Porquerolles
L'île de Porquerolles
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Localisation Mer Méditerranée
Coordonnées 42° 59′ 53″ N 6° 19′ 23″ E / 42.998, 6.323 ()42° 59′ 53″ N 6° 19′ 23″ E / 42.998, 6.323 ()  
Superficie 28,99 km2
Nombre d'îles 4
Île(s) principale(s) Porquerolles
Port-Cros
Île de Bagaud
Île du Levant
Point culminant Mont Vinaigre (199 m sur Île de Port-Cros)
Administration
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Var
Commune Hyères
Démographie
Plus grande ville Village de Porquerolles
Autres informations

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Îles d'Hyères
Îles d'Hyères

Les îles d'Hyères, aussi appelées îles d'Or[1], sont un archipel de quatre îles françaises en Méditerranée, situées au large de la ville d'Hyères (Var), à laquelle elles sont administrativement rattachées. Une partie des îles et de la zone maritime environnante constitue le parc national de Port-Cros.

Les différentes îles[modifier | modifier le code]

Cet ensemble comprend, d'ouest en est, sur 22 km :

  • Porquerolles l'antique Protè : 1 254 ha, 7 km de long et 2,5 km de large, Située dans le prolongement de la presqu'île de Giens, l'île culmine au sémaphore à 142 m. Elle offre les paysages les plus variés et abrite un Conservatoire botanique national qui gère 180 ha de terres agricoles et collectionne des espèces rares endémiques aux îles d'Hyères ainsi que des variétés anciennes d'arbres fruitiers, figuiers, fruits à noyau et agrumes.
  • Île de Bagaud 45 ha, réserve du Parc national de Port-Cros, interdite d'accès.
  • Port-Cros : 650 ha ; 4 km de long sur 2,5 km de large, la plus élevée (194 m, mont Vinaigre) et la plus montagneuse des îles, dotée d'une flore exceptionnelle et refuge d'oiseaux. Du fait se son port naturel (d'où elle tire son nom), elle fut également la plus fortifiée avec la construction de 5 forts au cours de son histoire.
  • Rocher du Rascas (au nord de Port-Cros)
  • Îlot de la Gabinière (au sud de Port-Cros)
  • Île du Levant, 900 ha, longue de 8 km pour 2 km de large, elle culmine à 140 m. Elle est séparée de Port-Cros pas la passe des Grottes, large d'environ 1 km. 90% de son territoire est terrain militaire, occupés par le centre d'essai de la Méditerranée de la Délégation générale pour l'Armement (essai de tir de missiles) mais dont une grande partie est une réserve naturelle. Les 10% restant abritant un domaine naturiste, Héliopolis. L'île est en grande partie couverte d'arbousiers, qui donne son nom au village naturiste et à la réserve naturelle.

La superficie totale des 4 îles est de 28,99 km2.

Parc national[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parc national de Port-Cros.

Une partie de l'île de Porquerolle et l'ensemble des îles de Port-Cros et de Bagaud, des îlots de Rascas et de la Gabinière et la zone maritime environnante constitue le parc national de Port-Cros, soit une surface terrestre de 700 ha et une zone de 650 m autour des rivages, pour un total de 1 800 ha. Créé en 1963, il est le seul parc national de la France métropolitaine à la fois terrestre et maritime.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'archipel des îles d'Hyères est un prolongement géologique du massif des Maures que la montée des eaux après la fin de la dernière glaciation, il y a vingt mille ans environ, a isolé.

Le micaschiste très présent sur les îles en se reflétant au soleil lui a donné son nom d'îles d'Or.

Point le plus méridional de la Provence (cap d'Arme à Porquerolles), l'archipel se situe à peu près à la même latitude (43e parallèle) que le cap Corse, extrémité septentrionale de la Corse.

Carte topographique des Îles d'Hyères.

Climat[modifier | modifier le code]

L'influence maritime régule les températures. Les hivers sont doux, les étés chauds et secs.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Les Grecs les avaient nommées Stoëchades (ce qui signifie rangées en ligne). Elles furent appelées en français îles d'Orient, puis îles d'Or sous la Renaissance[2] avant de prendre le nom d'îles d'Hyères.

Les îles ont été occupées dès les temps préhistoriques[2]. Ainsi on a retrouvé des gisements exploités sur l'île du Levant, au Petit Avis, datant de l'âge de bronze ancien (1800 à 1400 av. J.-C.)[3].

Ensuite les îles sont occupées ou fréquentées par des Celtes, Ligures, Étrusques[2], Grecs (qui nommeront chacune des îles) et Romains. Ceux-ci ont laissé un certain nombre de traces comme des mosaïques et une stèle à Porquerolles et des tombes, des canalisations et de la monnaie à Port-Cros. L'intérêt de ces îles est qu'elles offraient aux navires un abri contre le mauvais temps[2]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'archipel connaît une occupation religieuse dès le XIIe siècle avec l'installation de moines cisterciens[4], de l'abbaye du Thoronet qui construisent au nord de l'île du Levant une abbaye-fille, l'abbaye du Castelas. Elle est victime peu après d'un raid de pirates qui la pillent et emmènent les moines en esclavage. L'abbaye est rebâtie en 1169 par des Augustins mais au début du XIIIe siècle, elle est au centre d'une querelle d'intérêts entre ordres religieux, l'abbaye du Thoronet voulant récupérer l'abbaye des îles, querelle qui sera tranchée par le pape Innocent III[5]. Des abbaye annexes de celle du Levant seront construites à Porquerolles et à Port-Cros, dans le vallon Notre-Dame. Les abbaye passeront ensuite sous le contrôle des moines de Lérins.

L'archipel connaitra une série de raids barbaresques de la fin du XIIe siècle au tout début du XVIe siècle (le dernier semble s'être produit en 1505) et l'Alliance franco-ottomane.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Carte datant de 1707, représentant les îles

En visite à Hyères et suite aux plaintes des habitants sur les raids de pirates, François Ier fit de trois des îles, Port-Cros, Bagaud et le Levant, un marquisat - le marquisat des Îles d'Or - qu'il confie à Bertrand d'Ornezan[6] avec la charge d'y assurer l'autorité royale et de le défendre contre les pirates. Onze marquis se succéderont jusqu'en 1785[7]. Sous le règne de François Ier, sera édifié le fort du Moulin[2], à Port-Cros, île disposant d'un port naturel.

En 1522, les chevaliers de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem qui viennent d'être chassés de Rhodes par Soliman le Magnifique demandent à François Ier le droit de s'installer dans les îles d'Hyères. Mais sur intervention de Charles Quint, alors opposé au roi de France, ils s'installent finalement à Malte.

Le roi Henri II donne en 1550 les îles à un gentilhomme allemand, passé au service de la France, le comte Christophe de Rogendorff, baron de Molembourg, en compensation des biens qu'il avait perdus en Allemagne. Ce comte les cède peu après à Gabriel de Luetz, ambassadeur français auprès de l'Empire ottoman, pour le remercier de l'avoir fait libérer des geôles turques. Cette cession fut avalisée par le roi en février 1552. Luetz porta donc le titre de « marquis des îles d'Or » et eut le droit d'ajouter à ses armes sept fleurs de lys d'argent sur fond d'azur. Pour y faire venir les colons, le roi les décrète terre d'asile pour les condamnés de droit commun mais l'arrivée de ces repris de justice sera facteurs de troubles importants.

Au XVIIe siècle, Richelieu renforce la protection des îles, faisant construire le fort de l'Estissac[2], dominant le havre de Port-Cros, ainsi que la tour de l'Éminence et le fort de Port-Man. Mais faute d'une garnison permanente suffisante, les îles sont toujours sujettes aux invasions. En 1700, les Anglais pillent Port-Cros et en 1707, au cours de la guerre de Succession d'Espagne, l'armée du duc Victor Amédée II de Savoie s'empare d'Hyères. Ils se replient sur Port-Cros et s'emparent ensuite de Porquerolles.

En 1742, les Anglais envahissent de nouveau Port-Cros avant d'en être chassés par le comte de Maurepas.

Le dernier marquis, Louis de Colvet, beau-père de Mirabeau vendit les trois îles à Jean Joseph Barthélémy Simon de Savornin en 1783.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1793, l'archipel est occupée par les Anglais qui se sont aussi emparés de Toulon. Ils les quittent un an plus tard, non sans les avoir ravagées. Après une bataille navale contre une flotte anglaise au large des îles en 1795, Bonaparte, alors consul, en renforça les fortifications, puis de nouveau sous l'Empire, pour lutter contre la présence britannique en Méditerranée. Il fit installer une garnison de plus de 1000 hommes à Port-Cros et la plupart des ouvrages fortifiés encore visibles sur les îles date de cette époque dont le fort qui porte aujourd'hui son nom, fort Napoléon[8],[9] sur l'île du Levant, construit en 1811.

Le XIXe siècle va marquer le début d'une véritable exploitation agricole des îles. En 1855, le comte Henri de Pourtalès (1815-1876) rachète l'île du Levant et 5 ans plus tard il y créé une colonie pénale pour enfants afin d'exploiter l'île [10]. Cette colonie pénitentiaire, dite Colonie agricole de Sainte-Anne, fonctionnera pendant 17 ans, de 1861 à 1878, accueillant plus d'un millier d'enfants dont une centaine y mourront[11]. Porquerolles, plus adaptée à l'agriculture connait plusieurs propriétaires mais en 1912, François Joseph Fournier, un aventurier belge ayant fait fortune au Mexique, rachète la totalité de l'île de Porquerolles. Il y entreprend de grands travaux agricoles, plantant 200 ha de vignobles[2].

Les îles vont devenir aussi à la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle des lieux de villégiature. Ainsi en 1880, Édouard Otlet, entrepreneur belge dans les tramways, fait de l'île du Levant sa résidence secondaire[12]. Son fils Paul Otlet (1868-1944) y passera ainsi plusieurs étés.

En 1892, l'État devient propriétaire de 930 ha de l'île du Levant soit 90 % de l'île, les héritiers de la famille Otlet ne conservant que 65 ha. Revendus en 1928 à une société immobilière, ils sont repris en 1931 par les docteurs Gaston et André Durville, qui y créeront Héliopolis, un des premiers villages naturistes d’Europe[13].

A Port-Cros plusieurs propriétaires de l'île se succèdent qui essayent d'en faire un lieu touristique. Durant l'entre-deux-guerres, l'île est fréquentée par des personnalités parisiennes.

Début 1943, les Allemands, après l'invasion de la Zone libre en novembre 1942, occupent les îles d'Hyères. Le 15 août 1944, les forces américaines débarquent dans les îles de Port-Cros et du Levant, le jour même du débarquement de Provence [14] qui se déroule plus au nord. Il faudra 2 jours de combats pour venir à bout de la garnison allemande de Port-Cros.

Dans les années 1960, la dernière propriétaire de l'île de Port-Cros fait don de l'île (excepté l'hôtel cédé à son petit-neveu) à l'État sous réserve qu'il protège l'île. En 1963, le parc national de Port-Cros est créé comprenant Port-Cros et l'île Bagaud (dont l'État était propriétaire depuis le XIXe siècle. L'État acquiert ensuite en 1971 la quasi totalité de Porquerolles[2] et en fait un site classé, géré par le parc national. En 1979 est créé le le Conservatoire botanique de Porquerolles[2].

Vue sur l'île de Porquerolles

Épaves[modifier | modifier le code]

La rade et les îles d’Hyères comptent environ 40 épaves antiques et 15 épaves modernes[15].

Quelques épaves célèbres dans la rade :

  • Le Prophète Elie, qui sombra en 1838.
  • Le Ville de Grasse, vapeur à roues à aube qui sombra en 1851.
  • Le Michel C, vapeur de cabotage qui sombra en 1866.
  • Le Donator, cargo de 78 m, coulé en 1945.
  • Le Sagona, cargo panaméen coulé en 1945.
  • La Tantine, chaland coulé en 1960.
  • Le « Mustang de Giens », chasseur-bombardier monoplace repéré en 1985.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Iles d'Hyères - Fragments d'histoire, ouvrage collectif[16], éd. Actes Sud, 1997.

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ne pas confondre avec l'île d'Or, autre petite île côtière du même département, située à l'est de Saint-Raphaël
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Ville d'Hyères, « Les îles d'Or », sur www.hyeres.fr, Ville d'Hyères (consulté le 23 avril 2014)
  3. Brun 1997, p. 17
  4. Brun 1997, p. 48-49
  5. Patrick Aslanian, « Des moines sur l’île du Levant », sur http://patrick.aslanian.free.fr (consulté le 23 octobre 2013).
  6. « Bertrand d’Ornezan, 1er marquis des Îles d’Or en 1531 »
  7. Brun 1997, p. 88-89
  8. Le fort Napoléon est situé dans le domaine naturiste d'Héliopolis et est une aujourd'hui propriété privée
  9. Capoulade et Goldet, Le fort Napoléon
  10. Les bagnes pour mineurs furent autorisés par Napoléon III dans le but de vider les villes des orphelins, enfants abandonnées et jeunes mendiants. Le pénitencier, aujourd'hui en ruines se trouve dans la zone militaire de l'île du Levant. Une plaque commémorative y a été posée dans les années 2000
  11. Les enfants de l'île du Levant par Claude Gritti, Paris, Lattès, 1999, 349 p.
  12. Françoise Levie, L’Homme qui voulait classer le Monde. Paul Otlet et le Mundaneum, Les Impressions Nouvelles, Bruxelles, 2007, pp.23-27
  13. Gritti 1999, p. 346
  14. Capoulade et Goldet, Héliopolis, p. 35-124
  15. Inauguration du dépôt archéologique régional, rapport gouvernemental 29 mars 2006, PACA, annexe 3, p.  21.
  16. Auteurs : Jean-Pierre Brun, Jean-Marie Guyon, Marc Heller, Michel Pascalini, Philippe Rigaux, Paul Turc

Voir aussi[modifier | modifier le code]