Îles Yap

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Îles Yap
Yap Islands (en)
Carte des îles Yap.
Carte des îles Yap.
Géographie
Pays Drapeau des États fédérés de Micronésie Micronésie
Archipel Îles Carolines
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 9° 32′ 00″ N 138° 07′ 00″ E / 9.533333, 138.1166679° 32′ 00″ N 138° 07′ 00″ E / 9.533333, 138.116667  
Superficie 100,16 km2
Nombre d'îles 4
Île(s) principale(s) Yap, Gagil-Tamil, Map, Rumung
Point culminant Mont Tabiwol (169 m sur Yap)
Administration
État Yap
Municipalités Dalipebenau, Fanif, Gagil, Gilman, Kanifay, Map, Rull, Rumung, Tamil, Weloy
Démographie
Population 7 371 hab. (2010)
Densité 73,59 hab./km2
Plus grande ville Colonia
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+10:00

Géolocalisation sur la carte : Micronésie

(Voir situation sur carte : Micronésie)
Îles Yap
Îles Yap
Archipels des États fédérés de Micronésie

Les îles Yap, en yap Wa′ab ou Waqab, forment l'archipel principal et un district de l'État de Yap, situé dans les États fédérés de Micronésie. Colonia est la capitale de l'archipel et de l'État de Yap.

Géographie[modifier | modifier le code]

Topographie et végétation[modifier | modifier le code]

L'archipel de Yap est situé dans l'océan Pacifique, dans l'ouest des îles Carolines. Il est formé de quatre îles principales : Yap (56,15 km2) qui est de loin la plus grande, Gagil-Tamil (28,82 km2), Map (10,64 km2) et Rumung (4,30 km2). Parmi les nombreuses petites îles qui les entourent et qui sont rattachées aux différentes municipalité de l'archipel, les plus notables sont : Bileegiliy (Rull), Biy (Tamil), Dilmeet (Map), Fangaamat (Rull), Garim (Giliman), Mitheathow (Gagil), Paakeal (Tamil), Qaelik (Giliman) (rocher), Ruunguch (Map), Taraang (Tamil). Elles totalisent 0,24 km2 de terre émergées.

Les quatre îles principales sont contiguës et entourées par un même récif de corail. Elles sont d'origine volcanique, apparues lors d'un soulèvement de la plaque de la mer des Philippines et ne doivent donc pas être confondues avec un atoll. Les îles sont couvertes d'une végétation dense. Le terrain en pente douce s'élève à 169 m avec le Mont Tabiwol sur l'île de Yap. Les côtes sont principalement recouvertes d'une mangrove. Le récif qui entoure l'archipel délimite un lagon de 26 km2.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat des îles Yap est tropical humide.

Données climatiques à Yap
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 19 19 19 19 18 19 18 19 19 17 18 17 17
Température moyenne (°C) 26,8 26,9 27,5 27,6 27,3 27,1 27,1 27,1 27,2 27,3 27,1 27,2 27,2
Température maximale moyenne (°C) 33 34 34 35 35 34 34 36 34 34 34 36 36
Ensoleillement (h) 210,8 211,9 251,1 255 244,9 201 189,1 176,7 180 170,5 192 198,4 2 481,4
Précipitations (mm) 186,2 151,9 151,4 146,3 230,1 322,3 369,3 386,1 343,2 304 230,4 228,3 3 049,5
Humidité relative (%) 82 81 80 79 81 83 84 84 84 84 83 83 82,3
Source : Weatherbase[1], Hong Kong Observatory[2].
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
33
19
186,2
 
 
 
34
19
151,9
 
 
 
34
19
151,4
 
 
 
35
19
146,3
 
 
 
35
18
230,1
 
 
 
34
19
322,3
 
 
 
34
18
369,3
 
 
 
36
19
386,1
 
 
 
34
19
343,2
 
 
 
34
17
304
 
 
 
34
18
230,4
 
 
 
36
17
228,3
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

Démographie[modifier | modifier le code]

L'archipel de Yap a connu un dépeuplement jusqu'au début des années 1950. La population est ensuite repartie à la hausse et semble se stabiliser actuellement.

Évolution démographique
1920 1925 1930 1935 1947 1958 1967 1973
5 380 (est.) 4 655 (est.) 4 021 (est.) 3 694 (est.) 2 617 3 243 4 023 5 142
1980 1987 1994 2000 2010 - - -
5 196 6 589 6 919 7 391 7 371 - - -
Chiffres de population des recensements de 1920 à 1935 estimés d'après un tableau récapitulatif dans le rapport de recensement de 2000[5].
(Sources : Recensements officiels des populations de l'État de Yap jusqu'en 2000 [3] et en 2010[4])
Évolution démographique des îles Yap depuis 1920

La partie sud de l'archipel avec les municipalités de Gagil, de Tomil, de Weloy et de Rull concentre la majeure partie de la population puisque environ 60 % des habitants en 1958 et 70 % en 2010 y vivent. La superficie de ces municipalités correspond à environ 35 % des terres.

Municipalité[6] Nom en yap Superficie (km2) 1958 [7] 1973 [8] 1980 [9] 1987 [10] 1994 [11] 2000[12] 2010 [13]
Dalipebinau Dalipeebinaew 11 202 169 211 264 544 645 397
Fanif Fanif 11 356 367 392 456 462 547 509
Gagil Gagil, dialecte Ggil 10 400 537 616 710 716 734 863
Gilman Gilimaan 5 143 217 228 183 204 233 252
Kanifay Kanifaay 10 181 235 225 274 245 275 309
Map Maap 11 300 337 319 517 547 592 621
Rull Ruul 10 524 1 463 1 432 1 855 1 973 2 019 2 100
Rumung Rumung 5 120 129 130 101 143 126 58
Tomil Tamil 15 503 666 713 842 897 1 023 1 231
Weloy Weeloey 11 514 1 020 926 1 440 1 188 1 197 1 030

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Carte des municipalités des îles Yap.

L'archipel de Yap comprend 99 villages et hameaux répartis en sept municipalités rattachées à l'État de Yap :

  • Dalipebenau, sur l'île de Yap, au nord de l'aéroport international de Yap. Elle comporte les villages et hameaux de Arinbgel, Binaw, Dalolab, Fedoor, Kanif, Magaf, Tagegin, Yaboch
  • Fanif, au nord de l'île de Yap, son chef-lieu est Gilfith. Dix villages ou hameaux sont distingués : Atliw, Ayrech, Gilfith, Gurung, Malway, Rang, Rumuu, Runuw, Wuluu et Yyin
  • Gagil, localisée au nord-est de l'île de Gagil-Tomir. Elle comprend les villages ou hameaux de Amun, Binaw, Darchaa, Gachpar, Lebinaw, Leng, Makiy, Mey, Muruu, Muyub, Riken, Teenfar et Wanyam. Le village de Gachpar fut autrefois la capitale du royaume des îles Yap qui a duré du Xe au XVe siècles.
  • Gilman, à l'extrême sud de l'île de Yap. Six villages ou hameaux y sont intégrés : Anoth, Gachlaw, Guror, Magchagil, Thabeth et Towoway.
  • Kanifay, située au sud de l'île de Yap, entre les municipalités de Gilman, Rull et Dalipebenau. Elle comprend six villages ou hameaux : Faraa, Gal, Malay, Nef, Nel et Tafnith.
  • Map, elle s'étend sur l'île du même nom et déborde très légèrement au nord sur l'île de Rumung et au sud sur l'île de Gagil-Tamil. Elle comprend treize villages ou hameaux : Amin, Bechiyal, Chool, Malon, Michew, Numdul, Palaw, Talngith, Toruw, Wacholab, Waloy, Waned et Wurilee.
  • Rull, dans le sud de l'île de Yap abrite l'aéroport international de Yap ainsi qu'une très ancienne "Maison des Hommes", aussi appelée faluw en yap. Elle intègre seize villages ou hameaux : Balabat, Benik, Dachngar, Dinay, Dulkam, Gitam, Lamer, Luwech, Madargil, Ngariy, Ngof, Ngolog, Tabinfiy, Worwoo, Wugem, Yinuf.
  • Rumung, située sur l'île du même nom, au nord de l'archipel. Elle comprend les villages ou hameaux de Fal, Gaanawn, Mnawn, Mechiol, Riy et Wenfra.
  • Tamil ou Tomil, à l'est de l'archipel, occupe la partie sud de l'île de Gagil-Tamil à l'exception du village de Gargey situé sur l'île principale de Yap. La municipalité de Tamil comporte douze villages distinctifs : Aff, Bugol, Daabech, Dechmur, Dilag, Doomchuy, Gargey, Maa, Madlay, Meerur, Teb et Thol. Plusieurs personnalités politiques de Yap sont issues de cette municipalité : les anciens gouverneurs Vincent Figir et Robert Ruecho, le juge en chef Cyprien Manmaw, le sénateur et président de la Chambre, Charles Chieng.
  • Weloy, située au centre de l'île de Yap, abrite la capitale de l'archipel et de l'État de Yap. Elle comprend les villages et hameaux de Adubwee, Dugor, Kaday, Keng, Maa, Mabuu, Mulroo, Nimar et Okaw.

Histoire[modifier | modifier le code]

Transport d'une monnaie de Pierre sur l'île de Yap (1880)

Au cours de l'époque pré-coloniale, les habitants de Yap ont établi leur domination sur ce que sont maintenant les îles extérieures de l'État de Yap. Les îles de Yap sont abordées pour la première fois par les Européens en 1528, par l'expédition espagnole de Álvaro de Saavedra. Une deuxième expédition espagnole, celle de Ruy López de Villalobos consigne à nouveau sa localisation le 26 janvier 1543. Elle est alors nommée Los Arrecifes (les récifs)[14],[15],[16]. Le frère augustin Jerónimo de Santisteban, dans le récit du voyage qu'il fait pour le vice-roi de Nouvelle-Espagne, alors qu'il est à Kochi en Inde sur le chemin du retour, rapporte l'instant de la rencontre avec les habitants de Yap. L'expédition de Villalobos y reçoit un accueil tout aussi surprenant que celui qu'elle avait eu précédemment aux îles de Fais : la population locale s'approche des navires dans des canots et salue les marins avec des "Buenos días matelotes!"[17]. Ceci constitue une preuve de l'influence de la présence espagnole dans la région à cette époque. L'archipel de Yap est également connu sous les dénominations de Los Garbanzos (les pois chiches) et Gran Carolina (Grande Caroline) sur les cartes espagnoles.

Du XVIIe siècle jusqu'en 1899, Yap est une colonie espagnole au sein de la Capitainerie générale des Philippines. Les Espagnols utilisent l'archipel comme prison pour les personnes capturées au cours de la révolution philippine[18]. Après la défaite contre les États-Unis en 1898 et la perte subséquente des Philippines, l'Espagne vend les îles et ses autres possessions mineures du Pacifique à l'Allemagne.

Yap devient un centre névralgique du réseau naval allemand avant la Première Guerre mondiale et un centre international important pour la télégraphie par câble. L'archipel est occupé par les troupes japonaises en septembre 1914, et transmis à l'empire japonais dans le cadre du Traité de Versailles en 1919 comme territoire sous mandat de la Société des Nations. Les droits commerciaux des États-Unis sur l'île sont fixés par un traité nippo-américain conclu le 11 février 1922[19].

Durant la Seconde Guerre mondiale, bien que l'île de Yap ne soit pas concernée par la stratégie américaine du saute-mouton, elle est régulièrement bombardée par des navires et avions américains. Les bombardiers japonais basés à Yap ont fait en retour quelques dégâts. La garnison japonaise était composée de 4423 hommes de l'armée de terre sous le commandement du colonel Daihachi Itoh et de 1494 hommes de l'armée navale[20].

En 1944, Yap est occupée par les militaires américains. L'archipel et le reste des îles Carolines est placé le 18 juillet 1947 sous mandat de l'ONU et administré dans le cadre du Territoire sous tutelle des îles du Pacifique par les États-Unis jusqu'en 1986. En 1978, suite à un vote en faveur de l'indépendance, les anciens districts de Yap, de Chuuk, de Pohnpei et de Kosrae décident de s'associer. Ils accèdent à l'indépendance le 3 novembre 1986 et forment la nation des États fédérés de Micronésie. En vertu d'un accord de libre association avec les États-Unis, les citoyens de la Micronésie et les marchandises qu'ils exportent sont autorisés à entrer aux États-Unis avec quelques restrictions. Le Conseil de sécurité des Nations unies ne ratifia la fin de la tutelle que le 22 décembre 1990.

Le programme de volontaires américains du Corps de la Paix est actif à Yap depuis 1966. D'autres organisations à but non lucratif basées aux États-Unis, par exemple Habele, ont une présence continue sur Yap, et visent à réduire les disparités éducatives et les inégalités dans l'accès à l'enseignement.

Culture[modifier | modifier le code]

La culture de Yap est célébrée lors du Yap Day le 1er et le 2 mars. Les mythes et traditions de Yap sont présentées dans un musée dédié, The Yap Living History Museum (YLHM).

Monnaie de pierre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Monnaie de pierre.
Un exemple de monnaie de pierre d'environ 2,45 m de haut localisé dans le village de Gachpar

Les îles de l'archipel de Yap utilisent encore une monnaie de pierre nommée Rai pour certaines transactions. Il prend la forme d'un grand disque de pierre généralement en calcite qui peut atteindre 4 m de diamètre, même si beaucoup sont plus petits et peuvent ne mesurer que 3,5 cm de diamètre[21]. Il y a cinq types majeurs de pierres : Mmbul, Gaw, Fe' ou Rai, Yar, et Reng, cette dernière mesurant seulement 0,3 m de diamètre. La plupart d'entre elles a été amené depuis d'autres îles, la Nouvelle-Guinée par exemple, mais le plus grand nombre a été taillé à Palaos. Leur valeur est basée sur la taille de la pierre et sur son histoire. Anciennement, la brillance de la pierre était également prise en compte. Les pierres sont devenues une monnaie ayant cours légal et étaient même obligatoires dans certains paiements[22].

La valeur des pierres a été maintenue élevée en raison de la difficulté et des risques impliqués dans leur obtention. Pour en avoir, les habitants de Yap devaient naviguer vers des îles lointaines et traiter avec les habitants locaux parfois hostiles. Une fois extraits, les disques étaient transportés à Yap sur des radeaux remorqués derrière des pirogues à voiles. La rareté des disques ainsi que l'effort et les périls nécessaires pour les obtenir les rendent précieux aux gens de Yap.

En 1874, un capitaine de la marine marchande irlandaise nommé David O'Keefe eut l'idée d'importer des cargaisons de grosses pierres de Palaos pour les échanger avec les gens de Yap contre des concombres de mer et du coprah. Le film Le Roi des îles de 1954 montre Burt Lancaster dans le rôle du capitaine[23]. Bien que certaines des pierres de O'Keefe sont plus grandes que les pierres transportées par pirogue, elles ont moins de valeur que les pierres antérieures en raison de la relative facilité avec laquelle elles ont été obtenues.

Comme aucune nouvelle pierre n'est produite ou importée, la masse monétaire est fixe[24]. Les insulaires savent qui possède quelles pièces mais ils ne les déplacent pas forcément en cas de changement de propriété. Leur taille et leur poids - les plus grandes exigent 20 hommes adultes pour les transporter - est un frein à ces mouvements. Même si aujourd'hui le dollar des États-Unis est la monnaie utilisée pour les transactions quotidiennes à Yap, les disques de pierre sont encore employés lors d'échanges traditionnels ou de cérémonie. Les disques de pierre peuvent changer de propriétaire pendant les mariages, les transferts de titre foncier, ou de compensation pour les dommages subis par la partie lésée[25].

Monnaie de coquillage[modifier | modifier le code]

Bâtiments[modifier | modifier le code]

Maison des Hommes de Rull

Il existe trois types de bâtiments traditionnels sur Yap. Le "tabnuw" est une maison de famille avec un toit de chaume tissé (feuilles de palmiers séchées). À l'intérieur, il y a une chambre ouverte, sans toilettes. La cuisine est une structure distincte en dehors des maisons de la famille[26].

Le "faluw" est la "maison des hommes". Cette maison de réunion était utilisée pour la planification des stratégies de guerre, les rites de passage des jeunes hommes et d'autres aspects importants de la vie sociale. Certains de ces aspects sont encore actifs actuellement. Avant la Première Guerre mondiale, des femmes étaient enlevées et emmenées au faluw. Il était considéré comme un honneur d'avoir été choisi car seules les plus belles étaient prises. La résidente des lieux était appelée "mispil" (femme résidente) de la faluw. Progressivement, la culture de l'île a été influencée par le point de vue du reste du monde sur la prostitution et cette pratique a pris fin[26]. Il y a beaucoup de maisons des hommes où les femmes sont autorisées à entrer après en avoir demandé l'autorisation.

Le plus grand des trois types de bâtiments traditionnels est le "Pebay". C'est un lieu à l'usage de la communauté où se tient l'école, des spectacles de danse ou des réunions. Comme avec tous les bâtiments sur Yap, il est nécessaire d'obtenir la permission avant d'entrer[26].

Langue et ethnicité[modifier | modifier le code]

La yap appartient aux langues austronésiennes, plus spécifiquement aux langues océaniennes. L'archipel de Yap fut d'abord colonisé par des migrants de la péninsule malaise, de l'archipel indonésien, de Nouvelle-Guinée et des îles Salomon. Les habitants des autres îles de l'État de Yap sont des descendants de colons mélanésiens ou polynésiens, et à ce titre présentent des différences ethniques importantes avec les gens de Yap. Un dialecte du yap est pratiqué dans la municipalité de Yap. Il a pour caractéristique majeure de souligner la voyelle "e".

Navigation[modifier | modifier le code]

Les gens de l'archipel de Yap et des autres îles de l'État de Yap étaient parmi les navigateurs les plus renommés du Pacifique. Ils voyageaient sur des centaines de kilomètres sur des pirogues à balancier, sans l'aide d'une boussole, en se servant d'un système de 32 étoiles, de la direction de la houle et d'autres techniques micronésiennes et polynésiennes de navigation pour se guider. Cette connaissance, inculquée dès le plus jeune âge et jalousement gardée, conférait aux marins un haut statut. Ils étaient astreints à vivre selon des tabous et des rituels magiques. La maîtrise de la navigation permis aux habitants de Yap, avant l'arrivée des Européens, de constituer un empire s'étendant sur l'ensemble de l'actuel État de Yap. Il existait à cette époque six types d'embarcations adaptées à des besoins différents[27].

La construction d'une pirogue à balancier était un acte entouré de rituels et de magie qui débutait par le choix d'un acajou ou d'un arbre à pain. Il était déraciné et non pas coupé pour éviter les fissures. Le tronc était ensuite halé sur la plage et creusé avec des pierres, des coquillages ou à l'herminette de métal. De la sève d'arbre à pain et des fibres de coco pour faire des cordes étaient utilisées pour coller et lier les différentes parties de la coque et fixer le balancier. Celui-ci était fabriqué avec du bambou, de l'arbre à pain et de la corde de fibres de noix de coco. La voile tissée par les femmes à partir de feuilles de Pandanus était ensuite fixée au mat de bambou et la coque peinte. Le bateau était ensuite mis à l'eau et la voile carguée au cours de danses et de cérémonies. L'art de la fabrication de ces embarcations est encore pratiqué à Yap et plus encore dans les îles extérieures de l'État de Yap, bien que les rituels magiques et les rites d'initiations aient été oubliés [27].

Structures sociales[modifier | modifier le code]

Maison traditionnelle avec plusieurs monnaies de pierre devant indiquant un haut statut. Beaucoup de ces pierres furent extraites à Palaos et transportées par pirogue à balancier sur plus de 450 km.

La société de Yap est basée sur un système de castes très complexe impliquant au moins sept niveaux de rang. Historiquement, le rang de caste de tout un village augmentait ou diminuait par rapport à d'autres villages en fonction de l'issue des conflits inter-villages. Lors du règlement de paix, les villages gagnants montaient en grade alors que les villages perdants devaient accepter une baisse de rang. Souvent, les villages de rang inférieur devaient payer un tribut aux villages de rang supérieur. Des tabous alimentaires pouvaient aussi être imposés aux villages de rang inférieur, par exemple, l'interdiction de la pêche et de la consommation des meilleurs poissons et crustacés. Au sein du village, chaque famille possédait son propre rang comparativement aux autres.

Jusqu'à l'arrivée des colonisateurs allemands, le système de classement des castes était fluide et le rang des villages et des familles changeait en fonction des intrigues et des affrontements inter-villages. À la fin du XIXe siècle, cependant, l'administration coloniale allemande "pacifie" Yap et interdit les conflits violents. Le classement de caste de chaque village, encore respecté aujourd'hui, est donc resté le même depuis qu'il a été gelé par les allemands. Les trois villages avec le plus haut rang sont Teb, Gachpar et Ngolog. Le village de Teb dans la municipalité de Tomil est le plus élevé des trois.

Économie[modifier | modifier le code]

L'aéroport international de Yap, situé au centre de l'île de Yap, est le principal lien économique de l'archipel avec l'extérieur. L'activité est essentiellement tournée vers la pêche et le tourisme, notamment à travers la plongée sous-marine et la découverte des raies manta. The Yap Living History Museum offre une présentation des mythes et traditions de l'archipel de Yap. Huit hôtels permettent l'accueil des touristes[28]. En janvier 2012, le groupe chinois Exhibition and Travel Group a signé un accord avec le gouvernement insulaire pour la création d'un vaste complexe touristique (4 000 chambres, casino, agrandissement de l'aéroport). Le projet est soutenu par le Président de la Fédération Manny Mori, mais se heurte à une opposition du président de l'Assemblée législative de Yap, Henry Falan qui craint une destruction de l'environnement (récifs coralliens, mangroves)[29].

Jours fériés[modifier | modifier le code]

Fêtes et jours fériés[30]
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Jour de l'an New Year's Day
1er mars Jour de Yap Yap day Célébration de la culture de Yap
31 mars Jour de la Culture et des Traditions micronésiennes Micronesian Culture and Traditions Day
10 mai Jour des États fédérés de Micronésie Federated States of Micronesia Day (Constitution Day) 10 mai 1979, signature officielle de la Constitution
24 octobre Jour des Nations unies United Nations' Day 24 octobre 1945 : entrée en vigueur de la Charte des Nations unies
3 novembre Jour de l'Indépendance FSM Independence Day 3 novembre 1986, date de l'annonce officielle de l'indépendance des États fédérés de Micronésie
11 novembre Jour des vétérans des Guerres à l’Étranger Veterans of Foreign Wars Day Originellement, Armistice Day, honorant les soldats américains de la Première Guerre mondiale
24 décembre Jour de la constitution de Yap Yap Constitution Day
25 décembre Jour de Noël Christmas Day

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Climatological Information for Yap », sur Weatherbase: Historical Weather for Yap, Federated States of Micronesia (consulté le 13 décembre 2012)
  2. (en) « Climatological Information for Yap » (consulté le 13 décembre 2012)
  3. http://www.pacificweb.org/categories/Statistical%20Activities/Census/FSMCensus.html Recensements des États Fédérés de Micronésie jusqu'en 2000
  4. http://www.sboc.fm/index.php?id1=Vm0xMFlWbFdWWGxVYmxKWFlUQndVbFpyVWtKUFVUMDk Recensement de 2010
  5. http://www.pacificweb.org/DOCS/fsm/2000%20FSM%20Censuses2.htm
  6. (en) « Statoids - Municipalities of the Federated States of Micronesia » (consulté le 18 décembre 2010)
  7. (en) http://www.pacificweb.org/DOCS/Trust%20TerritoriesPI/1958%20Census%20tables.pdf
  8. (en) http://www.pacificweb.org/DOCS/Trust%20TerritoriesPI/1973%20Trust%20Territory%20of%20Pacific%20Islands/1973%20Trust%20Territory%20Pop.pdf
  9. (en) http://www.pacificweb.org/DOCS/fsm/Yap/1980%20Yap%20Census.pdf
  10. (en) http://www.pacificweb.org/DOCS/fsm/1987%20Yap%20Census/1987%20Yap%20Census2.htm
  11. (en) http://www.pacificweb.org/DOCS/fsm/1994CensusTables2.htm
  12. (en) http://pacificweb.org/DOCS/fsm/Yap2000Census/2000%20Yap%20Census%20Report_Final.pdf
  13. (en) http://www.sboc.fm/index.php?id1=Vm0xMFlWWXhWWGhTYmxKV1YwZFNUMVpzV21GVk1WbDNXa2M1VmxKdGVGbGFWVnBoVlVaV1ZVMUVhejA9
  14. Coello, Francisco "Conflicto hispano-alemán" Boletín de Sociedad Geográfica de Madrid, t.XIX. 2º semestre 1885, Madrid, p. 233-234, 238, 282
  15. Brand, Donald D. The Pacific Basin: A History of its Geographical Explorations The American Geographical Society, New York, 1967, p.123.
  16. Sharp, Andrew, The discovery of the Pacific Islands Oxford 1960, p. 28.
  17. Colección de documentos inéditos del Archivo de Indias, vol. v (Madrid, 1866), p. 117-209; vol. xiv (Madrid, 1870), pp.151-65.
  18. Alvarez, S.V., 1992, Recalling thé Revolution, 204–212, Madison: Center for Southeast Asia Studies, University of Wisconsin-Madison, ISBN 1-881261-05-0
  19. Text in League of Nations Treaty Series, vol. 12, p. 202-211.
  20. Akira Takizawa et Allan Alsleben, « Japanese garrisons on the by-passed Pacific Islands 1944-1945 », Forgotten Campaign: The Dutch East Indies Campaign 1941-1942,‎ 1999–2000
  21. (en) Cora Lee C. Gillilland, The Stone Money of Yap. A Numismatic Survey. (Smithsonian Studies in History and Technology 23), Washington, DC, Smithsonian Institution Press,‎ 1975, 75 p.
  22. Goldberg, Dror. "Famous Myths of 'Fiat Money'", Journal of Money, Credit and Banking 2005, 957-967
  23. http://www.imdb.com/title/tt0045876/?ref_=fn_al_tt_1
  24. Washington Post, 1984.
  25. http://www.dorfonlaw.org/2013/02/money-is-magic.html
  26. a, b et c « Yap Facts – A Primer on Yapese Culture » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 2014-08-09
  27. a et b http://www.visityap.com/culture/
  28. http://www.visityap.com/culture/conservation/ et http://www.visityap.com/accommodations/
  29. Courrier international no 1190 du 22 au 28 août, p. 27
  30. [1], Jours-feries.com et « Q++Studio.net » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 2015-02-22

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