Île du Grand Rouveau

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Île du Grand Rouveau
Ponton du Grand Rouveau
Ponton du Grand Rouveau
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Archipel des Embiez
Localisation Mer Méditerranée
Coordonnées 43° 04′ 49″ N 5° 46′ 03″ E / 43.080278, 5.7675 ()43° 04′ 49″ N 5° 46′ 03″ E / 43.080278, 5.7675 ()  
Superficie 0,55 km2
Géologie Île continentale
Administration
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Var
Commune Six-Fours-les-Plages
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+01:00

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Île du Grand Rouveau
Île du Grand Rouveau
Îles de France

L'île du Grand Rouveau fait partie de l'archipel des Embiez qui comprend cinq îles avec le petit Rouveau, le petit Gaou, le grand Gaou et la plus grande l'île des Embiez. Elle est située sur le territoire de la commune de Six-Fours-les-Plages dans le Var. Propriété du Conservatoire du Littoral depuis 2 000, l'île est gérée par la ville de Six-Fours-les-Plages avec le soutien de l'initiative des Petites Iles de Méditerranée (initiative PIM), portée par la délégation internationale du Conservatoire du Littoral. C’est un endroit idéal pour la plongée sous marine. Aucune ligne régulière ne dessert l'île.Au sommet de la petite île, à 17 m d’altitude se dresse le phare du Grand Rouveau.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette île achetée en 1652 par Julien de Boyer, seigneur de Bandol, devient par la suite propriété de la Commune. En octobre 1859, l'Administration des Ponts et Chaussées l'acquiert pour la somme de 2 700 francs pour y construire un phare [1]. Le phare du Grand Rouveau est construit de 1861 à 1863,

Le bâtiment comporte une tour centrale de 13,20 mètres de haut encadrée de deux ailes recouverte d'un toit de tuiles où ont été réalisé les logements des gardiens et des ingénieurs en tournée. Les soubassements et les chaînes d'angle sont réalisés en pierre de Cassis, calcaire très dur veiné de rose, le reste de la construction étant fait en moellons du cap de la Cride, entre Bandol et Sanary. Le coût de cette construction, optique comprise s'est élevée à environ 104 900 francs. Pour desservir l'ensemble, un chemin carrossable partant du petit port de l'île jusqu'à la plateforme du phare a été réalisé. En bordure de ce chemin, un bâtiment servant de magasin a été construit en schistes ; il a été rénové par le Conservatoire du Littoral.

Le phare a été électrifié et automatisé en 1976. Depuis cette date il n'y a plus de gardien. La lanterne de type standard de 2 5 mètre de diamètre est à trois niveaux vitrés de verre blanc. L'optique de 50 cm de focale est fixe ; elle a remplacée en 1904 l'optique d'origine tournante dont la cuve à mercure a été déposée. Le feu est blanc à deux occultations toutes les six secondes[2], se répartissant d'après les cartes marines du SHOM de la façon suivante :

  • 3 secondes d'occultation
  • 1 seconde d'éclat
  • 1 seconde d'occultation
  • 1 seconde d'éclat.

Milieu naturel[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

D'après la carte géologique du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), l'île est uniquement constituée de roches siliceuses d'origine métamorphiques : les phyllades inférieurs de Six-Fours.

Flore terrestre[modifier | modifier le code]

Les arbres et arbustes rencontrés le plus fréquemment sont les suivants : le Pins d'Alep (Pinus halepensis), une des essences les plus typiques du milieu méditerranéen. Il est reconnaissable à son écorce lisse et gris argenté, puis crevassée, épaisse, rouge-brun assez foncé et riche en tanin. Le chêne vert (Quercus ilex), le filaire à feuilles étroites (Phillyrea angustifolia), le pistachier lentisque (Pistacia lentiscus), l'oléastre (Olea europea), le romarin (Rosmarinus officinalis), le fragon petit houx (Ruscus aculeatus) et le Tamaris de France (Tamarix gallica).

La flore du Grand Rouveau présente un grand intérêt car on y trouve des espèces remarquables à savoir : l'ail petit-moly (Allium chamaemoly)[3], la saladelle naine (Limonium pseudominutum)[4], le Séneçon à feuilles grasses (Senecio leucanthemifolium)[5], la Passerine hérissée (Thymelaea hirsuta)[6], le Buplèvre glauque (Bupleurum semicompositum)[7] et l'Orobanche sanguine (Orobanche sanguinea)[8] qui parasite le Lotus d'Allioni (Lotus cytisoides).

Parmi les autres espèces rencontrées on peut citer les suivantes ; La Criste marine (Crithmum maritimum), le Dactyle pelotonné (Dactylis glomerata), l'Immortelle commune (Helichrysum stoechas), l'Inule à feuilles de perce-pierre (Inula crithmoides), la Luzerne des rivages (Medicago littoralis), la Garance voyageuse (Rubia peregrina), le Séneçon cinéraire (Senecio cineraria), la Salsepareille (Smilax aspera), le laiteron âpre (sonchus asper ) et le Dompte-venin officinal (vincetoxicum hirundinaria).

On trouve également des Griffes de sorcières (Capobrotus edulis ou Mesembryanthemum edulis). C'est une plante grasse rampante ou pendante formant de grands tapis; elle est facilement reconnaissable à ses feuilles charnues opposées de forme trièdre. Son fruit, appelé parfois figue des Hottentots, peut être consommé. Cette plante originaire d'Afrique du Sud est très envahissante et pose un grave problème écologique car elle compromet la survie d'espèces endémiques et protégés[9]. Cette plante probablement introduite à l'époque par un des gardiens du phare, s'est tellement développée qu'elle a recouvert, d'après le rapport Flore et végétation de l'île du Grand Rouveau et des îlots satellites, près de la moitié des habitats naturels de l'île au début des années 2000[10]. L'initiative pour les petites îles de Méditerranée (PIM) a alors commencé en 2011 une campagne d'arrachage des griffes de sorcière. Ces végétaux sont arrachés manuellement pendant l'été et mis en andains développés suivant les courbes de niveau afin qu'ils se dessèchent sur place et évitent ainsi l'érosion sur sol par les pluies. Ces andains sont placés tous les cinq mètres environ. Des expérimentations de génie écologique sont menée également sur l'île depuis 2013, avec le soutien de la société AGIR écologique. Une pépinière de plants récoltés sur l'île a été installée, afin de ne pas perturber le patrimoine génétique insulaire.

Faune[modifier | modifier le code]

L'île du Rouveau est essentiellement peuplée d'oiseaux de mer : Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo), Goéland leucophée ou Gabian pour les provençaux (Larus michahellis), Mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus), Puffin yelkouan (Puffinus yelkouan), Puffin cendré (Calonectris diomedea). On trouve également des corneilles noires (Corvus corone).

L'île est également habitée par le lézard des murailles qui prospère n'ayant aucun prédateur pour contenir sa population. Il n'est pas rare de croiser des dizaines de reptiles sur quelques mètres.

Le Phyllodactyle d'Europe (Euleptes europaeus), est présent sur l'île. Il s'agit de l'unique espèce de gecko aujourd'hui identifiée.

La faune aquatique est également importante, on peut voir un grand nombre de poissons de roches tels que : La girelle (Coris julis), appelée aussi girelle royale (pour les mâles) ou girelle commune (pour les femelles), la Girelle paon ou Girelle turque (Thalassoma pavo) devenue rare, la castagnole ou masque (Chromis chromis) de couleur noire, l'Apogon ou Castagnole rouge (Apogon imberbis), la rascasse brune (Scorpaena porcus), la Rascasse rouge (Scorpaena scrofa) ou Chapon voire Escourbe pour les provençaux, le Serran commun (Serranus cabrilla), le Serran écriture ou perche de mer (Serranus scriba) avec sa tache bleu violacé sur le ventre, le Mulet (Mugil cephalus), le Loup ou Bar commun (Dicentrarchus labrax), la Blade ou Oblade (Oblada melanura), la Saupe (Salpa salpa) parfois appelée à tort Daurade rayée car cela pète à confusion avec l'espèce suivante, la Daurade royale (Sparus aurata), la Bogue (Boops boops), le Marbré ou Mourme (Lithognathus mormyrus), le Sar à tête noire ou Veïrade (Diplodus vulgaris), le Sar commun (Diplodus sargus), le Sar à museau pointu (Diplodus puntazzo), l'orphie (Belone belone) ou aiguillette. Enfin on rencontre un grand nombre d'espèces du genre Labre ou Crénilabre ; on peut citer les espèces suivantes : le Labre vert (Labrus viridis) ou serre verte, le Labre merle (Labrus merula) parfois appelé localement Tourdero provenant d'une déformation du nom italien Tordo nero, le Crénilabre paon (Symphodus tinca) ou Rouquier ou en provençal Roucaou qui veut dire rocher car ce poisson aime vivre dans les roches, le Crénilabre ocellée (Symphodus ocellatus), le Crénilabre de Roissal (Symphodus roisali) ou Pite-mouffe car ce poisson mange la mousse, le Sublet (Symphodus rostratus) et le Crénilabre méditerranéen (Symphodus mediterrneus). Dans la famille des Muraeniddés on trouve le congre commun (Conger conger) et la Murène commune (Muraena helena). On rencontre également des poissons de la famille des Blennies ou bavarelle ou babouate ou baveuse car son corps est recouvert de mucus, des Gobies.

Références[modifier | modifier le code]

  1. François Jouglas, Six-Fours la plage : Guide historique et touristique, Nice, Imprimerie Michel-Ange,‎ 1966, 175 p., p. 146
  2. Lettre d'information du Ministère de la Culture
  3. INPN
  4. INPN
  5. INPN
  6. INPN
  7. INPN
  8. Inventaire National du Patrimoine Naturel
  9. Sarah Brunel, Plantes envahissantes de la région méditerranéenne, Agence régionale pour l'environnement Provence-Alpes-Côte d'Azur,‎ 2003, 48 p. (ISBN 2-9520179-1-3), p. 21
  10. Daniel Pavon, Flore et végétation de l'île du Grand Rouveau et des îlots satellites,‎ 2012, 17 p. (lire en ligne), p. 9

Liens externes[modifier | modifier le code]