Île de Saint-Pierre (Berne)

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47° 04′ 15″ N 7° 08′ 33″ E / 47.0708, 7.1425


L'île de Saint-Pierre (St. Petersinsel en allemand) est reliée par un isthme long et mince avec le rivage du lac de Bienne depuis la correction des eaux du Jura, dans le canton de Berne. En toute saison, des touristes viennent y chercher calme et détente.

Sise sur le territoire des communes de Douanne et Cerlier, l'île appartient à l'Hôpital des Bourgeois de Berne. Elle était habitée depuis l'époque des lacustres et porte aussi des traces de civilisation romaine. Belmont vint s'y établir en 1127, y fondant un prieuré dédié aux saints Pierre et Paul : c'est de là que l'île prit son nom. Les moines y vivaient bien, cultivant la vigne et affermant leurs terres. L'avant-dernier prieur Pierre de Senarclens (1464-1482) fit réaliser de magnifiques peintures murales dans la salle gothique. Lorsqu'ils mirent en gage les vases sacrés pour se procurer de l'argent, le pape Innocent VII sévit avec la dernière rigueur : en 1484, ils furent privés de leurs privilèges et chassés, tandis que le prieuré passait à la fondation de Saint-Vincent, à Berne.

Lors de la Réformation, les biens de la fondation furent attribués à l'Hôpital des Bourgeois, en possession duquel ils sont restés depuis. Le plus célèbre des habitants de l'île Saint-Pierre fut Jean-Jacques Rousseau, qui trouva dans l'isolement d'un tel asile une atmosphère propice aux promenades solitaires qui, le rapprochant de l'état de nature, favorisaient ses méditations sur le sentiment de l'existence.

L'île est actuellement atteignable depuis Cerlier par un chemin bordé de roseaux et de buissons. Elle est aussi accessible par bateau.

Histoire[modifier | modifier le code]

  • 1127 : un cloître clunisien y est érigé.
  •  ?  : le cloître devient une auberge.
  • 1765 : Séjour de Jean-Jacques Rousseau.
  • 1868-1878 : 1re correction des eaux du Jura.
  • 1939, 1962-1973 : 2e correction des eaux du Jura.

Séjour de Jean-Jacques Rousseau[modifier | modifier le code]

En juillet 1765, Jean-Jacques Rousseau quitte Môtiers, pour s'installer sur l'île, qu'il doit quitter à son tour, le 25 octobre de la même année sur ordre du bailli de Nidau.

« Quand le soir approchait je descendais des cimes de l'île et j'allais volontiers m'asseoir au bord du lac dans quelque asile caché ; là le bruit des vagues et l'agitation de l'eau fixant mes sens et chassant de mon âme toute autre agitation la plongeaient dans une rêverie délicieuse où la nuit me surprenait souvent sans que je m'en fusse aperçu. Le flux et le reflux de cette eau, son bruit continu mais renflé par intervalles frappant sans relâche mon oreille et mes yeux suppléaient aux mouvements internes que la rêverie éteignait en moi et suffisaient pour me faire sentir avec plaisir mon existence, sans prendre la peine de penser. »

— Jean-Jacques Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire, « Cinquième promenade ».

Une « maison Jean-Jacques Rousseau » peut désormais être visitée sur l'île.

Autres visiteurs célèbres[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]