Île d'Oléron

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Île d’Oléron
Ile d’Olerun
Carte de l’île d'Oléron
Carte de l’île d'Oléron
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Archipel charentais
Localisation Océan Atlantique
Coordonnées 45° 55′ 00″ N 1° 18′ 00″ O / 45.9166, -1.345° 55′ 00″ N 1° 18′ 00″ O / 45.9166, -1.3  
Superficie 174 km2
Point culminant Grande dune de Saint-Trojan (34 m)
Géologie Île continentale
Administration
Région Poitou-Charentes
Département Charente-Maritime
Communes La Brée-les-Bains, Le Château-d'Oléron, Dolus-d'Oléron, Le Grand-Village-Plage, Saint-Denis-d'Oléron, Saint-Georges-d'Oléron, Saint-Pierre-d'Oléron, Saint-Trojan-les-Bains
Démographie
Population 21 871 hab. (2010)
Densité 126 hab./km2
Plus grande ville Saint-Pierre-d'Oléron
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+1

Géolocalisation sur la carte : Charente-Maritime

(Voir situation sur carte : Charente-Maritime)
Île d’Oléron
Île d’Oléron

Géolocalisation sur la carte : France

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Île d’Oléron
Île d’Oléron
Îles de France

L’île d’Oléron (en saintongeais Ile d’Olerun) est située dans l’océan Atlantique, au large des côtes de la Charente-Maritime où elle fait partie de l'archipel charentais.

Plus grande des îles françaises métropolitaines après la Corse, avec ses 30 km de long sur 8 km de large (dans la plus grande largeur), elle a une superficie de[1] 174 km2 et plus de 21 000 habitants permanents[2].

Au cours de son histoire, elle fait tantôt partie de l’ancienne province de l’Aunis, tantôt de l’ancienne province de Saintonge, au gré des nombreuses guerres, surtout pendant la période médiévale. Administrativement, l’île d’Oléron appartient aujourd’hui au département de la Charente-Maritime, lequel dépend de la région Poitou-Charentes, et est divisée en deux cantons. Sa capitale actuelle est Saint-Pierre-d'Oléron, principal pôle commercial et artisanal de l'île. Jusque sous l'ancien régime, c'est la ville du Château-d'Oléron, siège de la subdélégation et abritant la garnison de l'île, qui remplissait cette fonction.

Depuis le 19 mars 1966, l’île est reliée au continent par un pont routier, long de 2 862 m (le troisième plus long pont de France après celui de l’île de Ré et celui de Saint-Nazaire) qui est le plus vieux pont de France à relier une île au continent.

Célébrée par Pierre Loti, elle est surnommée Oléron « la lumineuse » en raison de son fort taux d’ensoleillement tout au long de l'année.

Géographie[modifier | modifier le code]

Généralités géographiques[modifier | modifier le code]

Bordée par l'océan Atlantique, l'île d’Oléron est délimitée par deux détroits qui, localement, prennent le nom de pertuis :

L’île d’Oléron se trouve également située face à deux estuaires fluviaux, la Charente et la Seudre. Ces derniers jouent un rôle considérable pour ses activités économiques, ayant favorisé le développement de l’ostréiculture grâce à leur apport en eau douce.

Le pont de l’île d’Oléron. Le continent est visible en arrière-plan.

Depuis 1966, l’île d’Oléron a perdu en partie son insularité depuis qu’elle est reliée par un pont qui fut le tout premier, en France, à relier une île au continent. Inauguré le 21 juin 1966, le pont de l'île d'Oléron fut un pont à péage jusqu’à sa gratuité depuis 1991. Construit en béton précontraint pour le tablier, il repose sur 45 piles de section rectangulaire, son tablier est à 23 m au-dessus du niveau des plus hautes marées, il est large de 10,60 m, avec une chaussée de sept mètres pour les voitures, deux pistes cyclables et deux trottoirs. Sa longueur totale est de 3 027 mètres (2 862 mètres entre culées, sans les rampes d’accès)[3], ce qui le place au second rang des ponts français reliant une île au continent.

L'île est divisée administrativement en huit communes, réparties en deux cantons (canton du Château-d'Oléron et canton de Saint-Pierre-d'Oléron). Du nord au sud, on trouve successivement Saint-Denis-d'Oléron, troisième port de plaisance de Charente-Maritime, La Brée-les-Bains, petite station balnéaire dotée d'une longue plage de sable orientée nord-est, Saint-Georges-d'Oléron, bourg médiéval ramassé autour de son église romane, reconverti dans le tourisme, Saint-Pierre-d'Oléron (considérée comme la capitale de l’île), petite cité commerciale et important centre de services, Dolus-d'Oléron, qui partage avec Saint-Pierre une forte activité commerciale, Le Château-d'Oléron, ancienne place-forte organisée autour de sa citadelle, Le Grand-Village-Plage, qui abrite de grandes plages orientées au sud-ouest, et Saint-Trojan-les-Bains, importante station balnéaire blottie au pied d’une forêt domaniale, vaste pinède qui est la plus grande étendue forestière de l’île (près de 2 000 hectares).

L’île est parsemée de nombreux « villages » d’importance inégale, souvent dotés d’un caractère propre. Ainsi de Chaucre (au nord-ouest de Saint-Georges), qui fut autrefois un important foyer de « naufrageurs », brigands qui attiraient les navires sur les rochers afin de les piller ; de Sauzelle (à l’est de Saint-Pierre), vanté par Pierre Loti qui l'avait rebaptisé « Le village des Sorciers » ; de Boyardville, du Douhet de La Cotinière, tous trois ports (de pêche et de plaisance).

La Cotinière est l’unique port de pêche de la côte ouest de l’île. Près d’une centaine de chalutiers y rentre chaque jour pour les criées de h et 16 h. C’est le premier port de pêche du département de la Charente-Maritime et le 8e de France[4]. Il est spécialisé en particulier dans le céteau, un poisson saisonnier.

Les anciens marais salants (situés à l’est et au sud de l’île) ont été reconvertis en « Claires », terme local désignant des bassins d’affinage. Les huîtres du bassin de Marennes-Oléron y acquièrent leur goût et leur texture particulière, sous l’action d'une algue microscopique, la navicule bleue, qui provoque leur verdissement[5]. La culture du sel a été réintroduite (bien que de manière confidentielle) au Port des Salines, à Grand-Village-Plage. L’art des paludiers y est présenté dans un écomusée.

Dunes dans la forêt des Saumonards, à Boyardville.

Les primeurs comptent parmi les productions traditionnelles de l'île tandis que la vigne donne le pineau des Charentes, qui est un vin de liqueur, servi en apéritif blanc ou rosé (au goût iodé du fait de l'utilisation comme engrais de « Sart », c'est-à-dire de varech), ainsi que des vins de pays charentais rouge, rosé, blanc.

Sur la côte est, face à la forêt des Saumonards (à côté de Boyardville), à deux kilomètres au large, à vol d'oiseau, se situe le célèbre fort Boyard construit sur un haut fond, qui est un ancien fort maritime dont la construction a été décidée par Napoléon Ier. Commencé en 1804, pendant le Premier Empire, pour protéger l'embouchure de la Charente et l'arsenal militaire de Rochefort, il est achevé en 1859 sous Napoléon III. Depuis le début des années 1990, il est utilisé pour le jeu télévisé qui porte le même nom.

À la pointe nord de l'île, dans la commune de Saint-Denis-d'Oléron, se dresse le célèbre phare de Chassiron.

Au sud de l'île, Saint-Trojan-les-Bains est célèbre pour sa forêt. Son train touristique, sa vaste plage de la côte ouest en font certainement le lieu le plus balnéaire de l'île. L'endroit marque également le début de la vaste côte d'accumulation sableuse qui s'étend ensuite vers le sud le long du littoral landais jusqu'aux premiers contreforts du Pays basque, à peine interrompu par le pertuis de Maumusson et l'embouchure de la Gironde.

Le climat de l'île d'Oléron, ses plages de sable, ses très nombreuses pistes cyclables, son estran pour la pêche à pied, en font une destination appréciée des vacanciers en été.

Le 28 septembre 2010, l'Île d'Oléron fut secouée par un tremblement de terre d'une magnitude de 4,5 sur l'échelle de Richter, sans dégâts ni victimes.

Une île au relief peu élevé mais varié[modifier | modifier le code]

Image satellite de l'île d'Oléron.

Le relief de l'île d'Oléron est dans son ensemble peu élevé, mais il n'est pas uniforme dans tout son déploiement et cela tient à la nature des terrains qui le composent.

Son point culminant se situe dans les dunes de Saint-Trojan, avec 34 mètres de hauteur, tout au sud de l'île, tandis que les plus basses altitudes sont relevées sur la côte orientale entre Le Château et Boyardville, où de grandes zones de marais ont été aménagées en parcs ostréicoles, succédant aux anciennes salines. Ceci lui donne à bien des égards des caractères assez semblables au relief de l'île de Ré. Pourtant, quelques différences opposent ces deux îles qu'un détroit sépare.

Tout d'abord, l'île d'Oléron constitue le prolongement occidental du plateau crétacé de la Saintonge, comme l'île de Ré l'est pour la plaine jurassique de l'Aunis. Ainsi, la différence entre les deux iles réside dans leurs formations géologiques.

Vue aérienne de l'île d'Oléron. Au premier plan, l'estuaire de la Seudre.

Les assises géologiques de l'île d'Oléron diffèrent sensiblement de celles de l'île de Ré, car elles sont constituées essentiellement des calcaires gréseux du Crétacé qui recouvrent la partie centrale de l'île, et forment une bande étroite, d'une longueur d'environ vingt kilomètres et d'une largeur comprise entre 2 et 5 km. Dans cette partie centrale de l'île, les hauteurs varient de 4 à 6 mètres en moyenne, atteignant rarement plus de 10 mètres comme ce qui est observé dans le nord de l'île, à Saint-Denis-d'Oléron. Ce bas plateau insulaire, au relief à peine vallonné, porte des vignes et des cultures céréalières qui conviennent bien sur les calcaires gréseux, comme sur le plateau continental de la Saintonge.

Sur la façade occidentale et septentrionale de l'île, les grès forment une côte rocheuse qui surplombe l'océan avec des falaises hautes de 4 à 10 mètres, notamment autour du phare de Chassiron.

Le long de la côte occidentale s'accumulent des sables qui forment par endroit des dunes, plantées de pinèdes, et dont les hauteurs culminent à 31 mètres entre Domino et Les Sables-Vigniers, et des longues plages de sable fin qui s'étirent jusqu'à la pointe de Gatseau, tout au sud de l'île. C'est dans ce secteur de l'île d'Oléron que se trouve le plus important massif dunaire, lequel porte les plus hautes hauteurs de l'île avec 34 mètres relevés à Saint-Trojan. Ces longues plages précèdent le plus souvent des cordons dunaires, en arrière desquels des villages balnéaires ont été édifiés. Toute la côte occidentale est baignée par la Côte Sauvage où l'action des courants marins et des vents sont à l'origine de ces formations sablonneuses qui se prolongent vers la Presqu'île d'Arvert, que sépare le pertuis de Maumusson. L'île d'Oléron a de ce fait développée 60 km de plages de sable sur tout son littoral.

Paysage du sud de l'île d'Oléron.

La côte orientale de l'île d'Oléron est un peu plus variée. De la pointe rocheuse de Chassiron jusqu'à l'Anse de Maleconche, la côte est sablonneuse et porte, comme sur la côte occidentale de l'île, des dunes, plantées de chênes verts. Les dunes des Seullières, entre Saint-Denis-d'Oléron et La Brée-les-Bains, précèdent le petit massif dunaire qui porte la Forêt domaniale des Saumonards, dont les altitudes atteignent vingt mètres de hauteur.

Depuis la pinède des Saumonards jusqu'au sud de l'île, à Saint-Trojan-les-Bains, la côte est uniformément basse et marécageuse, quelquefois sablonneuse, mais jamais régulière. Au nord-est, les dunes des Saumonards protègent les marais situés aux portes de Saint-Pierre-d'Oléron, dont le Marais aux Oiseaux, et sont transformés en prés salés pour l'élevage des moutons. Ce vaste secteur géographique est devenu aujourd'hui, dans toute sa bordure littorale, le domaine par excellence de la conchyliculture, où l'ostréiculture est pratiquée aux côtés de la mytiliculture, et même de l'aquaculture. Mais les parcs à huîtres sont l'activité dominante dans toute la partie située autour du Château-d'Oléron et, ce, jusqu'à Saint-Trojan-les-Bains.

Enfin, entre le continent et le sud de l'île d'Oléron, face à l'estuaire de la Seudre, le Courreau d'Oléron forme une sorte de chenal qu'entretient un puissant courant côtier qui le met en contact direct avec le pertuis de Maumusson.

Un climat de type Midi-Atlantique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Climat de la Charente-Maritime.
L’Île d'Oléron jouit d'un climat doux en hiver. Les mimosas, qui fleurissent au mois de février, font notamment la renommée de Saint-Trojan-les-Bains.

L'île d'Oléron est la plus méridionale des îles de l'Atlantique du littoral français, ce qui a des conséquences évidentes sur son climat de type Midi-Atlantique. C'est que le climat de l'île d'Oléron comme celui de « la Charente-Maritime correspond à un carrefour des milieux atlantique et méditerranéen »[6].

L'île d'Oléron, comme l'ensemble des îles charentaises et du littoral de la Charente-Maritime, se caractérise par un climat particulièrement doux en hiver, notamment au sud de l'île, et rafraîchissant en été, grâce aux influences océaniques perpétuellement en mouvement. Les îles de Ré et d'Oléron qui « enserrent » le pertuis d'Antioche, renferment une véritable mer intérieure, « une petite Méditerranée »[7], qui se réchauffe facilement, grâce aux effluves du Gulf Stream, et permettent de fait de favoriser de très bonnes conditions climatiques, où les amplitudes thermiques demeurent relativement faibles.

Ces conditions climatiques favorables, toujours soumises aux influences de l'océan Atlantique, ont favorisé l'existence d'une végétation déjà méridionale.

Ainsi la flore se caractérise-t-elle par la présence étonnante de lauriers-roses, eucalyptus, agaves, et même les mimosas se mettent à fleurir dès le mois de janvier. Aux essences déjà méridionales du chêne vert (ou yeuse) et du cyste, s'ajoutent des palmiers, des figuiers, des orangers et même des oliviers.

C'est ce climat exceptionnel qui faisait dire à Pierre Loti qu'Oléron est « l'île aux parfums »[8].

Relevé météorologique à Saint-Pierre-d’Oléron
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 3 3 4 7 9 13 14 14 12 9 6 3 8,1
Température moyenne (°C) 6 7 9 11 14 18 19 20 18 13 9 6 12,5
Température maximale moyenne (°C) 9 10 13 16 19 23 24 25 23 18 12 8 16,7
Source : The Weather Channel[9]


Les forêts en Oléron[modifier | modifier le code]

Article connexe : Forêt de Saint-Trojan.

L'île d'Oléron est une île dont la couverture forestière est relativement importante, et est tout à fait comparable à la moyenne du département de la Charente-Maritime.

Tous les bois et forêts de l'île relèvent du domaine de l'administration forestière, plus connue sous le nom de l'ONF, qui gère en tout 2 729 hectares de forêts insulaires, soit 15,6 % de la superficie totale de l'île qui est de 174,9 km2.

La forêt de Saint-Trojan

Les forêts domaniales sont situées de manière éparse sur le territoire insulaire et recouvrent des surfaces très différentes d'une forêt à une autre :

  • dans le sud de l'île se trouve l'immense Forêt domaniale de Saint-Trojan, qui s'étend sur trois communes et couvre une surface totale de 1 867 hectares. Ce qui en fait non seulement la plus grande forêt de l'ile, mais également, la plus étendue de toutes les forêts des îles du littoral Atlantique français ;
  • au nord-est se situe la Forêt domaniale des Saumonards qui est une forêt essentiellement composée de résineux et de chênes verts et qui s'étend sur 645 hectares. Bordant les rivages du Pertuis d'Antioche, face au célèbre Fort Boyard, elle est située exclusivement dans la commune de Saint-Georges-d'Oléron ;
  • au nord-ouest, la petite Forêt domaniale de Domino a une surface de 164 hectares. Située en bordure de l'océan, elle est une forêt de résineux (pins maritimes essentiellement) auxquels se mêlent des chênes verts ou yeuses qui ont été plantés sur un cordon dunaire. Elle est la troisième forêt de l'île, appartenant également à la commune de Saint-Georges-d'Oléron ;
  • enfin, les petits bois domaniaux situés sur les dunes des communes de La Brée-les-Bains, Saint-Denis-d'Oléron et Saint-Pierre-d'Oléron cumulent une surface totale de 53 ha.

Toutes ces forêts jouent un rôle très important dans l'île d'Oléron, non seulement en matière d'esthétique, permettant d'accroître la valorisation touristique de l'île, mais surtout elles ont « pour vocation première la protection des milieux naturels et humains »[10].

Une île densément peuplée[modifier | modifier le code]

Au dernier recensement de population, dont les données officielles de l'INSEE sont datées du recensement de 2007, la population de l'île d'Oléron s'élève à 21 242 habitants, ce qui en fait la deuxième île la plus peuplée du territoire métropolitain, après la Corse, mais elle demeure la plus peuplée des îles de tout le littoral Atlantique de la France.

Une île au peuplement assez bien réparti[modifier | modifier le code]

Répartie sur une superficie totale de 174,9 km2, ceci donne une densité de population relativement élevée, qui la porte à 122 hab./km2. Ce qui la place nettement au-dessus de la moyenne du département de la Charente-Maritime qui, à la même date, est de 88 hab./km2. Cette densité de population est, par ailleurs, presque deux fois supérieure à la moyenne de la région Poitou-Charentes qui est d'environ 67 hab./km2. Elle demeure même supérieure à la moyenne nationale qui s'établit à 115 hab./km2.

Sur les huit communes qui composent l'île d'Oléron, six ont une densité de population supérieure à 100 hab./km2, et les deux cantons de l'île ont chacun une densité démographique dépassant aussi les 100 hab./km2 :

Cette situation remarquable indique que, comme ses voisines insulaires que sont l'île de Ré avec 209 hab./km2 et l'Île-d'Aix avec 184 hab./km2, l'île d'Oléron est très densément peuplée.

La population est relativement bien répartie sur l'ensemble de l'île. Si le littoral a pu fixer des petits ports de pêche (La Cotinière), ostréicoles (Le Château-d'Oléron, Saint-Trojan-les-Bains) et de plaisance (Saint-Denis-d'Oléron, Boyardville, Le Douhet), ainsi que quelques stations balnéaires (Saint-Trojan-les-Bains, La Brée-les-Bains, La Ménounière, Domino, Les Sables-Vigniers), la population est également très présente à l'intérieur de l'île, dans la partie centrale du bas plateau gréseux, concentrée principalement dans les villes (Saint-Pierre-d'Oléron, Dolus-d'Oléron) et les nombreux villages (notamment Saint-Georges-d'Oléron, Chéray, Chaucre, la Gaconnière, Déau).

Une urbanisation de plus en plus importante[modifier | modifier le code]

L'île d'Oléron comprend huit communes, dont quatre ont plus de 2 000 habitants, parmi lesquelles une a de plus de 5 000 habitants. Le dernier recensement de population, établi en 2007, donne les résultats suivants :

Ces quatre premières communes de l'île d'Oléron enregistrent des gains de population assez importants depuis le recensement de 1999 et concentrent aujourd'hui près des 4/5 de la population de toute l'île (79,1 % de la population en 2007). Ces communes cumulent les principales activités économiques de l'île et disposent de territoires étendus — à l'exception notable de la commune du Château-d'Oléron — pour accueillir de nouvelles zones résidentielles, dont les programmes immobiliers sont importants et soutenus, particulièrement à Saint-Pierre-d'Oléron et à Dolus-d'Oléron.

L'urbanisation de l'île d'Oléron se poursuit inexorablement, avec les constructions de zones pavillonnaires et de résidences secondaires, qui tendent à densifier l'habitat des bourgs, en formant des agglomérations urbaines au tissu encore lâche.

Deux villes dominantes[modifier | modifier le code]

Saint-Pierre-d'Oléron est aujourd'hui la capitale géographique de l'île d'Oléron, supplantant Le Château-d'Oléron, capitale historique de l'île.

Le centre ville de Saint-Pierre-d'Oléron vu depuis le clocher de l'église Saint-Pierre

De toutes les communes oléronaises, Saint-Pierre-d'Oléron s'est affirmée de loin comme étant la « capitale » de l'île, grâce notamment à sa situation géographique centrale qui a déterminé les bases de son développement urbain et économique.

Aujourd'hui, cette ville, qui compte 6 204 habitants, se situe au onzième rang des communes urbaines de la Charente-Maritime[11], elle se classe même au huitième rang des unités urbaines du département[12]. La ville a franchi pour la deuxième fois de son histoire démographique le seuil des 5 000 habitants au recensement de 1990[13]. Depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à aujourd'hui, Saint-Pierre-d'Oléron a presque doublé sa population, passant de 3 350 habitants en 1946 à 6 204 en 2007. Son développement est éminemment contemporain et son évolution démographique est remarquablement soutenue et régulière. Elle fait partie des villes secondaires de l'armature urbaine de la Charente-Maritime parmi les plus dynamiques du département.

Le Château-d'Oléron, avec une population de 3 949 habitants en 2007, demeure la seconde ville de l'île d'Oléron. Cette petite ville est la « capitale » historique de l'île et abritait autrefois les gouverneurs d'Oléron, qui avaient leurs quartiers dans l'enceinte de la citadelle. C'est la commune la plus densément peuplée de toute l'île d'Oléron avec 252 hab./km2. Son habitat ancien est groupé autour de l'ancienne citadelle et de la place centrale, récemment réaménagée, ce qui en fait un lieu particulièrement apprécié des visiteurs. L'habitat récent, de type pavillonnaire, concentré dans des lotissements privés, tend à s'étendre le long des voies de communication, notamment en direction de Dolus-d'Oléron.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le Château-d'Oléron est l'antique Ularius qui a donné son nom à l'île d'Oléron.

La signification du nom de l'île d'Oléron donne lieu à diverses interprétations, assez difficiles à concilier. Néanmoins, deux explications intéressantes peuvent être retenues, car elles ont l'assentiment du plus grand nombre parmi les étymologistes et les historiens.

Tout d'abord, il semble que ce nom dérive de l'ancien nom de la ville du Château-d'Oléron qui, au temps des Gallo-Romains, se nommait « Ularius » ou encore « Uliaros ». En effet, la cité portuaire était pendant l'occupation romaine un castrum, c'est-à-dire un camp romain fortifié, entouré de remparts en rondins. Ce nom a été rapporté par l'historien romain Pline l'Ancien, ou encore, par Sidoine Apollinaire, qui y avait un ami dans le castrum portuaire où se tenait une garnison romaine[14]. La difficulté réside dans le fait que si le nom de la petite cité antique a été appliqué par la suite à toute l'île, sa signification demeure inconnue : « Précisons que cette appellation serait née d'une confusion car Ularius aurait été le port principal de l'île ; le terme aurait été plus tard, par ignorance, attribué à l'île tout entière »[15].

Des étymologistes chevronnés du XIXe siècle ont été jusqu'à donner une interprétation d'origine basque pour affirmer le lien entre le nom de l'île et celui de la ville du Château-d'Oléron, alors principal port de l'île dans l'Antiquité gallo-romaine. Ce nom alors signifierait « ville de la basse terre », dérivant du basque « ili »(ville) et « luro » (de la basse terre). Mais cette théorie, pour aussi intéressante qu'elle soit, est généralement rejetée aujourd'hui[16].

Selon d'autres spécialistes de la toponymie et des historiens, le nom Oléron serait à relier directement à la flore de l'île. Ainsi, pendant la période médiévale, l'île est connue sous le nom de « Olus », qui signifierait une terre maraîchère, ou mieux encore, de « Insula Olerum », l'île des herbes odoriférantes ou l'île des parfums, provenant du latin olere qui signifie sentir. C'était le sens qu'aimait à lui attribuer le célèbre romancier Pierre Loti dans son « Roman d'un enfant ».

Vexillologie[modifier | modifier le code]

Le drapeau est composé de trois couleurs : le bleu marine pour la mer, le jaune pour le soleil et le vert pour les forêts.

Le drapeau de l'île d'Oléron.

Histoire[modifier | modifier le code]

Aliénor d'Aquitaine, parfois appelée Eléonore de Guyenne, séjourna au Château-d'Oléron dans son château en 1199. Elle y resta quelque temps, faisant rédiger une série de règles maritimes connues sous le nom de Rôles d'Oléron avant de se retirer à l'abbaye de Fontevraud où elle mourut en 1204.

Le 20 mars 1586, l’île ville est prise par Agrippa d'Aubigné[17].

En février 1625, le protestant Soubise s’empare de l’île après avoir occupé l’île de Ré. Quelques mois plus tard, le duc de Guise organise un débarquement afin de reprendre l’île, appuyé par les flottes hollandaises et anglaises[18].

Dans la nuit du 18 au 19 novembre 1916, la tempête fait rage sur les côtes. Le Presidente Viera, un bateau à vapeur américain en provenance de Montevideo transportant 14 000 tonneaux est victime d'une avarie et s'échoue sur la plage de grand village où il se casse en deux. L'épave est toujours visible sur la plage.

L'écrivain Pierre Loti est enterré depuis 1923 dans le jardin de la maison de ses grands-parents, suivant la tradition de ses ancêtres huguenots. Cette maison se situe à Saint-Pierre, mais selon les volontés de l'auteur, on ne la visite pas, contrairement à sa maison rochefortaise qui a été transformée en musée.

L'île est l'une des dernières poches de résistance allemande pendant la Seconde Guerre mondiale (voir : Poche de La Rochelle et Poche de Royan et de la pointe de Grave) et est libérée fin avril 1945[19],[20] lors d'un débarquement maritime de près de 8 000 hommes. La presque totalité des recrues est issue des maquis, l'armée régulière étant absorbée par les combats dans les Vosges. Promu lieutenant-colonel en mars 1945, René Babonneau prend le commandement du 158e RI, à la tête duquel il participe à cette opération.

Le pont de l'île d'Oléron d'une longueur de 2 862 mètres fut inauguré le 21 juin 1966.

Coiffes oléronnaises[modifier | modifier le code]

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Une des origines du nom « kissenot » ou encore « quichenotte » viendrait de la déformation de l'anglais kiss not, la coiffe étant portée par les femmes oléronnaises ne souhaitant pas être courtisées par les soldats anglais occupant l’île durant la guerre de Cent Ans.

Administration[modifier | modifier le code]

L’île d’Oléron est rattachée au département de la Charente-Maritime, dans la région Poitou-Charentes, plus précisément à l’arrondissement de Rochefort.

Le territoire de l’île est divisé en huit communes regroupées en deux cantons :

La Communauté de communes de l'Île-d'Oléron, qui rassemble les deux cantons de l'île, fédère les projets d'intérêt oléronais dans les domaines de l'aménagement du territoire et du développement économique notamment[21].

Par son poids démographique, cette importante structure intercommunale se situe au 6e rang en Charente-Maritime[réf. nécessaire].

Réserve naturelle et classement[modifier | modifier le code]

  • La réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron compte 6 700 hectares entre l'île et le continent charentais, incluant un vaste estran, cette zone si convoitée qui se découvre à marée basse. Paradis des palourdes et des coques, la zone fut classée réserve naturelle par un décret de 1993.
  • Depuis le 1er avril 2011, l'île d'Oléron est également classée au titre des sites naturels de France[22] et bénéficie à ce titre de la protection Natura 2000.

Personnalités célèbres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La superficie totale de l'île d'Oléron telle qu’elle est retenue par l’Insee est de 174,39 km2, dont 106,12 km2 pour le canton de Saint-Pierre-d'Oléron et 68,27 km2 pour le canton de Le Château-d’Oléron.
  2. Au dernier recensement officiel de l’INSEE, réalisé en 2007, la population de l’île d’Oléron est de 21 242 habitants.
  3. La distance entre culées définit la longueur officielle du pont, soit 2 862 mètres. Cf. la fiche sur le site du constructeur, et la fiche détaillée Viaduc d’Oléron sur le site Structurae.de.
  4. Données statistiques du port de pêche relevées en janvier 2008.
  5. Petites anecdotes biologiques ou historiques sur les huîtres, site Ostrea.
  6. Collectif, dir. : F. Anglade, G. Bernard, P. Fournet et J. Soumagne, La Charente-Maritime aujourd'hui, milieu, économie, aménagement, Université francophone d'été, Jonzac, 1987, p. 30.
  7. Collectif, R. Brunet (dir.), Poitou, Vendée, Charentes, libraire Larousse, collection « Découvrir », 1972, p. 38.
  8. Cité dans le Roman d'un enfant où l'auteur y décrit notamment des scènes de la vie de l'île d'Oléron à la fin du XIXe siècle.
  9. « Climatologie : Moyennes et records pour Saint-Pierre-d’Oléron, France », sur The Weather Channel (consulté le 25 novembre 2010).
  10. Collectif, J.L. Neveu (dir.), Forêts charentaises, Le Croît vif, 2001, p. 59.
  11. Selon le rang démographique établi en 2007, Saint-Pierre-d'Oléron vient après La Rochelle (1), Saintes (2), Rochefort (3), Royan (4), Aytré (5), Saint-Jean-d'Angély (6), Tonnay-Charente (7), Lagord (8), Périgny (9) et Saujon (10).
  12. Les unités urbaines qui rassemblent plusieurs communes urbaines au sein d'une agglomération multicommunale ou bien peuvent être issues d'une commune urbaine isolée — cas de Saint-Pierre-d'Oléron — selon les différentes définitions de l'INSEE, place La Rochelle en première position, suit Rochefort, Royan et Saintes pour les unités urbaines de plus de 20 000 habitants. Ensuite, au cinquième rang vient La Tremblade, au sixième, Marennes, au septième, Saint-Jean-d'Angély.
  13. En 1866, pendant le Second Empire, la commune enregistrait son premier maximum démographique avec 5 152 habitants, chiffre de population qui n'a été dépassé qu'en 1990.
  14. F. Julien-Labruyère, À la recherche de la Saintonge maritime, éditions Rupella, 1980, p. 120.
  15. J.M. Cassagne et M Korsak, Origine des noms de villes et villages de la Charente-Maritime, éditions Bordessoules, 2002, p. 82.
  16. J.M. Cassagne et M Korsak, op. cit., p. 82.
  17. Une biographie d'Agrippa d'Aubigné.
  18. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8), p. 428-429.
  19. « Il y a 60 ans, la libération de l'île », sur jdpoleron.info,‎ mars-avril 2005 (consulté le 12 août 2013).
  20. « L'Île d'Oléron – Le débarquement », sur cabuzel.com (consulté le 12 août 2013).
  21. Communauté de communes de l'île d'Oléron.
  22. Décret du 1er avril 2011 portant classement de l'île d'Oléron parmi les sites du département de la Charente-Maritime, sur le territoire des communes de La Brée-les-Bains, Le Château-d'Oléron, Dolus-d'Oléron, Le Grand-Village-Plage, Saint-Denis-d'Oléron, Saint-Georges-d'Oléron, Saint-Pierre-d'Oléron et Saint-Trojan-les-Bains , legifrance.gouv.fr.

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