Île Madame

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Île Madame
Vue satellite
Vue satellite
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Archipel charentais
Localisation Pertuis d'Antioche (océan Atlantique)
Coordonnées 45° 57′ 25″ N 1° 06′ 50″ O / 45.956944, -1.11388945° 57′ 25″ N 1° 06′ 50″ O / 45.956944, -1.113889  
Superficie 0,78 km2
Point culminant non nommé (18 m)
Géologie Île continentale
Administration
Région Poitou-Charentes
Département Charente-Maritime
Démographie
Plus grande ville Commune de Port-des-Barques
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+1

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Île Madame
Île Madame
Îles de France

L'île Madame est une île française, baignée par l'océan Atlantique, au large des côtes de la Charente-Maritime et appartenant à l'archipel charentais.

Elle est située sur la rive gauche de l'estuaire de la Charente entre la presqu'île de Fouras et l'île d'Aix au nord, et le petit port ostréicole de Port-des-Barques, commune à laquelle elle est administrativement rattachée, au sud, dont elle est séparée par la Passe aux boeufs. Elle fait face à l'île d'Oléron et au célèbre fort Boyard.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'île Madame est la plus petite des quatre îles charentaises qui sont, par taille décroissante : l'île d'Oléron, l'île de Ré, l'île d'Aix et l'île Madame. Comme ses voisines, elle appartient administrativement au département de la Charente-Maritime, lequel se situe dans la région Poitou-Charentes. Il s'agit en fait d'un écart de la commune de Port-des-Barques, l'une des trois communes les plus récemment créées en Charente-Maritime[1].

L'île Madame est une toute petite île, dont la superficie totale est de 0 78 km2. Elle s'étire sur une longueur maximale de 800 m et sur une largeur maximale de 400 m, ayant la forme d'un rectangle.

Sur la passe aux bœufs, en direction de l'île.

Elle est reliée au continent par une voie en sable et galets, appelée la Passe aux bœufs, longue d'environ 1 km, accessible uniquement à marée basse. Il s'agit d'un tombolo, cordon dunaire formé de dépôts d'origine sédimentaire et fluviale, qui est en train de souder l'île Madame au continent. Cette passe est particulièrement fréquentée par de nombreux touristes pendant la période estivale ; pourtant soumise au même phénomène de marée que celui observé au Mont-Saint-Michel, la zone présente les mêmes dangers.

Les rivages de l'île Madame sont constitués, essentiellement, de rochers et de petites falaises, des banches, ainsi que de plages de galets, avec peu de sable. Son assise géologique, qui prolonge le plateau de la Saintonge, diffère sensiblement de celle de la presqu'île de Fouras et de l'île d'Aix, étant formée des calcaires gréseux du Crétacé et des sédiments marins et fluviatiles du Quaternaire issus de la dernière transgression flandrienne.

Économie[modifier | modifier le code]

L'ostréiculture est pratiquée sur la côte ouest de l'île Madame, ainsi que l'aquaculture. La ferme aquacole de l'île Madame est un exemple réussi d'entreprise intégrée dans son milieu naturel. Cette dernière a été créée en 1980 et propose maintenant une ferme auberge où sont servis les produits de l'exploitation : huîtres, palourdes, bars, daurades royales, salicornes, sel récolté dans le marais salant.

Par ailleurs, de nombreux pontons à carrelets sont implantés sur son rivage et l'île est reconnue comme étant un lieu propice à la pêche à pied.

Enfin, l'île Madame s'est ouverte au tourisme : il est possible d'y séjourner depuis l'ouverture d'un camping et de gîtes à louer.

Histoire[modifier | modifier le code]

Elle tiendrait son nom, soit d'Anne de Rohan de Soubise, maîtresse de Louis XIV, ou de l'abbesse de l'abbaye aux Dames de Saintes, qui portait le titre de Madame de Saintes. Elle s'est aussi appelée l'île de la Garenne, sans doute à cause de l'abondance des lapins du même nom qui étaient ses seuls habitants. Sous la Révolution, elle est appelée l'île Citoyenne.

Au nord de l'île, se trouvent une redoute (ancienne fortification militaire) de forme carrée, édifiée en 1703, ainsi que des casemates. Ces constructions participaient au système de défense de la « rade de Rochefort »[2], à l'entrée de la vaste embouchure de la Charente, pour protéger Rochefort et son arsenal militaire.

Au sud-est de l'île, une grande croix de galets, à même le sol, marque l'endroit où furent ensevelis 254 prêtres déportés en 1794. Ce site est la destination d'un pèlerinage au mois d'août : les participants partent de Brouage avec un galet qu'ils déposent à l'arrivée sur la croix.

Ces prêtres moururent de maladie et d'épuisement à bord des pontons de Rochefort, le Washington et les Deux Associés, d'anciens navires négriers. Il s'agissait de prêtres réfractaires, ayant refusé de prêter serment à la nouvelle constitution, ou au contraire de prêtres assermentés.

Après l'épisode sanglant de la Commune de Paris, des communards y furent envoyés. Pour s'approvisionner en eau douce, ils creusèrent au nord de l'île un puits, appelé depuis puits des Fédérés ou puits des Insurgés. Ce puits, foré en mer à 25 mètres du rivage, est accessible par une passerelle ; interdite en 2013 pour vétusté.

Paléontologie[modifier | modifier le code]

On trouve 24 espèces d'oursins fossiles du Cénomanien dans les falaises de l'île, ainsi que des espèces bioconstructrices (coraux, rudistes, stromatopores), des huîtres, des madréporaires, des nautiles, des dents de poissons (picnodontes et requins), des vertèbres de reptiles aquatiques (varan Carentonosaurus) et des débris de végétaux fossiles (conifères surtout : Frenelopis et Glenrosa)[3].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En 1947, Port-des-Barques est devenue une commune en se dissociant de Saint-Nazaire-sur-Charente. Les deux autres communes créées après-guerre sont toutes deux situées dans l'île d'Oléron (Le Grand-Village-Plage et La Brée-les-Bains)
  2. Alain Chappet, Roger Martin et Alain Pigeard, Le guide Napoléon : 4000 lieux de mémoire pour revivre l'épopée, Tallandier, 2005, p. 70
  3. Revue Fossile no 4 : Les oursins du Cénomanien de l'île Madame, Charente-Maritime

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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