Île Dumet

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Île Dumet
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Localisation Océan Atlantique
Coordonnées 47° 24′ 42″ N 2° 37′ 15″ O / 47.411667, -2.62083347° 24′ 42″ N 2° 37′ 15″ O / 47.411667, -2.620833  
Géologie Île continentale
Administration
Statut Réserve naturelle

Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Commune Piriac-sur-Mer
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+1

Géolocalisation sur la carte : France

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Île Dumet
Île Dumet

Géolocalisation sur la carte : Loire-Atlantique

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Île Dumet
Île Dumet
Îles de France

L’île Dumet est une petite île française, située en Mor braz dans l’océan Atlantique à 6 km au large de Piriac-sur-Mer en Loire-Atlantique. Elle possède une superficie de 8,5 ha (variable en fonction des marées) pour des dimensions de l'ordre de 600 m sur 150 m.

Histoire[modifier | modifier le code]

Son nom connu le plus ancien est Aduna qui aboutit au nom actuel via Audumet, Dumay. Son nom breton est Enez Aodum.

En 1974, des fouilles archéologiques sous-marines ont apporté un début de vérification à l'hypothèse selon laquelle c'est entre cette île et sa situation actuelle que Piriac s'est primitivement développé avant qu'un bouleversement du sous-sol donne cet espace à la mer. La date de ce bouleversement n'est pas connue. Il est probable que cette île soit l’ultime vestige d’une terre émergée qui s’effondra avec le bouleversement du massif armoricain, 5000 ans avant notre ère.

L’occupation de l'îlot est très ancienne mais les vestiges encore visibles et décrits en 1850 ont été détruits par les travaux ultérieurs.

Après avoir dépendu de l'évêché de Nantes, l'île releva de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon. Les moines, en 1772, l'échangent contre soixante-dix œillets de marais salants avec le comte Jacques de Mahé de la Bourdonnais[1]. Ils laissent derrière eux le souvenir de miracles et un imaginaire superstitieux qui s'étend également sur la portion de côte vers Piriac.

Sa position stratégique lui a imposé de multiples occupations militaires et l'a fait participer à la défense de l’embouchure de la Vilaine.
Elle fut le témoin de nombreuses batailles navales telle que la bataille des Cardinaux.

Deux forts y ont été construits :

  • le fort de Ré de forme semi-circulaire construit vers 1756 sous la direction du duc d'Aiguillon. Il servit d’habitation pour les anciens gardiens après sa désaffectation en 1782. Après une tentative de restauration au XIXe siècle, il est désormais à l'abandon. Un feu de signalisation y fut placé vers 1900 après de nombreux naufrages.
  • le fort carré, appelé aussi fort à La Vauban construit en 1845 sous les yeux de Gustave Flaubert.

En 1912, le professeur Alphonse Berget (1860-1934) place sur l'île le pôle de l'hémisphère continental, servant d'origine à diverses conventions géographiques[2],[3].

À partir de 1949, le nouveau propriétaire du centre du monde est l'industriel Henri Dresch, fabriquant des motos Dresch, armateur à Lancieux (Côtes-d'Armor) puis fondateur du complexe hôtelier du domaine de Rochevilaine à la pointe de Pen Lan. Sur ses terres insulaires, il fait réaliser des travaux embarquant du matériel depuis le port de Billiers grâce aux pêcheurs locaux qui lui louent leurs services en faisant la navette. Des arbres sont transportés jusqu’à Dumet sur la plate « la Lorraine », appartenant à Henri Dresch. Le père Béliout, un vieux marin piriacais s’occupe de l’île pour son propriétaire qui y reçoit notamment la chanteuse et actrice Colette Renard.

En 1953, le couple Fleury de Valois prend possession de la maison des gardes, vestige du fort de Ré. Ils vont y passer trente-trois ans sans électricité, avec peu d’eau douce, le courrier tous les quinze jours quand le temps le permet et une liaison radio deux fois par jour.

Les deux gardiens (lui radiesthésiste et sourcier, elle chanteuse) sont chargés du phare construit sur l’île en 1950 qui remplace le premier phare élevé vers 1900 mais avouent être venus à Dumet pour y trouver un trésor, peut-être le « rayon orange » que le radiesthésiste était venu chercher afin de se procurer énergie et longévité. En 1986, arrivé à un âge avancé, le couple quitte l'île en hélicoptère pour le continent où ils mourront trois ans plus tard et seront inhumés dans le cimetière de Batz-sur-Mer.

Henri Dresch vend l’île Dumet en 1971. Elle est finalement acquise en 1990 par le Conservatoire du littoral et est devenue une réserve ornithologique réglementée. Aujourd’hui, elle constitue un but de navigation appréciable pour les plaisanciers de la baie de Vilaine. Elle sert aussi d’indicateur empirique pour la météo :

« Côtes de Dumet bien découpées, pluie à redouter Brume sur l’île aux oiseaux, il va faire beau ! »

Autres indications historiques :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-inférieure p. 77 sur Google Livres
  2. Alphonse Berget, « Répartition géographique des Océans (détermination du pôle continental) », Annales de l'Institut océanographique, vol. V, no 10,‎ 1913 (lire en ligne)
  3. « L'île Dumet » (sur l'Internet Archive)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Tattevin, L'île Dumet, Guérande, C. Benoistel 1953.
  • Konopka Bogdan, L'île Dumet, Paris, Marval, 1995.
  • Emile Dutertre, Les mystères de l'île Dumet, La Baule, Ed. des Paludiers, 1975. rééd. 1980.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]