Île-d'Houat

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Île-d'Houat
Le port Saint-Gildas.
Le port Saint-Gildas.
Blason de Île-d'Houat
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Lorient
Canton Quiberon
Intercommunalité Auray Quiberon Terre Atlantique
Maire
Mandat
Andrée Vielvoye
2014-2020
Code postal 56170
Code commune 56086
Démographie
Gentilé Houatais
Population
municipale
249 hab. (2011)
Densité 86 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 23′ 25″ N 2° 57′ 22″ O / 47.390278, -2.956111 ()47° 23′ 25″ Nord 2° 57′ 22″ Ouest / 47.390278, -2.956111 ()  
Altitude 27 m (min. : 0 m) (max. : 42 m)
Superficie 2,91 km2
Localisation

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Île-d'Houat

Île-d'Houat [ildwat] est une commune française du département du Morbihan, en région Bretagne. Elle est essentiellement constituée de l'île de Houat.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation géographique de l'île de Houat.

Située au cœur de Mor braz, l'île mesure 3,3 km de long et 1,5 km au plus large. C'est un plateau granitique s'adoucissant en une grande plage bordée de dunes à l'Est (plage du Gouret). L'extrémité nord de cette plage est constituée par la pointe d'En Tal, qui, curiosité rare, est, en même temps, une plage convexe.

Carte de l'île de Houat.

On distingue nettement deux espaces :

  • les deux tiers ouest, qui sont un ultime vestige perdu en mer des crêtes autrefois élevées du Massif armoricain. Houat fait partie de sa partie Sud, qui s'étire des Montagnes Noires (Finistère) au Sillon de Bretagne (Loire-Atlantique), et passe par les Landes de Lanvaux (Morbihan). La côte y est particulièrement déchirée, en particulier au Sud, résultat des assauts perpétuels de l'océan. De minuscules criques (Porzh Plouz, Porzh Poudell...) se nichent dans les infractuosités de la roche qui dresse ses remparts parfois vingt mètres au-dessus. Même disposition au nord, quoique moins haute. La pointe de Beg-Er-Vilaine offre un panorama intéressant, à la fois sur la baie de Quiberon et sur le littoral nord de l'île. Seule exception : la plage du Béniguet, à l'extrémité ouest, qui ouvre ses dunes vers Quiberon et le grand large. Au sommet de ces falaises souvent abruptes, le plateau (qui atteint 28 mètres à l'ouest du bourg) présente ses étendues inhabitées et sans arbres. On y a pratiqué l'élevage jusque dans les années 1960 ; aujourd'hui, les pâtures ont fait place aux broussailles (ajoncs, fougères, ronces...) ;
  • le tiers est, qui est constitué d'un affaissement de la partie précédente ; on y rencontre davantage de schistes. Le littoral est surtout sableux (plages du Gouret et du Salus), bien que ponctué de pointes rocheuses (pointe Sud, îlot d'Er Yoc'h, relié à la pointe d'En Tal par un isthme submersible). La pointe d'En Tal est l'une des rares plages convexes de Bretagne. On y trouve la seule « vallée » de l'île, en bas du bourg, où un ruisseau éphémère (conditionné par les précipitations) alimentait autrefois les lavoirs. C'est sans doute la partie la plus pittoresque de l'île.

À l'extrémité ouest, l'île est prolongée par une chaussée granitique appelée chaussée du Beniguet, séparée de l'île par un étroit chenal. La chaussée s'étire vers la presqu'île de Quiberon dont elle est séparée par le passage de la Teignouse. De nombreux îlots (Glazic, Valuec, Guric), véritables dangers pour la navigation, dressent leur silhouette altière au-dessus des flots.

Au sud, on trouve trois îlots de granit inhabités à la Pointe (Beg Pell, Beg Creiz, Beg Tost, du plus éloigné au plus proche de l'île). Plus loin au sud, on aperçoit l'île aux Chevaux, qui servit autrefois de pâture commune aux Hoëdicais et aux Houatais.

Au sud-est, le passage des Sœurs, dangereux car peu profond et truffé de rochers, sépare Houat d'Hoëdic.

Au nord, l'île de Houat fait face à la presqu'île de Rhuys et à la sortie du golfe du Morbihan.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'île est désignée sous le nom Siata[1] pendant l'Antiquité.

En breton, l'île s'appelle Houad signifiant « le canard »[2] (alors que Hoëdic signifie « le caneton »). Ces deux appellations sont cependant sujettes à caution.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au début de l’ère néolithique en Bretagne (vers 5000 av. J.-C.), le niveau de la mer avait déjà remonté et Houat faisait alors partie d’un système insulaire avec Hoedic, séparées du continent par le passage de la Teignouse. Progressivement, vers 3500 avant J.-C., elle se sépara de Hoedic en raison de la remontée du niveau de la mer. À l'inverse d'Hoëdic, on ne relève pas à Houat de trace d'occupation romaine. Aux XVIe et XVIIe siècles, l'île subit les rivalités navales entre France, Angleterre et Espagne. La population est fréquemment rançonnée par les flottes étrangères.

De la Révolution jusqu'à la fin du XIXe siècle, Houat dépend de Belle-Ile et est régie par la « charte de Houat et d'Hoêdic ». À l'époque, le curé faisait office de maire, d'officier d'état civil et parfois même d'enseignant. Elle fut érigée en commune en 1891, dans le cadre du canton de Quiberon.

L'île compte trois forts édifiés au XIXe siècle dans le but de se défendre des Britanniques. Ils n'ont quasiment jamais servi : le fort principal, au sud-ouest du village « à l'intérieur des terres », le fort de la pointe d'En Tal, qui est plutôt une simple redoute et le fort du Beniguet à l'extrémité ouest de l'île.

Les Houatais ont protégé leurs bateaux dans trois ports successifs :

  • Une première digue, un simple empilement de grosses pierres sèches, protégea le port primitif à partir de 1824. Appelé Port-Collet, ses vestiges bien conservés servent aujourd'hui à abriter quelques catamarans l'été. Une partie de ses pierres a été utilisée pour construire le deuxième abri de l'île, qu'il jouxte.
  • Le port d'Er Beg, dit « le vieux port », situé au sud de la grande plage proche du village (Treac'h er Goured), a été édifié en 1915-1916, en partie par des prisonniers allemands; en 1932, un second môle en béton armé, parfois appelé quai Cappio (du nom de l'entreprise qui en fut responsable), complète l'ensemble. La digue sud est détruite le 21 janvier 1951 par une forte tempête de sud-est, qui emporta au passage plusieurs chalutiers. Ce port n'a jamais été reconstruit, il en reste une jetée partiellement submergée et le second môle. Le bâtiment blanc et cubique qui se dresse au-dessus est l'ancien « hôtel du port ».
  • Le port actuel, Port Saint-Gildas, date des années 1960. Son financement est en partie dû à un appel national à la solidarité, après la tempête catastrophique de 1951[3]. Il est situé sur la côte nord à proximité immédiate du village ; les rotations par bateau avec le continent sont quotidiennes. En eau profonde, ce port a donné un second souffle à l'activité halieutique. On y trouve des douches ainsi qu'un service de manutention.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en mai 1945 alors que l'Allemagne est déjà très largement envahie par les Alliés et que les Soviétiques occupent Berlin, le général allemand Fahrmbacher, commandant la Festung Lorient, une des poches de l'Atlantique, envoie plusieurs dizaines de fusiliers marins occuper les îles de Houat et d'Hoedic[4]. Quatre jours plus tard, le 7 mai, la capitulation allemande de la poche de Lorient est signée.

A la fin des années 1960, le ministère de l'Agriculture décide de construire une usine expérimentale de dessalement d'eau de mer[5]. La première en France à utiliser la technique de l'osmose inverse. Elle est détruite en 1998.

En 2004, une tornade de catégorie EF2 ravage un camping sur l'île, tuant une personne et en blessant huit[6],[7].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Ile-d'Houat (Morbihan).svg

Les armoiries de l'Ile-d'Houat se blasonnent ainsi :

D’azur à une fleur de lys de mer d’argent.

Conc. Abbé Marquer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1892 1900 Ferdinand Le Roux    
1900 1904 Henri Le Gurun    
1904 1912 Ferdinand Le Roux    
1912 1920 Gilles Le Gurun    
1920 1945 Louis Le Hyaric    
1945 1953 Armand Le Gurun    
1953 1954 Joseph Le Gurun    
1954 1977 Hubert Le Berre    
1977 1995 Joseph Le Hyaric    
1995 2008 Jean Pierre Le Gurun    
2008 2014 Luc Le Gurun PS  
2014 en cours Andrée Vielvoye    
Les données manquantes sont à compléter.

Le village compte une école primaire publique[8] et un collège[9] qui scolarise aussi les enfants d'Hoëdic. La natalité, faible, permet d'alimenter les effectifs de ces établissements, de petite taille néanmoins.

La cariole de Houat

Les véhicules à moteur sont interdits sur l'île, sauf dérogation accordée par le conseil municipal. On ne compte donc pas plus de 10 voitures sur l'île[10]. L'immatriculation des bateaux houatais dépend du quartier des affaires maritimes d'Auray.

Le courrier vient, par bateau, de Quiberon.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 249 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1891. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936
269 305 344 315 284 287 343 346 355
1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004
331 422 446 457 430 390 390 335 318
2006 2009 2011 - - - - - -
311 255 249 - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique


Tout le territoire d'Houat dépend de la commune du même nom. Le village, installé dans le nord-est de l'île, concentre la grande majorité de la population. Le reste de l'île, très peu construit, est inhabité l'hiver.

Économie[modifier | modifier le code]

Le port Saint-Gildas.
Agriculture 

L'agriculture n'a jamais dépassé le stade de la subsistance dans le meilleur des cas à Houat. L'élevage, par contre, était très développé : chaque famille élevait au moins une vache et un cochon. Les têtes de bétail en surplus étaient d'ailleurs convoyées chaque année à la Foire des Houatais, à Saint-Gildas-de-Rhuys (Kercambre), puis Arzon sur la presqu'île de Rhuys. L'élevage des chevaux paraît avoir été très développé également, comme en témoigne d'ailleurs le nom de l'îlot avoisinant (l'île aux Chevaux, ou Melvan), sur lequel les Houatais et les Hoedicais laissaient à tour de rôle leurs poulains grandir. Depuis la fin des années 1970, l'activité agricole est inexistante.

Pêche 

La majeure partie des hommes en âge de travailler sont pêcheurs. La pêche au homard et au crabe constitue la principale ressource halieutique locale. Une écloserie de homards a été construite en 1972 sur l'île pour tenter de renouveler les viviers de pêche. Désormais, on peut visiter une unité de production de phytoplancton à usage cosmétique : l'Eclosarium. Houat est la commune de Bretagne qui compte le plus grand nombre de gens de mer par rapport à la population active.

Tourisme 
Menhir sur l'île.

C'est la seconde ressource économique de l'île. En été, plusieurs services de bateaux amènent les visiteurs de Vannes, de Port-Navalo et surtout de Quiberon. La part des résidents secondaires s'accroît, et la plaisance se développe également. Il existe une aire de camping, placée depuis environ deux ans à proximité des falaises sud-ouest de l'île situées face à l'île aux chevaux, près de Trea'ch ar Salus.

Commerces et services 

À l'année :

  • deux épiceries,
  • une boulangerie / presse,
  • un cabinet médical, faisant office de pharmacie pour les médicaments prescrits,
  • une poste.

En saison :

  • une crêperie, trois restaurants,
  • trois hôtels,
  • deux entreprises de restauration légère,
  • une location de vélos (avril/septembre),
  • une boutique de souvenirs (mai/septembre),
  • une boutique de vêtements,
  • une gendarmerie (juillet/août).

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Vue de la grande plage de Treac'h ar Goured
Lys maritime

L'île est presque entièrement recouverte d'une lande de fougères et d'ajoncs qui se fait rase du côté de la pleine mer. Les dunes de la plage de l'est sont un milieu fragile protégé par le conservatoire du littoral : on y trouve une espèce endémique sauvage de lys des dunes, très menacée. On trouve aussi des chardons, de l'ail sauvage, des rosiers sauvages nains, etc. En dehors du village, il n'y a qu'une trentaine d'arbres sur Houat.

La faune terrestre est essentiellement constituée, outre les insectes, de faisans et perdrix d'élevage, nourris au sarrasin local, et de lapins qui prolifèrent malgré la chasse qu'on leur donne. Quelques chevaux ont refait leur apparition dernièrement pour le tourisme.

Les espèces sauvages marines sont plus nombreuses que les espèces terrestres. On trouve des colonies de moules et d'huîtres sauvages, des tourteaux, des étrilles et des araignées de mer, des homards, des congres dans les rochers...

Panoramas[modifier | modifier le code]

Île d'Houat : l'extrémité nord-ouest de l'île - Le fort des Béniguets et la pointe Beg-Er-Vachif.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Revue celtique T. X, 1889 p. 350 Uxisama, Sena, Vindilis, Siata, Arica par Joseph Loth ouvrage disponible sur Internet Archive
  2. Houat sur infobretagne.com
  3. Tempête à l'île de Houat 1951, vidéo sur le site de l'Institut national de l'audiovisuel
  4. Yves Buffetaut, Les Ports de l'Atlantique : 1939-1945, Rennes, Marines éditions,‎ 2003, 155 p. (ISBN 2-909675-99-8), p. 150 "Les Allemands occupent Houat le 3 mai 1945 !"
  5. Evanno, Yves-Marie, « A Houat, l’eau potable vaut de l’or », En Envor, consulté le 24 janvier 2014.
  6. http://www.keraunos.org/actualites/faits-marquants/2000-2004/tornade-ile-d-houat-11-aout-2004-morbihan-bretagne-trombe.html
  7. https://www.youtube.com/watch?v=mPc9beozI48&feature=youtu.be&t=14m
  8. Site de l'école publique de Houat
  9. Collège de Houat
  10. Marcel Robert, Iles sans voitures, 2013
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hoedic et Houat : histoire, mœurs, productions naturelles de ces deux îles du Morbihan par M. l'abbé Jean-Marie Delalande (1850) ouvrage disponible sur la Bibliothèque numérique de l'Université Rennes 2
  • Catherine Gaston-Mathé, Houat, la mémoire de l'île, éditions Coop Breizh, (1995)
  • Jean-Pierre Bosc, Houat et Hoëdic, (1997)
  • René Scouarnec, Histoires de Houat, Verdi Éditions (2008)

Articles connexes[modifier | modifier le code]