Île-d'Aix

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Île-d'Aix
Vue aérienne Sud-Ouest de l'île.
Vue aérienne Sud-Ouest de l'île.
Blason de Île-d'Aix
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Poitou-Charentes
Département Charente-Maritime
Arrondissement Rochefort
Canton Rochefort-Nord
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Pays Rochefortais
Maire
Mandat
Alain Burnet
2008-2014
Code postal 17123
Code commune 17004
Démographie
Gentilé Aixois
Population
municipale
232 hab. (2010[1])
Densité 195 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 00′ 46″ N 1° 10′ 21″ O / 46.0128, -1.1725 / 46.0128; -1.172546° 00′ 46″ Nord 1° 10′ 21″ Ouest / 46.0128, -1.1725 / 46.0128; -1.1725  
Altitude Min. 0 m – Max. 15 m
Superficie 1,19 km2
Localisation

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Île-d'Aix
Liens
Site web www.iledaix.fr

Île-d'Aix (avec un trait d'union) est une commune du sud-ouest de la France. Elle est située sur une île à part entière, l'île d'Aix, au large de la pointe de la Fumée, extrémité de la presqu'île de Fouras, et de l'île d'Oléron. Elle est la plus petite commune du département de la Charente-Maritime, dans la région Poitou-Charentes.

Ses habitants sont appelés les Aixois et les Aixoises[2].

La commune appartient depuis 2011 au réseau « Villages de pierres et d'eau », label initié par le conseil général afin de promouvoir des sites exceptionnels présentant la particularité d'être situés au bord d'une étendue d'eau (mer, rivière, étang…)[3].

Sommaire

Géographie[modifier]

Carte de l'île.

La commune d'Île-d'Aix couvre la totalité de l'île d'Aix ainsi que la longe de Boyard (où est édifié Fort Boyard). Située dans le centre-ouest du département de la Charente-Maritime, au large des côtes aunisiennes, elle est baignée par l'océan Atlantique et appartient à un ensemble géographique plus vaste, l'archipel charentais. Cette petite île se déploie au cœur du pertuis d'Antioche, entre l'île d'Oléron et Fouras, à l'extrémité nord-ouest de la vaste embouchure de la Charente.

Sur un plan plus général, cette petite île est située dans la partie sud-ouest de la France[N 1], au centre de la côte atlantique, faisant partie du « midi atlantique »[4].

Économie[modifier]

L'ostréiculture est une des activités essentielles de l'île d'Aix, comme dans les trois autres îles charentaises qui forment un archipel (, Oléron et Madame). Il existe officiellement deux ostréiculteurs implantés à la sortie du bourg sur la route menant au hameau de Bois Joli.

Le tourisme y exerce une importance économique primordiale, stimulant certains particularismes insulaires, comme l'absence du trafic routier. En effet, la circulation automobile y est interdite, à l'exception de véhicules utilitaires d'insulaires, et quelques véhicules autorisés de particuliers ce qui en fait une destination fort appréciée des amoureux de la nature et des amateurs de tranquillité et d'exotisme.

L'autre particularité est que l'île d'Aix possède le record national d'avoir deux musées nationaux sur son si petit espace insulaire : le Musée napoléonien et le Musée africain. Ces deux musées, qui ont fait l'objet de réaménagements intérieurs récents, sont pourvus de collections fort originales. Ils ont acquis une très grande notoriété nationale et contribuent à accroître la renommée de l'île d'Aix, que la proximité de Fort Boyard ne fait qu'amplifier. On peut également trouver sur cette île la Maison de la Nacre, musée privé qui nous apprend tout l'art du travail de ce matériau raffiné. C'est l'une des destinations touristiques les plus prisées des vacanciers et des touristes sur le littoral charentais.

Toponymie[modifier]

Autrefois appelée Aia, l'île d'Aix pourrait avoir pour origine un mot Saxon : Eia Insula[5].

Île-d'Aix (avec trait d'union et sans article) désigne l'entité administrative communale qui se confond avec l'entité géographique de l'île d'Aix (sans trait d'union).

Histoire[modifier]

Monument en hommage aux Prêtres de la Déportation (1793-1794) où figure une liste de 250 noms.
  • 1067 : Isembert de Châtelaillon fait don de l'île aux Moines de Cluny.
  • Fin du XIIe siècle : l'île d'Aix devient un site stratégique pour l'Angleterre qui la dispute à la France. Durant tout le XIII siècle, les attaques des navires anglais se succèdent, jusqu'en 1286 où l'estuaire de la Charente sépare la Saintonge anglaise de la Saintonge française.
  • En 1692, le tracé des fortifications, sur les instructions de Vauban, est mis à plat par François Ferry pour défendre La Rochelle, Rochefort, Brouage et l'embouchure de la Charente.
  • Les Britanniques réussirent à s'en emparer durant la Guerre de Sept Ans, et détruisirent les remparts. Ceux-ci furent réparés ensuite par des ingénieurs parmi lesquels on compte le physicien Charles Augustin Coulomb et Pierre Choderlos de Laclos, l'auteur des Liaisons Dangereuses.
  • En 1794, sous la Révolution, des centaines de prêtres réfractaires furent enterrés à l’île d’Aix, ils étaient morts dans des conditions épouvantables, sur les tristement célèbres pontons de Rochefort (navires démâtés laissés à l'ancre et utilisés comme prisons).
Les vaisseaux français aux prises avec les brûlots ennemis, 11 avril 1809 au soir. Peinture de Louis-Philippe Crépin.
  • Les 11 et 12 avril 1809 se déroule la bataille de l’île d'Aix. Cette année-là, Napoléon a institué le blocus continental. Mais la flotte britannique bloque les ports de l'Empire.
    • Les colonies des Antilles étant menacées, Napoléon donne l'ordre d'envoyer une escadre pour porter des approvisionnements et des renforts. Une flotte est rassemblée à cette fin sous le commandement du vice amiral Zacharie Allemand. 11 vaisseaux et 4 frégates sont ainsi ancrés à l'embouchure de la Charente, un peu à l'est de l'île d'Aix, d'où ils sont surveillés par l'escadre du vice-amiral John Gambier, qui mouille un peu au nord, dans la rade des Basques. Le 11 avril, profitant d'un vent portant et de la marée montante les anglais laissent dériver vers les navires français une trentaine de brûlots. Pour éviter d'être embrasés les navires français laissent filer leurs ancres et dérivent vers l'estuaire. La plupart s'échouent dans la vase. Le lendemain les frégates anglaises peuvent canonner à bout portant les navires qui ne sont pas parvenus à se dégager malgré le passage par dessus bord de quelque 385 canons au fond de la baie. C'est un nouveau désastre pour la flotte de l'Empereur; les anglais auront détruit une frégate et quatre vaisseaux de l'escadre française, ruinant les espoirs de renforts pour les colonies menacées aux Antilles.
Napoléon Bonaparte monte à bord du HMS Bellerophon et se rend à l'ennemi le 15 juillet 1815. Réalisé par Sir Charles Lock Eastlake, en 1815.
  • Napoléon Ier y séjourna une semaine, du 8 au 15 juillet 1815[6], avant de quitter à jamais la terre de France. C'est d'ici qu'il embarqua pour le Royaume-Uni, mais fut en fait emmené sur l'île de Sainte-Hélène, bien plus lointaine. Le souvenir de l’empereur plane encore sur l’île, avec le Musée napoléonien et la place Austerlitz.
  • Le fort Liédot a servi de prison pour de nombreuses personnes parmi lesquelles :
    • Des Communards, après la chute de la Commune de Paris, en 1871.
    • Des soldats de l'armée impériale russe insoumis sur le Front français en 1917. Cet épisode peu glorieux de la première guerre mondiale est méconnu. Les 81 meneurs de l'insurrection du camp de la Courtine sont déportés à l'île d'Aix. Trois soldats, morts par noyade au cours d'une tentative d'évasion, sont enterrés dans le petit cimetière de l'île.
    • Ahmed Ben Bella, dirigeant du FLN, et quatre autres de ses compagnons (Mohamed Boudiaf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf) y séjourneront de mars 1959 à mai 1961[7], surveillés par une garnison d'environ 150 gendarmes. Ahmed Ben Bella deviendra, après sa libération et son retour dans son pays, le 1er président de la république algérienne. Les habitants de l’île gardent de très mauvais souvenirs de ces années-là : les côtes de l'île étaient surveillées jour et nuit par des postes de gardes disséminés le long de toute la côte. L'Ile était coupée en deux, dans le hameau de Bois-Joly, par une haute clôture, avec poste implanté sur la route et occupé 24h/24 .

Héraldique[modifier]

Blason Blasonnement :
De sinople au lion d'or, armé et lampassé de gueules, tenant de ses pattes avant un trident du même posé en pal, le tout posé sur un mont de sable.

Administration[modifier]

Le Phare de l'île d'Aix et sa tour écran
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2001 2008 Jean-Pierre Chaudet SE viticulteur
2008 2014 Alain Burnet MoDem  
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie[modifier]

Évolution démographique
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006
226 207 207 173 199 186 215
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Monuments et lieux touristiques[modifier]

Église Saint-Martin[modifier]

L'église Saint-Martin est un des maigres vestiges d'un prieuré établi en 1067, peu après la donation de l'île à la puissante abbaye de Cluny. Doté d'une modeste communauté monastique, le prieuré est saccagé à plusieurs reprises, pendant les conflits franco-anglais, au XIVe siècle.

L'église actuelle apparaît comme particulièrement mutilée, se limitant à l'ancien transept, à une petite absidiole (greffée sur l'ancien croisillon nord) ainsi qu'à une crypte romane aménagée entre le XIe siècle et le XIIe siècle. Restaurée de 1964 à 1971, elle est couverte d'une voûte d'arêtes portée par une série de 14 colonnettes aux chapiteaux ornés de motifs floraux, rare témoignage du premier art roman saintongeais.

Musée napoléonien[modifier]

Le Musée napoléonien

La maison du commandant de la place dans laquelle Napoléon a passé ses derniers jours (début juillet 1815) en France, a été transformée en musée à partir de 1926 par l'aristocrate et collectionneur le baron Napoléon Gourgaud (1891-1944), qui l'a ouvert au public en 1928.

La porte est surmontée d'une étonnante inscription, qualifiée dans un ouvrage sur l'île de « vers de mirliton » : « À la mémoire de notre immortel Empereur, Napoléon Ier, 15 juillet 1815. Tout fut sublime en lui, sa gloire et ses revers. Et son nom respecté plane sur l'Univers. »

En 1933 Gourgaud et son épouse américaine, sans héritiers directs, donnèrent à l'État leurs nombreux souvenirs, meubles, objets d'art et estampes, dont les plus émouvants sont les 52 pendules anciennes réunies par le baron, arrêtées à 17 h 49, heure de la mort de l'Empereur le 5 mai 1821 à Longwood.

Le musée, géré initialement par une fondation, est placé sous la responsabilité du conservateur des musées nationaux napoléoniens des châteaux de La Malmaison et de Bois-Préau.

Musée africain[modifier]

Dromadaire attribué par la légende au général Bonaparte
Article détaillé : Musée africain de l'île d'Aix.

Abrité dans des bâtiments situés en face du Musée napoléonien, il renferme une série d'objets et d'animaux naturalisés rapportés des expéditions africaines de Gourgaud, qui participa entre autres aux safaris du baron suédois Bror Blixen, époux en 1914 de sa cousine la romancière danoise Karen Dinensen, qui connut une célébrité posthume pour La Ferme africaine (1937), adapté ensuite au cinéma sous le titre Out of Africa.

Les visiteurs remarquent surtout le dromadaire blanc indûment[8] présenté comme étant celui du général Bonaparte pendant la campagne d'Égypte, le dodo de l'île Maurice (Raphus cucullatus) et un diorama des oiseaux de l'île de Sainte-Hélène.

Fort Liédot[modifier]

Article détaillé : Fort Liédot.
Fort Liédot. Panoramique façade sud-ouest.

Le fort Liédot, d'abord nommé Fort de la Sommité, en raison de son implantation sur le point culminant, est situé au Nord de l'île, au milieu de la forêt. Initialement à visée défensive, à la demande de Napoléon Ier, il a rempli, tour à tour, bien d'autres fonctions : lieu de détention, cible d'expériences de tir, puis colonie de vacances de l'Armée. Destination prisée des randonneurs et des cyclistes, il est aujourd'hui ouvert en été aux visites guidées et sa cour intérieure sert de décor de spectacles en été (manifestations diverses, pièces de théâtre, concerts…).

Fort de la Rade[modifier]

Les fossés du Fort de la Rade

Sur les instructions de Vauban, la petite batterie de la pointe Sainte-Catherine est devenue le fort de la Rade et est aujourd'hui un village de vacances géré par le groupe Maéva.

Fort Boyard[modifier]

Article détaillé : Fort Boyard.

Inscrit sur le cadastre de la commune de l'île d'Aix, car les pierres de ses fondations ont été excavées à la pointe de Coudepont, Fort Boyard est une fortification située entre l'île d'Aix et l'île d'Oléron. Si la construction d'un dispositif défensif sur la « Longe de Boyard » fut envisagée dès le XVIIe siècle, le projet ne fut concrétisé que dans le courant du XIXe siècle.

Construit pour protéger la rade, l'embouchure de la Charente, le port et surtout le grand arsenal de Rochefort des assauts de la marine anglaise, il est transformé en prison quelques années à peine après son achèvement.

Personnages célèbres[modifier]

  • Choderlos de Laclos, futur auteur des Les Liaisons dangereuses, y a été affecté en 1779 ; il fit construire la poudrière qui est près de l'église.
  • Afanasie Globa et Baltaïs meneurs de la mutinerie des soldats russes à La Courtine, y furent enfermés.
  • Le baron Napoléon Gourgaud, arrière-petit-fils de Gaspard Gourgaud, aide de camp de Napoléon qui l'accompagna déchu à Sainte-Hélène et son épouse, la riche héritière américaine Eva Gebhard – dont un portrait est conservé au musée des Beaux-Arts de Grenoble. Ils favorisèrent, dans les années vingt, le développement démographique de l'île, dont ils possédaient la quasi-totalité des immeubles du village. Leur riche collection de peinture moderne a été léguée à l'État. Ils résidaient dans « La Maison Rose », dominée par un belvédère, sur lequel on peut apercevoir une inscription sibylline « Jane's tooth ».
  • L'écrivain Georges Simenon y séjourna durant l'été 1927 pour s'éloigner de Joséphine Baker.
  • Le dernier gardien du phare, Louis Adrien Simonneau, né en 1920 sur l'Ile d'Yeu en Vendée, y fut en poste de 1953 à 1980.

Galerie[modifier]

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Notes et références[modifier]

Notes[modifier]

  1. Certains y voient une appartenance géographique au midi de la France — en référence au « Midi atlantique » cher au géographe Louis Papy - ainsi l'île d'Aix comme le département de la Charente-Maritime peuvent être rattachés à deux grands ensembles géographiques, le Grand Ouest français et le Grand Sud-Ouest français

Références[modifier]

  1. Populations légales 2010 de la commune : Île-d'Aix sur le site de l'Insee
  2. Gentilé Île-d'Aix
  3. Treize villages unis pour le meilleur et pour le pire, article de Thomas Brosset paru dans Sud Ouest, 10 février 2011
  4. Louis Papy, Le midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Flammarion, Paris, 1984, p. 21
  5. Histoire passion : l'île d'Aix
  6. Perron, « Notice sur le séjour de l'Empereur Napoléon à l'île d'Aix du 7 au 15 juillet », in Revue de l'Institut Napoléon, mai 1932, p. 298-301
  7. Ministère Affaires Étrangères, Documents diplomatiques français - 1965 - tome 2 (1er juillet-31 décembre), éd. PIE, janvier 2004, (ISBN 978-9-0520-1244-5), page 56.
  8. Il s'agit en réalité d'une légende forgée par le baron Gourgaud à des fins publicitaires (cf Christophe Pincemaille, La folie Gourgaud : les musées nationaux de l'île d'Aix, La Crèche, Geste, 2009)

Voir aussi[modifier]

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Bibliographie[modifier]

  • Pierre Antoine Berniard, Histoire de l'Île d'Aix, chez l'auteur, 1993, 179 p. (ISBN 2-906121-18-5)
  • Dominique Droin, Napoléon et les brûlots de l'île d'Aix, Éditions Prée-Océan, Saint-Laurent-de-la-Prée, 2003, 220 p. (ISBN 2-9515363-3-X)
  • Jean-Claude Flamant (et al.), L'Île d'Aix : à la découverte de l'île et de son histoire, Éditions du Vieux Chouan, Fromentine, 1982, 40 p.
  • Fleuriot de Langle, L'Île d'Aix : Petite Isle, dernière étape de l'Empereur, Éditions À la Rose des vents, La Rochelle, 1949, 141 p.
  • Élie Garnier, L'Île d'Aix à travers les temps, Rumeur des âges, La Rochelle, 1984, 227 p. (ISBN 2-903974-06-3) (reproduction en facsimile de l'édition de Croharé, Tarbes, 1909)
  • Daniel Salmon, " La dent de Jane", Éditions le petit pavé. 2001
  • Christophe Pincemaille, Napoléon et l'Île d'Aix : la forteresse encerclée, 1801-1815, Geste éd., La Crèche ; RMN, Paris, 2008, 135 p. (ISBN 978-2-84561-376-8)

Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]