Histoire démographique de la France

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Article général Pour un article plus général, voir Démographie de la France.

Évolution du nombre d'habitants en métropole[modifier | modifier le code]

Evolution de la population française sur le long terme
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003[1]. Population en milliers d'habitants.
Démographie de la France de l'an 15 000 av. J.-C. à 2010.
Évolution de la population de la France métropolitaine (estimations avant 1950)
Date Habitants
15 000 av. J.-C. 50 000
5000 av. J.-C. 500 000
2500 av. J.-C. 5 500 000
An 1 7 000 000
400 12 000 000
800 8 800 000
850 6 000 000
1226 16 000 000
1300 15 000 000
1345 20 200 000
1350 15 000 000
1400 12 000 000
1457 19 700 000
1500 18 000 000
1550 15 300 000
1560 16 200 000
1580 16 500 000
1600 20 000 000
1620 21 000 000
1650 20 000 000
1680 21 000 000
1700 21 000 000
1715 19 600 000
1730 23 800 000
1740 24 600 000
1750 24 500 000
1760 25 700 000
1770 26 600 000
1780 27 600 000
1789 28 600 000
1790 28 100 000
1795 28 103 000
1801 29 361 000
1806 29 648 000
1810 30 000 000
1811 30 271 000
1816 30 573 000
1821 31 578 000
1826 32 665 000
1831 33 595 000
 
Date Habitants
1836 34 293 000
1841 34 912 000
1846 36 097 000
1851 36 472 000
1856 36 715 000
1861 37 386 000
1872 37 653 000
1876 38 783 000
1881 39 239 000
1886 39 783 000
1891 39 946 000
1896 40 158 000
1901 40 710 000
1902 40 810 000
1903 40 910 000
1904 41 000 000
1905 41 050 000
1906 41 100 000
1907 41 100 000
1908 41 190 000
1909 41 240 000
1910 41 350 000
1911 41 420 000
1912 41 530 000
1913 41 620 000
1914 41 630 000
1915 40 020 000
1916 40 020 000
1917 39 420 000
1918 38 670 000
1920 38 900 000
1921 39 140 000
1922 39 750 000
1923 39 750 000
1924 40 170 000
1925 40 460 000
1926 40 710 000
1927 40 770 000
1928 40 880 000
1929 41 020 000
 
Date Habitants
1930 41 340 000
1931 41 550 000
1932 41 510 000
1933 41 520 000
1934 41 570 000
1935 41 550 000
1936 41 500 000
1937 41 530 000
1938 41 560 000
1939 41 510 000
1940 40 690 000
1941 39 420 000
1942 39 220 000
1943 39 860 000
1944 38 770 000
1945 39 660 000
1946 40 287 000
1947 40 679 000
1948 41 112 000
1949 41 480 000
1950 41 647 258
1951 42 010 088
1952 42 300 981
1953 42 618 354
1954 42 885 138
1955 43 227 872
1956 43 627 467
1957 44 058 683
1958 44 563 043
1959 45 014 662
1960 45 464 797
1961 45 903 656
1962 46 422 000
1963 47 573 406
1964 48 059 022
1965 48 561 800
1966 48 953 792
1967 49 373 537
1968 49 723 072
1969 50 107 735
 
Date Habitants
1970 50 528 219
1971 51 016 234
1972 51 485 953
1973 51 915 873
1974 52 320 725
1975 52 600 000
1976 52 798 338
1977 53 019 005
1978 53 271 566
1979 53 481 073
1980 53 731 387
1981 54 028 630
1982 54 335 000
1983 54 649 984
1984 54 894 854
1985 55 157 303
1986 55 411 238
1987 55 681 780
1988 55 966 142
1989 56 269 810
1990 56 577 000
1991 56 840 661
1992 57 110 533
1993 57 369 161
1994 57 565 008
1995 57 752 535
1996 57 935 959
1997 58 116 018
1998 58 298 962
1999 58 496 613
2000 58 858 000
2001 59 267 000
2002 59 686 000
2003 60 102 000
2004 60 506 000
2005 60 963 000
2006 61 399 541
2007 61 795 550
2008 62 130 519
2009 62 469 432
2010 62 793 432
2012 64 612 939

Sources :

  • Compilation de données Insee, INED, et Jacques Dupaquier, Histoire de la population française, Paris, PUF, 1988. Les données datant d'avant les premiers recensements napoléoniens sont des estimations qui prêtent à débats. Les dernières recherches relatives à la période de la conquète romaine (Ier siècle av. J.-C.) tendent à établir une population gauloise de 12 à 14 millions d'habitants.
  • Insee[2],[3].

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les premiers hominidés sont attestés dans le sud de la France il y a plus de 500 000 ans, ils donneront naissance à l'homme de Néandertal. Il y a 40 000 ans l’homme de Cro-Magnon arrive d'Afrique via le Proche-Orient et l'Europe de l’Est. La population reste longtemps stabilisée à quelques milliers d'habitants. La fin des périodes glaciaires, au magdalénien, provoque une augmentation des ressources alimentaires disponibles et de la population :

  • environ 3-4 000 habitants vers 100 000 av. J.-C. (soit moins de 0,006 hab/km²) ;
  • environ 8-10 000 habitants entre 40 000 et 20 000 av. J.-C. (soit environ 0,015 hab/km², ou environ une centaine d'habitants pour un territoire ayant la taille d'un département français) ;
  • peut-être 14 000 habitants à partir du magdalénien supérieur (après 17 000 ans av. J.-C.)[4].

Elle augmente brusquement avec le néolithique et la diffusion de l'agriculture, pour atteindre le million d'habitants au début du IIIe millénaire av. J.-C..

Protohistoire[modifier | modifier le code]

Les premiers Celtes atteignent la France vers -700, apportant avec eux la civilisation indo-européenne.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Il y a environ 6 millions d'habitants au début de la conquête romaine en -200.[réf. souhaitée], entre 4 et 12 millions selon les estimations.

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

À partir du IVe siècle, les invasions conduiront des individus ou des groupes d'individus issus de nombreux peuples à s'installer sur le territoire : Wisigoths en Aquitaine, Burgondes en Bourgogne, Ostrogoths en Provence, Vandales en Corse. Toutefois ces migrations ne représentent en général qu'au maximum quelques dizaines de milliers d'individus chacune, ne bouleversant pas la masse autochtone, sauf dans des régions bien définies, comme par exemple les Alamans en Alsace, les Francs ripuaires en Lorraine, les Francs saliens au Nord de la Seine, les Saxons dans le Boulonnais et le Bessin, les Bretons en Armorique occidentale ou les Scandinaves sur les côtes normandes et dans l'estuaire de la Seine.

Époque médiévale[modifier | modifier le code]

On estime que vers la fin de l'Empire romain, la population gallo-romaine était d'environ 12,2 millions d'habitants.

Entre le Ve siècle et le VIIIe siècle, elle subit une forte diminution, puisqu'à l'époque de Charlemagne, vers l'an 800 elle est estimée à 8,8 millions. À cette même époque les Celtes chassés d'Angleterre par les Saxons s'installent en Bretagne. La première occupation de berbères musulmans, commencée en 715 par la prise de Narbonne, est repoussée en 759.

En cinquante ans, entre 800 et 850, la chute est vertigineuse, puisqu'on estime qu'au milieu du IXe siècle, sous le règne de Charles le Chauve, elle atteint à peine 5 millions d'habitants. En 838 les Sarrasins saccagent Marseille, razzient des habitants pour les réduire en esclavage et effectueront plusieurs autres razzias semblables jusqu'à l'an 1000, dans un contexte où les cotes italiennes et espagnoles sont encore plus exposées à leurs raids. À la même époque, les Vikings prennent pied à l'autre bout de la France. De nombreux scandinaves se fixent alors en Normandie. Le déclin démographique est stoppé au Xe siècle.

Au début du XIIIe siècle, vers 1200, la population française retrouve à peu près les chiffres qu'elle avait atteint 800 ans plus tôt, à la fin de l'Empire romain[réf. nécessaire]. Louis-Henri Fournet[5], fixe lui ce retournement démographique au XIe siècle : « Pour la première fois dans l'histoire du monde, des densités de trente à quarante habitants par kilomètre carré sont atteintes en France, en Lotharingie, en Angleterre et en Italie[6],[7] ».

Un peu plus d'un siècle plus tard, en 1320, à la fin de la dynastie des Capétiens directs, sous le règne de Charles IV le Bel, la France compte environ 24 000 paroisses (1 paroisse = environ 800 habitants) et atteint pour la première fois le chiffre de 20 millions d'habitants, sur un territoire de 320 000 km² (soit une densité de 62,5 h/km²).

Au milieu du XIVe siècle, après la Grande Peste, au début du règne de Jean II le Bon, on évalue la population française entre 16 et 18 millions d'habitants sur 400 000 km², soit une densité de seulement 45 h/km². Le domaine royal couvre 300 000 km², les grands fiefs environ 100 000 km². La Provence est partagée en 23 vigueries/baillies. Une baillie fait environ seize localités. Elle fait 31 400 km². Sa population est de 375 000 habitants (80 000 feux), soit une densité d'à peine 12 h/km². L'armée compte 25 000 hommes (1,25 % de la population). Entre 1357 et 1453, à la fin de la Guerre de Cent Ans, la population française reste stable autour de 16,6 millions d'habitants. Elle n'en demeure pas moins l'entité la plus peuplée d'Europe, et de loin.

Époque Moderne[modifier | modifier le code]

Le chiffre de 20 millions d'habitants est à nouveau atteint au début du XVIIe siècle, sur un territoire agrandi, donc avec une densité de population de 34 h/km². Alors que 300 000 huguenots sont chassés du territoire, 5 000 jacobites irlandais, et quelques milliers de catholiques Anglais ou Écossais se réfugient dans les ports français. Par ailleurs, des dizaines de milliers d'auvergnats et rouergats, s'établissent en Espagne, souvent une partie de l'année seulement, profitant du Siècle d'Or de ce royaume. Les communautés françaises, entre ces travailleurs et l'exil huguenot sont alors particulièrement nombreuses dans les pays d'Europe, surtout en Angleterre, aux Pays-Bas et dans les états allemands.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.
Carte Philosophique figurant la Population de la France (1830), par Armand Joseph Frère de Montizon.

Comparaison de population totale avec d'autres pays et exode rural[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1795, La France comptait la troisième population au monde derrière la Chine et l'Inde[réf. nécessaire]. Mais durant le XIXe siècle, le taux de natalité en France fut le plus bas d'Europe et la population a donc peu évolué, contrairement à ses voisins comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni où les populations ont plus que doublé. Entre 1795 et 1866, la France métropolitaine était en quatrième position mondiale derrière la Chine, l'Inde, et la Russie.

Classement en Europe[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1795, la France métropolitaine était le pays le plus peuplé d'Europe, Russie comprise.

Entre 1795 et 1866, la France métropolitaine était en deuxième position derrière la Russie.

Entre 1866 et 1911, la France métropolitaine était en troisième position derrière la Russie et l'Allemagne. Elle devient alors un pays d'immigration d'abord pour les Belges puis pour les Italiens.

Entre 1911 et 1931, la France métropolitaine était en quatrième position derrière la Russie, l'Allemagne et la Grande-Bretagne. L'exode rural ne touche que tardivement la France par rapport aux autres pays d'Europe occidentale et d'Amérique du Nord. Ainsi, la France compte 43,8 % de personnes vivant de la terre au recensement de 1906, et 31 % à celui de 1954[8]. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, l'exode rural touche ainsi principalement les terroirs d'exploitation difficile, particulièrement dans le sud de la France ou les régions montagneuses, dont, par exemple, l'Ardèche, qui atteint un pic de population sous le Second Empire, comptant 388 500 habitants selon le recensement de 1861[8]; « comme dans beaucoup d'autres régions où prévalait un système analogue, le déclin des industries en milieu rural entraîna celui de l'agriculture, et réciproquement. En un siècle, l'Ardèche perdit ainsi plus de cent quarante mille habitants, par émigration ou par dénatalité, soit plus du tiers des Ardéchois du XIXe siècle, pour ne plus compter que 245 600 personnes au recensement de 1962 » (A. Frémont, 1997[8]).

Elle a continué à connaître une importante immigration au cours du XXe siècle. Dans les années 1930 est arrivée une première vague venant d'Italie et de Pologne, essentiellement pour des motifs économiques[9]. Puis après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux Espagnols et Portugais ont fui les dictatures de leur pays. À partir du début des années 1960, ce sont des migrants venant du Maghreb puis d'Afrique noire, plus récemment de Turquie et d'Asie. Le rapatriement des Pieds-Noirs aura également une grande influence sur la démographie française. Entre 1931 et 1991, la France métropolitaine était le pays comptant la cinquième plus importante population en Europe, derrière la Russie, l'Allemagne la Grande-Bretagne et l'Italie.

Entre 1991 et 2000, la France métropolitaine était en quatrième position derrière la Russie, l'Allemagne et la Grande-Bretagne.

Depuis 2000, la France métropolitaine est en troisième position derrière la Russie et l'Allemagne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Chiffres de la FAO, 2005
  2. Insee - Évolution de la population de la France métropolitaine [xls]
  3. Bilan démographique 2008
  4. Sophie de Beaune « Comment vivaient nos ancêtres », in L’origine des sociétés, Sciences humaines no 9, décembre 2007-janvier-février 2008, p 45
  5. Auteur d'un Tableau synoptique de l'histoire du monde pendant les cinquante derniers siècles, Édition SIDES, Fontenay sous bois, 1987/2005, (ISBN 2868610153)
  6. (fr) Tableau synoptique de l'histoire du monde pendant les cinquante derniers siècles », Louis-Henri Fournet, Édition SIDES, Fontenay sous bois, 1987/2005, (ISBN 2868610153), page 20.
  7. La première partie de l'affirmation de Louis-Henri Fournet (« Pour la première fois dans l'histoire du monde ») est cependant partiellement contredite. Les archéologues de la civilisation maya estiment la densité de population maya de l'ère classique à un chiffre compris entre quatre-vingt et deux cent quatre-vingt-dix habitants au kilomètre carré. Chiffres cités par Jared Diamond, page 190 de son essai Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie publié en 2006 chez Gallimard, (ISBN 2070776727). Il faut aussi citer la ville de Bagdad, considérée comme la première à avoir atteint une population d'un million d'habitant entre les IXe siècle et Xe siècle. Cf. à ce propos (en) Largest Cities Through History
  8. a, b et c Armand Frémont, « La terre », in Les Lieux de mémoire, tome III (dir. Pierre Nora), Quarto Gallimard, 1997, p.3047-3080 (en part. p.3050-3051)
  9. http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=56