Évangile de Marie

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L'Évangile de Marie ou Évangile selon Marie est un texte gnostique, probablement du IIe siècle. La principale source manuscrite est le codex de Berlin, qui en donne une version, lacunaire, en sahidique un dialecte du copte. Deux fragments en grecs du IIIe siècle ont également été retrouvés.

Le titre en est écrit sur le colophon, et Marie disciple de Jésus est généralement identifiée, sans certitude, comme Marie de Magdala.

Manuscrits[modifier | modifier le code]

Codex de berlin[modifier | modifier le code]

Il devait contenir 18 pages, mais les pages 1 à 7 et 11 à 15 sont manquantes. Il a été découvert par le docteur Reinhardt en 1896, mais il a seulement été publié en 1955 avec la bibliothèque Nag Hammadi.

Première édition en grec[modifier | modifier le code]

Bien que la traduction de l'Évangile de Marie ait été effectuée à partir du copte, la première rédaction aurait été faite en grec au cours du IIe siècle. Cette datation semble confirmée par un fragment grec, le papyrus Rylands 463 (en), qui est daté du IIIe siècle, et dont l'identité avec le texte copte a été confirmée.

Contenu[modifier | modifier le code]

Le texte a pour thème principal la mortalité, l'ascension du Christ et l'ascension de l'âme selon le gnosticisme. Marie de Magdala y est présentée à la tête des apôtres dans ce récit.

Dans cet évangile, le Sauveur transmet d'abord ouvertement son enseignement à ses disciples, puis secrètement à Marie-Madeleine au cours d'une vision intérieure. Ceci provoque une réaction violente de Pierre, qui refuse de croire que le Sauveur ait pu transmettre un enseignement à une femme à l'insu de ses disciples. Cet évangile témoigne donc d'un conflit vécu à l'intérieur même d'un milieu chrétien au début de notre ère. Anne Pasquier, professeur de théologie à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l'Université Laval, a très bien fait ressortir que les deux figures représentent deux traditions ecclésiastiques différentes : la première, incarnée par Pierre, est la tradition orthodoxe ou celle qui tend à le devenir. Cette tradition dénigre l'autorité des révélations reçues lors de visions et interdira aux femmes toute participation active à l'intérieur de l'Église. L'autre, dont Marie est la figure symbolique, est légitimée par des révélations secrètes ou des visions et par une possible égalité entre les hommes et les femmes.

Sophia, la personnalité gnostique, joue également un rôle dans cet évangile. Il s'agit surtout de dialogues entre Marie et les apôtres. Les discussions spirituelles sont influencées par la gnose.

Datation[modifier | modifier le code]

Michel Tardieu date l'original grec de l'Évangile de Marie de la fin du Xe s.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Leloup, « L'Évangile de Marie » Myriam de Magdala, Albin Michel, 2000.
  • Pasquier, Anne, L'Évangile selon Marie (BG1), Les Presses de l'Université Laval, «Bibliothèque copte de Nag Hammadi [section «Textes»]», 10, Québec, 1983.
  • Michel Tardieu, Écrits gnostiques. Codex de Berlin, Cerf, 1984.
  • Régis Burnet, Marie-Madeleine (Ier-XXIe siècle) : De la pécheresse repentie à l’épouse de Jésus, Éditions du Cerf 2004
  • (en) King, Karen L., The Gospel of Mary of Magdala: Jesus and the First Woman Apostle, Polebridge Press, 2003.

(en) Christopher Mark Tuckett, The Gospel of Mary,Oxford University Press, 2007 [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]