Évangéliaire de saint Chad

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Évangéliaire dit de saint Chad ou de Lichfield
Image illustrative de l'article Évangéliaire de saint Chad
Initiale de l'Incarnation, p.5
Artiste Anonyme
Date vers 730
Technique enluminures sur parchemin
Dimensions (H × L) 30,8 × 22,3 cm 118 folios reliés
Localisation Bibliothèque de la cathédrale de Lichfield, Lichfield (Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni)

L'Évangéliaire dit de saint Chad dit aussi de Lichfield est un manuscrit enluminé contenant une partie des évangiles et daté des environs de 730. Il est actuellement conservé à la bibliothèque de la cathédrale de Lichfield dans le Staffordshire.

Historique[modifier | modifier le code]

Longtemps le manuscrit a été attribué à Chad de Mercie, premier évêque de Lichfield et mort en 672, mais il a été fabriqué à une date beaucoup plus tardive[1].

L'origine du manuscrit est inconnue. Le style des décorations et l'écriture rappellent les scriptoria de Northumbrie ou de Iona. Il présente aussi des liens étroits avec l'évangéliaire d'Hereford (en), ce qui tendrait vers une origine de Mercie. Cependant, la statue d'un ange a été découverte récemment au cours d'une fouille archéologique dans la nef de la cathédrale de Lichfield. Or cette statuette, datée du VIIIe siècle présente de grandes ressemblances avec l'ange du folio de l'évangéliaire. Ceci a fait dire à certains spécialistes que l'évangéliaire pourrait provenir de Lichfield même[2].

Des notes marginales en vieux Gallois indique que le manuscrit est sans doute passé par le Pays de Galles, s'il n'y a pas été écrit. Ces notes indiquent notamment qu'il a été acheté pour le prix d'un cheval[2].

Par la suite, le manuscrit est peut-être arrivé à Lichfield dès le XIe siècle : des annotations font références à des évêques de la ville ayant vécu au IXe et Xe siècles. Sa présence n'est attestée qu'au XVIIe siècle : au cours de la Première Révolution anglaise, le second tome du manuscrit est perdu et seul le premier est sauvé par un maître de chapelle de la cathédrale en 1646. Il est donné à Frances, duchesse de Somerset qui le rend au trésor de la cathédrale en 1672 ou 1673. Il est depuis conservé à la cathédrale. L'évêque de Lichfield prête toujours serment d’allégeance à la couronne sur le manuscrit[2].

Description[modifier | modifier le code]

Le manuscrit n'est conservé que très partiellement. Il s'achève brutalement à l'évangile de saint Luc, chapitre 3 verset 9. Il contient toujours les portraits des évangélistes Luc et Marc, une page tapis, l'initiale des évangiles de Jean, Marc et Luc ainsi que la page de l'initiale de l'incarnation Chi-Rhô ou chrisme[2].

L'initiale de l'Incarnation[modifier | modifier le code]

L'initiale est directement inspirée de celle de l'évangéliaire de Lindisfarne : le Chi y est décoré d'entrelacs composés d'oiseaux, ainsi que l'accouplement du Rhô et du I. Cependant, contrairement à son modèle, ici le Chi descend jusqu'en bas de la page. Le cadre en bas et à droite est composé à chaque extrémité d'une décoration zoomorphique (une tête et un arrière-train)[1].

Le portrait de saint Marc[modifier | modifier le code]

L'évangéliste est représenté debout devant un trône s'achevant par des têtes zoomorphes. Il sert de support à un petit encrier situé à gauche du personnage. Les drapés du manteau rappellent ceux du Christ de la crucifixion de l'évangéliaire de Durham. Le symbole de Marc, le lion, est très similaire à celui de l'évangéliaire d'Echternach, complété d'un livre entre ses griffes[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Carl Nordenfalk, Manuscrits Irlandais et Anglo-Saxons : L'enluminure dans les îles Britanniques de 600 à 800, Paris, éditions du Chêne,‎ 1977, 126 p. (ISBN 2-85108-116-0), p. 76-83

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Nordenfalk, p.76
  2. a, b, c et d lichfield-cathedral.org
  3. Nordenfalk, p. 79