Études-tableaux

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Les Études-tableaux sont une série de 17 études pour piano seul composées par Sergueï Rachmaninov regroupées en deux opus : op. 33 et op. 39. Ces pièces pour piano sont d'excellents exercices pour travailler la technique (op. 39 no 6) mais elles font aussi appel à une intense musicalité (op. 33 no 7).

Sommaire

[modifier] Études op. 33

Ces études furent composées de août à septembre 1911. Le compositeur décida néanmoins de publier seulement six de ces pièces. La troisième et la quatrième seront publiées à titre posthume.

[modifier] Op. 33 no 1 en Fa mineur « Allegro non troppo »

Cette étude marquée molto marcato a un caractère martial dû aux basses et aux accords de la main gauche joués staccato. Une mélodie simple et courte se dégage jouée par la main droite dans le même style militaire. On observera cependant de nombreux changements de mesure au cours du morceau (passant ainsi de 4/4 à 5/4, puis 2/4, puis 3/2…). Rachmaninov adulant particulièrement la musique de Chopin, on observe souvent des parallèles entre les musiques des deux compositeurs. Ainsi, cette étude rappelle beaucoup l'Étude op. 25 no 4 en La mineur du compositeur polonais.

[modifier] Op. 33 no 2 en Do majeur « Allegro »

Cette étude est caractérisée par un grand lyrisme et une mélodie très expressive. On notera la ressemblance au Prélude op. 32 no 12 du même compositeur à cause de l'alternance « quatre-doubles / croche » à la main gauche.

[modifier] Op. 33 no 3 en Do mineur « Grave / Meno mosso »

Après une longue introduction en Do mineur composée d'accords, une modulation en Do majeur nous amène au thème molto tranquillo avec de superbes harmonies à la main gauche.

[modifier] Op. 33 no 5 en Ré mineur « Moderato »

Une courte introduction composée d'une alternance entre la tonique et la dominante de ré mineur fait place au thème marqué et staccato. De grandes montées chromatiques en polyphonie à la main droite appellent au point culminant fortissimo du morceau, après quoi l'atmosphère se détend et les deux mains meurent dans les aigus avec la même alternance tonique/dominante que l'introduction. On notera l'étrange similitude avec le Prélude op. 23 no 3 du même compositeur, tant par sa tonalité que par son caractère.

[modifier] Op. 33 no 6 en Mi bémol mineur « Non allegro / Presto »

Cette étude est à classer parmi les plus difficiles de l'opus. En effet, la main droite ne fait que courir sans cesse sur toute l'étendue du clavier avec de nombreux sauts d'octaves et de gammes chromatiques.On notera la ressemblance avec le Prélude op. 28 no 16 en Si bémol mineur de Frédéric Chopin.

[modifier] Op. 33 no 7 en Mi bémol Majeur " Allegro con fuoco "

Cette étude possède avant tout un aspect militaire et entraînant. En effet, une mélodie très rythmée est exposée dès le début du morceau ; un simple motif composées de tierces tenues et de valeurs brèves, le tout fortissimoet molto marcato. Ce motif sera répété tout au long du morceau de manière plus ou moins évidente. L'étude se conclut en une coda particulièrement brillante et virtuose.

[modifier] Op. 33 no 8 en Sol mineur " Moderato"

D'une grande simplicité et à la fois d'une richesse harmonique surprenante, cette étude fait figure de grande rêverie car elle est en effet encadrée entre deux études particulièrement vigoureuses et virtuoses. Elle s'ouvre sur de simples arpèges de sol mineur et présente un thème très dépouillé mais à la fois très chantant où les mains s'entrecroisent et se partagent le chant et les arpèges. Néanmoins, un passage virtuose faisant office de cadence marqué fortissimo vient "brouiller" l'équilibre installé lors du morceau. Le chant reprend peu après mais est de nouveau perturbé par une grande gamme mélodique ascendante de sol mineur aux deux mains sur trois octaves. Deux accords de sol mineur ponctuent alors l'étude, ce qui marque un parallèle avec le finale de la première ballade en sol mineur de Chopin assez flagrant.

[modifier] Op. 33 no 9 en Do dièse mineur "Grave"

Cette étude fait partie d'une des plus dramatiques du cycle. En effet, elle joue sur de violents contrastes harmoniques (alternance rapide entre mineur et majeur), rythmiques avec de brèves phrases et elle présente une mélodie très ambiguë. Une introduction avec des accords magistraux introduit le thème joué à la main droite avec d'énormes arpèges (écarts de dixième notamment) à la main gauche. S'en suit un long développement où la notion de tonalité dans le morceau ne fait que se brouiller. Un retour à la tonalité initiale et de très lourds accords concluent cette étude et ainsi le premier cycle des Etudes-tableaux.

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