Étricourt-Manancourt

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Étricourt-Manancourt
Salle des fêtes.
Salle des fêtes.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Somme
Arrondissement Péronne
Canton Combles
Intercommunalité Communauté de communes du canton de Combles
Maire
Mandat
Jean-Pierre Coquette
2014-2020
Code postal 80360
Code commune 80298
Démographie
Population
municipale
533 hab. (2011)
Densité 48 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 02′ 06″ N 2° 59′ 10″ E / 50.035, 2.9861 ()50° 02′ 06″ Nord 2° 59′ 10″ Est / 50.035, 2.9861 ()  
Altitude Min. 77 m – Max. 145 m
Superficie 11,02 km2
Localisation

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Étricourt-Manancourt

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Étricourt-Manancourt

Étricourt-Manancourt est une commune française, située dans le département de la Somme en région Picardie.

Géographie[modifier | modifier le code]

La petite commune d'Etricourt-Manancourt (408 hab.) se situe dans le département de la Somme (Picardie) en limite du Pas-de-Calais. L'autoroute A2 toute proche dessert la commune vers Cambrai (Nord) au nord et vers l'A1 et Péronne (Somme) à l'ouest. L'A26 rejoint Saint-Quentin (Aisne) vers le sud-est.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Les séquences archéologiques d'Etricourt-Manancourt couvrent une très longue histoire[1].

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les préhistoriens et quaternaristes travaillent actuellement sur les traces d'occupation des premiers néandertaliens du Nord de la France, voire les derniers Homo Heidelbergensis. Les lœss anciens (350 000 ans) ont livré des outils de la culture de l'Acheuléen[2],[3].

Dans le cadre des travaux préalables à la construction du canal à grand gabarit Seine-Nord Europe (Compiègne- Escaut) par Voies navigables de France (VNF), une équipe de l’Inrap travaille sur prescription de la Drac de Picardie, et sonde 2500 ha pour définir les sites des fouilles préventives. En 2010, une opération de diagnostic sur l’emplacement d'un futur bassin de rétention du canal avait mis en évidence un niveau paléolithique. À partir d'avril 2012, une fouille de 3 200 m² a été conduite pendant six mois. Plusieurs occupations paléolithiques dont la plus ancienne date au moins 300 000 ans[4],[5].

Le gisement de plein air révèle aujourd’hui au moins cinq niveaux d'occupation paléolithiques, entre 350 000 et 80 000 ans. L’occupation la plus récente (80 000 ans) est le fait d'Homo neandertalensis (Paléolithique moyen (bifaces), entre 130 000 ans et 40 000 ans). Le Nord de la France a déjà livré une vingtaine de sites de cette époque.

Plus rares, les deux niveaux de la période précédente appartiennent à la phase ancienne du Paléolithique moyen. Ces niveaux s'inscrivent pendant la période interglaciaire du Saalien, entre 190 000 et 240 000 ans. Ils sont contemporains de niveaux fouillés à Therdonne en 1999 (près de Beauvais) et de Biache-Saint-Vaast en 1976 (Pas-de-Calais).

Le niveau le plus ancien, exceptionnel, a livré de nombreux silex taillés soit par les derniers Homo Heidelbergensis soit par les premiers Néandertaliens. Il s'agit de la phase ancienne du Paléolithique inférieur[6], [7].

Les silex taillés par les chasseurs-cueilleurs sur le site proviennent de gisements de craie proches. Le site présente l'enregistrement continu de trois grands cycles climatiques glaciaires et interglaciaires (Holsteinien, Saalien et Weichselien). A 300 000 ans, le climat est tempéré proche de l'actuel puis avec le rafraîchissement, la forêt s'ouvre (pins, bouleaux), de grands cervidés comme le mégalocéros et les chevreuils y sont chassés. Les troupeaux de bisons, d'aurochs et de chevaux colonisent ensuite les steppes-toundras. A 280 000 ans, le paysage est steppique froid sans trace d'activités humaines. Ente 130 000 et 110 000 ans, la forêt tempérée s'installe à nouveau. Entre 110 000 et 80 000 ans, c'est le retour d'une forêt boréale puis entre 80 000 et 65 000 ans, de nouveau une steppe puis le désert glaciaire (avec pergélisoll) de la dernière glaciation (Weichselien ou Würm) dont les dernières manifestations tardiglaciaires s'achèvent entre 15 000 et 10 000 ans. À partir de 10 000 ans, le sol actuel se constitue avec le réchauffement climatique holocène[8].

Ce site représente un jalon important de l'histoire européenne puisqu'il s'agit des premiers peuplements d'Homo en Europe du Nord sur une séquence stratigraphique de onze mètres d'épaisseur, inédite. La rareté de ce type de site ajoute à son importance. La vaste surface du site commence à permettre aux préhistoriens de se poser également des questions sur l'occupation d'un territoire.

Protohistoire[modifier | modifier le code]

  • une ferme gauloise,
  • une nécropole gauloise.

Histoire[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale : La commune - plusieurs fois sur la ligne de front - a subi durant ce conflit de violents combats dont elle a longtemps conservé des séquelles.

Le 24 mars 1918 (photo ci-contre), des troupes allemandes traversent à Etricourt (devenu Étricourt-Manancourt), avec importante intendance le canal du Nord via deux ponts provisoires. Ce mouvement fait partie de l'« opération Michael » préparée depuis 1917 par Ludendorff, et qui débute le matin du 21 mars 1918 en Picardie par un bombardement d'artillerie court mais d'une extrêmement violence et, incluant des armes chimiques[9]. L'opération Michael finit par s'enliser et l'armée allemande par reculer.

En novembre 1918 (armistice), il ne restait presque plus rien du village. Ce dernier - après une phase de désobusage (enlèvement et destruction, neutralisation ou exportation des munitions non-explosées) - et après un classement en zone rouge en raison de la gravité des séquelles laissées par la guerre, a fait l'objet d'une longue reconstruction.

Seconde Guerre mondiale :

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 en cours
(au 6 mai 2014)
Jean-Pierre Coquette   Réélu pour le mandat 2014-2020[10], [11]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 533 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 024 1 005 1 105 1 149 1 345 1 455 1 450 1 522 1 417
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 417 1 505 1 522 1 527 1 471 1 339 1 364 1 242 1 179
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 177 1 106 1 173 639 817 718 675 607 644
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
624 612 531 502 452 400 435 446 506
2011 - - - - - - - -
533 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2004[13].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Martin (Manancourt).
  • Église Saint-Michel (Étricourt).


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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Courrier picard, 11 nov. 2010 - Etricourt-Manancourt, le village découvre son histoire [1]
  2. INRAP (Hérisson David, Locht Jean-Luc et Antoine Pierre), 2012 - Dans les pas de Néandertal à Etricourt (Somme) : [2]
  3. Photographies du chantier de fouilles, 2012
  4. INRAP, 2009 - Les diagnostics archéologiques du canal Seine-Nord Europe : des premiers résultats remarquables : [3]
  5. INRAP (Hérisson D.) 2012 - Visite virtuelle de la fouille à Etricourt-Manancourt (Picardie) : [4]
  6. INRAP, 2012 - Sur les traces des premiers peuplements européens à Etricourt-Manancourt : [5]
  7. INRAP (Fontenoy P., Hérisson D., Depaepe P.), 2012 - Les premiers hommes d'Etricourt-Manancourt [6]
  8. INRAP, 2012 - Un arraché de coupe de 350 000 ans
  9. Voir Vidéo Ina sur cette offensive
  10. « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr,‎ 9 juin 2008 (consulté le 13 août 2008)
  11. « Liste des maires de la Somme » [PDF], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme,‎ 6 mai 2014 (consulté le 9 juin 2014)
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]

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