Étiopathie

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L'étiopathie est une médecine non conventionnelle manuelle dans la tradition des rebouteux, proche de l'ostéopathie et de la chiropratique. Elle est fortement contestée par son absence de production scientifique.

Définition[modifier | modifier le code]

Du grec « aitia », cause, et « pathos », souffrance, l’étiopathie est une méthode d'analyse des pathologies et de traitement manuel basée sur l'approche systémique du corps humain[réf. souhaitée]. Elle n'utilise pas de médicaments mais des méthodes manuelles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Quoique présentée comme fondée par Christian Trédaniel en 1963, ce dernier a pratiquement tout emprunté à Gorges Dutton, qui, en 1899, reçut sa technique comme « science qui s’attache à déterminer les causes des maladies pour les éliminer » à la manière d'une illumination[1] et rédigea Etiopathy, or, way of life : being an exposition of ontology, physiology & therapeutics : a religious science & scientific religion[2].

En 1979 paraît la première édition des Principes fondamentaux pour une médecine étiopathique de Christian Trédaniel[3], rééditée de nombreuses fois, sans jamais faire mention de Dutton. Une recherche fouillée sur cette première édition indique qu’elle s’est faite aux éditions de la Maisnie, société immatriculée le 28 juin 1977 et appartenant au groupe d’édition de Guy Trédaniel, frère cadet de Christian et éditeur indépendant de nombreux ouvrages sur les médecines alternatives. La principale particularité des principes posés par Trédaniel par rapport à ceux de Dutton est de faire reposer sa pratique sur la théorie générale des systèmes, théorie de cybernétique développée par Ludwig von Bertalanffy (1968).

Malgré les similitudes entre l'étiopathie présentée par Dutton et Trédaniel, c'est à ce dernier qu'est attribuée la paternité de l'étiopathie[1].

Conception générale de l'étiopathie[modifier | modifier le code]

Dans ses Principes fondamentaux pour une médecine étiopathique, Christian Trédaniel conçoit l’organisme selon le concept mécaniste.

L'étiopathe ne se sert jamais d’appareils et ne prescrit pas de médicaments, il ne se sert que de ses mains dans la tradition de la chirurgie non instrumentale[4].

L'étiopathie repose sur le principe théorique non étayé suivant lequel l'identification intuitive de la cause d’un symptôme permettrait le traitement ou l’auto-traitement[1].

Qualification des praticiens[modifier | modifier le code]

L'étiopathie n'est pas réglementée en France contrairement à l'ostéopathie humaine (l’ostéopathie animale l'est depuis peu). Il existe des centres privés de formation à Paris, Rennes, Toulouse et Lyon ainsi qu'un registre national des étiopathes[5].

Différence avec l'ostéopathie[modifier | modifier le code]

L'étiopathie et l'ostéopathie sont deux thérapies manuelles, l'ostéopathie oriente sa thérapeutique vers une prise en charge énergétique : ostéopathie crânienne, respiration primaire, fasciathérapie… L'étiopathie se limite quant à elle à une prise en charge exclusivement mécanique (articulaire ou viscérale). Il existe cependant des techniques crâniennes en étiopathie, mais la vision de ces deux thérapies différent sur le sujet.

En ostéopathie, il existe de nombreuses écoles (plus de 70) dont la durée et le contenu du cursus varient, bien qu'actuellement seule un vingtaine d'écoles soient agréées par le ministère de la santé. Chaque école d'Ostéopathie comporte ses spécificités et ses spécialités dans certaines approches, notamment en ce qui concerne l'ostéopathie crânio-sacrée, toutes n'adhérant pas de la même manière à ce principe.

L'enseignement étiopathique est quant à lui harmonisé (4 écoles), avec des programmes et examens finaux communs. Il n'existe donc pas plusieurs courants étiopathiques[réf. nécessaire]. De plus, les étiopathes inscrits au registre national des étiopathes (RNE) s'engagent à rester fidèles aux techniques étiopathiques enseignées.

L'étiopathie, en plus d'être une méthode de traitement, est un mode de raisonnement mécaniste visant à établir un diagnostic étiopathique causal de la pathologie du patient, celle-ci étant traitable ou non par l'étiopathe.

Évaluation scientifique[modifier | modifier le code]

Aucune étude visant à étayer l'efficacité propre de l'étiopathie n'est référencé dans la base de données de publications de la recherche biomédicale internationale PubMed.

Critiques[modifier | modifier le code]

Dans le rapport 2010 de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), plusieurs questions sont posées au sujet de l'étiopathie sur le plan des preuves scientifiques ainsi que sur la formation jugée fantaisiste voire mensongère[6].

Certains étiopathes ont été attaqués en justice pour exercice illégal de la médecine à plusieurs reprises, à l'exemple de Jean Paul Moureau qui l'a été trois fois au cours de l'exercice de sa profession[7]. Cependant le soutien de nombreux patients ainsi que celui de médecins s'ouvrant à l'intérêt de cette méthode, aux vues des résultats parfois impressionnants obtenus suite aux manipulations, font qu'aujourd'hui encore, l'étiopathie continue de s'affirmer et de se populariser.

Une bonne part de la notoriété de la méthode vient de ce que l'ancien président Nicolas Sarkozy y avait notoirement recours [8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Nicolas Pinsault, Richard Monvoisin, Tout ce que vous n'avez jamais voulu savoir sur les thérapies manuelles, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble,‎ 2014, 310 p. (OCLC 880268020), p 94-96
  2. (en) George Dutton, Etiopathy, or, way of life : being an exposition of ontology, physiology & therapeutics: a religious science & scientific religion, Cynosure Publishing, Boston, 1899 (OCLC 14795776)
  3. Christian Trédaniel, Principes fondamentaux pour une médecine étiopathique, Éditions de la Maisnie, 1979, 178 p. (OCLC 417345541)
  4. Principes fondamentaux pour une médecine étiopathique, « De la relecture du système nerveux », p. 157
  5. « L'enseignement en France », sur www.etiopathie.com
  6. Miviludes - Rapport 2010, p. 165 à p. 182
  7. Philibert Humm, « Jean-Paul Moureau soigne sa réputation : L'étiopathe des stars et du tout-politique défend dans un livre cette médecine alternative », Paris Match,‎ 22 décembre 2013 (lire en ligne)
  8. Jean Paul Moureau, Soigner Autrement, Seuil,‎ 2013, 204 p. (ISBN 9782021103878), p. 137 ; “La parole des patients” ; Urgence au palais

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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