Étienne d'Aumale

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Étienne d'Aumale (avant 1070[1] – vers 1127[2]), fut comte d'Aumale sous les règnes des ducs de Normandie Robert Courteheuse et Henri Ier Beauclerc.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'Eudes III de Champagne, comte de Troyes et de Meaux d'environ 1048 à 1063-65, et d'Adélaïde de Normandie († vers 1090), comtesse d'Aumale, et demi-sœur de Guillaume le Conquérant.

Après la mort de sa mère (vers 1090), Étienne acquiert le comté d'Aumale, mais peut-être au terme d'une querelle de succession avec sa demi-sœur Adélaïde II[3]. Très rapidement, il choisit son camp dans le conflit qui oppose en Normandie le duc Robert Courteheuse et son frère le roi d'Angleterre Guillaume le Roux, le comte affiche son soutien au second[4]. Le second lui rend bien en finançant la construction d'un château que le comte se fait construire sur la Bresle[5].

En 1095, un complot mené par son père, Robert de Montbray et Guillaume, comte d'Eu, a pour but d'installer Étienne sur le trône d'Angleterre à la place de Guillaume le Roux[6]. Le roi déjoue la conspiration et lui confisque la baronnie d'Holderness[6]. Il préfère quitter l'Angleterre tandis que son père Eudes est possiblement emprisonné. Arrivé en Normandie, le comte d'Aumale porte sa fidélité au duc Robert Courteheuse.

Robert Courteheuse et Étienne sont cousins germains puisqu'ils sont les petits-fils de Robert le Magnifique. Ils partent à la première croisade en 1096[7].

En 1100, Guillaume le Roux meurt accidentellement. Son frère cadet Henri Ier Beauclerc lui succède. En 1102, le nouveau roi se concilie Étienne en lui donnant l'honneur d'Holderness (Yorkshire) qui avaient appartenu à son père Eudes puis à Arnoul de Montgommery[8]. Quand en 1104, Henri débarque en Normandie pour menacer Robert Courteheuse, le comte d'Aumale l'accueille avec enthousiasme. En 1106, fort du soutien d'Étienne et d'autres barons normands, il renverse Robert et devient à son tour duc de Normandie.

Par contre, en 1118, Étienne se joint à la grande rébellion de plusieurs barons normands contre Henri. Les rebelles entendent placer sur le trône Guillaume Cliton, le fils de Courteheuse. Étienne fortifie ses châteaux puis, avec Hugues de Gournay, s'établit sur les hauteurs de Rouen en attendant la venue de Guillaume Cliton avec une armée française. Henri réagit vite et oblige le comte à retourner à Aumale. Étienne accueille dans sa capitale le jeune Baudouin, comte de Flandre blessé devant Bures-en-Bray en combattant contre les fidèles du roi d'Angleterre[9]. En 1119, les barons révoltés se soumettent un à un à Henri mais Étienne continue la résistance. Jusqu'au moment où le duc-roi rassemble une armée, se dirige vers le comté et construit un château à Vieux-Rouen-sur-Bresle à huit kilomètres d'Aumale[10]. Ce fait décide Étienne à se soumettre. Il n'est pas sanctionné.

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Il épouse Hawise, fille de Ralph de Mortimer, lord de Wigmore, et de Mélisende. Ils eurent pour enfants :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Bauduin, La première Normandie (Xe-XIe siècles), Presses Universitaires de Caen, 2006 (2e édition), p. 312-313.
  2. Paul Dalton, « William le Gros, count of Aumale and earl of York (c.1110–1179) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  3. Pierre Bauduin, La première Normandie (Xe-XIe siècles), Presses Universitaires de Caen, 2004, p. 315.
  4. Daniel Power, The Norman Frontier in the Twelfth and Early Thirteenth Centuries, Cambridge University Press, 2004, p. 368
  5. Christopher Gravett, Medieval Siege Warfare, Osprey Publishing, 1990, p.17
  6. a et b Judith Green, The Aristocracy of Norman England, Oxford University Press, 2002, p. 113-115.
  7. Jonathan Christopher Riley Smith, The first Crusaders, Cambridge University Press, 1997, p. 92
  8. Judith Green, Henry I. King of England and Duke of Normandy, Cambridge University Press, 2006, p.72
  9. Heather J. Tanner, Families, Friends and Allies: Boulogne and Politics in Northern France and England, C. 879-1160, Brill, 2004, p. 157.
  10. Daniel Power, The Norman Frontier in the Twelfth and Early Thirteenth Centuries, Cambridge University Press, 2004, p. 378. La tour maçonnée construite par Henri fut surnommée par ses défenseurs la « Mâte-Putain » (« vainqueur de la courtisane ») en référence à la femme d'Étienne qui aurait poussé son mari à la rébellion.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Comtes d'Aumale
  • Orderic Vital, Histoire de Normandie, éd. Guizot, tome 3 et 4, 1825 et 1826 (traduction française de Historia ecclesiastica terminée vers 1142)
  • Judith Green, Henry I. King of England and Duke of Normandy, Cambridge University Press, 2006