Éthoxyquine

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Éthoxyquine
Structure de l'éthoxyquine
Structure de l'éthoxyquine
Identification
Nom IUPAC 6-éthoxy-2,2,4-triméthyl-1,2-dihydroquinoline
No CAS 91-53-2
No EINECS 202-075-7
No RTECS VB8225000
PubChem 3293
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C14H19NO  [Isomères]
Masse molaire[1] 217,3068 ± 0,013 g/mol
C 77,38 %, H 8,81 %, N 6,45 %, O 7,36 %,
Propriétés physiques
Masse volumique 1,03 g/ml à 20 °C[2]
Précautions
Directive 67/548/EEC[2]
Nocif
Xn



SGH[2]
SGH07 : Toxique, irritant, sensibilisant, narcotique
H302,
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

L'éthoxyquine est un antioxydant dérivé de la quinoléine.

Utilisations[modifier | modifier le code]

  • Il est utilisé comme conservateur alimentaire (E324) et comme pesticide.
  • Il est couramment utilisé comme conservateur dans l'alimentaire animal pour empêcher le rancissement des matières grasses.
  • L'éthoxyquine est également utilisé dans les épices pour éviter l'oxydation des pigments caroténoïdes, responsable de la perte de coloration[3].

Historique[modifier | modifier le code]

L'éthoxyquine est initialement développé par Monsanto dans les années 1950, puis enregistré en 1965 comme pesticide antioxydant éliminant la tavelure des pommes et des poires[3]. Monsanto l'a également produit en tant qu'antioxydant empêchant l'oxydation des lipides dans les poissons.

Impact sur la santé[modifier | modifier le code]

Dans les aliments pour animaux, l'éthoxyquine a été suspecté d'être responsable de multiples problèmes de santé.

À ce jour [Quand ?], la Food and Drug Administration (FDA) a trouvé seulement un lien vérifiable entre l'éthoxyquine et l'accumulation de protoporphyrine IX dans le foie[4], ainsi que des élévations des enzymes liés au foie chez certains animaux.

En 1997, le Center for Veterinary Medicine a demandé aux fabricants d'aliments pour animaux de limiter volontairement les niveaux d'éthoxyquine à 75 ppm jusqu'à ce qu'une nouvelle preuve soit rapportée[4].

L'éthoxyquine n'est pas autorisé comme additif ou conservateur dans les aliments australiens.

Il n'est pas non plus approuvé comme tel dans l'Union européenne[5], mais c'est un additif encore acceptée aux États-Unis.

Additif de la nourriture pour poisson[modifier | modifier le code]

Même là où il est interdit comme additif pour la nourriture humaine, il reste autorisé dans certains aliments destinés aux piscicultures, avec des valeurs limites toutefois, fixées à 150 ppm dans la nourriture pour poisson, et 0.5 ppm de résidus dans le produit final), car l'EQ pourrait causer des dommages au foie et aux reins des animaux[6].

Différents métabolites sont trouvés dans la chair du poisson, dont le plus commun est l'EQDM (dimère d'éthoxyquine) ; leur degré d'inocuité ou de toxicité est inconnu, aucun test n'ayant été réalisé à ce sujet. La seule étude à l'heure actuelle est la thèse soutenue en 2007 sur la toxicocinétique et toxicodynamique de l'éthoxyquine chez le saumon atlantique par V.J. Berdikova [7]. On sait cependant que

  • les saumons élevés avec de la nourriture contenant une centaine de ppm d'éthoxyquine développent des cœurs plus gros, et que des doses plus importantes causent des modifications du foie ;
  • l'éthoxyquine est légèrement toxique pour les poissons[8] ;
  • l'éthoxyquine traverse la barrière hémato-encéphalique.

Un reportage d’Envoyé Spécial « Poisson : élevage en eaux troubles » diffusé le jeudi 7 novembre 2013 à 20h45 sur France 2 a mis en cause la filière d'élevage de saumon norvégien et particulièrement le NIFES[9] et le « Centre des produits de la mer de Norvège » (CPMN[10], basé à Paris auprès de l'ambassade de Norvège, et « créé par le ministère norvégien de la pêche en 1991 afin de renforcer la notoriété des produits de la mer de Norvège de par le monde. Ses activités sont financées par le secteur de la pêche et de l’aquaculture via un prélèvement sur les exportations des produits de la mer ») sur la présence d'éthoxyquine dans le poisson[11],[10],[12].

En Norvège, « le Comité scientifique pour la sécurité alimentaire avait recommandé en 2006 de ne pas dépasser plus de deux repas par semaine contenant du poisson gras. Mais l’agence norvégienne de la Santé n’avait jamais suivi ces recommandations », malgré l'alerte[13] faite par une pharmacotoxicologue au service des autorités norvégiennes.

Le 17 juin 2013 le gouvernement norvégien a émis « une nouvelle recommandation, forcé de reconnaître – tardivement – que ce poisson gras est aussi bourré de produits toxiques »[14],[15].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. a, b et c Ethoxyquin chez Sigma-Aldrich.
  3. a et b (en) Ethoxyquin, sur epa.gov
  4. a et b (en) Pet Food Labels
  5. (en) Ethoxyquin sur noshly.com
  6. Norges Miljøvernforbund (2011) "Report on the Environmental Impact of farming of North Atlantic Salmon in Norway".; version anglaise traduite du rapport norvégien de 2010.
  7. Victoria Jurievna Berdikova Bohne; "Toxicokinetics and toxidynamics for dietary ethoxyquin in Atlantic salmon". National Institute of Nutrition and Seafood Research, Bergen, Norway. 2007
  8. (en) Ethoxyquin sur PAN Pesticides Database
  9. NIFES
  10. a et b CPMN « Centre des produits de la mer de Norvège », entreprise publique appartenant au Ministère de la Pêche et des affaires Côtières, dont l'Assemblée Générale est composée du Ministre de la Pêche et des Affaires Côtières, qui nomme le conseil d'administration pour un mandat de deux ans) ; consulté 2014-07-02
  11. source
  12. Renée Greusard (11/11/2013) : Après l’enquête d’« Envoyé spécial », le lobby du saumon norvégien s’active, sur le site rue89.nouvelobs.com, consulté le 10 août 2014
  13. Claudette Bethune, Ph.D. (2006), Norwegian farmed salmon production raises global concern - May 31, 2006 ; quality of Norwegian farmed salmon has recently come into question with the Russian ban, illegal nitrate use, and a building body of evidence that consumers should limit their consumption
  14. Sophie Caillat (19/06/2013) : La Norvège reconnaît que son saumon peut être dangereux pour la santé, sur le site rue89.nouvelobs.com, consulté le 9 août 2014
  15. (no)17/06/2013 : Clarification des conseils diététiques sur les poissons, sur le site helsedirektoratet.no, consulté le 9 août 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]