Éternité

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L'éternité est un état censé être indépendant du temps et n’avoir donc ni début, ni fin.

L’éternité dans la philosophie[modifier | modifier le code]

Dans les Définitions, le platonisme donne cette définition de l'Éternel : « Ce qui existe de tout temps, aussi bien autrefois que maintenant, sans être détruit »[1]. Platon, dans le Timée[2], parle des idées, éternelles, ni changeantes ni mouvantes. Selon Aristote[3], Platon admettait l'éternité du mouvement.

Linéaire ou Cyclique[modifier | modifier le code]

La pensée chrétienne professe de croire en une résurrection permanente, qui serait le meilleur moyen de ne pas dégénérer, de renouveler l’espoir. Une éternité cyclique ne signifie pas que la même chose se reproduise sans cesse. Elle sous-entend au contraire un dynamisme, un changement et à ce titre l’analogie avec une roue qui tourne (N.B : sur quel axe ? Rappelons-nous avec Ludwig Wittgenstein que pour qu’une porte s’ouvre, il faut que les gonds soient fixes) est lumineuse : d’une part, la route n’est jamais vraiment la même au fur et à mesure qu’on avance et d’autre part, le cycle évolue en fonction du trajet parcouru (en s’usant ou se bonifiant selon les améliorations réussies).

Une idée métaphysique, un concept transcendant comme celui d’éternité est donc un soutien dans la vie physique, phénoménale au sens kantien. L’éternité a une fonction éthique. Cette idée joue le rôle d’une balise.

L’éternité dans le christianisme[modifier | modifier le code]

Dans le langage religieux, en tout cas chrétien, il s’agit d’une soustraction à l’emprise du temps. À ce titre, elle n’a ni commencement ni fin, ces termes n’y ayant pas même de sens. Elle est donc à distinguer de l’immortalité, qui a un début et pas de fin.

Thomas d'Aquin distingue dans la Somme théologique quelque chose qui est distinct de l'éternité comme de l'immortalité, et qu'il nomme l'aevum : l'éternité n'a ni commencement, ni fin, l'aevum un commencement et pas de fin, le temps un commencement et une fin (la fameuse fin des temps). Dieu est alors dans l'éternité, ses créatures dans l'aevum et le monde matériel dans le temps.

Dans la religion catholique, en particulier chez les docteurs de l'Église comme Saint Augustin et saint Thomas d'Aquin, le temps est une création de Dieu au même titre que l'espace, et est lié à ce dernier. L'éternité n'est pas un lieu, mais plutôt un état, ou mieux encore un éternel présent. Elle n'est pas une froide solitude, mais la joie d'être en présence de Dieu, une plénitude de Vie.

Dans certaines religions, est dit éternel puisque son existence n'a pas de commencement. Chez les chrétiens protestants, on appelle souvent Dieu: l'Éternel. Ce mot est aussi celui qui revient le plus dans l', comme chacun peut le vérifier.

L’éternité dans l’art[modifier | modifier le code]

  • Dans le langage lyrique, le mot éternité désigne un futur sans fin prévisible : les héros de l’Iliade estiment ainsi acquérir une gloire pour l’éternité.
  • Pour Renan et dans cette acception : « L’homme peut vivre sans croire à l’éternité; mais il faut qu’on y croie pour lui et autour de lui ». Il est de fait difficile d’admettre qu’on est éphémère, et on cherche souvent à laisser une trace, aussi discrète - voire anonyme - soit-elle, de son passage.
  • Le réalisateur américain Woody Allen exprima de façon facétieuse : L’éternité, c’est long. Surtout vers la fin.(Il l'a peut-être empruntée à Kafka, mais c'est à vérifier !)
  • L’éternité est également le titre du roman de science-fiction de Greg Bear qui succéda au roman Éon (du latin aeon), nom donné à des entités abstraites et éternelles, du grec aiôn : « vie, éternité, entité divine »
  • Historia de la eternidad (Histoire de l’éternité, 1936) est le titre d'un essai de l'écrivain argentin Jorge Luis Borges.
  • Dans son poème Poussière (Alidades, Evian, 2008), Carlo Bordini écrit:
"Il est beau de ne pas savoir. Ne pas savoir, par exemple,
combien je vivrai,
ou combien vivra la terre.
Cette suspension
remplace l'éternité."

L’éternité dans le langage courant[modifier | modifier le code]

Par extension de sens, le mot est utilisé dans le langage courant pour désigner une quantité de temps infinie (ou énorme) et généralement future. Dans un langage familier, on l'emploie pour exagérer quelque chose qui paraît interminable, comme dans l’expression « Cette conférence dure une éternité ! », ou une durée passée qui paraît très longue, comme dans l’expression « Cela fait une éternité que je ne t’ai pas vu ! »

Références[modifier | modifier le code]

  1. 411 a (classification de Luc Brisson, éditée chez Flammarion en 2008)
  2. 37d
  3. Métaphysique (XII, 6)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]