États unis de Grande Autriche

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Les États unis de Grande Autriche (en allemand Vereinigte Staaten von Groß-Österreich) étaient une idée, créée par un groupe d’intellectuels réunis autour de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche et son épouse Sophie Chotek, d’origine tchèque, mais qui ne fut jamais réalisée. Cette proposition a été conçue par Aurel Popovici en 1906.

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte : les options fédérales et la formation de la Double Monarchie[modifier | modifier le code]

Les révolutions de 1848 avaient contraint le jeune empereur François-Joseph Ier, oncle de François-Ferdinand, au début de son règne, à réformer l’Empire d'Autriche. En effet, il fut alors proposé de fédéraliser le pays. Plusieurs options furent proposées :

Après l'éviction de l'Empire d'Autriche de la Confédération germanique en 1866, à la suite de la défaite autrichienne lors de la guerre des Duchés, les options fédérales à six, à quatre et à trois furent abandonnées. Par le Compromis austro-hongrois, l'Empire devient en 1867 une « double monarchie » impériale et royale, l'Autriche-Hongrie, rassemblant l'Empire autrichien (ou Cisleithanie) et le Royaume de Hongrie (ou Transleithanie), avec la rivière Leitha constituant symboliquement la frontière entre les deux entités. Formellement, le royaume hongrois est à égalité avec l’Autriche, mais les deux entités restent cependant unies par une couronne unique sous l'autorité d'un empereur d’Autriche et roi de Hongrie.

Lors de la négociation de ces options, les Croates revendiquaient la formation d'un royaume « triunitaire » regroupant le Royaume de Croatie-Slavonie et le Royaume de Dalmatie, mais le « compromis de 1867 » attribua le Royaume de Dalmatie à l'Autriche et le Royaume de Croatie-Slavonie à la Hongrie. L'administration croate refuse ce partage et tentera en vain d'obtenir l'unification des deux royaumes.

Le début du XXe siècle et la nouvelle option fédérale[modifier | modifier le code]

Carte ethnique de l'Autriche-Hongrie en 1911.

Au début du XXe siècle, le plus gros problème posé à la « Double Monarchie » était que, parmi les onze différentes nationalités qui composaient sa population, seulement les Allemands et les Hongrois, représentant 44 % de la population totale, disposaient d’un gouvernement et d’un territoire. Les autres groupes ethniques, Italiens, Roumains et Slaves (Tchèques, Slovaques, Polonais, Ruthènes, Croates, Slovènes, Serbes ainsi qu'une petite minorité ukrainienne), ne disposaient en fait d’aucun pouvoir politique et aucune influence sur la couronne des Habsbourg. Parmi ceux-ci, seuls les Croates avaient une autonomie limitée à l'intérieur du Royaume de Croatie-Slavonie. Cependant, après une période de troubles, de révoltes et de terrorisme, la règle selon laquelle deux nations domineraient les neuf autres devint de plus en plus un vœu pieu qui ne pourrait pas survivre in perpetuam.

François-Ferdinand avait prévu de redessiner complètement la carte de l’Autriche-Hongrie en créant des « États » ethnolinguistiques semi-autonomes qui formeraient une plus large confédération appelée les États-Unis de Grande-Autriche. Selon ce plan, l’identité linguistique et culturelle était encouragée, et les disparités de pouvoir seraient rectifiées d’une manière ou d'une autre.

Opposition, guerre et dissolution du pays[modifier | modifier le code]

L’idée rencontra une forte opposition en provenance du royaume de Hongrie au sein de la Double Monarchie, car elle aurait entraîné une perte de territoires importante pour la Hongrie, et donc une perte de pouvoir significative pour la noblesse hongroise. De plus, l’archiduc François-Ferdinand et son épouse Sophie Chotek furent assassinés à Sarajevo en 1914, ce qui a été directement à l’origine du déclenchement de la Première Guerre mondiale. L’Autriche-Hongrie fut vaincue et démantelée : de nombreux nouveaux États furent créés, alors que d’autres territoires furent cédés aux pays environnants à la suite des décisions des puissances de la Triple-Entente.

États proposés par Aurel Popovici[modifier | modifier le code]

Carte de la proposition d'États unis de Grande Autriche et des principaux groupes ethniques d'Autriche-Hongrie.
Carte de la proposition d'États unis de Grande Autriche par Popovici, 1906

Les territoires suivants devaient devenir des États après la réforme[1] :

De plus, d’autres enclaves germanophones, en particulier en Roumanie, auraient eu un accès à une certaine autonomie. Il est à noter que le condominium austro-hongrois de Bosnie-Herzégovine n'était pas concerné par ce plan.

Références[modifier | modifier le code]

  • (de) Erich Kowalski, Die Pläne zur Reichsreform der Militärkanzlei des Thronfolgers Franz Ferdinand im Spannungsfeld von Trialismus und Föderalismus, Universitätsbibliothek Wien, Vienne, 2005
  • (de) Aurel C. Popovici, Die Vereinigten Staaten von Groß- Österreich, Leipzig, Elischer,‎ , 424 p. (OCLC 252868480)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le terme allemand renvoie aux population de langue allemande, sans relation avec le Reich allemand proprement dit.

Liens externes[modifier | modifier le code]