États-Unis de Grande Autriche
Les États-Unis de Grande-Autriche (en allemand Vereinigte Staaten von Groß-Österreich) étaient une idée, créée par un groupe d’intellectuels réunis autour de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche et son épouse Sophie Chotek, d’origine tchèque, mais qui ne fut jamais réalisée. Cette proposition a été conçue par Aurel Popovici en 1906.
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Histoire [modifier]
Au début du XXe siècle, le plus gros problème posé à la « Double Monarchie » était que, parmi les onze différentes nationalités qui composaient sa population, seulement les Allemands et les Hongrois, représentant 44 % de la population totale, disposaient d’un gouvernement et d’un territoire. Les autres groupes ethniques, Italiens, Roumains et Slaves (Tchèques, Slovaques, Polonais, Ruthènes, Croates, Slovènes, Serbes ainsi qu'une petite minorité ukrainienne), ne disposaient en fait d’aucun pouvoir politique et aucune influence sur la couronne des Habsbourg. Parmi ceux-ci, seuls les Croates avaient une autonomie limité à l'intérieur du Royaume de Croatie et Slavonie.
Les révolutions de 1848 avaient contraint le jeune empereur François-Joseph Ier, oncle de François-Ferdinand, au début de son règne, à réformer l’empire d’Autriche en accordant l’autonomie à un royaume hongrois à égalité avec l’Autriche, cependant réunis par une couronne unique, et formant à eux deux l’Autriche-Hongrie, sous l'autorité d’un empereur d’Autriche et roi de Hongrie.
Cependant, après une période de troubles, de révoltes et de terrorisme, la règle selon laquelle deux nations domineraient les neuf autres devint de plus en plus un vœu pieu qui ne pourrait pas survivre in perpetuam.
François-Ferdinand avait prévu de redessiner complètement la carte de l’Autriche-Hongrie en créant des « États » ethnolinguistiques semi-autonomes qui formeraient une plus large confédération appelée les États-Unis de Grande-Autriche.
Selon ce plan, l’identité linguistique et culturelle était encouragée, et les disparités de pouvoir seraient rectifiées d’une manière ou d'une autre.
L’idée rencontra une forte opposition en provenance du royaume de Hongrie au sein de la Double Monarchie, car elle aurait entraîné une perte de territoires importante pour la Hongrie, et donc une perte de pouvoir significative pour la noblesse hongroise.
De plus, l’archiduc François-Ferdinand et son épouse Sophie Chotek furent assassinés à Sarajevo en 1914, ce qui a été directement à l’origine du déclenchement de la Première Guerre mondiale. L’Autriche-Hongrie fut vaincue et démantelée : de nombreux nouveaux États furent créés, alors que d’autres territoires furent cédés aux pays environnants suite aux décisions des puissances de la Triple-Entente.
États proposés par Aurel Popovici [modifier]
Les territoires suivants devaient devenir des États après la réforme[1] :
- Deutsch-Österreich (Autriche-Allemande) : actuelle Autriche et Bozen germanophone, actuelle région italienne du Trentin-Haut-Adige ;
- Deutsch-Böhmen (Bohême-Allemande) : région au nord-ouest de l'actuelle République tchèque, composante de la future région germanophone des Sudètes trente ans plus tard ;
- Deutsch-Mähren (Moravie-Allemande) : région au nord de la Tchéquie, composante de la future région germanophone des Sudètes trente ans plus tard ;
- Böhmen (Bohême) : République tchèque centrale tchécophone ;
- Slowakenland (Slovaquie)
- West-Galizien (Galicie-Occidentale) : région de l'actuelle Pologne comportant Cracovie ;
- Ost-Galizien (Galicie-Orientale) : région de l'actuelle Ukraine ;
- Ungarn (Hongrie) ;
- Seklerland (Szeklerland) : partie magyarophone de la Transylvanie actuellement roumaine ;
- Siebenbürgen (Transylvanie) : intégrée dans l'actuelle Roumanie et l’Ukraine ;
- Trento (Trentin) : actuelle région italienne du Trentin-Haut-Adige ;
- Triest (Trieste) : actuelle région italienne du Frioul-Vénétie julienne ;
- Krain (Carniole) : actuelle Slovénie) ;
- Kroatien (Croatie) ;
- Woiwodina (Voïvodine) : région de l’actuelle Serbie.
De plus, d’autres enclaves germanophones, en particulier en Roumanie, auraient eu un accès à une certaine autonomie. Il est à noter que le condominium austro-hongrois de Bosnie-Herzégovine n'était pas concerné par ce plan.
Références [modifier]
- (de) Erich Kowalski, Die Pläne zur Reichsreform der Militärkanzlei des Thronfolgers Franz Ferdinand im Spannungsfeld von Trialismus und Föderalismus, Universitätsbibliothek Wien, Vienne, 2005
Notes [modifier]
- Le terme allemand renvoie aux population de langue allemande, sans relation avec le Reich allemand proprement dit.