État grec (1941-1944)

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État grec
Ελληνική Πολιτεία
Elliniki Politeia

19411944

Drapeau
alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Carte montrant l'occupation tripartite de la Grèce entre 1941 et 1944. On voit ici en rouge les régions dominées par les Allemands, en bleu celles occupées par les Italiens jusqu'en 1943 puis par les Allemands après cette date, et enfin en vert les territoires sous juridiction bulgare.

Informations générales
Statut Gouvernement provisoire sous occupation militaire du Royaume d'Italie (jusqu'en 1943), du Troisième Reich et du Royaume de Bulgarie
Capitale Athènes
Monnaie Drachme
Histoire et événements
23 avril 1941 Capitulation de la Grèce
Septembre 1943 Capitulation de l'Italie, occupation de l'ex-zone italienne par les Allemands
Octobre-novembre 1944 Retrait des troupes allemandes
Premier ministre
1941-1942 Georgios Tsolakoglou
1942-1943 Konstantínos Logothetópoulos
1943-1944 Ioánnis Rállis

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L’État grec ou État hellénique (en grec moderne : Ελληνική Πολιτεία, Elliniki Politeia), est un régime fantoche et collaborateur mis en place par l'occupant nazi et fasciste en Grèce, durant la Seconde Guerre mondiale. Créé en 1941, il lutte activement contre la résistance grecque et dure jusqu'à la Libération du pays, en 1944.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après l'invasion de la Grèce par les puissances de l'Axe en 1941, le général républicain Georgios Tsolakoglou est nommé Premier ministre du pays par l'occupant le 30 avril 1941. Le roi Georges II ayant quitté le territoire avec le gouvernement légitime pour former un gouvernement en exil, le nouveau régime interdit toute référence à la monarchie, dont Tsolakoglou annonce l'abolition[1], et utilise sur ses documents officiels le nom d'État grec[2].

Le régime collaborateur manque d'orientation politique, même si Tsolakoglou voit dans l'invasion allemande l'opportunité d'abolir la monarchie, ce qu'il réalise en prenant le pouvoir[3]. L'existence d'un gouvernement grec autochtone est considérée comme une nécessité par les forces de l'Axe afin de donner une certaine légitimité à leur occupation, même si à aucun moment elles ne souhaitent lui donner un réel pouvoir.

Après l'invasion, les infrastructures grecques sont totalement détruites. Les biens matériel et la nourriture sont réquisitionnés par l'occupant et le gouvernement collaborateur, déjà obligé de payer un lourd dédommagement aux puissances dominantes, est également forcé de subventionner l'occupation. Dans le même temps, le blocus maritime imposé par les Alliés interdit l'approvisionnement. Dans ces conditions, l'inflation augmente et la faim aussi. Durant l'hiver 1941-1942, une « Grande famine » (Μεγάλος Λιμός) cause ainsi la mort d'environ 300 000 personnes.

Le gouvernement collaborateur n'ayant pas les moyens de maîtriser le pays, Tsolakoglou demande à l'occupant une plus grande latitude politique et menace bientôt de démissionner[3]. L'exigence des Allemands de mettre en place un service de travail obligatoire précipite la chute du chef de l'État. Le 17 novembre 1942, il est démis de ses fonctions et remplacé par Konstantinos Logothetopoulos. Mais lorsque le nouveau gouvernement annonce que 80 000 citoyens doivent partir travailler en Allemagne, des manifestations et des grèves secouent le pays et la décision est finalement révoquée. Logothetopoulos, qui ne tarde pas à protester contre les mesures prises par l'occupant, est lui-même démis de ses fonctions le 6 avril 1943. Malgré les protestations des Italiens, qui auraient préféré voir nommé le ministre des Finances Sotirios Gotzamanis, c'est Ioánnis Rállis, un homme politique monarchiste, qui le remplace. Peu de temps après, le nouveau chef de l'État crée les Bataillons de Sécurité, une milice chargée de combattre la résistance.

Le gouvernement collaborateur cesse d'exister après le retrait des Allemands de Grèce et la libération du pays en octobre 1944. Tsolakoglou, Logothetopoulos et Rallis sont alors arrêtés mais le nouveau gouvernement monarchiste ne fait guère d'effort pour punir les collaborateurs, ce qui accentue les tensions qui vont bientôt conduire à la guerre civile[4].

Rôle dans la Déportation[modifier | modifier le code]

Institutions[modifier | modifier le code]

Liste des chefs du gouvernement collaborateur[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bernhard R. Kroener, Germany and the Second World War Volume V/II, Oxford University Press, 2003, p. 44
  2. Yves Durand, Le Nouvel ordre européen nazi, Complexe, 1990, page 44
  3. a et b Bernhard R. Kroener, Germany and the Second World War Volume V/II, Oxford University Press, 2003, p. 44
  4. Charles R. Schrader, The withered vine: logistics and the communist insurgency in Greece, 1945-1949, Greenwood Press, 1999, p. 38