État d'Arakan

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État d'Arakan
ရခိုင်ပြည်နယ်
Drapeau de l'État d'Arakan
Drapeau de l'État d'Arakan
Localisation de l'État d'Arakan (en rouge) à l'intérieur de la Birmanie.
Localisation de l'État d'Arakan (en rouge) à l'intérieur de la Birmanie.
Administration
Pays Drapeau de la Birmanie Birmanie
Capitale Sittwe
Date de création 1974
Démographie
Population 3 188 963 hab.[1] (2014)
Densité 87 hab./km2
Groupes ethniques Arakanais, Rohingya, Chins, Mros
Géographie
Superficie 36 762 km2

L'État d'Arakan (que le régime birman actuel appelle Rakhine) est une subdivision administrative de la Birmanie. Situé sur la côte occidentale du pays, il est bordé par l'État Chin au nord, les divisions de Magway, Bago et Ayeyarwady à l'est, le golfe du Bengale à l'ouest et le Bangladesh au nord-ouest. Sa capitale est Sittwe (ancienne Akyab).

La zone côtière est parsemée d'îles, les plus importantes étant Cheduba, Ramree et Shahpura. On y trouve des volcans de boue.

Le climat dominant est le climat tropical de mousson. Le pays produit du riz et du bois de construction. On y trouve de l'or, de l'argent et des hydrocarbures, particulièrement offshore.

L'État s'étend entre les latitudes 17°30' et 21°30' nord et les longitudes 92°10' et 94°50' est. Sa superficie est de 36 762 km². Sa population en 2014 a été recensée à 3 188 963 habitants[2]. Les principaux groupes qui le peuplent sont les Arakanais et les Rohingya. Parmi les autres groupes, on trouve notamment les Mro, les Khami ou Khumi, les Kaman, les Dienet et les Marmagri. La majorité de la population est bouddhiste, sauf les Rohingya qui sont musulmans, considérés par l'ONU comme une des minorités les plus persécutées au monde[3].

La chaîne de l'Arakan, qui culmine à 3 063 m avec le pic Victoria, sépare l'État d'Arakan du reste de la Birmanie.

Histoire[modifier | modifier le code]

La tradition évoque des capitales royales existant vers 3000 avant J. C.

Toutefois, la plus ancienne trace écrite connue en Arakan est l'inscription dite d'Anacandra, datée de 729 après J. C., qui raconte que le roi Dvancandra (370-425 après J. C.) « a construit une cité ornée d'un mur d'enceinte et d'un fossé ». Cette cité est l'actuelle Dhanyawadi, qui a révélé des sculptures de style Gupta (une dynastie qui a régné sur le nord de l'Inde du milieu du IIIe siècle à 535) et qu'on peut dater du Ve siècle.

Dans le village de Wethali ou Vesali, des fouilles effectuées dans les années 1980 ont révélé plusieurs constructions de brique, puis d'objets en pierre et en bronze. Le site remonterait à une période entre les VIe et Xe siècles.

Un 3e site, Mrauk-U, date d'une période allant du XVe au XVIIIe siècle. On trouve des vestiges de postes fortifiés sur les collines entourant le site. Des récits racontent qu'au XVIe siècle le roi Minbin ouvrit les écluses des réservoirs de la ville pour repousser les envahisseurs birmans (le roi Tabinshwehti, qui régnait à Pégou, attaqua la ville en 1546-1547).

Article détaillé : Mrauk U.

L'armée birmane du roi Bodawpaya s'empara de Mrauk U le 2 janvier 1785, mettant fin au royaume d'Arakan comme entité indépendante. La région fut ensuite conquise par les Britanniques lors de la première Guerre anglo-birmane en 1824.

Article détaillé : Liste des rois d'Arakan.

Émeutes de 2012[modifier | modifier le code]

Le nord de l'État a été secoué à partir de l'été 2012 par de graves affrontements entre les Rohingya musulmans et les Arakanais[4]. La cause des émeutes n'est pas claire, de nombreux commentateurs citant comme cause principale le meurtre de dix musulmans birmans par des Arakanais après le viol et le meurtre d'une Arakanaise[5], ce dernier fait sera finalement démenti par la victime en question qui affirmera avoir été payée pour mentir et accuser des Rohingya[6]. Des villages entiers ont été « décimés »[5]. Plus de 300 maisons et de nombreux bâtiments publics ont été rasés. Selon Tun Khin, président de la Burmese Rohingya Organisation UK (BROUK), le 28 juin, 650 Rohingyas avaient été tués, 1 200 avaient disparu et plus de 80 000 avaient été déplacés[7]. Selon les autorités birmanes, les violences entre Arakanais bouddhistes et Rohingyas musulmans avaient fait 78 morts, 87 blessés et des milliers de maisons avaient été détruites. Elles avaient aussi déplacé plus de 52 000 personnes[8].

Le gouvernement a répondu en imposant des couvre-feu et en déployant des troupes dans la région. Le 12 juin 2012, l'état d'urgence a été déclaré dans la région, permettant à l'armée de participer à son administration[9],[10]. Les forces armées birmanes et la police ont été accusées de viser les Rohingya par des arrestations en masse et des violences arbitraires[7],[11]. Plusieurs organisations de moines bouddhistes, qui avaient joué un rôle capital dans la lutte pour la démocratie dans le pays, ont pris des mesures pour bloquer l'assistance humanitaire aux Rohingyas[12]. En juillet 2012, le gouvernement birman n'a pas intégré les Rohingyas (classés comme des musulmans apatrides du Bangladesh depuis 1982) sur sa liste des plus de 130 minorités ethniques du pays, ce qui lui permet de leur nier toute prétention à la citoyenneté birmane[13].

Population[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des Rohingya.

La population de l'État d'Arakan s'élevait dans le dernier siècle à près de 2 000 000 habitants. Mais la guerre contre les Birmans et les émigrations ont réduit ce chiffre à 730 000 environ (2001)[réf. nécessaire]. Le recensement général de population et d'habitat de 2014 recense 3 188 963 habitants[14].

La langue arakanaise fait partie du groupe dit « lolo-birman » de la branche tibéto-birmane des langues sino-tibétaines.

Les Arakanais sont adeptes du bouddhisme theravada tout en continuant d'observer leur religion traditionnelle.

Économie[modifier | modifier le code]

L'Arakan et ses eaux côtières recèlent des réserves d'hydrocarbures, prospectées par plusieurs compagnies internationales. En décembre 2008, un consortium dirigé par la compagnie sud-coréenne Daewoo a conclu un accord avec le régime birman pour l'exploitation du champ gazier offshore de Shwe. Un gazoduc devrait être construit depuis la côte jusqu'au Yunnan, pour l'exportation du gaz naturel vers la Chine. Ce gazoduc traverserait des zones fortement peuplées de la Région de Magway, ce qui, au vu de l'expérience du gazoduc de Yadana (dans la Région de Tanintharyi) fait craindre d'importants déplacements de population[15].

Il est également question de la construction d'un port en eaux profondes, qui permettrait à la Chine de recevoir du pétrole du Moyen-Orient sans passer par le détroit de Malacca.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. http://unstats.un.org/unsd/demographic/sources/census/2010_PHC/Myanmar/MMR-2014-08-28-provres.pdf
  2. unstats.un.org/unsd/demographic/sources/census/2010_PHC/Myanmar/MMR-2014-08-28-provres.pdf
  3. « En Birmanie bouddhiste, les musulmans victimes du racisme ordinaire », sur RTL.be
  4. (en) « Four killed as Rohingya Muslims riot in Myanmar: government », Reuters,‎ 8 juin 2012 (lire en ligne)
  5. a et b (en) Didier Lauras (Agence France-Presse), « Myanmar stung by global censure over unrest », The Philippine Daily Inquirer,‎ 15 septembre 2012 (lire en ligne)
  6. « Birmanie: un «faux viol» à l'origine des violences de Mandalay », sur www.RFI.fr,‎ 20-07-2014
  7. a et b (en) Hanna Hindstorm, « Burmese authorities targeting Rohingyas, UK parliament told », Democratic Voice of Burma,‎ 28 juin 2012 (lire en ligne)
  8. (en) « UN refugee agency redeploys staff to address humanitarian needs in Myanmar », UN News,‎ 29 juin 2012 (lire en ligne)
  9. Linn Htet, « အေရးေပၚအေျခအေန ေၾကညာခ်က္ ႏုိင္ငံေရးသမားမ်ား ေထာက္ခံ », sur The Irrawaddy,‎ 11 juin 2012 (consulté le 11 jujin 2012)
  10. (en) Fergal Keane, « Old tensions bubble in Burma », BBC News Online,‎ 11 juin 2012 (lire en ligne)
  11. (en) « UN focuses on Myanmar amid Muslim plight », PressTV,‎ 13 juillet 2012 (lire en ligne)
  12. (en) Hanna Hindstorm, « Burma's monks call for Muslim community to be shunned », The Independent,‎ 25 juillet 2012 (lire en ligne)
  13. (en) « Rohingyas are not citizens: Myanmar minister »,‎ 1 août 2012
  14. unstats.un.org/unsd/demographic/sources/census/2010_PHC/Myanmar/MMR-2014-08-28-provres.pdf
  15. Time International, 30 mars 2009

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Bob Hudson, Ancient geography and recent archaelogy : Dhanyawadi, Vesali and Mrauk-u, The Forgotten Kingdom of Arakan, Bangkok, History Workshop,‎ 2005
  • (en) ANSEL Sophie et HABIBURAHMAN, Nous, les innommables, un tabou birman, Paris, Steinkis,‎ 2012