État-major de l'armée impériale japonaise

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Siège de l'État-major dessiné par le conseiller étranger italien Giovanni Vincenzo Cappelletti.

L'État-major de l'armée impériale japonaise (参謀本部, Sanbō Honbu?) était l'un des quatre principaux organismes chargés de superviser l'armée impériale japonaise.

Rôle[modifier | modifier le code]

Le ministère de la Guerre (陸軍省, Rikugunshō?) fut créé en avril 1872, en même temps que le ministère de la Marine, pour remplacer l'ancien ministère des Affaires étrangères (Hyōbushō).

Initialement, le ministère de la Guerre était chargé de l'administration et du commandement opérationnel de l'armée impériale japonaise. Cependant, l'État-major de l'armée impériale japonaise fut créé en décembre 1878 pour gérer toutes les opérations militaires, ne laissant au ministère que des fonctions administratives.

L'État-major était responsable de la préparation des plans militaires, de l'entraînement, de l'utilisation d'armes combinées, du renseignement militaire, des manœuvres et du déploiement des troupes, et de la rédaction du règlement militaire, des rapports et de la cartographie.

Le chef de l'État-major était le doyen des officiers de l'armée impériale japonaise et bénéficiait, comme le ministre de la Guerre, celui de la Marine et le chef de l'État-major de la marine impériale japonaise, d'un accès direct à l'empereur.

En temps de guerre, l'État-major était intégré au quartier-général impérial, un organisme supervisé par l'empereur et créé pour coordonner les opérations militaires et les ressources du gouvernement.

Origines et développement[modifier | modifier le code]

Carte postale montrant l'état-major de l'armée impériale japonaise, vers 1910.

Après la restauration de Meiji de 1868, les dirigeants du nouveau gouvernement de Meiji cherchèrent à réduire la vulnérabilité du Japon vis-à-vis de l'impérialisme occidental en copiant sans relâche toutes les technologies et les pratiques sociales, militaires et gouvernementales des grandes puissances européennes.

À l'origine, la structure de l'armée japonaise était copiée sur celle de la France napoléonienne. Cependant, la victoire écrasante de la Prusse et des autres membres de la confédération de l'Allemagne du Nord lors de la guerre franco-prussienne de 1870-1871 convainquit l'oligarchie de Meiji de la supériorité militaire du modèle prussien et en février 1882, Yamagata Aritomo et Ōyama Iwao proposèrent de réformer l'armée japonaise sur ce modèle.

En décembre 1878, à l'instigation de Katsura Tarō, ancien attaché militaire en Prusse, le gouvernement de Meiji adopta le modèle de l'État-major allemand (Großer Generalstab) qui comprenait l'indépendance de l'armée vis-à-vis des organes civils, l'assurance que les manœuvres militaires ne seraient pas décidées par les partis politiques, et que l'armée ne serait responsable que devant l'empereur du Japon plutôt que le premier ministre.

Les fonctions administratives et opérationnelles de l'armée furent divisées entre deux organismes. Le ministère de la Guerre assurerait l'administration, l'approvisionnement et la mobilisation et un État-major indépendant assurerait les plans stratégiques et le commandement militaire. Le chef de l'État-major, qui avait un accès direct à l'empereur, pouvait opérer indépendamment du gouvernement civil. Cette indépendance complète de l'armée fut codifiée par la constitution Meiji de 1889 qui plaça l'armée et la marine sous commandement direct de l'empereur, et non sous l'autorité d'un organe civil comme le cabinet.

Yamagata devint le premier chef de l'État-major en 1878. En raison de son influence, les chefs suivants furent plus puissants que le ministre de la Guerre.

De plus, en 1900, une ordonnance impériale (loi d'obligation pour les ministres militaires d'être choisis parmi les officiers en service actif (軍部大臣現役武官制, Gumbu daijin gen'eki bukan sei?)) décréta que les deux ministres, armée et marine, devaient être choisis parmi les généraux (amiraux), lieutenant-généraux (vice-amiraux) en service actif. En ordonnant la démission du ministre de la Guerre ou en refusant la nomination d'un général à ce poste, le chef de l'État-major pouvait amener à la démission du gouvernement et déjouer les tentatives de reformes.

Sur les dix-sept officiers qui furent chef de l'État-major entre 1879 et 1945, trois étaient prince de sang impérial (Arisugawa Taruhito, Komatsu Akihito, et Kan'in Kotohito) et donc bénéficiaient d'un grand prestige en raison de leur lien avec l'empereur.

L'état major de l'armée impériale japonaise fut aboli par les forces alliées en 1945.

Organisation[modifier | modifier le code]

L'organisation de l'État-major de l'armée impériale japonaise a subi de nombreux changements durant son existence. Immédiatement après le déclenchement de la guerre du Pacifique, il fut divisé en quatre bureaux opérationnels et en un certain nombre d'organismes additionnels :

Chef de l'État-major de l'armée (général ou maréchal)
Vice-chef de l'État-major de l'armée (lieutenant-général)

  • Affaires générales (personnel, comptabilité, domaine médical, planification de la mobilisation)
  • G-1 (Opérations)
    • Département de stratégie et de tactique
    • Département de cartographie
  • G-2 (Renseignements)
    • Département de Russie
    • Département d'Europe et d'Amérique du Nord
    • Département de Chine
    • Autres départements
  • G-3 (Transport & Communications)
  • G-4 (Rapports et cartes)
  • G-5 (Fortifications) [de Janvier 1889 à décembre 1908]
  • École de l'État-major

Chefs de l'État-major de l'armée[modifier | modifier le code]

Note : Le rang donné est le dernier rang de la personne et non le rang tenu pendant le poste de chef de l'État-major . Pour exemple, le rang de maréchal n'existait qu'en 1872/3 et à partir de 1898.

# Dates du poste Nom
1 24 décembre 1878 - 4 septembre 1882 Maréchal Comte Yamagata Aritomo
2 4 septembre 1882 - 13 février 1884 Maréchal Ōyama Iwao
3 13 février 1884 - 22 décembre 1885 Marquis Yamagata Aritomo
4 22 décembre 1885 - 14 mai 1888 Général Prince Arisugawa Taruhito
5 14 mai 1888 - 9 mars 1889 Lieutenant-général Ozawa Takeo
6 9 mars 1889 - 15 janvier 1895 Général Prince Arisugawa Taruhito
7 26 janvier 1895 - 20 janvier 1898 Maréchal Prince Komatsu Akihito
8 20 janvier 1898 - 11 mai 1899 Général Kawakami Sōroku
9 16 mai 1899 - 20 juin 1904 Maréchal Prince Ōyama Iwao
10 20 juin 1904 - 20 décembre 1905 Maréchal Prince Yamagata Aritomo
11 20 décembre 1905 - 11 avril 1906 Maréchal Prince Ōyama Iwao
12 11 avril 1906 - 30 juillet 1906 Général Kodama Gentarō
13 30 juillet 1906 - 20 janvier 1912 Maréchal Baron Oku Yasukata
14 19 janvier 1912 - 17 décembre 1915 Maréchal Hasegawa Yoshimichi
15 17 décembre 1915 - 17 mars 1923 Maréchal Uehara Yusaku
16 17 mars 1923 - 2 mars 1926 Général Kawai Misao
17 2 mars 1926 - 19 février 1930 Général Suzuki Soroku
18 19 février 1930 - 23 décembre 1931 Général Kanaya Hanzo
19 23 décembre 1931 - 3 octobre 1940 Maréchal Prince Kan'in Kotohito
20 3 octobre 1940 - 21 février 1944 Maréchal Hajime Sugiyama
21 21 février 1944 - 18 juillet 1944 Général Hideki Tōjō
22 18 juillet 1944 - septembre 1945 Général Yoshijirō Umezu

Vice-chef de l'État-major de l'armée[modifier | modifier le code]

# Date du poste Nom
1 5 décembre 1878 - 16 octobre 1879 Maréchal Ōyama Iwao
x 16 octobre 1879 - 6 février 1882 Poste non occupé
2 6 février 1882 - 21 mai 1885 Lieutenant-général Soga Sukenori
3 21 mai 1885 - 16 mars 1886 Général Kawakami Sōroku
4 16 mars 1886 - 26 juillet 1886 Lieutenant-général Soga Sukenori
5 26 juillet 1886 - 12 mai 1888 Lieutenant-général Ozawa Takeo
x 12 mai 1888 - 9 mars 1889 Poste non occupé
6 9 mars 1889 - 20 janvier 1898 Général Kawakami Sōroku
x 20 janvier 1898 - 26 août 1898 Poste non occupé
7 26 août 1898 - 25 avril 1900 Général Osako Hisatoshi
8 25 avril 1900 - 27 mars 1902 Maréchal Terauchi Masatake
9 17 avril 1902 - 1er octobre 1903 Major-général Tamura Iyozu
10 2 octobre 1903 - 12 octobre 1903 Général Fukushima Sei
11 12 octobre 1903 - 11 avril 1906 Général Kodama Gentarō
12 16 avril 1906 - 25 avril 1912 Général Fukushima Sei
13 25 avril 1912 - 17 avril 1914 Lieutenant-général Ōshima Ken'ichi
14 17 avril 1914 - 4 octobre 1915 Général Akashi Jiro
15 4 octobre 1915 - 10 octobre 1918 Général Tanaka Giichi
16 10 octobre 1918 - 5 mai 1921 Général Fukuda Masataro
17 5 mai 1921 - 24 novembre 1922 Général Kikuchi Shinnosuke
18 24 novembre 1922 - 1er mai 1925 Maréchal Nobuyoshi Mutō
19 1er mai 1925 - 5 mars 1927 Général Kanaya Hanzo
20 5 mars 1927 - 1er août 1929 Général Jirō Minami
21 1er août 1929 - 22 décembre 1930 Lieutenant-général Okamoto Renichiro
22 22 décembre 1930 - 9 janvier 1932 Lieutenant-général Ninomiya Osamu
23 9 janvier 1932- 19 juin 1933 Lieutenant-général Jinzaburō Masaki
24 19 juin 1933 - 1er août 1934 Général Kenkichi Ueda
25 1er août 1934 - 23 mars 1936 Lieutenant-général Hajime Sugiyama
26 23 mars 1936 - 1er mars 1937 Général Nishio Juzo
27 1er mars 1937 - 14 août 1937 Lieutenant-général Imai Kiyoshi
28 14 août 1937 - 10 décembre 1938 Lieutenant-général Hayao Tada
29 10 décembre 1938 - 2 octobre 1939 Lieutenant-général Nakajima Tetsuzo
30 2 octobre 1939 - 15 novembre 1940 Lieutenant-général Sawada Shigeru
31 15 novembre 1940 - 6 novembre 1941 Général Tsukada Osamau
32 6 novembre 1941 - 8 avril 1943 Lieutenant-général Moritake Tanabe
33 8 avril 1943 - 21 février 1944 Lieutenant-général Hata Hikosaburo
34 21 février 1944 - 7 avril 1944 Lieutenant-général Ushiroku Jun
35 7 avril 1945 - septembre 1945 Lieutenant-général Torashirō Kawabe

Références[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Imperial Japanese Army General Staff Office » (voir la liste des auteurs)
  • U.S. War Department, Handbook of Japanese Military Forces, TM-E 30-480 (1945; Baton Rogue and London: Louisiana State University Press, 1991, reprint).
  • (en) Saburo Hayashi et Cox, Alvin D, Kogun: The Japanese Army in the Pacific War, Quantico, Virginia, The Marine Corps Association.,‎ 1959
  • Shin'ichi Kitaoka, "Army as Bureaucracy: Japanese Militarism Revisited", Journal of Military History, special issue 57 (October 1993): 67-83.
  • (en) Robert B. Edgerton, Warriors of the Rising Sun: A History of the Japanese Military, Boulder, Westview Press,‎ 1999 (ISBN 978-0-8133-3600-8)
  • (en) Meirion Harries, Soldiers of the Sun: The Rise and Fall of the Imperial Japanese Army, New York, Random House,‎ 1994, 1e éd., poche (ISBN 978-0-679-75303-2)