Établissement scolaire français à l'étranger

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Les établissements d'enseignement français à l'étranger (EEFE) sont des établissements scolaires implantés hors du territoire français homologués par le ministère français chargé de l'Éducation nationale. Les cours sont donnés essentiellement en français et les programmes scolaires sont ceux suivis en France ; ils préparent, lorsqu'ils couvrent l'ensemble de la scolarité primaire et secondaire, au baccalauréat.

Dans la mesure où ces établissements scolaires sont implantés sur le territoire d'autres États, seule une loi locale ou une convention bilatérale entre l'État en question et la France leur permet d'échapper aux règles qui régissent le système éducatif local.

Ces établissements scolaires offrent des classes de la maternelle à la terminale (mais, dans certains pays, tous les cycles ne sont pas représentés ou n'offrent qu'un relais Cned) et même quelques classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE).

Présentation[modifier | modifier le code]

Le réseau d'enseignement français à l'étranger rassemble près de 500 établissements scolaires répartis dans 135 pays. Environ 330 000 élèves y sont scolarisés, dont un peu plus d'un tiers de Français et près de deux tiers d'élèves étrangers.

Ce réseau est piloté et animé par un opérateur public créé en 1990, l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger, placé sous la tutelle du ministère français chargé des Affaires étrangères.

Les établissements se divisent en trois catégories (en fonction de l'étroitesse de leurs liens avec l'État français) :

  1. les établissements publics dont la gestion est assurée par l’Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) (74 en 2015). Ces établissements sont aussi dits « établissements en gestion directe » : ils sont des services déconcentrés de l'AEFE, représentée par l'Ambassade de France.
  2. les établissements de droit privé homologués par l'Éducation nationale française et qui ont choisi de passer une convention administrative, financière et pédagogique avec l'AEFE (156 en 2015). Ces établissements sont aussi dits « établissements conventionnés » ; ils sont l'équivalent des établissements privés sous contrat qui existent en France ;
  3. les autres établissements homologués, partenaires de l'AEFE (264 en 2015).

Les écoles privées appartiennent à des opérateurs associatifs comme la Mission laïque française, connue au Maroc sous le nom d'Office scolaire et universitaire international (fondée en 1902) ou l'Alliance israélite universelle (fondée en 1860), reconnues d'utilité publique, ou à des associations locales de parents d'élèves, parfois affiliées à la Fédération autonome des associations de parents d'élèves à l'étranger (FAPÉE). Il peut s'agir également d'écoles d'entreprises destinées aux enfants de personnels expatriés, souvent gérées par la Mission laïque française.

Les établissements homologués par l'Éducation nationale française sont tenus de délivrer un enseignement conforme aux programmes, aux objectifs pédagogiques et aux règles d’organisation applicables en France, dans les établissements de l’enseignement public. Cette homologation n’est pas acquise à titre définitif et les établissements doivent régulièrement se soumettre à une procédure de vérification du respect des critères cités. Elle peut donc être accordée, retirée, limitée à une partie ou étendue à l’ensemble des classes de l’établissement[1].

Les écolages[modifier | modifier le code]

Le financement des établissements publics et des établissements privés conventionnés est assuré conjointement par un financement public français (environ 40 %) et par la perception de frais d'écolage (pour les 60 % restant). Ces droits d'écolage (nom traditionnellement donné aux frais de scolarité) doivent être payés par les parents, mais un système de bourses permet une prise en charge de ceux-ci pour les enfants de nationalité française quand la situation des parents le justifie. Ces frais annuels sont, d’après le ministère français des affaires étrangères, en moyenne de 2 000 €, mais peuvent atteindre 8 000 € dans certains pays[2].

Le président Sarkozy avait décidé d'instaurer progressivement la gratuité pour les enfants français (prise en charge valable pour la classe terminale dès 2007-2008, la première en 2008-2009 et la seconde en 2009-2010). Néanmoins, cette forme d'aide financière a été supprimée en juillet 2012, par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault car il lui était reproché de mettre en difficulté de nombreux lycées qui ont dû augmenter parfois fortement les frais d’écolage des autres élèves, et qu'elle bénéficiait surtout à des familles expatriées aux salaires très élevés (les autres bénéficiant déjà des bourses avant la reforme) et aux entreprises qui prenaient auparavant en charge ces frais[3].

Les établissements non homologués[modifier | modifier le code]

Les établissements publics ou privés qui délivrent des enseignements en français mais dont les enseignements ne bénéficient pas d'une homologation de la part des autorités françaises (soit parce qu'elles ne l'ont pas demandé alors qu'elles ont le niveau nécessaire, soit parce qu'elles ne remplissent pas les conditions - notamment d'ancienneté - pour être homologuées) ne font pas partie du réseau officiel d'enseignement français à l'étranger. Ils ne reçoivent aucune aide financière directe de la part de l'État français, sauf le cas échéant dans le cadre des programmes en faveur des sections bilingues.

La réputation des établissements[modifier | modifier le code]

Ces établissements bénéficient, en général, d'une bonne réputation car :

  • ils sont surtout fréquentés par les enfants des élites françaises (cadres expatriés), des diplomates et des élites locales car ils sont les seuls à pouvoir payer des coûts de scolarité élevés ;
  • le niveau des écoles publiques locales est souvent très faible dans les pays en développement ;
  • elles permettent d'apprendre la langue française par une immersion totale.

En 2014, 95,9 % des élèves de terminale ont obtenu leur baccalauréat[4].

Dans les établissements publics relevant de l'AEFE et dans les écoles conventionnés avec l'AEFE, un élève français de 6 ans au moins ne peut être refusé par le lycée français, quel que soit son niveau ou la période de l'année scolaire. Les candidats d'autres nationalités sont acceptés dans la limite des places disponibles et dans les pays où il y a beaucoup de demandes (par exemple, les écoles maternelles au Maroc), un examen d'entrée a été institué afin d'endiguer le flot des demandes.

Des critiques sont également formulées contre ces établissements :

  • ils sont souvent des ghettos pour enfants issus de milieux favorisés ;
  • des passe-droits sont parfois accordés aux enfants de diplomates ou issus des élites locales.

Les personnels[modifier | modifier le code]

Dans les établissements en gestion directe et conventionnés, les personnels de direction, les cadres administratifs et une partie des enseignants sont détachés du ministère français de l'Éducation nationale (avec un statut d'expatrié ou un statut de résident) et payés par l'AEFE[5]. Ces établissements recourent également à des personnels recrutés localement en fonction des règles du marché du travail national (contrat, rémunération, protection sociale)[6].

Le personnel des autres établissements est employé selon les règlements régissant localement le droit du travail[7].

Certains établissements offrent la gratuité des frais de scolarités aux enfants de leurs personnels locaux, leur permettant ainsi de bénéficier de l'enseignement français auquel ils n'auraient pu avoir accès faute de moyens.[réf. nécessaire]

Liste des écoles et lycées français à l'étranger[modifier | modifier le code]

Liste des écoles et lycées français homologués[modifier | modifier le code]

Attention : cette liste n'est pas forcément à jour. Il convient de se référer au site Internet de l'AEFE.

Afrique[modifier | modifier le code]

Amérique[modifier | modifier le code]

Asie[modifier | modifier le code]

Europe[modifier | modifier le code]

Liste des écoles et lycées français non homologués[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de liste de ces établissements qui ne font pas l'objet d'une définition précise.

Afrique[modifier | modifier le code]

LabelFrancÉducation[modifier | modifier le code]

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L'AEFE et les ministères de l'Éducation nationale et des Affaires étrangères ont lancé en 2012 un label d’Éducation à la française nommé LabelFrancÉducation auquel des écoles (publiques ou privées) de droit local étranger sont éligibles[8],[9].

Les conditions d'attribution sont les suivantes :

  • enseignement renforcé de la langue et de la culture françaises et enseignement en français d'au moins deux disciplines non linguistiques ;
  • présence ou recrutement d'au moins un enseignant titulaire de l'éducation nationale française (obligation levée à compter du 1er janvier 2015) ;
  • formation initiale, diplômes et niveau en langue française des enseignants de et en français ;
  • plan de formation pédagogique pour les enseignants des disciplines concernées ;
  • présentation des élèves aux certifications de langue française (DELF, DALF) ;
  • environnement francophone.
Liste des établissements labellisés

Programme FLAM[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Programme FLAM.
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Le programme FLAM est un dispositif de consolidation du français langue maternelle, créé en 2001-2002 par le ministère français des Affaires étrangères à l'initiative de membres du Conseil supérieur des Français de l'étranger (CSFE, aujourd'hui Assemblée des Français de l'étranger) et de sénateurs représentant les Français établis hors de France. Il s'adresse aux associations constituées par des ressortissants français expatriés - temporairement ou non, notamment des couples mixtes - ne disposant pas d'établissement homologué (ou préférant scolariser leurs enfants dans un établissement du pays). Les activités peuvent se dérouler dans un établissement scolaire étranger, dans un Institut français ou une Alliance française, ou dans les locaux de l'association. Il est géré depuis 2009 par l'AEFE.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]