Éric Chevillard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chevillard.

Éric Chevillard, né le 18 juin 1964 à La Roche-sur-Yon, est un écrivain français.

Parcours[modifier | modifier le code]

Ancien élève de l'École supérieure de journalisme de Lille (61e promotion)[1],[2],Éric Chevillard fut tout d'abord remarqué pour son appartenance à un groupe d'écrivains publiés par les éditions de Minuit à partir des années 1980, parmi lesquels on peut citer Jean Echenoz, Jean-Philippe Toussaint ou François Bon, mais qui sont, en fait, plus remarquables par leurs différences que par leurs — rares — points communs.

Dès le premier roman de Chevillard, Mourir m'enrhume, la critique salua son humour décapant et son jeu avec les conventions narratives, qui le placent dans la lignée du nonsense britannique et du grand maître de l'antiroman, Laurence Sterne. D'un ton souvent incongru, faussement désinvolte, le style de Chevillard se plaît à détourner les conventions linguistiques et à faire jaillir, de situations apparemment anodines ou anecdotiques, les événements les plus absurdes afin de mettre en question les fausses évidences sur lesquelles repose notre rapport au monde et aux choses. Depuis 1987, Éric Chevillard a publié une quinzaine de romans aux éditions de Minuit, dont Un fantôme en 1995, Les Absences du capitaine Cook en 2001, Oreille rouge en 2005, Démolir Nisard en 2006, Sans l'orang-outan en 2007 et Choir en 2010. Deux de ses romans ont été récompensé d'un prix : le prix Fénéon pour La Nébuleuse du crabe et le prix Wepler pour Le Vaillant Petit Tailleur. Le prix François Billedoux de la Scam a été attribué au Désordre azerty en 2014.

Dans la mesure où elle remet en question les codes de la représentation, son œuvre, riche en audaces narratives, a été parfois classée dans le courant post-moderne.

En marge de son travail romanesque, Éric Chevillard a aussi publié trois volumes de textes brefs ainsi qu'un essai poétique inspiré par la peinture de Gaston Chaissac qui fut associé un peu abusivement à l'art brut et qui est mort en 1964 à La Roche-sur-Yon.

À partir d'août 2011, il relève, dans les pages du Monde des livres, la tradition du "feuilleton" tombée en désuétude. En même temps qu'ils affirment et illustrent une esthétique exigeante, ses articles dénoncent, sous la forme d'implacables éreintements, les auteurs qu'il considère comme les fausses valeurs de l'édition contemporaine (David Foenkinos, Florian Zeller, Alexandre Jardin, Éric-Emmanuel Schmitt, Grégoire Delacourt ou Frédéric Beigbeder).

Il reçoit le prix Alexandre-Vialatte 2014 pour l’ensemble de son œuvre[3].

L'autofictif[modifier | modifier le code]

Depuis le 18 septembre 2007, Éric Chevillard a ouvert un blog nommé L'Autofictif dans lequel il écrit quotidiennement trois petits billets ou fragments de 2 à 8 lignes. Le blog est présenté sous la forme d'un journal extime fait d'éclats de littérature. Chevillard utilise Internet comme une occasion de renouvellement de formes et non comme contrainte. Quelque chose entre le fictif et l'autofictionnel. Éric Chevillard a rapidement pris goût à cette forme d'intervention dans le deuxième monde que constitue l'internet et à "ces petites écritures libres de toute injonction".

Dans l'autofictif, sorte d'autoportrait sans pour autant être une autobiographie, un personnage ne parlant pas l'anglais, mal adapté au monde, ne conduisant pas de voiture est dessiné par le je de l'autofiction. Cependant, Chevillard en tant qu'auteur se fait basculer, lui le Chevillard personnage à travers un univers fictif (celui de ses romans) où se rencontre toutefois le réel. Ses univers de fiction sont créés à partir de trois fondements: celui de la méfiance envers la langue, l'angle inédit du monde et sans le moindre préjugé. Eric Chevillard devient un personnage parmi ses personnages car l'autofiction ne décrit que les contours de son auteur.

En janvier 2009, les éditions L'Arbre vengeur publient le premier volume de ce journal (L'Autofictif, septembre 2007-septembre 2008). En janvier 2010, un second volume, sous le titre L'Autofictif voit une loutre (septembre 2008-septembre 2009), puis un troisième volume en janvier 2011, sous le titre L'Autofictif père et fils (septembre 2009-septembre 2010). Ces livres reprennent sans modification les textes publiés une première fois en ligne qui sont alors effacés du blog.

Éric Chevillard en dit ceci :

« Ces pages publiées ici sans retouches, parce qu'un livre sera toujours le terme logique de mes entreprises, pourront être lues comme la chronique nerveuse ou énervée d'une vie dans la tension particulière de chaque jour. »

Dans ce livre, l'univers de Chevillard est bien présent: confrontation de l'esprit logique à des réalités absurdes voire impossibles, la question de l'actualité, référence à une œuvre passée, ou encore réflexions sur l'écriture du monde littéraire de manière ironique mais aussi par autodérision. Cette expérience lui est plaisante car l'impact et la résonance de ses fragments, de ses aphorismes diffèrent selon qu'ils sont lus sur le blog ou dans le livre.

Une partie de ces "brèves" est publiée dans le magazine indépendant Le Tigre.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Mourir m'enrhume, Minuit, 1987
  • Le Démarcheur, Minuit, 1989
  • Palafox, Minuit, 1990
  • Le Caoutchouc décidément, Minuit, 1992
  • La Nébuleuse du crabe, Minuit, 1993 (prix Fénéon)
  • Préhistoire, Minuit, 1994
  • Un fantôme, Minuit, 1995
  • Au plafond, Minuit, 1997
  • L'Œuvre posthume de Thomas Pilaster, Minuit, 1999
  • Les Absences du capitaine Cook, Minuit, 2001
  • Du hérisson, Minuit, 2002
  • Le Vaillant Petit Tailleur, Minuit, 2004 (prix Wepler)
  • Scalps, Fata Morgana, 2005
  • Oreille rouge, Minuit, 2005
  • D'attaque, Argol, 2006
  • Démolir Nisard, Minuit, 2006 (prix Roger Caillois)
  • Commentaire autorisé sur l'état de squelette, Fata Morgana, 2007
  • Sans l'orang-outan, Minuit, 2007
  • Dans la zone d'activité, graphisme par Fanette Mellier, Dissonances, 2007 (repris en 2014 chez Fata Morgana; dessins P. Favier)
  • Ailes, Fata Morgana, illustrations d'Alain Ghertman, 2007 (prix Jean Lurçat)
  • En territoire cheyenne, Fata Morgana, illustrations de Philippe Favier, 2009
  • La Vérité sur le salaire des cadres, Le Cadran ligné, 2009 ("livre en un seul poème")
  • Choir, Minuit, 2010
  • Dino Egger, Minuit, 2011 - Prix Virilo 2011[4]
  • Iguanes et Moines, Fata Morgana, 2011
  • L'Auteur et Moi, Minuit, 2012
  • La Ménagerie d'Agathe, ill. de Frédéric Rébéna, Actes Sud, 2013
  • Péloponnèse, Fata Morgana, 2013
  • Le Désordre azerty, Minuit, 2014

L'Autofictif, édité chez L'Arbre vengeur :

  • L'Autofictif - Journal 2007-2008, 2009
  • L'autofictif voit une loutre - Journal 2008-2009, 2010
  • L'Autofictif père et fils - Journal 2009-2010, 2011
  • L'Autofictif prend un coach - Journal 2010-2011, 2012
  • L'Autofictif croque un piment - Journal 2011-2012, 2013
  • L'Autofictif en vie sous les décombres - Journal 2012-2013, 2014

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Annuaire des anciens de l'ESJ, « Anciens | ESJ Lille »
  2. (fr) Bibliothèque de l'ESJ, l'auteur Eric Chevillard est indiqué comme ancien élève : « Catalogue en ligne . »
  3. Manon Quinti, « Le Prix Vialatte 2014 à Eric Chevillard », sur Livres Hebdo,‎ 3 avril 2014 (consulté le 3 avril 2014)
  4. 7/11/2011, « Le prix Virilo à Chevillard », sur http://bibliobs.nouvelobs.com,‎ 7/11/2011

Liens externes[modifier | modifier le code]