Épinomis

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Épinomis, en grec ancien Ἐπινομίς, est le titre d'un dialogue de Platon, dont l'authenticité est douteuse, accepté dans le corpus platonicien.

Le genre du dialogue est Politique ; Épinomis semble offrir une conclusion ou un complément d'informations à La République de Platon ; Minos y servirait d'introduction[1].

Sommaire

[modifier] Personnages principaux

  • Socrate
  • Clinias de Crète, personnage qui fait également partie du dialogue des Lois
  • Un Etranger, un métèque

[modifier] Personnage secondaire

Mégille, porte-parole de spartiate qui apparaît également dans Les Lois de Platon.

[modifier] Dialogue

[modifier] Philosophie

L'Épinomis mentionne une première fois l'éther comme cinquième corps (981c6), comme une sorte d'air plus subtil et plus pur : l'éther n'est pas, d'ailleurs, le séjour des astres  : les séjour des astres est le feu, mais, comme l'air, celui d'êtres démoniques de nature translucide, intermédiaires entre les hommes et les dieux visibles (les astres) (984 b). L'auteur de l'Épinomis ajoute un l'Éther, substrat des corps célestes qui n'est pas soumis ni à la génération, ni à la corruption, ni aux changements de qualité ou de dimension. L'éther se déplace, non en ligne droite comme les autres, mais en cercle [2].

L'Épinomis est persuadé de la supériorité de l'Hellène[3] :

"Voici un point dont il faut que tout Grec se rende compte. Cette région que nous habitons - la Grèce - est sans doute la mieux située pour favoriser l'excellence morale. Ce qui vaut d'être loué, dans ce pays, c'est qu'il est mitoyen entre le froid boréal et le climat estival." (987 d).

« Nous avons distingué cinq espèces de corps, ce sont le Feu et l’Eau, l’Air comme troisième espèce, la Terre comme la quatrième, l’Éther enfin comme le cinquième » (981 bc)[4]. L'Épinomis propose une religion astrale, mais "la religion astrale de l'Épinomis reste une religion civique. (...) L'auteur de l'Épinomis assimile les dieux astres à des dieux étrangers. (...) Les êtres de la région suprême sont les astres, puis viennent, de haut en bas, les êtres démoniques de l'éther, de l'air et de l'eau ; enfin les hommes[5]".

[modifier] Authenticité

L'authenticité s'avère douteuse à un point tel que l'on suppose qu'il n'a même pas été écrit par Philippe d'Oponte, platonicien de la première génération des disciples de l'Académie : Diogène Laërce[6] mentionne que Philippe d'Oponte aurait édité les Lois. "Certains prétendent que Philippe d'Oponte recopia les Lois de Platon qui se trouvaient sur des tablettes de cire. Ils soutiennent aussi que l'Épinomis est de lui."[7]
L'Épinomis serait authentiquement de Platon, selon Hans Roeder (1838), A. E. Taylor (1932), Édouard des Places (1946), Charles Mugler (1949), etc. ; ce serait un apocryphe, selon H. Diels (1918), Joseph Moreau (1939), J. Bidez (1945), Léon Robin (1950), Taran (1975), etc.

[modifier] Références

  1. Le mot Epi est traduisible par Au sujet ou Au sujet de, et Nomoi est la traduction du titre du dialogue Lois
  2. (Aristote, Du ciel, I, 2, 3
  3. André-Jean Festugière, Études de philosophie grecque, Vrin, 1971, p. 45.
  4. André-Jean Festugière, Études de philosophie grecque, Vrin, 1971, p. 386.
  5. André-Jean Festugière, Études de religion grecque et hellénistique, Vrin, 1972, p. 129-131.
  6. Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, II, 37
  7. (Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, III, 37).

[modifier] Bibliographie

  • Platon, Œuvres complètes. Epinomis, édition de Léon Robin, Belles Lettres (CUF), Paris, 1970.
  • Platon, Œuvres complètes, Flammarion, sous la direction de Luc Brisson, Paris, 2008.
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