Épidémie de choléra de Broad Street (1854)

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Carte établie par John Snow et montrant les amas (en) de choléra lors de l'épidémie de 1854.

L'épidémie de choléra de Broad Street est une épidémie de choléra qui est survenue en 1854 près de Broad Street (désormais Broadwick Street (en)) à Soho (Londres). Elle est surtout connue pour les recherches de John Snow à son sujet et sa découverte que le choléra se transmet par l'eau contaminée. Cette découverte a amené des changements significatifs dans la santé publique par, notamment, la construction d'installations sanitaires améliorées.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au milieu du XIXe siècle, le quartier Soho de Londres a de sérieux problèmes de salubrité avec l'augmentation massive de sa population et l'absence d'installation sanitaires appropriées (les égouts de Londres ne s'y rendent pas encore). Avec la saturation des installations existantes, les dirigeants de la ville prennent la décision de jeter les ordures dans la Tamise. Cela contamine les réserves d'eau et amène l'éclosion de l'épidémie de choléra.

Épidémie[modifier | modifier le code]

« La pire épidémie de choléra qui est jamais arrivée dans ce royaume[trad 1]. »

— John Snow, Epidemiology 101[1]

Le 31 août 1854, après l'éclosion d'épidémies ailleurs dans la ville, une épidémie majeure de choléra frappe le quartier Soho.

Les 3 jours suivants, 127 personnes habitant sur ou près de Broad Street meurent. Les semaines qui suivent, les trois quarts des habitants ont fui le quartier. Le 10 septembre, 500 personnes étaient mortes. En tout, l'épidémie a fait 616 morts.

Recherches de John Snow[modifier | modifier le code]

Vue de la Broadwick Street (en), montrant notamment le John Snow memorial.

John Snow était sceptique quant à la théorie des miasmes, théorie dominante imputant que des maladies telles le choléra et la peste noire se propagent par une forme de « mauvais air ». À l'époque, la théorie microbienne n'était pas bien établie. En 1849, il publie sa théorie sur la propagation de la maladie dans l'essai On the Mode of Communication of Cholera. En 1855, une deuxième édition beaucoup plus fouillée est publiée, avec notamment une étude sur l'effet des réserves d'eau à Soho lors de l'épidémie de 1854.

Avec l'aide du révérend Henry Whitehead (en), il interroge des résidents du quartier et identifie la source de l'épidémie : une pompe d'eau publique sur Broad Street[Note 1]. Bien que les recherches chimiques et microbiennes de Snow étaient insuffisantes pour prouver le danger de la pompe, son étude de la propagation de l'épidémie a suffi à convaincre les autorités de fermer cette dernière en en retirant sa poignée, bien que l'épidémie était déjà en déclin à ce moment.

Après la diminution de l'épidémie, les autorités ont replacé la poignée de la pompe. Le mystérieux « poison » ne semblait plus là, ce qui a amené la communauté médicale à rejeter la théorie de Snow[2].

Ce n'est qu'en 1883, environ 30 ans plus tard, que le médecin et microbiologiste allemand Robert Koch isole la bactérie Vibrio cholerae à partir des intestins de personnes décédées du choléra et identifie cette dernière comme la cause de la maladie[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) « the most terrible outbreak of cholera which ever occurred in this kingdom. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Robert Friis, Epidemiology 101, Jones & Bartlett,‎ 25 mars 2010, 220 p. (présentation en ligne, lire en ligne), p. 13
  2. a et b (en) Frank Chapelle, Wellsprings : A Natural History Of Bottled Spring Waters, New Jersey, Rutgers University Press,‎ 25 août 2005, 279 p. (présentation en ligne), p. 82

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]