Épiclèse (liturgie)

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L'épiclèse est une invocation au Saint-Esprit dans les liturgies chrétiennes afin d'évoquer sa puissance créative (l'Esprit est actif à la création du monde, à l'incarnation du Christ, à la Résurrection...).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot épiclèse tire son étymologie des deux mots grecs epi (« sur ») et kaleo (« appeler »). Il s'agit donc, par un moyen ou un autre, d'appeler quelqu'un ou quelque chose sur un être.

L'épiclèse dans la liturgie catholique[modifier | modifier le code]

La liturgie catholique romaine prévoit deux épiclèses au cours de la prière eucharistique :

  • la première épiclèse, avant la consécration, est une invocation de l'Esprit-Saint sur le pain et le vin, pour que l'Esprit réalise la présence du Corps et du Sang du Christ au milieu de son Église,
  • la seconde épiclèse, après la consécration, est une invocation de l'Esprit-Saint sur le peuple, pour que l'Esprit rassemble les chrétiens dans l'unique peuple de Dieu, grâce à leur communion au Christ.

« L'Église a gardé l'imposition des mains comme signe de l'effusion toute-puissante de l'Esprit Saint dans les épiclèses sacramentelles. » [1]

Dans l'épiclèse de chaque sacrement, l'Eglise du Christ exprime sa foi en la puissance de l'Esprit[2].

L'épiclèse dans la tradition[modifier | modifier le code]

Catholique[modifier | modifier le code]

La première épiclèse dont nous avons la trace est celle de l'anaphore d'Hippolyte de Rome. La prière eucharistique 2 est entièrement travaillée à partir de cette anaphore. Dans le canon romain, qui a été la seule prière eucharistique utilisée entre le concile de Trente et la réforme liturgique de Vatican II, il n'y a pas de mention explicite de l'Esprit Saint, mais il y est sous-entendu. La réforme liturgique a voulu que l'Esprit saint soit mentionné pour signifier l'action des trois personnes de la Trinité. L'épiclèse dans l'anaphore de saint Hippolyte a été divisée en deux, d'une part sur les offrandes, et de l'autre sur le peuple.

La première prière eucharistique ne comprend que l'épiclèse avant la consécration. D'autres expressions que celle de "par la puissance de l'Esprit-Saint" ont été utilisées : "par ta main", "par ta bénédiction". À l'origine ces expressions étaient synonymes de "par ton Esprit".

Les prières eucharistiques orientales préfèrent l'épiclèse après la consécration. Ces différences ont alimenté l'incompréhension entre l'Orient et l'Occident. Les Orientaux reprochaient aux Romains de vouloir consacrer sans appeler l'intervention de l'Esprit. Les Romains ripostaient en suspectant les Orientaux de ne pas croire aux paroles de la Consécration. Ce malentendu a été dissipé au Concile de Florence (1439 à 1442): celui qui consacre est bien l'Esprit dont l'action est invoquée avant la consécration ou évoquée après.

Orthodoxe[modifier | modifier le code]

La seconde trace ancienne de l'épiclèse est celle de Saint Jacques "frère du Seigneur". On la retrouve dans le Rite de l'Église de Jérusalem. Sa particularité, c'est que, en plus de l'épiclèse sur les offrandes et sur le peuple, il y en a une sur le prêtre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catéchisme de l'Eglise catholique, numéro 699
  2. Catéchisme de l'Eglise catholique, numéro 1127

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]