Éperonnier chinquis

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Éperonnier chinquis

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Polyplectron bicalcaratum

Classification (COI)
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Galliformes
Famille Phasianidae
Genre Polyplectron

Nom binominal

Polyplectron bicalcaratum
(Linnaeus, 1758)

Statut de conservation UICN

( LC )
LC LC : Préoccupation mineure

Polyplectron bicalcaratum- Muséum de Toulouse

L'Éperonnier chinquis (Polyplectron bicalcaratum) est une espèce d'oiseaux de la famille des Phasianidae.

Historique et dénomination[modifier | modifier le code]

Décrit par Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Pavo bicalcaratus [1].Le nom spécifique bicalcaratum fait référence aux éperons du mâle et vient du latin « bi » (deux) et « calcar » (éperon) donc littéralement « à double éperon ».

Nom vernaculaire[modifier | modifier le code]

  • Éperonnier chinquis. Le nom français « chinquis » est l’adaptation du nom chinois « tshinquis » ou encore « chin-tchienkhi » mais le nom officiel chinois est « hui kongquezhi » qui signifie « éperonnier gris » que l’on retrouve d’ailleurs dans les noms anglais et allemands.

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • Pavo bicalcaratus Linné,1758

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Cinq Sous-espècesont reconnus [2]:

  • Polyplectron bicalcaratum bakeri (Lowe, 1925) - forêts tropicales du nord de l'Inde et au Bhoutan.
  • Polyplectron bicalcaratum bailyi (Lowe, 1925) - Dans l'Himalaya.
  • Polyplectron bicalcaratum bicalcaratum (Linnaeus, 1758) - Birmanie, Thaïlande et le Laos.
  • Polyplectron bicalcaratum ghigii (Delacour & Jabouille, 1924) - Région centrale et Nord du Vietnam à l'Est du Tonkin et le centre du Laos.
  • Polyplectron bicalcaratum katsumatae - Hainan (Sud de la Chine).

Distribution[modifier | modifier le code]

Sikkim, Bhoutan, nord-est de l’Inde, est du Bangladesh, Myanmar et sud de la Chine (ouest du Yunnan, sud du Gouangsi), Thaïlande, sud du Laos, extrême nord-est du Cambodge, centre du Viêt-nam (Tonkin et nord de l’Annam).

Habitat[modifier | modifier le code]

Baker (1935), de son observation dans le nord-est de l’Inde, rapporte que l’éperonnier chinquis est inféodé à plusieurs types d’habitats comme un épais sous-bois le long des rivières, la forêt sempervirente dense, les buissons touffus et les formations de bambous. Un autre habitat consiste en un épais sous-bois et une forêt secondaire de petits arbres de trois ou quatre ans ayant colonisé une rizière en terrasse abandonnée. Un troisième biotope comporte des ravins en terrain très escarpé avec des affleurements rocheux et d’épais buissons en pleine forêt vierge.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le régime alimentaire est omnivore. Les fruits (jaunes ou rougeâtres) tombés des grands figuiers étrangleurs (Ficus) attirent particulièrement les éperonniers chinquis (Hennache & Ottaviani 2006).

Comportement non social[modifier | modifier le code]

Il est très méfiant et prompt, au moindre danger, à se mettre à couvert dans la végétation plutôt qu’à s’envoler. Il trahit généralement sa présence par des cris excités « wakwak-wak-wak-wak » émis sporadiquement en cours de journée en période de reproduction, et à l’aube ou le soir hors saison de nidification (Hennache & Ottaviani 2006).

Comportement social[modifier | modifier le code]

Les premiers auteurs (Beebe 1918-22, Baker 1930), d’après leurs observations en milieu naturel, suspectaient un régime de monogamie (défense du territoire, cohésion des couples, durabilité de l’appariement). Pourtant, cela mérite confirmation car des cas de polygamie ont été constatés en captivité (Hennache & Ottaviani 2006).

Parade nuptiale[modifier | modifier le code]

Pendant la parade, le mâle émet souvent des sifflements aigus et grinçants. Il hérisse sa huppe en avant, gonfle le reste de son plumage et avance lentement vers la femelle tout en ouvrant tantôt une aile, tantôt l’autre. Parfois, il se fige sur place, tête baissée et toutes plumes déployées. Puis il prend un fragment de nourriture au sol et le dépose devant sa partenaire. Si elle le saisit, il se redresse brusquement sur ses pattes, s’écrase au sol, étale les ailes et la queue en éventail mettant ainsi en valeur ses ocelles aux reflets métalliques. Cette roue peut être latérale ou frontale selon la position de la femelle mais au paroxysme de la parade, il se tient face à elle et incline tellement les pattes que les épaules et la tête touchent le sol, les plumes de la queue étant alors parfaitement verticales. Ses yeux semblent alors briller et tous les ocelles projettent de belles couleurs irisées (Hennache & Ottaviani 2006).

Nidification[modifier | modifier le code]

Un nid découvert par Clarke en mai, dans le Cachar, était placé au pied d’un grand buisson parmi des herbes et des petites cannes sur le sol onduleux de la jungle. Il était fait de rameaux et de feuilles grossièrement assemblés avec un revêtement des propres plumes de la femelle (Hennache & Ottaviani 2006). Baker (1930) rapporte qu’il avait découvert, dans une cavité, un nid situé à proximité d’un ravin, dans le sous-bois dense. Il contenait deux œufs posés sur quelques feuilles et autres débris végétaux. En captivité, les femelles suivies de poussins sont extrêmement agressives entre elles mais pas envers le mâle. Des observations dans la nature ont montré que cette espèce vivait préférentiellement en famille durant la période d’élevage.

Statut, conservation[modifier | modifier le code]

Madge & McGowan (2002) décrivent son statut comme commun, rare ou local à travers son aire de distribution très étendue. L’éperonnier chinquis n’est pas rare localement dans les forêts non transformées du nord-est de l’Inde et même fréquent au Bhoutan mais il est rare et local en Thaïlande sauf dans les vastes zones protégées où il est franchement commun, comme dans le parc national de Thung Salaeng Luang. Les auteurs insistent sur l’urgence de prendre des mesures de conservation car, malgré une réglementation du gouvernement chinois, l’espèce est toujours chassée pour l’alimentation.


Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Linnaeus, C. (1758). Systema Naturae per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, Tomus I. Editio decima, reformata. Holmiæ: impensis direct. Laurentii Salvii. i–ii, 1–824 pp : page 156
  2. Clements, J. F. 2007. The Clements Checklist of Birds of the World, 6th Edition. Cornell University Press. Downloadable from Cornell Lab of Ornithology

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Baker, E.C.S. (1930). Game-birds of India, Burma and Ceylon. Vol. 3. John Bale & Son, London.
  • Baker, E.C.S. (1935). The nidification of birds of the Indian Empire. Vol. 4. Taylor & Francis, London.
  • Beebe, W. (1918-22). A monograph of the pheasants. 4 vol. Witherby, London.
  • Hennache, A. & Ottaviani, M. (2006). Monographie des faisans, volume 2, 492 pages. Editions WPA France, Clères, France.
  • Madge, S. & McGowan, P. J. K. (2002). Pheasants, Partridges & Grouse. Helm, London.