Émirat islamique d'Afghanistan

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Émirat islamique d'Afghanistan

1996 – 2001

Drapeau
alt=Description de l'image Afghanistan en 2000.png.
Informations générales
Statut Théocratie islamique
Capitale Kaboul
Langue Pachto (officielle)
Arabe (reconnue) Dari (reconnue)
Histoire et événements
27 septembre 1996[1] Instauration
2001 Dissolution et instauration de la République islamique d'Afghanistan

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L'Émirat islamique d'Afghanistan[2] fut fondé en 1996 lorsque les Talibans initièrent leur règne sur l'Afghanistan et s'acheva avec leur chute du pouvoir en 2001. Au pic de leur influence, les Talibans ne contrôlèrent jamais entièrement le territoire afghan, puisque environ 10 % du pays, au nord-est, étaient tenus par le Front Uni Islamique et National pour le Salut de l'Afghanistan (Alliance du Nord)[3]

Histoire et instauration[modifier | modifier le code]

Les Talibans initient leur règne en Afghanistan après le retrait soviétique en 1989. Ils démarrèrent en tant que mouvement politico-religieux fondamentaliste islamique composé d'étudiants dans le Helmand et la région de Kandahar en Afghanistan. Issus principalement de l'ethnie Pachtounes, les Talibans mélangent le code tribal du Pachtounwali avec l'enseignement de l'islam Deobandi afin de former une idéologie fondamentaliste islamique hautement restrictive, anti-occidentale et anti-moderne avec laquelle ils dirigèrent le pays[4].

Partant de Kandahar, les Talibans finirent par capturer Kaboul en 1996. À la fin de l'année 2000, les Talibans étaient capables de contrôler 90 %, le reste étant contrôlé par l'opposition (Alliance du Nord) dont le bastion se situait dans la province de Badakhchan. Les talibans imposent la Sharia dans les territoires sous leur contrôle et soutiennent divers groupes de Moudjahid, notamment Al-Qaïda et Oussama Ben Laden.

Les Talibans se rendirent par ailleurs coupables de violations des droits de l'homme, particulièrement en ce qui concerne le traitement des femmes, lesquelles étaient interdites de travailler, de fréquenter l'enseignement public et universitaire. Les communistes afghans étaient systématiques exécutés et les voleurs punis par l'amputation d'une de leurs mains ou de leurs pieds. Toutefois, les Talibans parvinrent à éradiquer presque totalement la production d'opium du pays mais celle-ci reprendra après l'invasion américaine du pays en 2001[5].

En raison du traitement réservé à la minorité chiite, les relations entre l'Émirat et l'Iran se détériorèrent, les Iraniens préférant soutenir l'Alliance du Nord. En 1998, les Talibans s'emparent du consulat iranien de Mazari Sharif et exécutent son personnel diplomatique. À la suite de cet incident, l'Iran prévoyait d'envahir le pays mais l'intervention du Conseil de sécurité de l'ONU et les États-Unis s'opposèrent à une telle invasion.

Relations internationales[modifier | modifier le code]

Seuls le Pakistan, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis reconnurent le gouvernement taliban[6]. L'Émirat ne fut pas reconnu à l'ONU. Le Turkménistan, cependant, entreprit quelques rencontres et signa des accords officiels avec des ministres du gouvernement taliban.

La principale raison du manque de reconnaissance diplomatique de l'Émirat est due à son irrespect du droit international. Le premier acte commis par les Talibans au pouvoir fut en effet d'arrêter, de torturer et d'assassiner l'ancien président afghan, Mohammed Nadjibullah, agissant clairement en violation du droit international, Nadjibullah s'étant réfugié dans un bâtiment de l'ONU lors de la chute de Kaboul en 1992. Sa dépouille sera laissée gisante près d'un lampadaire à l'extérieur du palais présidentiel de Kaboul pendant environ deux jours.

Les Talibans offrirent également un soutien aux islamistes de Tchétchénie (reconnaissant l'autorité illégitime de la République tchétchène d'Itchkérie), du Jammu-et-Cachemire et du Xinjiang, perdant ainsi simultanément le soutien de la Russie, de l'Inde et de la République populaire de Chine.

Sanctions de l'ONU[modifier | modifier le code]

En 1999, le Conseil de sécurité des Nations unies établit un régime de sanctions concernant Al-Qaida, Oussama ben Laden et les Taliban. Depuis l'invasion américaine de l'Afghanistan en 2001, les sanctions furent appliquées à des individus et des organisations partout dans le monde, ciblant aussi d'anciens membres du gouvernement taliban.

Le 27 janvier 2010, un comité de sanctions des Nations unies retira cinq anciens officiels talibans de cette liste, dans un geste favorisé par le président afghan Hamid Karzai. La décision signifie que ces cinq personnes ne seront plus sujets à un embargo sur les armes et à un gel des avoirs. Les cinq hommes, tous des membres haut placés du gouvernement taliban, étaient :

Ils avaient tous été ajoutés à la liste en janvier ou février 2001[7]. Mohammed Omar continue par ailleurs de parler au nom de cet Émirat.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Gary Marcin, « The Taliban », King's College,‎ 1998 (consulté le 5 mai 2012)
  2. (en) Directorate of Intelligence, « CIA -- The World Factbook -- Afghanistan »,‎ 2001 (consulté le 5 mai 2012)
  3. (en) Situation politique de l'Afghanistan en 1996
  4. (en) Rashid, Taliban, 2000
  5. (en) Afghanistan, l'opium et les Talibans
  6. (en) Terrorism and Global Disorder: Political Violence in the Contemporary World, Adrian Guelke, consulté le 5 mai 2012
  7. (en) "U.N. Reconciles itself to Five Members of Mulla Omar’s Cabinet", consulté le 5 mai 2012