Émilienne Moreau-Évrard

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Émilienne Moreau décorée de la Croix de guerre à Versailles le 27 novembre 1915

Émilienne Moreau, ou Émilienne Moreau-Évrard, dite Émilienne la Blonde alias Jeanne Poirier, née à Wingles dans le Pas-de-Calais le 4 juin 1898 et morte à Lens le 5 janvier 1971, est une résistante française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Émilienne Moreau est issue d'une famille de mineurs. Seconde d'une famille de quatre enfants, elle a un frère ainé, Henry, qui sera tué à la guerre, une sœur cadette, Marguerite, suivie d'un petit frère prénommé Léonard. Suite aux promotions successives de son père dans les mines de la région, la famille Moreau s'installe à Lens vers 1899, puis à quatre kilomètres de là vers 1908.

À la fin du mois de juin 1914, son père prend sa retraite à l'âge de 50 ans, après 38 ans de travail dans les mines. La famille s'installe à Loos-en-Gohelle, dans une maison haute située sur la place de la République. Son père devient alors le gérant d'une épicerie-mercerie-bonneterie[1].

Actions lors de la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le frère aîné d'Émilienne est affecté au 8e régiment d'infanterie de ligne stationné à Saint-Omer. Après la déclaration de la Première Guerre mondiale, le 1er août 1914, il est mobilisé et engagé au combat à Dinan. Le 15 septembre, il est envoyé sur le front de l'Est[1].

Les Allemands occupent la ville de Loos-en-Gohelle lorsque le père d'Émilienne décède en décembre 1914. Le 25 septembre 1915, les troupes britanniques lancent une attaque pour reprendre la ville. Émilienne va à leur rencontre et leur donne des informations sur les positions ennemies leur permettant de les prendre à revers. Elle met en place dans sa maison un poste médical et participe même aux combats, abattant quatre soldats allemands. Elle devient, à 17 ans, l'héroïne de Loos et elle est citée à l'ordre de l'armée par le général Foch. Elle est reçue par le président de la République, Raymond Poincaré, puis à Londres par le roi George V.

On utilise alors son image pour entretenir le moral de la population et des troupes. Le Petit Parisien fait paraître son histoire.

Entre les deux guerres[modifier | modifier le code]

Georges Willoughby réalise en Australie un film qui lui est consacré, La Jeanne d'Arc de Loos. Le film ne semble pas être sorti en France.

Militante au sein de la SFIO, elle épouse en 1932 Just Évrard, responsable fédéral du Pas-de-Calais et frère de Raoul Évrard, député du même département de 1919 à 1936.

Actions lors de la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lors de la Seconde Guerre mondiale, en 1940, elle est mise en résidence surveillée par les autorités allemandes à Lillers chez sa mère. Fin 1940, elle entre en résistance aux côtés de son mari. Elle utilise plusieurs pseudonymes, dont Jeanne Poirier et Émilienne la Blonde. Traquée par les Allemands, elle échappe plusieurs fois à l'arrestation et parvient à rejoindre Londres le 7 août 1944. Elle revient en septembre 1944 dans le Pas-de-Calais. Elle est l'une des six femmes à être faites compagnon de la Libération. Le général de Gaulle la décore en août 1945 à Béthune.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Elle continue ensuite à militer en tant que membre du Comité directeur de la SFIO de 1945 à 1963. Elle occupe également les fonctions de conseillère honoraire de l'Assemblée de l'Union française de 1947 à 1958. À l'aube de la Cinquième République, elle abandonne ses activités publiques et publie ses mémoires.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Au titre de la guerre 1914-1918
Au titre de la guerre 1939-1945

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Émilienne Moreau, « Mes Mémoires (1914-1915) », Le Miroir, vol. Supplément, no 107,‎ 12 décembre 1915, p. 1-8 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]