Émile Savitry

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Émile Savitry

Nom de naissance Émile Dupont
Naissance 21 janvier 1903
Saïgon
Décès 30 octobre 1967 (à 64 ans)
Paris
Nationalité française
Activités Artiste peintre, photographe
Formation École des beaux-arts de Valence
Arts décoratifs
Académie de la Grande Chaumière
Mouvement artistique Photographie humaniste
Influencé par Brassaï
Récompenses Prix de la critique en 1962

Émile Savitry, pseudonyme d' Émile Dupont, né le 21 janvier 1903 à Saïgon (Indochine française), mort le 30 octobre 1967 à Paris, est un peintre et photographe français.

Il fut, aux côtés de Robert Doisneau, Willy Ronis, Édouard Boubat, Izis et Yvette Troispoux, l'un des principaux représentants du courant de la photographie humaniste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Émile Savitry est le fils de Félix Alphonse Marius Dupont, industriel aux colonies, et de Cécile Léonie Audra. De 1920 à 1924 il suit une formation artistique à l'École des beaux-arts de Valence puis à l'École des Arts décoratifs et à l'Académie de la Grande Chaumière à Paris, et commence une carrière de peintre. En 1928, il demeure dans le quartier de Montparnasse et se lie avec le peintre André Derain et le poète Robert Desnos. Savitry vend ses premières toiles en 1929 à la Galerie Zborovski à Paris, Louis Aragon rédige la préface du catalogue de cette exposition.

En 1930, il part pour la Polynésie en compagnie de Georges Malkine et d'Yvette Ledoux, une américaine dont il vient de faire connaissance. Savitry quitte ses compagnons de route et rencontre Friedrich Wilhelm Murnau, qui tourne alors son film Tabou. Intéressé par ses photographies, Murnau l'engage pour quatre mois en 1931. Savitry avait commencé à pratiquer la photographie dès 1930 où, de retour à Toulon, il fait la connaissance de Django Reinhardt et de son frère Joseph. Il les amène à Paris, loge les deux frères et leur famille dans son appartement du boulevard Edgard Quinet et les introduit dans le milieu du Jazz parisien à La Boîte à Matelots du 10 rue Fontaine, ou Django démarre sa carrière, puis à La Roulotte au 62 rue Pigalle, à L'Aéroport au 11 rue Jules-Chaplain à Montparnasse, ouvert en juin 1932[1], ainsi qu'au club Le Ponton 2 à Montparnasse en 1934.

De 1932 à 1934, il est l'assistant de Brassaï (1899-1984).

Mobilisé en septembre 1939, il est incorporé dans un bataillon du Génie à Avignon et correspond avec le cinéaste Paul Grimault, lui-même mobilisé dans le Bas-Rhin. Le 2 avril 1940, il épouse l'argentine Elsa Henriquez[2], fille de Helba Huara (1900-1986), à la mairie de Hyères. Elle lui donnera un fils, Francis Dupont, dit « Paco ».

Avec Brassaï, Ylla et Ergy Landau, Savitry collabore à l'agence Rapho dès sa création en 1933 par Charles Rado[3] qui émigre au États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale. À la Libération, Savitry aide Raymond Grosset à relancer l'agence à Paris. Robert Doisneau et Willy Ronis se joignent à eux.

Il devient photographe de plateau entre 1942 et 1950 grâce à son amitié avec Jacques Prévert et Marcel Carné, pour lequel il se déplace en 1947 à Belle-Île-en-Mer sur le tournage de La Fleur de l'âge. Il travaille aussi pour le réalisateur Pierre Billon. Savitry pratique également la photographie de mode.

Émile Savitry collabore aux revues Paris Match, Arts et métiers graphiques, Regards, Visages du Monde, Cavalcade, Point de vue et images du monde, Caliban, Picture Post, Réalités, Vogue, Harper's Bazaar et Jardin des Modes.

À Paris, il résida rue Boulard, puis sur le boulevard Edgar-Quinet.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Photographies[modifier | modifier le code]

Reportages
Photographies de mode
  • 1947, robe de Christian Dior pour le Jardin des Modes
  • Bettina, paru dans le Mois de la Photo, Paris, 1990
Photographies de plateau
Illustrations
  • 1937-1939, Regards des 16 septembre 1937 et 8 juin 1939
  • 1939, Paris-Match du 9 février 1939 et 25 mai 1939
  • 1939, Arts et Métiers graphiques, numéro spécial Photographie
  • 1945-1949, Vogue, hiver 1945-1946, album hiver, été, 1946, janvier, février 1947, avriloctobre novembre 1948, avril 1949
  • 1946, La Française, juin 1946
  • 1946-1949, Le Jardin des Modes, album automne 1946 et hiver 1946-1947, mars, avril, mai, juin, octobre et novembre 1947, janvier, février, avril, juin, août, septembre, octobre, novembre 1948, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre 1949
  • Avant 1947, Les Chants de Maldoror, le Couteau suréaliste, publié dans Réalité
  • 1947, Cavalcade, des 11 septembre, 2 octobre, 9 octobre
  • 1948, Point de vue et images du monde, 28 février
  • 1949, Réalités, « Essor de la Photographie », n°47, décembre 1949
  • 1950, Caliban, août
  • 1951, Caliban, mars
  • 1951, Arts Ménagers , mars 1951
  • 1951-1953, Picture Post, Londres, 27 octobre et 24 novembre, 20 décembre 1952, 28 novembre 1953
  • 1954, Point de vue et images du monde, 2 septembre
  • 1954, Caméra, n°1, « Nus »
  • 1957, Photography Magazine, Londres
Portraits

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1929, Paris, Galerie Zborowski
  • 1948, « La Photographie française », exposition organisée par Photo League à New York
  • 1963, Antibes, Galerie Laporte, 31 toiles
  • 1964, Paris, Galerie Charpentier, « Le Surréalisme : Sources, Histoire, Affinités », La Lumière du gaz arrivant dans les ruines
  • 2012-2013, Paris, Maison de la Photographie, « Émile Savitry, un photographe de Montparnasse », du 25 octobre 2012 au 27 janvier 2013
  • 2011, musée de l'Abbaye Sainte-Croix aux Sables d'Olonne, 106 photographies, du 20 décembre 2011 au 26 février 2012
  • 2008, musée de Vendôme
  • 2007, Paris, Bibliothèque nationale de France, « La photographie humaniste »
  • 2004, New York, Zabriskie Gallery
  • 1990, Bibliothèque Historique de la Ville de Paris, « 50 ans de photographies de presse », archives photographiques de Paris-Soir, France-Soir et Paris-Match
  • 1989, Paris, locaux du journal Le Monde, « Les Années Montparnasse »
  • 1981, Paris, Centre Georges-Pompidou, « Paris 1937- Paris 1957 », reprise de l'exposition newyorkaise de la Photo League de 1948

Prix[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • Autoportrait dans un escalier
  • Autoportrait dans un bateau à l'appartement
  • Man Ray, Portrait d'Émile Savitry (1920)[4]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Émile Savitry. Un récit photographique, Gallimard, Paris, 2013, 144 p. : « La Fleur de l'âge, le film maudit de Marcel Carné et Jacques Prévert » par Carole Aurouet, suivi de « Savitry est peintre » de Sophie Malexis.
  • François Cali, Sortilège de Paris, ouvrage collectif, éditions Arthaud, Paris, 1952.
  • René Jouglet, Mazowsze, chants et danses du folklore polonais, photos d'Émile Muller et Émile Savitry, éditions Cercle d'Art, 1954. ASIN B00180IRVA
  • Sophie Malexis (Direction), Émile Savitry, un photographe de Montparnasse, catalogue d'exposition, édition 5 Continents, juin 2011, (ISBN 978-88-7439-593-4)
  • Collectif, Nu d'Émile Savitry, textes en français et japonais, 32 photographies, éditions Heibonsha, Tokyo, 1958
  • Guillaume Morel, « Émile Savitry », dans Connaissance des Arts , n°23, décembre 2011

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Guingamp, Michel Warlop (1911-1947), génie du violon swing, éditions l'Harmattan, 2011, p.65/306. p.
  2. Fille de la célèbre danseuse péruvienne Helba Huara.
  3. dont les archives photographiques sont gérées par Lucien Faillet fondateur et directeur de l'Agence Fama en 1938 avec l'accord de L'Illustration.
  4. Man Ray Trust-ADAGP-Télimage, Paris, 2011.

Liens externes[modifier | modifier le code]