Émile Eddé

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Emile Eddé (1883-1949) est un président du Liban (entre 1936-1941), avocat et leader politique, fondateur du Bloc National Libanais. Il marqua la vie politique du Liban durant la première moitié du XXe siècle.

Formation[modifier | modifier le code]

Il est né le 5 mai 1883 à Damas (Syrie), fils et petit-fils de drogman au Consulat de France à Damas. Il fait ses études chez les pères jésuites à Beyrouth. Il choisit de faire son Droit à Aix-en-Provence (France) où il résida de 1902 à 1909. Toutefois, il ne put soutenir sa thèse de doctorat, étant rappelé d'urgence au Liban, à cause de l'état de santé précaire de son père.

Il épousa Laudi Georges Sursock en 1912 et eut trois enfants Raymond (1913) Andrée (1917) et Pierre (1921).

Militant pour l’indépendance du Liban[modifier | modifier le code]

Avant la Première Guerre mondiale, Émile Eddé participa à des mouvements revendiquant l'indépendance du Liban. Plusieurs personnalités, ayant pris part à ces revendications et ou ayant eu des rapports avec les puissances alliés, furent arrêtées et pendues plus tard. Émile Eddé, averti à temps, échappa de justesse à l'arrestation et se réfugia à Alexandrie (Égypte). En Égypte, il participa, durant la Première Guerre mondiale, à la création de la Légion d'Orient qui était une unité de l'armée française composée de volontaires libanais et syriens. À cette époque, il maintint, à travers son frère Joseph qui résidait à Paris, des contacts réguliers avec les plus hautes personnalités françaises notamment le Président Raymond Poincaré.

Profession[modifier | modifier le code]

Il crée à Beyrouth un cabinet d'avocats et devint le Conseil des Consulats français, britanniques et italiens ainsi que celui d'importantes sociétés tant levantines qu'étrangères établies au Liban et en Syrie. Il s'imposa parmi les cabinets les plus prestigieux de Beyrouth. Plusieurs personnalités, notamment Bechara El Khoury, Camille Chamoun et Jawad Boulos, y font leur stage. Il fut Bâtonnier de l'Ordre des Avocats de Beyrouth (1922-1923).

Parcours Politique[modifier | modifier le code]

À la fin de la Première Guerre mondiale, il participa à la première et la troisième et a été le conseiller de la deuxième délégation, qui se rendirent à la Conférence de paix de Paris, pour réclamer l'agrandissement et l'indépendance du Liban. Il insista au sein du Conseil Représentatif du Mont Liban et dans ses Mémorandums présentés aux hautes instances internationales et françaises, la restitution des territoires intérieurs et des villes côtières, séparés du Liban en 1860, et dont la majorité de la population était libanaise, ainsi que l'indépendance politique du Liban dans ses frontières historiques et géographiques. La conférence de paix de Paris accéda à ces demandes. Ainsi, à la suite de ces actes, il occupa diverses responsabilités durant sa vie politique. En effet, il fut membre du Conseil représentatif du Grand Liban 1922-1925; président dudit Conseil 1925-1926, dissout par les autorités mandataires grâce à l'appui de la majorité parlementaire à sa candidature au poste du Gouverneur du Pays ; sénateur 1926-1927; député 1927-1936 et premier ministre du 11 octobre 1929 au 25 mars 1930; et, en tant que député et puis premier ministre, il entreprit un vaste mouvement de réformes dans tous les domaines administratif, éducatif, juridique, économique et financier, pour un Liban nouveau. Ces réformes, ayant touché les intérêts de certains conservateurs et politiciens intrigants, suscitèrent de fortes réactions à sa politique qui le poussèrent, en tant que premier ministre, à la démission. Un grand nombre de ces projets restent en application jusqu'à nos jours.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Le 20 janvier 1936 il fut élu Président de la République Libanaise sous mandat français. Il signa le 13 novembre 1936 le "Traité d'Amitié et d'Alliance" avec la France, accompagné d'une « Convention Militaire », de cinq « Protocoles » et d'un « Échange de Lettres » au nombre de douze. Ce traité fut adopté à l'unanimité le 24 novembre par la Chambre libanaise des Députés. Toutefois, le gouvernement français s'obstina à ne jamais le ratifier et encore moins à le soumettre à l'approbation du parlement. Les lettres (no 6 et 6 bis) échangées à l'occasion de ce Traité étaient considérées comme la base juridique de la répartition équitable des fonctions entre les différentes communautés dans l'Administration libanaise. Et, à la suite de ces lettres échangées de l'Accord, il nomma un sunnite comme premier ministre; acte, devenu une tradition, qui a été la base du Pacte National.

Crise et Indépendance du Liban[modifier | modifier le code]

Le 11 novembre 1943 le Délégué Général de France dissout la Chambre des députés, suspendit la constitution et nomma Émile Eddé Président de la République. Il accepta, bien qu'il avait voté avec son bloc parlementaire la confiance au gouvernement, aux fins de ne pas voir le pays passer sous domination anglaise. Il pensait que la politique de la Grande-Bretagne risquait d'accroître l'influence de l'option d'une unité syrienne au détriment même de l'indépendance du Liban et de céder une partie du sud du pays, jusqu'au Litani, au futur foyer juif qui serait créé en Palestine. Toutefois, Il réclamait l'indépendance du Liban avec la garantie de la France ou de toute autre puissance démocratique et institution internationale. Il démissionna le 22 novembre 1943 et Catroux par décret, rétablit Béchara Khoury dans ses fonctions de Président, ainsi que Riad Al-Solh.

Création du Bloc National[modifier | modifier le code]

En 1946, il poursuit sa lutte et transforme son mouvement en parti politique, le Bloc National Libanais. Il participe aux élections législatives de 1947 qui furent l'objet d'une fraude massive, de la part du pouvoir en place, qui cherchait à gagner les élections afin de modifier la constitution pour renouveler son mandat.

Décès et succession[modifier | modifier le code]

Émile Eddé meurt le 27 septembre 1949. Des obsèques populaires imposantes furent organisées pour lui rendre hommage. Ses deux fils Raymond et Pierre participèrent à la vie politique du Liban. Ils furent élus, l'un et l'autre, députés à plusieurs reprises et assumèrent des responsabilités ministérielles dans divers gouvernements du Liban. Raymond lui succéda à la tête du Bloc National libanais.