Émile Buisson

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Émile Buisson
braqueur
Surnom Mimile
ennemi public no 1
Naissance
Paray-le-Monial
Décès (à 53 ans)
Paris
Patrie Drapeau de la France France
Cause du décès guillotine
Sentence emprisonnement à perpétuité
peine de mort
braquages
Affaires hold-up du Crédit lyonnais (Troyes, 1937)
braquage du CIC (1941)
gang des Tractions Avant
Arrestation

Émile Buisson dit « Mimile », né le à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) et guillotiné à Paris le , est un gangster français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Déjà emprisonné à l'âge de seize ans pour de simples vols à la tire et pour détention d'arme, il collectionne en compagnie de son frère Jean-Baptiste des condamnations pour divers méfaits durant les dix années qui suivront. En 1931, les frères Buisson s'exilent à Shanghai, ville où ils passent cinq ans et ouvrent une « maison close ».

De retour en France, Émile Buisson renoue avec le crime. Il compte à son actif de nombreux braquages. Le fameux hold-up de l'agence du Crédit lyonnais de Troyes en 1937 conduit cependant à son arrestation. Mais Buisson réussit à s'évader durant un transfert.

En 1940, Émile Buisson rejoint le groupe du contre-espionnage français du commissaire Blémant. En 1941, lors du braquage du CIC, il tue un convoyeur de fonds. Durant, la période d'Occupation, il alterne arrestations et évasions, avant d'entrer à la Gestapo française, au service de l'occupant allemand.

Après la Libération, il devient membre du « gang des Tractions Avant ». De nouveau arrêté[Quand ?] lors d'un simple contrôle d'identité, il réussit à se faire passer pour « pervers » et se fait incarcérer à la prison de la Santé. Il s'en échappe de nouveau et fait la connaissance de Roger Dekker.

Reconnu comme pénalement fou, il est interné à l'hôpital de Villejuif d'où son frère Jean-Baptiste, dit « le Nuss », le fait s'évader arme au poing. Il devient alors l'ennemi public no 1 dans le courant des années 1940, multipliant les braquages tous plus audacieux les uns que les autres et qui déconcertent tous les services de police.

Le commissaire Charles Chenevier, qui avait fait de l'arrestation de Buisson une affaire personnelle, confie alors le dossier à un jeune policier, l'inspecteur Roger Borniche qui infiltre le milieu et finit par capturer Buisson le dans un restaurant, « La Mère Odue », située sur la RN13 à Claville dans l'Eure.

Trois ans d'instruction judiciaire seront nécessaires pour éclaircir les 36 meurtres et agressions attribués au gang de Buisson. Après avoir été condamné à la perpétuité, puis à mort, Buisson sera finalement guillotiné le à Paris par le bourreau André Obrecht.

En 1975, Jean-Louis Trintignant a incarné ce gangster dans le film de Jacques Deray, Flic Story.

L'arrestation[modifier | modifier le code]

L'arrestation d'Émile Buisson a donné lieu à plusieurs versions qui ont pu troubler les esprits sur les circonstances exactes de cette spectaculaire opération de police.

Quelques recherches historiques permettent, toutefois, de retracer les véritables circonstances de cette arrestation, survenue le samedi .

La première version fut livrée aux médias le lundi , dans le cadre d'une conférence de presse au ministère de l'Intérieur.

Les conditions de l'arrestation sont assez rocambolesques et ont fait l'objet de plusieurs versions, l'une officielle du 12 juin 1950 — totalement fausse — les autres officieuses, relatés par les différents intervenants soit dans des mémoires, soit dans des interviews donnés à des journalistes.

Les acteurs en présence[modifier | modifier le code]

Outre Émile Buisson qui se tenait à l'office (et non dans la salle de restaurant), se trouvaient donc dans l'auberge Roger Borniche, Martine Borniche[1] ainsi que le commissaire Gillard.

Se tenaient à l'extérieur de l'auberge le Commissaire Charles Chenevier et l'inspecteur Hours, prêts à intervenir.

La présence gommée d'une femme dans l'opération[modifier | modifier le code]

Il était difficile, pour une administration publique, d'admettre qu'une femme ait pu directement participer à l'arrestation de l'ennemi public no 1 alors même qu'elle n'était ni policière, ni fonctionnaire mais simplement l'épouse d'un des deux policiers présents. Elle fut tout simplement gommée de la conférence de presse donnée par le ministère de l'intérieur le lundi 12 juin 1950.

Sa présence fut pourtant décisive pour endormir la méfiance d'Émile Buisson, renseigner les policiers qui tournaient le dos à l'ennemi public, et pour passer les menottes à Buisson lorsqu'il fut ceinturé par Roger Borniche.

La thèse « officielle »[modifier | modifier le code]

Selon la conférence de presse, reprise dans les quotidiens du , voulait que l'arrestation eût été menée par 3 membres de la sûreté nationale (Gillard, Hours et Borniche) dans un restaurant de Boulogne-sur-Seine.

Dans cette version « officielle » il est précisé que le commissaire Chenevier, connu du bandit, n'était pas entré dans le restaurant.

Certains, qui n'ont manifestement pas consulté les archives, ont présenté par erreur le commissaire Chenevier comme l'auteur de l'arrestation, ce qui est totalement démenti par les faits et les différentes versions, y compris la thèse officielle.

Le quotidien La Liberté du mardi 13 juin 1950 relate les circonstances présumées de l'arrestation de Buisson telles qu'elles ont été servies aux médias :

« […] L'arrestation de Franck permit aux policiers de retrouver la trace de Buisson. Et, samedi, ils le retrouvaient à Boulogne-sur-Seine, au café des « Ternis-Obus », que, depuis quelque temps il avait élu pour quartier général. De là ils le suivirent dans un restaurant de la même localité, où ils le laissèrent prendre son repas. Comme le commissaire Chennevier [2] était connu du bandit, il vira à la porte tandis qu'ils faisait rentrer dans l'établissement le commissaire Gillard et les inspecteurs Hours et Borniche. Buisson achevait de déguster son café quand, soudain, les trois policiers bondirent sur l'homme et le ceinturèrent. La scène fut si rapide que le redoutable bandit n'eut pas même le temps de tirer le colt – chargé avec une balle dans le canon – qui était passé dans la ceinture de son pantalon. C'est encore vous, dit-il, quand il aperçu le commissaire Chennevier ? […] »

Ainsi la thèse « officielle », malgré son travestissement, permettait d'établir quelques points intéressants :

  • Charles Chenevier n'était pas dans l'auberge mais à l'extérieur ;
  • Roger Borniche, lui, était bien à l'intérieur ;
  • le commissaire Gillard était à l'intérieur également ;
  • Buisson était armé, comme à son habitude, ce qui rendait l'intervention délicate et dangereuse.

Cette version était, toutefois, totalement tronquée :

  • l'arrestation de l'ennemi public no 1 n'a pas été réalisée dans un restaurant de Boulogne-sur-Seine, mais à l'Auberge de la mère Odue, en Normandie près d'Évreux[3] ;
  • l'inspecteur Hours n'était pas présent dans cette auberge mais se trouvait à l'extérieur ;
  • n'étaient pas présents dans l'auberge, 3 inspecteurs de police, à des tables différentes, mais seulement, et à la même table, deux inspecteurs de police et une femme qui était l'épouse de l'un d'eux ce qui finira par être reconnu, ultérieurement ;
  • Buisson n'était pas un convive mais était hébergé par l'aubergiste.

Qui était Charles Chenevier ?[modifier | modifier le code]

Charles Chenevier était un commissaire de police à la sûreté nationale, grande rivale de la préfecture de police.

La préfecture de police avait compétence sur Paris et l'ancienne Seine, tandis que la sûreté nationale, située rue des Saussaies, dans les locaux du ministère de l'Intérieur, possédait une compétence nationale (y compris sur Paris et l'ancienne Seine).

Au sein de la sûreté nationale existait un groupe nommé la brigade de répression du banditisme. Elle était dirigée par le commissaire Charles Chenevier et avait pour équipe notamment le commissaire Gillard, l'inspecteur Leclerc, l'inspecteur Hours et l'inspecteur Borniche.

C'est cette équipe qui traqua les grands truands de l'après guerre et notamment l'ennemi public no 1, Émile Buisson, mais aussi son frère Jean-Baptiste, ou encore Francis Guillo, René Girier dit « René la Canne », etc.

Charles Chenevier était le chef du service et a suivi les grandes affaires comme la traque d'Émile Buisson en tant que directeur d'enquête et dont il fut probablement « l'âme », comme l'écrivait Jean-Baptiste Buisson[4], mais c'est bien son adjoint l'inspecteur Roger Borniche qui arrêta, physiquement, l'ennemi public no 1, le samedi 10 juin 1950.

Charles Chenevier était donc bien présent à cette opération en Normandie, mais il ne pouvait se montrer ni arrêter personnellement Émile Buisson, dangereux personnage toujours armé qu'il connaissait pour l'avoir déjà interrogé.

La présence du commissaire Chenevier n'a jamais été contesté par quiconque, pas même dans Flic Story[5], l'ouvrage de son adjoint, pas plus que dans le film[6] tiré de ses mémoires dont l'histoire est nécessairement romancée pour les besoins du public, lecteur ou spectateur.

C'est un des reproches qui a pu être fait, parfois, à l'ancien inspecteur de police : avoir romancé ses récits. Mais comme le précise Georges Moreas, un autre ancien et célèbre policier, sur son blog[7] : « Roger Borniche n'a jamais prétendu écrire des documents, ni relater des dossiers. Il s'est contenté de raconter des histoires vraies, mais romancées […]. »[8]

Seconde version : l'officieuse… plus proche[modifier | modifier le code]

En 1957, Charles Chenevier donne une nouvelle version de l'arrestation à un journaliste américain venu l'interviewer.

Son récit porte le titre de J'ai coffré l'Al Capone français, par l'inspecteur principal Charles Chenevier de la police parisienne[9].

Dans cette seconde version, Charles Chenevier situe, cette fois, l'arrestation non plus à Boulogne-sur-Seine mais à Paris dans un restaurant de Montmartre nommé « Les Trois Escargots ».

Il n'est plus question de trois inspecteurs présents à des tables différentes, mais de l'arrivée de deux hommes et d'une femme.

Cette version nouvelle se rapproche, cette fois, de la vérité historique en reconnaissant qu'il n'y avait pas 3 inspecteurs de police dans le restaurant mais seulement deux dont « monsieur André » en réalité son adjoint Roger Borniche et une « jolie brune » (en réalité madame Martine Borniche).

Il reconnaît, une nouvelle fois, être arrivé après l'arrestation et être entré au moment où Borniche ajustait les menottes de Buisson :

« L'épilogue de cette longue poursuite et pour cadre « Les Trois Escargots », un minuscule restaurant de Montmartre doté d'un contingent exceptionnellement compact de garçons. Comme d'habitude ils s'affairaient dans un bruit de vaisselle et d'argenterie.
« Des fraises à la crème », commanda un petit homme pâle et tiré à quatre épingles, assis à une table de coin face à la porte.
De sa main gauche, il ajustait nerveusement ses lunettes de soleil, mais sa main droite enfoncée sur la boutonnière centrale de son veston demeurait immobile.
De sa place il avait remarqué l'arrivée d'une conduite intérieure noire Delahaye, et il avait vu deux hommes fort bien habillés et une jolie brune en sortir et pénétrer dans le restaurant.
C'est une bien belle voiture, fit-il observer au garçon pendant que celui-ci disposait devant lui les fraises et la crème. De riches clients, sans doute, ajouta-t-il en saisissant une cuiller de la main gauche.
D'un regard perçant, derrière ses lunettes, il fixait le clip de diamants que la jolie brune portait à l'épaule. Sous son veston, sa main droite demeurait immobile.
Une sonnerie de téléphone retentit dans le fond du restaurant. Le barman répondit et s'adressant à la foule il appela : « on demande monsieur André ».
Un des deux hommes qui étaient descendu de la Delahaye se leva et se dirigea lentement vers la cabine téléphonique.
Passant derrière le petit homme coquet qui avait commencé à manger ses fraises, il saisit brusquement les bras du dîneur stupéfait et les tira à lui.
La cuiller à fraise et un gros revolver noir roulèrent sur le sol.
À ce moment je me frayai un chemin par la porte à tambour et je pénétrai dans le restaurant. « Monsieur André », en réalité mon adjoint Roger Borniche, était en train d'ajuster une paire de menottes aux poignets du petit homme dont le visage s'était renfrogné. […] »

Troisième version : nouvelles précisions[modifier | modifier le code]

En 1969, André Larue, grand reporter de France-Soir spécialisé pendant 10 ans sur les affaires criminelles, mena une grande enquête sur les affaires traitées par le commissaire Charles Chenevier sur lequel il ne tarit pas d'éloges[10]. En ce qui concerne l'arrestation de Buisson il a pu réunir des indications précises sur l'arrestation qu'il relate sobrement[11].

La jolie brune est, désormais, devenue la « fiancée » de Roger Borniche. On y relate comment l'inspecteur Borniche[12] est intervenu auprès d'un indic (Freddy) pour servir d'intermédiaire et localiser Buisson.

On y découvre que, ce qui avait été passé sous silence par toutes les versions, officielle comme officieuse : Charles Chenevier est intervenu auprès d'un aubergiste près d'Évreux pour héberger Émile Buisson.

On y apprend comment la traque de Buisson a été opérée par Borniche et Chenevier.

On y apprend également les raisons pour lesquelles la sûreté nationale a prétendu que l'arrestation était intervenue à Boulogne-sur-Seine : il s'agissait tant d'une mauvaise farce faite au service concurrent (la préfecture de police compétente sur Boulogne) que de ne pas compromettre l'hôtelier qui avait accepté d'héberger Buisson[13].

Sur l'arrestation d'Émile Buisson, on apprend que contrairement aux déclarations officielles de juin 1950, l'inspecteur Hours n'était pas dans le restaurant mais à l'extérieur avec Charles Chenevier et que seuls Roger Borniche et sa « compagne »[14] étaient d'abord entrés dans l'auberge car : « étant le plus jeune, le plus souple et le plus costaud du groupe, c'est lui qui devait ceinturer Buisson de qui il était inconnu ». Le commissaire Gillard les a rejoints par la suite.

Dans cette enquête du journaliste — qui ne peut avoir été réalisée sans interview du commissaire Charles Chenevier, tant les détails (ignorés du grand public) sont précis — on retrouve les grandes lignes décrites, huit ans plus tard, par Roger Borniche dans Flic Story :

« Vers 13 heures, Borniche arrête devant l'hôtel la Delahaye qu'il a louée pour la circonstance. Il entre dans l'établissement au bras de sa compagne. C'est lui – il est le plus jeune, le plus souple et le plus costaud du groupe – qui doit ceinturer Buisson de qui il est inconnu.
Le commissaire Gillard pénètre à son tour dans la salle et s'installe à une table. Chenevier et Hours sont dans le jardin : Borniche s'accoude au zinc. Par la porte ouverte, il aperçoit Buisson, qu'il reconnaît aussitôt, attablé dans la cuisine. Ce n'était pas prévu.
L'inspecteur s'assied à sa table. Sa compagne feignant de se remaquiller, surveille Buisson dans son poudrier. Borniche cherche comment l'atteindre sans éveiller ses soupçons. Il a un éclair. Le téléphone est installé dans la cuisine. Il se lève et le plus naturellement du monde demande bien haut à téléphoner. La serveuse lui désigne le poste dans la cuisine. Il se dirige vers le combiné et demande un numéro à Deauville.
Buisson le regarde, l'écoute. Borniche lui sourit en dévidant son boniment.
— Allo ! Ici le docteur André. Je suis sur la route mais je serai en retard. Ne m'attendez pas pour les visites.
Pour qui connaît Borniche, il n'a rien pourtant d'un médecin mais Buisson ne se méfie pas.
C'est ma clinique, dit l'inspecteur à la patronne en raccrochant.
Il se dirige vers la salle et au moment où il passe derrière lui, il saute sur lui, le cloue sur la chaise, lui fait une clef au bras et immobilise le gangster qui bafouille :
— Mais qu'est-ce que vous me voulez ?
— Tu es fait Mimile, lui dit Borniche. Ne bouge surtout pas sans ça c'est ta fête.
Et c'est la compagne du policier, qui a suivi toute la scène, les tirant de son sac à main, passe les menottes à Buisson. Après quoi elle sort un sifflet de sa poche et lance trois coups brefs. Les autres policiers accourent.
— Ah c'est encore vous, dit le gangster à Chenevier qu'il a reconnu immédiatement. Payez moi une fine.
Et les policiers finissent de déjeuner. Il y a des fraises au dessert.
C'est moi qui les ai cueillies, leur confie Mimile.
L'ennemi public n° 1 était tombé comme un vulgaire voleurs de poules. »

— Borniche 1973.

Les faits résumés[modifier | modifier le code]

Émile Buisson était donc hébergé en Normandie, dans une auberge près d'Évreux. L'arrestation est décidée mais s'avère délicate en raison du caractère particulièrement dangereux de l'ennemi public no 1. Charles Chenevier ne peut intervenir directement puisque Buisson le connaît. C'est Roger Borniche, son adjoint, qui sera chargé de l'opération. Il se rendra, dans une voiture de luxe, prêtée par un ami avocat, dans l'auberge, accompagnée de son épouse, Martine, et d'un ami (en fait le commissaire Gillard) pour déjeuner. Les deux policiers resteront le dos à Buisson pour ne pas attirer sa méfiance, pendant que madame Borniche décrira tous les faits et gestes de Buisson qui se trouve à l'office. À un moment donné celui-ci a disparu, au désespoir des policiers… il était simplement parti dans le jardin cueillir les fraises, commandés par les trois compères. Puis Borniche se lève et demande à téléphoner, ayant repéré que le combiné se trouve à l'office où se tient Buisson. Il se fait passer pour un médecin qui appelle sa clinique. C'est en revenant de téléphoner que Roger Borniche saute sur Buisson et le ceinture. Son épouse, qui gardait les menottes dans son sac à main, arrive et lui passe les menottes, puis donne le signal convenu en sifflant pour appeler les policiers (Chenevier et Hours) qui attendent à l'extérieur et qui arrivent arme au poing.

En voyant des hommes armés entrer dans l'auberge, les paysans, alertés par des automobilistes qui passaient sur la RN 13, croyant à un hold-up se ruent, armés de fourches, pour prêter main forte à l'aubergiste.

Finalement le quiproquo sera vite dissipé les policiers s'étant présentés.

Un haut fonctionnaire de la police américaine, en vacances dans la région et déjeunant dans l'auberge, assista à toute l'opération et, détail sordide, fit signer des autographes à tous les participants, y compris Buisson.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon les versions « Marlyse », en réalité Martine, est tantôt inexistante (version officielle) tantôt présentée comme une jolie brune accompagnant Roger Borniche (version Chenevier 1957) tantôt la fiancée ou encore la compagne de Roger Borniche (enquête journalistique de 1969) tantôt la maîtresse de l'inspecteur Borniche (version Flic Story). En réalité « Martine » dite « Marlyse » était madame Martine Borniche, épouse du policier depuis 1941 et elle était chargée de donner le change et de surveiller les gestes de Buisson les deux policiers lui tournant le dos pour ne pas éveiller sa méfiance.
  2. orthographié avec deux « n » dans l'article.
  3. Le « restaurant de la mère Odue » est une auberge qui existe toujours (en 2012) et dont les murs datent d'avant la révolution de 1789. Il est situé, actuellement, sur la départementale 613 (D613), ancienne route nationale (RN13), sur le territoire de la commune de Bernienville à 11 km d'Évreux.
  4. Le Dernier Mandrin de Jean-Baptiste Buisson chez Grasset 1977 : « Ce que Jean-Baptise reproche à l' ? Pas d'avoir fait son métier de poulet, le jeu accepté, toujours, mais d'avoir exploité fric-storieusement la chute d'un ange rebelle nommé Mimile ». On peut logiquement comprendre la rancœur de Jean-Baptiste Buisson à l'égard de Roger Borniche et du succès en librairie et au cinéma de Flic Story qui retrace l'arrestation ayant conduit son frère à la guillotine.
  5. Le commissaire Chenevier y est désigné sous le nom de « Vieuchêne » (cf. Borniche 1973.
  6. Flic Story, un film de Jacques Deray interprété par Alain Delon dans le rôle de Roger Borniche et Jean-Louis Trintignant dans celui d'Émile Buisson.
  7. Georges Moreas, « Roger Borniche, un flic de roman », La PJ de l'après-guerre, sur Police et cetera,‎ 26 janvier 2007 (consulté le 16 mars 2013).
  8. « Borniche est un cas dans la police. Brillant inspecteur de PJ à la sûreté nationale, il n'y est resté que quelques années avant d'être poussé vers la sortie pour une ténébreuse histoire de carambouille. Vrai ou faux ? On peut penser qu'il s'agissait d'une manœuvre destinée à écarter un personnage trop envahissant. Il est sans doute le premier policier (bien avant Broussard, Aimé-Blanc, Devos…) à avoir su « personnaliser » les enquêtes et profiter au mieux de l'influence des médias. Même si dans ses livres il a allégrement pimenté son action (il revendiquait 567 arrestations …!), il subsiste le souvenir d'un flic brillant, aux méthodes marginales et à l'efficacité redoutable. C'est ainsi que des anciens me l'ont décrit. Trop de qualités pour un modeste inspecteur. Ses chefs n'ont pas apprécié. Après avoir quitté la police, en 1956, il a ouvert un cabinet de recherches privées, et il s'est spécialisé dans les fraudes aux assurances. C'est maintenant son fils, Christian, qui en assure la conduite. Borniche a écrit une trentaine de livres. Ses succès littéraires feront également des jaloux. Ainsi René la canne déclarera plus tard : « … ce n'est pas Borniche qui m'a arrêté. » De même, le commissaire Chenevier minimisera le rôle de son collaborateur dans l'arrestation d'Émile Buisson. Dans son livre La grande maison (Presses de la Cité), il le poignarde : « L'inspecteur Borniche s'habille sur mesure et travestit la vérité… N'ayant pu faire carrière dans la police, il a parfaitement réussi dans l'édition. De plumes, il n'a, hélas ! que celles du paon. » Mais Roger Borniche n'a jamais prétendu écrire des documents, ni relater des dossiers. Il s'est contenté de raconter des histoires vraies, mais romancées, rédigées à la première personne du singulier. Un doyen, pour Roger Le Taillanter ou moi-même qui lui avons emboîté le pas. En tout cas, pour Borniche, la gloire est au rendez-vous. Ce premier livre est un succès populaire. Il est adapté au cinéma par Jacques Deray, en 1975, avec Alphonse Boudard pour le scénario et Alain Delon dans le rôle du policier. Roger Borniche s'est retiré aux États-Unis. Son dernier ouvrage (1999) Dossiers très privés, aux Éditions n°1, concerne son métier de détective privé. »

    — Georges Moreas, « Roger Borniche, un flic de roman », La PJ de l'après-guerre, sur Police et cetera,‎ 26 janvier 2007 (consulté le 16 mars 2013).

    Dans ses mémoires, René la Canne reconnaît bien avoir été arrêté par Roger Borniche avec lequel il précise, au surplus, avoir noué des liens pratiquement amicaux (René la Canne 1988).

  9. Charles Chenevier. Interview par Kurt Singer. Mon plus beau crime. 1957..
  10. Entre autres de la page 44 à la page 80 (chapitre VI, VII et VIII) mais également à de nombreuses autres le considérant comme le 1er flic de France (Larue 1969).
  11. Larue 1969.
  12. Larue 1969, p. 72.
  13. Larue 1969, p. 76.
  14. En réalité son épouse puisqu'ils étaient mariés depuis 1941

Bibliographie[modifier | modifier le code]