Émile Berliner

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Émile Berliner
Émile Berliner avec son premier phonographe.
Disque d'Enrico Caruso fabriqué par la Émile Berliner Gramophone Company à Hanovre en 1908.

Émile Berliner, né à Hanovre (Basse-Saxe) le 20 mai 1851 et mort à Washington (district de Columbia) le 3 août 1929, est un ingénieur allemand naturalisé américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Travaillant d’abord comme imprimeur puis comme commis dans un atelier de tissage, il peut dès lors illustrer ses talents d’inventeur en développant une nouvelle machine à tisser. C’est sous l’influence d’un de ses amis que le jeune Émile décide de traverser l’océan Atlantique. Passionné par la science et les nouvelles découvertes, il fréquente assidûment les nombreuses bibliothèques et particulièrement celle du Cooper Institute où il s’adonne particulièrement aux recherches concernant l’électricité et l’acoustique.

C’est en 1876, lors de l’exposition anniversaire du centenaire de la Révolution américaine à Philadelphie, qu’il découvre une invention due à Alexandre Graham Bell qui l’intéresse au plus haut point : le téléphone.

Sa démonstration échoue de peu, car le message qu’il voulait transmettre n’arrive pas clairement à destination. Le problème venant du transmetteur. Émile Berliner décide alors de travailler sur l’invention et reprend ses recherches avec la même passion. Son petit appartement situé dans la capitale se transforme alors en laboratoire d’électricité. Après de nombreuses semaines de recherche (allant même jusqu’à placer un téléphone entre son appartement et celui de sa logeuse), Berliner découvre un nouveau principe. Il développe un bon transmetteur fonctionnant quelle que soit la distance séparant l’émetteur du récepteur. Un brevet est déposé le 4 juin 1877. La « Bell Telephone » contacte immédiatement l’inventeur allemand et lui propose une grosse somme d’argent ainsi qu’un revenu mensuel en échange de l’utilisation de l’invention. Quelques années plus tard, Émile quitte la compagnie et revient s’installer à Washington. Il y achète une maison où il installe son laboratoire d’étude.

Il y invente alors un gramophone et une matrice pour imprimer les disques horizontaux. C’est par ce brevet qu’il deviendra célèbre. Il présente pour la première fois en public ce projet de gramophone au mois de mai 1888 au Franklin Institute de Philadelphie. Il commence alors à fabriquer des disques en quantités importantes. Il enregistre aussi pour de nombreux artistes.

Le gramophone est commercialisé pour la première fois en 1893, par une compagnie fondée par Berliner et quelques amis, sous le nom de United States Gramophone Company.

Deux années se sont écoulées lorsqu’une nouvelle compagnie voit le jour à l’initiative d’importants hommes d’affaires. Ce sont les débuts de la Berliner Gramophone Company. Mais les ventes de gramophones sont peu élevées et la compagnie doit à tout prix moderniser le gramophone. Ce qui est fait la même année. Le système à manivelle est remplacé par un moteur à ressort. Mais peu à peu, l’invention de Berliner va circuler de mains en mains, chacun voulant s’approprier la part la plus importante. Ainsi trois sociétés gèrent l’invention : la Berliner Gramophone Company, qui fabrique le gramophone et le disque horizontal, la United States Gramophone Company, qui gère les droits des brevets, et enfin la Seaman’s National Gramophone, qui s'occupe du marketing et de la publicité.

Le début du XXe siècle est marqué par de nombreux ennuis pour l’inventeur allemand. Seaman essaie de s’approprier les ventes et, par une série de manipulations, il arrive à faire retirer le gramophone des ventes aux États-Unis. Berliner quitte alors les États-Unis et sa ville de Philadelphie pour aller s’installer à Montréal, choix loin d’être anodin puisque les liaisons avec Philadelphie était fréquentes. La société connaît alors une sorte d’apogée, jusqu’à atteindre deux millions de disques vendus durant l’année 1901. À la suite de la Première Guerre mondiale, la société connaît une formidable expansion et l’usine de Berliner constitue l’une des plus modernes de Montréal. En 1924, la Victor Talking Machine rachète la société. Berliner est lauréat de la médaille Franklin en 1929 en récompense de ses travaux dans le domaine de l'enregistrement du son.

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