Émile Basly

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Émile Basly
Image illustrative de l'article Émile Basly
Fonctions
Parlementaire français
Député 1885-1889
puis 1891-1928
Gouvernement IIIe République
Groupe politique SFIO
Biographie
Date de naissance 29 mars 1854
Date de décès 11 février 1928
Résidence Paris
Pas-de-Calais

Émile Basly, né le 29 mars 1854 à Valenciennes et décédé le 11 février 1928 à Lens, est un syndicaliste et homme politique français. L'une des grandes figures du syndicalisme dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, avec Arthur Lamendin, il est passé à la postérité pour avoir inspiré à Émile Zola le personnage d'Étienne Lantier dans Germinal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le député Basly lors de la remontée des victimes de la catastrophe de Courrières.

Émile Basly naît dans une famille modeste de Valenciennes. Orphelin à dix ans, dès l'âge de douze ans il est engagé comme « galibot » (jeune mineur). Anticlérical et révolté contre les conditions de travail indignes, il prend goût pour le militantisme, jusqu'à devenir l'un des chefs de file des revendications au sein de la puissante Compagnie des mines d'Anzin. Il est renvoyé après une grève en 1880. Il tient alors un café, L'Estaminet à Anzin, qui devient le lieu de réunion des mineurs contestataires.

Syndicalisme[modifier | modifier le code]

Il devient secrétaire du syndicat des mineurs d'Anzin à sa création en 1882, à une époque où le syndicalisme n'est pas encadré par la loi, puis président en 1891. Il s'illustre pendant la grande grève des mineurs d'Anzin de 1884 et est surnommé « le Mineur indomptable ». Émile Zola, en repérage pour un roman sur la mine, le rencontre à cette occasion et s'inspire de sa verve pour créer Étienne Lantier dans Germinal. Comme dans le livre, la grève se solde par un échec, mais elle a eu tendance à renforcer l'aura d'Émile Basly.

Benoît Broutchoux, secrétaire de l'Union syndicale des mineurs du Pas-de-calais, en juillet 1908 dénonçait la volonté des Francs maçons pour de s'accaparer le mouvement syndical par en s'emparant de la Confédération générale du travail, Charles Delzant écrivait en 1908 « La Franc-Maçonnerie influence de façon néfaste tous les mouvements syndicaliste du Nord, où elle pèse sur le Parti socialiste et sur les syndicats. Delesalle en est un membre très influent et Desmons est vénérable, c'est dire que le Réveil est aux frères. Dans tous le Nord de la France et le Pas-de-calais, les correspondants du Réveil, quelque peu influents, ont été franc-maçonnisé. Émile Basly et tous ses valets en sont.Émile Basly appartenait à la Loge Union et travail de Lens. »[1]

Député[modifier | modifier le code]

Souhaitant agir au niveau politique national, le syndicaliste se présente aux élections législatives. Il est député de Paris de 1885 à 1889, puis appelé à Lens par Arthur Lamendin, député du Pas-de-Calais sans discontinuer de 1891 à sa mort en 1928, représentant la circonscription de Lens-Liévin.

Maire[modifier | modifier le code]

Il est maire de Lens à partir de 1900 et le resta jusqu'à son décès, y gagnant le surnom de « tsar de Lens ». La Première Guerre mondiale impose une épreuve très dure à sa ville, lieu de combats féroces, de pillages et de sabotages, puis d'une occupation dure qu'il racontera dans un livre. En 1917, il est évacué vers la Belgique. Il fait partie des otages faits par les Allemands. Il revient par Évian-les-bains. De retour dans sa ville, il entreprend la reconstruction de Lens à laquelle il consacre ses dix dernières années.

Hommages[modifier | modifier le code]

De nombreuses voies dans la région où Basly a vécu portent son nom, dont le principal boulevard de Lens.

Basly en chansons[modifier | modifier le code]

Basly apparaît au moins dans deux chansons satiriques de Mac-Nab. En 1886, au cinquième couplet de sa chanson L'Expulsion, et en 1887, au troisième couplet de la célèbre chanson : Le Grand métingue du Métropolitain :

Y avait Basly, l'mineur indomptable,
Camélinat, l'orgueille[2] du pays...
Ils sont grimpés tous deux sur une table,
Pour mettre la question sur le tapis.

En 1891, Basly apparaît dans La Nouvelle Marseillaise des mineurs, hymne revendicatif écrit par le mineur Séraphin Cordier.

Son refrain est :

Courage, les mineurs ;
Espoirs, séchons nos pleurs ;
Basly, Basly nous défendra,
Basly nous vengera.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. la soluce Communisme, Communisme et complotisme,‎ 2010, 232 p. (ISBN 9782810620838, lire en ligne).
  2. Les interprètes de la chanson déforment traditionnellement ce mot pour faire peuple et le prononcent : « l'orgué-yeu »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le martyre de Lens, trois années de captivité, Plon, 1918, 282 p.
  • Bernard Ghienne, « De la pré-histoire du député-maire de Lens : lettres inédites d'Émile Basly au député valenciennois Alfred Girard », in Gauheria no 32, p. 153-170, novembre 1994
  • Bernard Ghienne, « Correspondance inédite d'Émile Basly, alors évacué en Belgique (avril-juin 1917) », in Gauheria no 67, p. 81-86, novembre 2008
  • Yves Le Maner, " Un pionnier du syndicalisme réformiste : Émile Basly (1854-1928), le tsar de Lens ", in Gauheria no 25, p. 36-50, juin 1992.
  • Léon Tacquet, « Dans la fournaise de Lens », journal d'un notaire lensois , 1915-1917, publié par Bernard Ghienne et Alain Jacques, "Dossier de Gauheria", no 7, 2004