Émile-Justin Menier

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Émile-Justin Menier

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Buste d'Émile-Justin Menier par Carrier-Belleuse

Naissance 16 mai 1826
Paris (France)
Décès 16 mars 1881 (à 54 ans)
Noisiel, Seine-et-Marne (France)
Nationalité Française
Pays de résidence France
Diplôme
Profession
Distinctions
Ascendants
Antoine Brutus Menier et Marie Edmée Virginie Pichon
Conjoint
Claire Henriette Clémence Gérard (1828-1895)
Descendants
Claire (1851-1863), Henri (1853-1913), Gaston (1855-1934), Albert (1858-1899), Raoul (1867-1880)
Famille
Chapelle au Père-Lachaise.

Émile-Justin Menier, né le 16 mai 1826 à Paris et mort le 16 mars 1881 à l'âge de 54 ans, est un industriel français, membre de la famille de chocolatiers Menier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'Antoine Brutus Menier, fondateur de la chocolaterie Menier. Après des études de pharmacie, il se forme sur le terrain dans les différentes usines possédées par la famille. Il grandit à l'époque où l'industrie européenne du cacao multiplie les innovations techniques et commerciales : chocolat en poudre puis en plaquettes. Après la mort de son père, il a fait passer la production de son usine de 400 tonnes en 1853 à 2400 tonnes en 1862. Menier emploie 325 ouvriers à Noisiel, avec un barrage sur la Marne et un système de réfrigération à gaz liquéfié[1].

Le jeune patron voyage beaucoup, en particulier en Amérique centrale, pour visiter puis acheter des plantations de cacao, à une époque où l'histoire de la culture du cacao est encore marquée par une production insuffisante de la matière première. En 1862, il achète 1500 hectares au Nicaragua, où il fait ensuite défricher 6000 hectares en 1865, à une quinzaine de kilomètres du bord du Lac Nicaragua[1], où 25000 plants[2] sont irrigués par un réseau de canaux, sur un site qui tente de concurrencer le projet du Canal de Panama, et desservis par un Brick de 154 tonneaux baptisé "Noisiel", construit par l'armateur Crouant de Nantes[2]. Malgré un coût de réalisation bien supérieur à celui du Nicaragua (un milliard de francs au lieu de 700 millions pour l'étude initiale)[2],

Le projet coût supérieur de 47% de plus que celui du Nicaragua, et la possibilité de développer les plantations de cacao d'Émile-Justin Menier face à une forte demande mondiale, c'est le projet à Panama de Ferdinand de Lesseps, qui fut adopté en 1879. Plus cher, ce dernier tournera à la faillite puis au scandale.

Ayant une vision sociale de ses activités industrielles, Émile s'investit dans la vie intellectuelle et politique. Il est l'auteur de plusieurs livres économiques (L'impôt sur le capital en 1872, La Reforme fiscale en 1872 ou L'Avenir économique 1878) et il devient maire de Noisiel en 1871 et député en 1876, mandats qu'il conservera jusqu'à sa mort.

Il mettra en œuvre une partie de ses convictions politiques en créant à Noisiel une cité ouvrière ou en ouvrant, avant la loi Ferry, une école laïque, gratuite et obligatoire pour les enfants des ouvriers de son usine.

À sa mort en 1881, ses fils Henri et Gaston reprennent l'affaire familiale mais également les engagements politiques de leur père (mairie de Noisiel, assemblée nationale…).

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (67e division)[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Histoire de l'Europe
  2. a, b et c La "Finca Menier" au Nicaragua, par Alain Lateb [1]
  3. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 545

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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