Émergence de la Russie comme superpuissance

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La Fédération de Russie a souvent été décrite comme une potentielle future superpuissance émergente au XXIe siècle[1], souvent aux côtés des États-Unis et de la République populaire de Chine.

L'Union soviétique, une ancienne superpuissance[modifier | modifier le code]

La Russie auparavant faisait déjà partie d'une superpuissance passée, l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), mais qui s'est effondrée à la fin du XXe siècle, laissant derrière elle quinze pays indépendants. Pendant une quarantaine d'années, l'URSS et les États-Unis dominaient le monde, dans une période de Guerre froide, où les deux pays s'affrontaient par diverses crises et guerres indirectes. La Fédération de Russie est le plus gros pays issu de l'URSS, avec environ les trois quarts du territoire, plus de la moitié de la population et une très grande partie de l'économie de l'URSS. Elle est notamment l'héritière de tout son arsenal nucléaire et du siège permanent au Conseil de Sécurité des Nations unies[2],[3],[4],[5].

L'héritage laissé par l'URSS en Russie[modifier | modifier le code]

Effondrement[modifier | modifier le code]

Lorsque la Russie devient indépendante en 1991, elle doit faire face à plusieurs problèmes, comme le chômage inexistant sous l'URSS, mais montant très rapidement dans les premières années d'indépendance, les inégalités grandissant rapidement, la corruption, la mafia, les problèmes de santé tels que l'alcoolisme, et la mortalité prenant le pas sur la natalité. Économiquement également, elle doit rembourser les dettes de l'URSS, et n'arrive plus à gérer ses dépenses, ce qui conduit à un krach financier dans le pays en 1998.

Fin de de la crise russe[modifier | modifier le code]

Lors de l'arrivée de Vladimir Poutine en 2000 au pouvoir, la politique de l'État russe change radicalement face à celle appliquée par Boris Eltsine, notamment le retour d'un État fort, avec une plus forte stabilité politique, un plus fort contrôle étatique dans l'économie, le retour de la croissance russe, une meilleure utilisation des ressources premières du pays, qui sont pratiquement illimités et vitales pour l'économie du pays. Poutine réorganise également la sphère d'influence russe perdue dans les années 1990, lorsque Eltsine collaborait beaucoup plus avec les Occidentaux.

Une superpuissance d'avenir[modifier | modifier le code]

Atouts[modifier | modifier le code]

Certains analystes voient la politique appliquée par Vladimir Poutine comme une tentative de la Russie de revenir à son statut de superpuissance[6]. Selon l'économiste Steven Rosefielde de l'Université Chapel Hill de Caroline du Nord, la Russie a l'intention de « refaire surface en tant que superpuissance à part entière », et « contrairement aux idées reçues, cet objectif est facilement à la portée du Kremlin, mais le coût pour le peuple russe et la sécurité mondiale serait immense ». Rosefielde fait valoir en outre que la Russie « a une armée et un complexe industriel presque intacts... et que sa richesse au niveau des matières premières permettraient de réveiller la superpuissance endormie » et que « certaines contraintes n'empêcheront pas son retour » [7].

L'analyste militaire Alexandre Golts du St. Petersburg Times pense quant à lui que les confrontations de Poutine avec les États-Unis sur les questions nucléaires ont également pour but de faire regagner à la Russie son statut de superpuissance[8]. Il ajoute également que la politique étrangère de la Russie envers les pays limitrophes a pour but de rétablir son influence à l'entour. Mike Ritchie, un autre analyste dit aussi que « la Russie a toujours été une superpuissance qui a utilisé son énergie pour gagner des amis et son influence parmi ses anciens satellites soviétiques. Rien n'a vraiment changé. Ils sont dans le jeu, ils ont plusieurs alliés proches. » [9]. La Russie est également avancée dans le domaine spatial, et fut le premier pays à lancer un satellite, et un homme dans l'espace, durant la course à l'espace. C'est également un très vaste pays géographiquement, le plus grand du monde, avec près de 17 500 000 km2 de surface. Le pays dispose également d'une large culture, reconnue mondialement notamment pour sa littérature (Dostoïevski, Tolstoï, Tchekhov, Soljenitsyne), sa musique (Tchaïkovski, Stravinski, Chostakovitch), sa danse (Théâtre Bolchoï) ou encore son cinéma (Eisenstein, Tarkovski).

Désavantages[modifier | modifier le code]

Selon d'autres analyses, l'économie de la Russie reste défaillante avec une exportation basée principalement sur les matières premières et sur l'industrie de l'armement. Celle-ci est en 2012 au 9e rang mondial avec un produit national brut nominal estimé par le fonds monétaire international à 1 954 milliards de dollars américains (entre l'Italie et l'Inde)[10] tandis le problème de la diminution de la population n'est pas totalement réglé ou des réformes très importante vont-être mis en application, malgré un accroissement de la population en 2009[11]. Ils affirment également que si la Russie veut revenir à jouer un rôle international fort, il sera nécessaire de passer par une série de réformes internes profondes, notamment une meilleure transparence économique. Le gouvernement pourrait être sauvé par une hausse du prix du gaz, mais ces analystes se demandent si cela durera longtemps[12]. De plus, la corruption dans le pays équivaut à la moitié du PIB russe, plaçant la Russie parmi les pays les plus corrompus du monde, à la 146e place sur 180 en 2010[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]