Émaux de Briare

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Émaux de Briare

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logo de l'entreprise

Création 1837
Dates clés rachats : en 1851 par Jean-Félix Bapterosses ; en 1963 à 54 % par Société générale de fonderie ; en 1996 par Les jolies céramiques sans kaolin
Personnages clés Jean-Félix Bapterosses, Alfred Loreau
Forme juridique Société par actions simplifiée[1]
Slogan CONCORDIA CRESCENT, puis MVNDVM ORNO
Siège social Drapeau de France Briare (France)
Direction Jean-Claude Kergoat[1]
Activité fabrication de carreaux en céramique / NACE 2331
Produits mosaïque
Société mère Les jolies céramiques sans kaolin
Sociétés sœurs Céramiques Carré ; Capron ; Aurum Ceramics ; Cérafrance
Effectif 94 (2009)[2]
Site web www.emauxdebriare.com
Capitalisation retirée de la cote
Fonds propres capital social 2,8 millions d'euros
Chiffre d’affaires non publié
Résultat net non publié

Les Émaux de Briare est une manufacture française de mosaïque basée à Briare dans le département du Loiret et la région Centre. Elle est issue du rachat de la faïencerie de Briare, créée en 1837, par Bapterosses et Cie, une société spécialisée dans la fabrique de boutons de porcelaine fondée à Paris en 1845.

La société développe une stratégie internationale dès 1851 sur l'Europe puis ultérieurement, avec l'apparition des perles, en 1864[H 1] vers l'Afrique, l'Australie et les Amériques. Elle se spécialisera progressivement à partir du XXe siècle dans les mosaïques.

Cette manufacture est désormais filiale de la société parisienne Les jolies céramiques sans kaolin[3] au même titre que ses sociétés sœurs Faïencerie de Lunéville-Saint-Clément, faïencerie de Niderviller, Céramiques Carré, Capron, Aurum Ceramics et Cérafrance[4].

Géographie[modifier | modifier le code]

La manufacture des Émaux de Briare est située à Briare, dans le département du Loiret et la région Centre[5].

La direction commerciale est implantée dans le 10e arrondissement de Paris[5] depuis 1878, dans un immeuble situé au 50 rue d'Hauteville servant aussi pour la Faïencerie de Gien et par la suite pour la Compagnie industrielle du jouet (CIJ), devenues successivement filiales de la société[6].

Le groupe possède deux boutiques à Paris, l'une dans le 7e arrondissement, l'autre dans le 10e arrondissement, ainsi qu'une filiale à Bay Shore dans l'État de New York aux États-Unis[5].

Le musée de la mosaïque et des émaux de la manufacture est installé à Briare sur le site de l'usine[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Un double départ[modifier | modifier le code]

L'histoire de la manufacture de Briare telle que nous la connaissons aujourd'hui est le résultat de la fusion de deux histoires anciennes de créateurs dans la domaine de la céramique.

La manufacture de faïence lithocérame à Briare[modifier | modifier le code]
Faïence Lithocérame de Briare vers 1840

Une manufacture de faïence fine dite lithocérame -terme imaginé par Alexandre Brongniart alors directeur de la manufacture nationale de Sèvres pour caractériser l'invention ci-dessous décrite- est créée à Briare en 1837[7] par « Brisset, Azambre & Cie » sur des terrains rachetés aux propriétaires du canal de Briare. Elle est basée sur les travaux réalisés par un élève d'Antoine-François Fourcroy et de Louis-Nicolas Vauquelin qui recherchait un matériau intermédiaire entre la porcelaine et la poterie, tant en termes de prix de revient que de finesse d'aspect[8].

L'usine est moderne car dotée de fours à houille[G 1], puis équipée d'une machine à vapeur dès 1843, soit dix ans avant la Faïencerie de Gien[9],[E 1]. Elle utilise aussi des matière premières spéciales, dont des argiles à "fer oligiste"[10].

Cette société en commandite sera une des premières manufactures à être cotée, dès 1838, à la bourse de Paris[11] au milieu d'une petite dizaine d'autres, dont celle de Saint-Gobain ou encore de la Manufacture des Gobelins[12].

Il est à noter que, selon le Tardy, cette fabrication de faïence est semblable à celle du Beauvaisis à l'exception du fait qu'elle ne nécessite que quatre jours de cuisson au lieu de huit et que l'émail est confectionné avec du laitier de fer. Ce procédé semble avoir perduré au moins jusqu'en 1876[13].

La manufacture de boutons dits de porcelaine à Paris[modifier | modifier le code]
Boutons d'émail de Briare vers 1850

Parallèlement, en 1843, à la suite d'un voyage en Angleterre, Jean-Félix Bapterosses découvre la nouvelle technique de production locale de boutons selon le procédé de pressage à sec breveté par Richard Prosser le 17 juin 1840[F 1]. La production démarre dès le mois d'août à l'usine Mintons Ltd à Stoke-on-Trent, célèbre faïencier du Staffordshire, qui s'est associée à Prosser[F 2]. Si Bapterosses perçoit l'intérêt de cette méthode, il voit aussi sa faiblesse, car outre-manche, les boutons sont alors frappés à l'unité, notamment du fait de la faible plasticité des poudres sèches employées. Il en tire l'idée d'une machine permettant de frapper 500 boutons simultanément[14],[15] en 1844, grâce entre autres à son ingéniosité mécanique et à une pâte rendue plus plastique par adjonction de lait (qui contient de la caséine)[16]. Cela lui permet d'obtenir une première médaille d'or à l'exposition nationale de Paris de 1844[17], précurseur des expositions universelles. L'invention de ce procédé performant met, en quelques années, un terme à la fabrication anglaise de boutons[18],[19].

Bapterosses fonde sa première usine en juillet 1845 à Belleville (village rattaché à Paris en 1860) d'où sortent les premiers boutons industriels, dits « boutons agates »[20].

En 1846, il transfère sa manufacture de Belleville dans des locaux plus spacieux aux 27 et 29 de la rue de la Muette à Paris. En mai 1847, il dépose un nouveau brevet pour un four à moufle chauffé à la houille, permettant de réduire le temps de cuisson des boutons à 15 minutes tout en permettant une surveillance constante. Il trouve un feldspath particulier qui permet de donner un aspect plus lustré à ces boutons[21].

Entre 1848 et 1849, il développe ses gammes de couleurs grâce à l'utilisation d'oxydes métalliques [22] et perfectionne sa fabrication de boutons[23]. Le succès venant les contre-façons apparaissent. Jean-Félix Bapterosses intente un procès à la société Lebeuf, Milliet & Cie qui venait de prendre le contrôle des usines de faïence de Creil-Montereau. Ceux-ci sont condamnés grâce notamment à la plaidoirie d'Adolphe Billault et ce malgré la défense pour la partie adverse de l'avocat Jean-Baptiste Duvergier[24] - futur ministre de la Justice.

En 1850, alors qu'il est à la recherche d'un emplacement pour agrandir son usine -il y employait en 1850 environ 700 personnes [25]-, il tombe en panne de diligence à Briare. Il y repère alors l'usine de faïencerie fine en difficulté financière et mise aux enchères de ce fait. Elle est rachetée en 1851, avec le procédé de fabrication, par Jean-Félix Bapterosses qui, échaudé par les évènements politiques de 1848 -il était l'employeur de l'ouvrier Albert- et ayant besoin d'espace pour accroître sa production, transfère sa production de Paris à Briare[7].

Le développement sur le site de Briare[modifier | modifier le code]

Les nouveaux locaux offrent plusieurs avantages : leur importante superficie, leurs équipements modernes (fours à houille, pompe à eau...), leur situation géographique à seulement 150 km de Paris sur la route nationale 7 et à proximité du canal de Briare. Le débouché sur le canal et la Loire (navigable à l'époque) par une "lancière" est idéale pour l'approvisionnement en matières premières (terres du Limousin et houilles de Commentry) mais aussi feldspath de Norvège[B 1]. La surface occupée par l'usine passe en quelques années de 3 à 10 hectares[26]. Des fours plus modernes sont rapidement construits[27]. L'usine est marquante avec ses immenses halls et ses cheminées alignées donnant l'impression « d'une gigantesque usine à fer »[28]. L'entreprise produit alors 1 400 000 boutons par jour et emploie 550 personnes.

La ferme de Rivotte située à proximité de l'usine est rachetée afin de fournir le lait nécessaire à la neutralisation de l'excès d'acide au cours de la fabrication de la pâte pour les émaux[23],[B 1].

Parallèlement, Bapterosses est membre de la commission d'enquête sur le tracé de la ligne de chemin de fer reliant Auxerre à Gien[29]. Il favorise le passage de la voie de chemin de fer à Briare en influençant la société des chemins de fer Paris-Orléans. Le tronçon reliant Montargis à Nevers via Briare s'intégrant dans l'actuelle ligne de Moret - Veneux-les-Sablons à Lyon-Perrache est ouvert en septembre 1861.

Perles nacrées en Émaux de Briare, vers 1865

La production de boutons à queue métallique - notamment pour les bottines - débute en 1860 grâce à l'invention d'une machine mécanique pour former les tiges en laiton[30] et celle des perles en 1864[23]. L'usine produit alors 800 000 boutons à queue par jour[B 2].

Vers 1865, l'entreprise emploie environ 700 personnes, principalement des femmes et des enfants[B 3],[31]. Pour faire face à son besoin toujours croissant d'espace elle ouvre une annexe au sein de la faïencerie de Gien dont Jean-Félix Bapterosses est devenu l'actionnaire de référence en 1866[E 2].

En 1876, des cités ouvrières avec jardins sont construites pour y loger 186 familles ouvrières - représentant environ 800 personnes - dotées d'un grand confort pour l'époque (bien aérées, eau, gaz) et relativement spacieuses puisque comprenant trois pièces -une pour les parents, une pour les garçons et une pour les filles- [32]. Elles ne seront finalement détruites que cent ans plus tard[H 2]. Des écoles sont bâties au sein même de l'usine[23].

Briare devient « la cité des perles » ; sa population passe de 3 477 en 1851, date du rachat de l'usine, à 5 590 habitants en 1881[33]. Selon Alfred Loreau, son dirigeant, compte tenu des travaux d'encartage distribués dans les communes alentour, la manufacture emploie les services de 9 000 à 10 000 salariés à son pic[34]. À cette époque environ 10 000 tonnes de charbon et 500 m3 de bois sont consommés par an, ainsi que de masses considérables de matières premières : 2 000 tonnes de feldspath principalement et 500 tonnes d'oxydes métalliques et autres matières colorantes qui permettront d'exporter entre autres 500 tonnes de perles et 1 000 tonnes de boutons[35]. La revue La Nature écrit que dans les années 1880, l'usine produisait 6 tonnes par jour de boutons ou de perles. Les perles fabriquées par l'usine, d'abord utilisées pour les colliers, vont accompagner le mouvement de colonisation et de conquêtes en Afrique notamment avec Pierre Savorgnan de Brazza[36], en Amérique latine et du Nord (la conquête des terres indiennes). Elles deviennent même une monnaie d'échange des colonies françaises en Afrique notamment jusqu'en 1944 au Tchad[37].

Gravure de Laurent Victor Rose / manufacture de Briare (1875)

En 1882, l'usine commence la fabrication de la mosaïque en émaux. Celle-ci reste longtemps une activité annexe de l'entreprise, production réservée uniquement aux artistes et décorateurs[38].

Après s'être rodée à Paris en 1849 dans l'Exposition de la Seconde République, où elle obtient une médaille d'or, la société s'ouvre aux marchés internationaux en participant à un grand nombre de concours et d'expositions universelles en France et à l'étranger dans la seconde moitié du XIXe siècle. Elle y collectionne les prix et distinctions : Londres en 1851, « prize medal » ; Médaille d'or de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale en 1853 ; Paris en 1855, médaille d'honneur ; Londres de nouveau en 1862 « prize medal » ; New York en 1853, médaille ; Porto en 1865, médaille "gloria victoribus" ; Paris en 1867, médaille d'or et en 1878 Grand Prix ; Vienne en 1873, médaille: ce sont particulièrement les perles avec un lustre nacré qui y retiennent l'attention des experts (Brianchon) et des concurrents qui cherchent désespérément à imiter cette nouveauté [39], Philadelphie en 1876, « certificate of award » ; Sydney en 1879 ; Melbourne en 1880; Amsterdam en 1883, médaille; Anvers en 1885, médaille d'or ; Chicago en 1893; Paris en 1889 « Grand Prix »; Lyon en 1894.


Grands prix décernés à Bapterosses & Cie (1849-1889)

De ce fait et pour accompagner son succès, l'entreprise dépose sa marque et protège ses brevets dès le XIXe siècle dans des pays comme l'Angleterre en 1857, l'Espagne, le Japon, l'Allemagne, l'Australie, l'Empire austro-hongrois, la Russie ou les États-Unis dès 1858[F 3],[40].

Certificat de récompense de l'exposition universelle de Philadelphie de 1876

L'essor de l'entreprise permet au fondateur, puis à ses descendants et alliés, dont ses gendres Paul Yver et Alfred Loreau de financer la construction de plusieurs édifices de la commune : l'église Saint-Étienne de Briare (1890), l'hôpital Saint-Jean, la maison de retraite, les écoles Sainte-Anne et Saint-Jean et le stade vélodrome (maintenant Yver-Bapterosses)[41].

Dépôt de marque "FB" / Félix Bapterosses au Japon (1890)

Jean-Félix Bapterosses meurt en 1885[42], époque à laquelle les effectifs dépassent 1 300 salariés, sans compter les milliers de personnes travaillant à l'encartage à domicile[43].

L'accès aux ports maritimes pour expédier les produits finis et recevoir les matières premières y compris de l'étranger est encore facilité par la réalisation du pont-canal de Briare en 1896, vivement soutenu par la manufacture.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

À la Belle Époque, avec l'arrivée du mouvement artistique « Art nouveau », la mode est aux formes arrondies et à la couleur. Les Émaux de Briare répondent à la volonté de colorer les façades et les entrées d'immeubles. L'artiste Eugène Grasset, l'un des symboles de ce courant en France, participe notamment à la confection des décors en émaux de la façade de l'église Saint-Étienne de Briare[44]. Il réalise par ailleurs de multiples fresques en mosaïque taillée en Émaux de Briare, certaines d'entre elles sont exposées au musée des émaux. De nombreux autres mosaïstes célèbres utilisent les Émaux de Briare, on peut notamment citer : Giandomenico Facchina (Basilique Notre-Dame-du-Rosaire de Lourdes en 1889)[45], Henri Bichi (brasserie Mollard en 1895)[46], Pietro Favret (Église Saint-Pierre de Nevers en 1924) ou Isidore Odorico (Maison bleue (Angers) en 1929)[47] tandis que d'autres fournissent des cartons pour les réaliser : Félix Gaudin, Luc-Olivier Merson [48], Louis-Maurice Boutet de Monvel, Jules Lenepveu dont des portraits en mosaïque ornent la façade du palais des beaux-arts de Rio de Janeiro.

Ouvrières de la manufacture des Émaux de Briare vers 1900

Parallèlement, la manufacture prend l'initiative de créer un syndicat des fabricants des perles & boutons au niveau européen pour défendre ses prix de vente. Elle organise à ce propos un congrès en 1907 réunissant les principaux fabricants italiens, autrichiens, allemands... [49].

Durant les années folles, la mosaïque devient un matériau prisé par les architectes, et le succès se poursuit. Dans la foulée du mouvement « Art déco » qui succède à l'Art nouveau, les architectes et décorateurs s'intéressent aux émaux de Briare qui vont par exemple être employés dans les travaux de Pierre Chareau[50], Robert Mallet-Stevens[51] ou encore les lauréats du grand prix de Rome Michel Roux-Spitz, Marc Brillaud de Laujardière et Georges Feray[52].

Dans les années 1950, l'activité de fabrication de perles et surtout de boutons est en perte de vitesse, du fait de l'arrivée du plastique sur le marché : en effet, les machines à laver le linge automatiques qui se répandent cassent les boutons. La marque ne parvient pas à maintenir sa production. De ce fait, elle se concentre sur la mosaïque et devient l'un des leaders de la céramique de revêtement française.

En 1962, alors que l'entreprise « société Bapterosses et Cie » avait été transmise par voie héréditaire depuis sa création, elle est cédée au groupe Société générale de fonderie (SGF) et devient « Manufacture de Briare SA » puis « SA Émaux de Briare » ; elle devient cotée à la bourse de Paris. La SGF investit 150 millions de francs pour moderniser l'outil[I 1]. À la suite de cet effort et grâce à la renommée grandissante de la marque, la direction crée en 1965 le service de décoration sous la direction de Norbert Seroussi, ancien des Arts Décoratifs[I 2] qui va faire grandement évoluer le produit et notamment lancer la gamme « Gemmes ». La société peut alors se lancer dans de grands projets comme la décoration de stations des métropolitains de Paris, Bruxelles et Montréal ou des aérogares de Paris-Charles-de-Gaulle, de Paris-Orly ou de Caracas au Venezuela. À la même époque, les Émaux de Briare ouvrent des filiales au Design Center de New York[53], et à Bruxelles[I 1] et peu après en Allemagne à Düsseldorf, Munich et Stuttgart[54] avec une boutique à Cologne[55] et en Suisse à Genève et Zurich[56]. Cette politique d'internationalisation culmine avec l'attribution de la mention d'excellence par le Nouvel Économiste dans son concours « Oscar de l'exportation » en 1977[57].

Parallèlement, la société ouvre une série de showrooms en France à Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Paris et Strasbourg[H 3],[58].

L'entreprise travaille toujours avec des artistes renommés, notamment ceux du mouvement d'art cinétique Op Art tels que Yaacov Agam, Carlos Cruz-Díez et Victor Vasarely[59] dont certaines œuvres sont aujourd'hui exposées au musée de la mosaïque et des émaux.

En 1996, la société Les jolies céramiques sans kaolin rachète les Émaux de Briare[60].

Les émaux de Briare ont été souvent récompensés notamment par le label Beauté Industrie décerné par l’institut français d'esthétique industrielle (renommé depuis Institut Français du Design)[J 1], une médaille d'argent décernée à l'occasion du dixième anniversaire de Batimat pour sa série Caractère[J 2], par l’American Society of Interior Designers (ASID) et l'Institute of Business Design (IBD) en association avec Contract Magazine aux États-Unis pour la collection module 42[J 3] et par un Janus de l'industrie pour sa collection Marienbad en France.

Données économiques[modifier | modifier le code]

La société EMO - émaux et mosaiques est une société par actions simplifiée au capital de 2 844 988 €. L'entreprise employait 94 personnes en 2009[2].

Procédés de fabrication[modifier | modifier le code]

Le procédé de fabrication de la mosaïque se déroule en trois phases : la fabrication de la pâte d'émail appelée fritte ; le pressage en éléments et la cuisson ; le tri, le collage et l'emballage.

La calcine est constituée de sable, de roches cristallines et de fondant. Ce mélange est chauffé à haute température dans les fours d'origine, puis déversé dans de l'eau froide. La réaction thermique produit la calcine qui sert de base à l'émail. Pour créer la calcine colorée, des oxydes métalliques colorants sont incorporés au moment de la fusion.

Ce procédé de fabrication donne des propriétés telles que l'inaltérabilité, l'insensibilité aux acides usuels, aux bases et aux fortes variations de température.

La cuisson est aujourd'hui encore réalisée pour partie dans les fours conçus et fabriqués par le fondateur de la marque.

Les émaux sont vendus assemblés sur une trame en fibre de verre permettant ainsi de coller la mosaïque par plaque de 12 ou 13 pierres de côté.

L'usine conserve et répertorie chaque couleur créée depuis le début du XXe siècle.

Production et produits[modifier | modifier le code]

  • De 1837 à 1876 : faïence dite Lithocérame
  • De 1845 à 1960 : boutons de porcelaine puis de plastique à partir de 1955
  • De 1864 à 1977 : perles[61],[62]
  • De 1882 à aujourd'hui : mosaïques.

Alors que la production de boutons de porcelaine a révolutionné cette industrie en son temps, l'introduction d'un nouveau concept en 1882, les émaux dimensionnés bouleverse le monde de la mosaïque. L'idée est d'offrir au mosaïste des tesselles de formes variées, d'un format inférieur à 1 cm2, qui le dispense de devoir se servir de la marteline. Cela abaisse considérablement le coût d'une mosaïque et favorise grandement son essor avec le mouvement artistique Art Nouveau.

Pendant les années art déco, la taille des carreaux, toujours brillants, grossit à 12 mm puis à 15 mm, facilitant leur mise en œuvre.

En 1950, la société introduit des produits plus spécifiquement tourné vers le secteur du bâtiment avec la gamme Sialex (2 cm de côté), émaux semi-mats pouvant être installés y compris sur des sols « grand trafic ».

En 1968, la société invente le procédé connu sous le nom de gemmage, un émaillage à sec donnant un aspect peau d'orange aux carreaux. Elle lance simultanément de nouveaux formats, inconnus pour certains jusque là dans le monde du carrelage : hexagones (Gemmes, 1968), ronds (Dominos, 1971 / Ducats, 1971), diabolos (Triton, 1971), écailles (écailles, 1980), Triangle (Trio, 1980).

En 1974, elle lance les grands éléments afin de suivre la mode des carreaux grand format. La société fabrique des carreaux hexagonaux de 14 cm (Concept) et fait sous traiter des carreaux carré de 20 cm (gamme Cadri)[J 4]. Cette initiative se solde par un échec lié notamment à des problèmes techniques (retrait très important de l'émail entraînant des déformations trop sensibles sur ces grands formats) et d'image (les carreaux sous-traités n'étant plus en émail massif).

Aujourd'hui, les mosaïques sont regroupées en trois catégories, tous en émail massif : les gemmés d’une part et les pleine-masse brillants pour les murs de deuxième part, et les pleine-masse semi-mats et mats plutôt pour les sols d’autre part.

Il existe actuellement une douzaine de gammes de produits : gemmés: Harmonies, Progression, Marienbad, Gemmes, Ecailles. Pleine-masse brillants : Micro-mosaïques, Variations, Émaux 24 Carats ; Pleine-masse semi-mats et mats : Sialex, Mazurka, Polka, Pastilles[63].

Exemples de réalisations[modifier | modifier le code]

Les Émaux de Briare ont été utilisés dans l'architecture et la décoration de nombreuses réalisations, parmi celles-ci, on peut citer :

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Bilan gratuit des Émaux de Briare », sur www.bilansgratuits.fr, Les Échos,‎ 2010 (consulté le 22 septembre 2010)
  2. a et b « Fiche entreprise des Émaux de Briare », sur www.fichentreprise.com, Chambre régionale commerciale et industrielle de la région Centre,‎ 2010 (consulté le 8 novembre 2010)
  3. « Bilan gratuit de Les jolies céramiques sans kaolin », sur www.bilansgratuits.fr, Les Échos,‎ 2010 (consulté le 22 septembre 2010)
  4. « Nom des filiales sur la page d'accueil du site officiel », sur www.jolies-ceramiques.com, Les jolies céramiques sans kaolin,‎ 2010 (consulté le 22 septembre 2010)
  5. a, b et c « Adresses des sites sur la page d'accueil du site officiel », sur www.emauxdebriare.com, Émaux de Briare,‎ 2010 (consulté le 22 septembre 2010)
  6. Nourisson 2001, p. 30-51
  7. a, b et c « Musée de la mosaïque et des émaux », sur www.loiret.com, Conseil général du Loiret (consulté le 22 septembre 2010)
  8. La France Industrielle du 17 mai 1838
  9. Nourisson 2001, p. 18
  10. Bulletin d'encouragement pour l'industrie nationale, vol 46. avril 1847
  11. Bourse des effets, période 1837-1841
  12. La France Industrielle 17 mai 1838
  13. Nouveau Tardy
  14. Turgan 1865, p. 275
  15. Dumas 1886, p. 184
  16. Jean-Felix Bapterosses (1813-1885).
  17. Nourisson 2001, p. 24
  18. Dumas 1886, p. 185
  19. Turgan 1865, p. 273
  20. Le Collectionneur no 454 de mars 2006, p. 9 et 10.
  21. Encyclopedia of dry goods
  22. Traité des arts céramiques, p. 755
  23. a, b, c et d Dumas 1886, p. 186
  24. Note pour Mrs Lebeuf, Milliet et Cie.
  25. Traité des arts céramiques, p. 756
  26. la manufacture Bapterosses p. 94
  27. voir bibliographie Bulletin de la société d'encouragement pour l'industrie nationale p. 186
  28. Voyage en France p. 85.
  29. La manufacture Bapterosses, p. 151
  30. La hotte du chiffonnier
  31. The working man
  32. Ardouin p. 89
  33. « Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui », sur site de l'École des hautes études en sciences sociales (consulté le 22 septembre 2010)
  34. La manufacture Bapterosses, p. 165.
  35. Nourisson 2001, p. 82-83 et 123
  36. Nourisson 2001, p. 115
  37. Un canal des émaux p. 115.
  38. Nourisson 2001, p. 95
  39. beads from Gablonz p.22, p.104
  40. Nourisson 2001, p. 80-97
  41. Nourisson 2001, p. 68-74
  42. Dumas 1886, p. 182
  43. Nourisson 2001, p. 55-57
  44. « Mosaïques art nouveau d'Eugène Grasset à Briare », sur fr.calameo.com, Calaméo (consulté le 7 novembre 2010)
  45. le renouveau de la mosaïque en France p. 84-86
  46. Le renouveau de la mosaïque p. 62-63
  47. Odorico mosaïste p. 124-130
  48. La Grande Dame p. 284
  49. Beads from Gablonz p.104
  50. Vellay. 2007 (voir dans la bibliographie).
  51. « Mallet Stevens : œuvre », sur www.malletstevens.com, Fondation des amis de Mallet Stevens (consulté le 10 novembre 2010)
  52. L'Architecture d'aujourd'hui no 2 1937 p. 45
  53. Les Échos du 2 mai 1973
  54. Le Journal des Finances du 4 avril 1974
  55. Der Baustoffmarkt d'octobre 1974, p. 980
  56. Les Échos du 22 avril 1974
  57. Le nouvel économiste no 114 du 9 janvier 1978, p. 79.
  58. Art & Décoration de mars 1974.
  59. L'Œil de novembre 1975.
  60. La République du Centre du 27 novembre 1996.
  61. Beads from Briare
  62. Chevron & Nueva Cadiz beads
  63. « Les produits », sur www.emauxdebriare.com, Émaux de Briare,‎ 2010 (consulté le 22 septembre 2010)
  64. a, b, c, d, e, f et g Monuments classés ou inscrits à l'inventaire des monuments historiques
  65. une aventure industrielle p. 118
  66. La cathédrale de la Résurrection à Évry en français, allemand et anglais sur le site web Structurae.
  67. http://emauxdebriare.blogspot.fr/p/focus-projet-mosquee-de-sohar.html
  68. la Construction moderne du 26 mars 1904, p. 312
  69. Odorico mosaïste p. 117
  70. L'architecture d'aujourd'hui no 5 chapitre 4, 1936
  71. La Construction moderne, 30 octobre 1932, p. 72
  72. L'Yonne républicaine 29/2/72
  73. La Vie du rail, 11 mai 1975
  74. Domus mai 1972
  75. APUR mai 1971
  76. Der Baustoffmarkt octobre 1974
  77. Odorico mosaïste, p. 118-119
  78. Architecture intérieure, août 1975
  79. La Construction moderne, no 45 du 4 novembre 1928, p. 52 à 56
  80. Odorico mosaïste, p. 114-115
  81. La Construction moderne, no 6 du 10 novembre 1935, p. 388 et 394
  82. http://emauxdebriare.blogspot.fr/2012/04/focus-projet-marlins-ballpark-avec.html
  83. Exposition Universelle 1889, Rapport général, Imprimerie nationale, 1891 tome II p. 194
  84. L'Architecture, 1891, p. 248
  85. l'architecture d'aujourd'hui no 9 1933, chapitre 10, p. 95
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  1. a et b p. 274
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  2. p. 49
  1. p. 6
  2. p. 5
  3. p. 21
  • Articles du journal français Le Monde :
  1. Article du 20 août 1994.
  2. Le 12 février 1972
  1. Le 18 avril 1974.
  2. Le 1er avril 1976
  3. Le 6 juin 1974
  4. Le 22 mars 1973
  • Le Management revue mensuelle, mars 1972 :
  1. a et b p. 49
  2. p. 47
  • Le Moniteur :
  1. Le 10 février 1973.
  2. Le 6 décembre 1975.
  3. Le 25 avril 1977.
  4. Le 20 avril 1974.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources historiques

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  • Jean-Baptiste Duvergier, Note pour Mrs Lebeuf, Milliet et Cie, contre Mr Bapterosse, Paris, imprimeur Garreau,‎ 1850, 3 p.
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  • Alphonse Courtois, Tableau des cours principales valeurs : relevé sur les documents officiels et authentiques, Paris, Librairie de Garnier Frères,‎ 1862
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  • (en) magazine, The working man : a weekly record of social and industrial progress, Londres, Cassell, Petter, and Galpin,‎ 28 juillet 1866
  • Alexandre Brongniart, Traité des arts céramiques ou des poteries : considérées dans leur histoire, leur pratique et leur théorie, vol. 2, Paris, place de l'école médecine, P. Asselin,‎ 1877, 824 p., p. 751-757
  • Bérard, Bulletin de la société d'encouragement pour l'industrie nationale, Paris, Conservatoire numérique des arts et métiers,‎ janvier 1886 (lire en ligne), p. 182 à 187
  • Ernest Dumas, Bulletin de la société d'encouragement pour l'industrie nationale, vol. 4e série tome 1, Paris, Conservatoire numérique des arts et métiers,‎ 1886, 682 p. (lire en ligne), p. 182 à 187
  • (en) George S. Cole, A complete dictionary of dry goods and history of silk, cotton, linen, wool and other fibrous substances, Chicago, IL, USA, W. B. Conkey company,‎ 1892, 584 p.
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Ouvrages techniques et didactiques

  • Pascale Nourisson, Une aventure industrielle. La manufacture de Briare (1837-1962), Allan Sutton, coll. « Parcours et labeurs »,‎ février 2001, 144 p. (ISBN 2-84253-558-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article
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  • Arnaud Petit, La manufacture Bapterosses dans Briare, Orléans, Université d'Orléans (mémoire de maîtrise d'histoire, non publiée),‎ 1999
  • Jean-Marie Flonneau, Deux siècles d'industrie dans le Loiret de 1750-1956, Chambre du commerce et de l'industrie du Loiret (ISBN 2909390020)
  • Jean-Pierre Roth, Le Giennois industriel 1821 à 2001,‎ mars 2002, 35 à 110 p. (ISBN 2-9517946-0-6)

Collectif, « Émaux de Briare », ABC. Antiquités, Beaux-Arts, Curiosités, no 184,‎ février 1980, p. 43 à 50

  • Hélène Guéné, Odorico, Mosaïste Art Déco, Bruxelles, Archives d'architecture moderne,‎ 1991, 222 p. (ISBN 2 87143-109-4)
  • Dominique Vellay, La Maison de verre. Le chef-d'œuvre de Pierre Chareau, Actes Sud, coll. « Architecture »,‎ 17 avril 2007 (ISBN 978-2742766406)
  • Alain Jacob, Nouveau Tardy: poteries, grès, faïences. France tome 1 / A-B, Mayenne, imprimerie Mayennaise, coll. « abc »,‎ deuxième trimestre 1985, 345 p. (ISBN 2-85740-019-5)
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  • Maryse de Stefano Andrys, le renouveau de la mosaïque en France : un demi siècle d'histoire 1875-1914, Arles, Actes Sud,‎ octobre 2007, 96 p. (ISBN 978-2-7427-7208-7)
  • (en) Floor Kaspers, Beads from Briare, Amsterdam, Marblings Publishing,‎ octobre 2011, 75 p. (ISBN 978-94-91311-00-0)
  • (en) Waltraud Neuwirth, Beads from Gablonz, Canada, Bead researchers, coll. « Journal of the society of bead researchers »,‎ 2011 (réimpr. vol.23), 111 p. (ISSN 0843-5499)

Ouvrages touristiques et culturels

  • Alain Bujak, La Loire, un fleuve vivant, Ouest-France,‎ 2008 (ISBN 978-2-7373-3786-4), p. 62 à 71
  • Jean-Yves Montagu, Erwan Quéméré, Briare: un canal, des émaux, La Renaissance du Livre, coll. « Les beaux livres du patrimoine » (réimpr. 2000), 143 p. (ISBN 9782804603533)
  • Florence Morisot, Marie-Charlotte Lanta, Hervé Guillaume, Renaud Marca, Au fil de la Loire : des paysages et de l'architecture, des traditions et des saveurs, Paris, Le Lou du lac éditeurs,‎ 1999 (ISBN 2-912548-19-5)
  • Marie le Goaziou, L'âme des maisons de Bourgogne, Rennes, Edilarge SA,‎ 2007 (ISBN 978-2-7373-3855-7), p. 102-103-119
  • Collectif, Le Loiret, Gallimard, coll. « Guides » (ISBN 2-7424-0511-9), p. 162 à 163

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]