Élise Thiers

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Élise Thiers
Image illustrative de l'article Élise Thiers
Épouse du 2e président de la République française
31 août 1871 – 24 mai 1873
(1 an, 8 mois et 23 jours)
Prédécesseur Eugénie de Montijo
(impératrice des Français)
Successeur Élisabeth de Mac Mahon
Biographie
Nom de naissance Eulalie Élise Dosne
Date de naissance 2 novembre 1818
Lieu de naissance Paris
Date de décès 11 décembre 1880 (à 62 ans)
Lieu de décès Paris
Conjoint Adolphe Thiers

Élise Thiers, née Eulalie Élise Dosne le 2 novembre 1818 à Paris et morte le 11 décembre 1880 dans la même ville, est l'épouse d'Adolphe Thiers, 2e président de la République française du 31 août 1871 au 24 mai 1873.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Eulalie Élise Dosne est la fille d'Alexis Dosne (1789-1849), agent de change, receveur général des finances du Finistère et régent de la Banque de France, et d'Euridyce Dosne, née Matheron (1794-1869). Elle a une sœur, Félicie Dosne (1823-1906).

Mariage[modifier | modifier le code]

En 1827, Adolphe Thiers se lie d'amitié avec la famille Dosne, surtout pour la relation secrète qu'il entretient avec la maîtresse de maison, Eurydice (elle a alors 32 ans et lui 30). En 1833, il épouse la fille aînée, Élise, ce qui lui permet de continuer à voir son amante. Élise apporte en dot un hôtel particulier situé place Saint-Georges, qui abrite aujourd'hui la fondation Dosne-Thiers[1]. Il s'entiche également de la seconde fille de la famille, Félicie.

La presse parle alors des « trois moitiés de M. Thiers »[2]. En 1871, Eurydice est décédée mais Adolphe Thiers continue sa double relation. Des chansonniers de l'époque composent les vers suivants :

« Je n'ai ni Montespan, ni Fontanges, La Vallière, ni Maintenon
Mais j'ai Madame Thiers, un ange Et Félicie un joli nom[2] »

Sous la présidence Thiers[modifier | modifier le code]

Le couple et la belle-sœur du président habitent Versailles car Élise a peur de Paris. Elle dit « Nous ne serions pas quinze jours à Paris, sans que Monsieur Thiers soit assassiné ». Néanmoins, lui travaille au palais de l'Élysée la journée et participe aux éventuels dîners diplomatiques.

Chaque matin, elle va faire le marché à Versailles et ne déroge pas à sa réputation de femme économe. Lors d'un déjeuner mondain en l'honneur de la princesse Troubetskoi, elle va même jusqu'à refuser que le président change les fruits pourris posés sur la table avec ceux, frais, déposés non loin ; elle dit : « Non, mon ami, ceux-là sont pour ce soir »[2]. Cette radinerie lui attire beaucoup de foudres, notamment de la part de Pauline von Metternich qui la dit « froide ». Mais tandis qu'Élise se comporte en femme austère et de principes, sa sœur Félicie s'habille à la dernière mode et semble mieux apprécier le rôle de maîtresse de maison.

Chaque été, le président, son épouse et la sœur de celle-ci vont à Dinard et Trouville et marchent sur la plage avec les bourgeois de l'époque.

Fin de vie et hommage à son époux[modifier | modifier le code]

Le 24 mai 1873, Adolphe Thiers démissionne et va s'installer au bord du lac Léman. Il décède entouré d'Élise et Félicie le 3 septembre 1877. Élise Thiers achète alors une grande concession au cimetière du Père-Lachaise. Elle souhaite construire sur ce terrain de 144 mètres carrés le plus grand des mausolées.

Elle décède le 11 décembre 1880, dans son hôtel particulier, place Saint-Georges. Ses obsèques sont célébrées le 15 décembre 1880, en l'église Notre-Dame de Lorette. François-Auguste Mignet, et surtout sa sœur Félicie, créent par la suite la fondation Dosne-Thiers. Une note datée du 6 avril 1882, aujourd'hui à la bibliothèque nationale de France, confirme que l'idée de la fondation est bien d'Élise Thiers. Elle aurait ainsi parlé d'une « fondation d'une école destinée par son objet à rappeler le souvenir des grands travaux de M. Thiers ». La note d'Élise précise en outre que l'accès à cette fondation sera réservé à des étudiants brillants dont le champ de savoir n'a d'égal que l'hétérogénéité des connaissances (sciences, philosophie...)[3].

Félicie s'éteint le 16 janvier 1906. En 1900, elle avait légué tous les papiers de son beau-frère à la bibliothèque nationale de France, au musée du Louvre. En 1924, une vente aux enchères disperse les bijoux d'Élise Thiers : la vente atteint des records de prix, la pièce maîtresse étant un collier offert par la reine d'Espagne Isabelle II, parti pour 11 280 000 francs[2].

Apparence[modifier | modifier le code]

Petite et replète, Élise Thiers portait toujours une coiffe à bandeaux plats.

Hommage[modifier | modifier le code]

Une salle du musée du Louvre porte le nom de « salle Élise Dosne-Thiers ». Elle présente le legs qu'elle fit peu avant sa mort au musée de la collection de porcelaines qu'elle avait rassemblée. L'origine des 600 pièces à décor floral est essentiellement de la manufacture de Vincennes-Sèvres[4].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://maminie.blog50.com/archive/2007/06/12/les-premieres-dames-de-france.html
  2. a, b, c et d Bertrand Meyer-Stabley, Les dames de l'Élysée - Celles d'hier et de demain, Librairie Académique Perrin, Paris
  3. http://www.fondation-thiers.org/documents/pascal_ory.htm
  4. http://www.insecula.com/salle/MS00099.html

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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