Élisabeth de Gramont
Antonia Corisande Élisabeth de Gramont, née le 23 avril 1875 à Nancy et morte le 6 décembre 1954 à Paris, est une femme de lettres et aristocrate française, surnommée « la duchesse rouge », ou « Lily » dans le cercle familial. Elle écrivait sous son nom de femme mariée, Élisabeth de Clermont-Tonnerre, ou sous celui d'Élisabeth de Gramont.
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[modifier] Biographie
Elle est la fille d'Antoine XI Alfred Agénor, duc de Gramont, prince de Bidache et d'Isabelle de Beauvau-Craon qui meurt d'une fièvre puerpérale après lui avoir donné naissance. Elle est la demi-sœur du duc de Guiche, grand ami de Proust, et aussi la nièce du comte de Gramont, mémorialiste.
Elle épouse le 2 juin 1896, Aimé François Philibert, marquis, puis duc de Clermont-Tonnerre (1871-1940). Le couple a deux filles :
- Antonia-Béatrix-Corisande (1897-1930) qui, malheureuse en ménage, divorce au bout de trois ans d'André Gault
- Isabelle-Gabrielle-Diane (1902-1950) qui épouse un comte belge, le comte de Belayrmont, dont elle a une fille, et vit en Belgique.
Elle est très liée à Robert de Montesquiou, à Rémy de Gourmont et à Marcel Proust qu’elle avait rencontré en 1903 et que le jeune ménage invite parfois dans sa propriété à la campagne. La duchesse publie du reste un livre en souvenir de son amitié avec Marcel Proust qu'elle a côtoyé jusqu'à la fin. Dans ses Mémoires, elle évoque nombre de personnes qui inspirèrent Proust pour À la recherche du temps perdu. Elle est furieuse du projet de remariage (le troisième, car il est deux fois veuf) de son père le duc Agénor avec une aristocrate italienne beaucoup plus jeune que lui qui a lieu finalement en 1907 et qui lui donnera deux fils[1].
Elle rencontre en 1909 Natalie Clifford Barney et se sépare de son mari en décembre 1920. En 1918, Natalie rédige un symbolique « contrat de mariage ». Élisabeth admettra les nombreuses liaisons que Natalie aura par ailleurs, notamment avec Romaine Brooks qui peint son portrait.
Elle participe aux défilés du Front populaire et se lie avec des hommes politiques de gauche.
Elle meurt à Paris et est enterrée à Ancy-le-Franc, près du château familial des Clermont-Tonnerre.
[modifier] Œuvres
- Un Collier de Villes, Évreux, Herissey 1910
- Mémoires: Au temps des équipages, 1928
- Mémoires: Clair de lune et taxi, 1929
- Almanach des bonnes choses de France, 1930
- Le Chemin de l' U.R.S.S, Paris, Rieder 1933
- Mémoires. La treizième heure. Paris, Grasset 1935
- Le Diable chez la marquise, illustrations de Chas-Laborde, 1938
- Le Golf
- Du bon ton, Flammarion, 1923
- Antour de Saint-James, Du Pavois, 1945
- Barbey d'Aurevilly, Grasset, 1946
- Marcel Proust, Flammarion, 1948
- Souvenirs du monde de 1890 à 1940
- La femme et la robe, la Palatine, 1952
[modifier] Notes et références
- Alfred de Gramont, L'Ami du prince, Journal du comte de Gramont, présenté par Éric Mension-Rigau, Paris, Fayard, 2011
[modifier] Bibliographie
- Alfred de Gramont, L'Ami du prince, Journal du comte de Gramont, présenté par Éric Mension-Rigau, Fayard, Paris, 2011
- George Painter, Marcel Proust, Mercure de France, Paris, 1992
- Francesco Rapazzini, Élisabeth de Gramont, Éditions Fayard, Paris, 2004