Élisabeth de France (1727-1759)

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Élisabeth de France
Élisabeth de France (1750).
Élisabeth de France (1750).
Titre
Duchesse consort de Parme et de Plaisance
18 octobre 17486 décembre 1759
(11 ans, 1 mois et 18 jours)
Prédécesseur Élisabeth Christine de Brunswick-Wolfenbüttel
Successeur Marie-Amélie de Habsbourg-Lorraine
Biographie
Dynastie Maison de Bourbon
Date de naissance 14 août 1727
Lieu de naissance Versailles (France)
Date de décès 6 décembre 1759 (à 32 ans)
Lieu de décès Versailles (France)
Sépulture Nécropole de Saint-Denis
Père Louis XV
Mère Marie Leszczyńska
Conjoint Philippe d'Espagne
Enfant(s) Marie-Isabelle de Bourbon-Parme
Ferdinand Ier de Parme
Marie-Louise de Bourbon-Parme
Religion Catholicisme

Signature

Marie-Louise-Élisabeth de France (1727 - 1759), fille de France, puis infante d'Espagne et duchesse consort de Parme et de Plaisance, est l'aînée des dix enfants du roi de France Louis XV et de Marie Leszczyńska.

Enfance et mariage[modifier | modifier le code]

Née le 14 août 1727 à Versailles, elle était la sœur jumelle de Madame Henriette.

Ondoyée à sa naissance, elle reçut la dénomination de « Madame Première ». Ce n’est qu’à son baptême[1] à Versailles le 27 avril 1737, qu’elle devint Marie-Louise-Élisabeth, dite Madame Élisabeth, appelée « Madame » (en qualité de fille aînée du roi). Elle était surnommée plus affectueusement « Babette » par son père. Son parrain fut Louis-Philippe, fils du duc d'Orléans, et sa marraine, la princesse de Conti.

Madame, élevée à Versailles dans l’aile des Princes, avec sa jumelle Henriette, sa sœur Adélaïde et son frère le Dauphin Louis-Ferdinand né en 1729, se montra vite intelligente, autonome, fière.

Elle était très aimée de Louis XV, à qui elle ressemblait beaucoup bien qu’elle n’ait pas hérité de la beauté du « Bien-Aimé ». Son père avait promis sa chère Babette à Philippe d'Espagne, un des fils cadets de Philippe V d'Espagne, tandis que le dauphin devait épouser la sœur de l'infant. Il annonça officiellement la nouvelle fin février 1739. La cour fut surpris de cette alliance, car l’infant n’avait guère de chance de monter sur le trône espagnol. La jeune Élisabeth, qui avait tout juste douze ans, se maria par procuration le 26 août 1739. Par ce mariage, elle prit le nom de « Madame Infante ». Les cérémonies fastueuses qui eurent lieu pour l’occasion sont passées à la postérité.

Le 30 août, elle dut quitter Versailles. Les adieux d’Élisabeth à sa famille furent déchirants. En larmes, elle quitta sa sœur jumelle sur ces mots : « C’est pour toujours, mon Dieu, c’est pour toujours ! »

C’est en territoire espagnol, à Alcalá de Henares, à 30 km de Madrid, que Madame Infante put rencontrer son époux, jeune homme de 19 ans guère brillant mais avec qui elle s’entendit bien. Leur mariage eut lieu le 25 octobre 1739. Ils eurent trois enfants qu'elle éduqua selon la Philosophie des Lumières en leur donnant pour précepteur Mably et Condillac :

L'Espagne puis Parme[modifier | modifier le code]

La famille ducale de Parme (vers 1756)

Bien que le duc de Luynes écrivit dans ses mémoires, à propos d’Élisabeth : « Elle réussit fort bien dans ce pays. On est extrêmement content de son maintien et de sa figure », il semblerait qu’elle se serait vite lassée de la cour madrilène, où le protocole était encore plus pesant qu’à Versailles et où régnaient l’ennui et l’inaction. Sa belle-mère, Élisabeth Farnèse, au caractère difficile, tenta d’exercer son emprise sur la jeune femme. Madame Infante s’employa alors, avec ambition et énergie, à conquérir quelque territoire pour son époux afin d’y échapper.

Louis XV s’était engagé dans la « guerre des duchés » (1741-1748) où la France tentait avec l'Espagne de ravir à l’Autriche certains duchés qu’elle détenait en Italie. En cas de conquête, certains territoires retourneraient à Philippe d'Espagne dans leur intégralité. Par le Traité d’Aix-la-Chapelle (18 octobre 1748), l’infant obtenait définitivement le duché de Parme, de Plaisance et de Guastalla.

Madame Infante en profita pour revenir à la cour de France, le 11 décembre 1748, pour remercier son père, avant de se rendre à Parme. Le roi éprouva « une joie parfaite, noble et aisée de se voir ainsi avec sa famille », selon Croÿ. Il écrivit également que « l’infante rapportait un très grand accent gascon qui faisait, avec sa vivacité, un plaisant effet ». Le duc de Noailles, lui, dit qu’Élisabeth « est infiniment mieux que lorsqu’elle est partie de France […] Sa figure est très agréable, elle a les plus beaux yeux du monde ; le regard perçant annonce l’esprit ».

Fine politique, au cours de son séjour, elle s’était rapprochée de Madame de Pompadour, l’appui de cette femme à la faveur éclatante pouvant se révéler judicieux pour elle, s’aliénant le parti dévot, où figuraient sa mère et ses frères et sœurs.

Madame Infante, bien plus heureuse à Versailles, avec sa fille Isabelle qui l’avait suivie, qu’auprès de son époux « qu’elle n’aime point »[réf. nécessaire], ne se résolut à se rendre à Parme qu’en octobre 1749. Elle y apporta la culture française et imposa le style versaillais dans son palais.

Retours en France[modifier | modifier le code]

Élisabeth de France et sa fille Isabelle de Bourbon-Parme, future archiduchesse d'Autriche

En 1752 sa sœur jumelle, qu’elle aimait beaucoup, Madame Henriette, mourut.

Élisabeth, après avoir mis au monde deux enfants en janvier et décembre de l'année précédente, revint en France en septembre pour se recueillir sur sa tombe. Louis XV fut extrêmement ému de revoir sa Babette. Alors qu’il était prévu que Madame Infante ne restât à la cour que quelques semaines, elle y passa une année, assistant au triomphe de Madame de Pompadour, au grand dam du dauphin Louis-Ferdinand et de ses sœurs Mesdames Adélaïde, Victoire, Sophie et Louise, qui la détestaient.

Revenue dans le duché de Parme, Élisabeth, qui s’y ennuyait, se mit en quête d’un trône plus avantageux. Une seconde guerre européenne éclate, opposant les Bourbon (France, Espagne, Parme, Naples et Sicile) et l'Autriche à la Prusse et à l'Angleterre, de 1756 à 1763 d'où son nom : guerre de Sept Ans.

La duchesse de Parme s’allia avec l’impératrice Marie-Thérèse, qui lui promit les Pays-Bas. Elle regagna la France début septembre 1757, espérant obtenir le soutien de son père et marier sa fille aînée, Isabelle, avec l’archiduc d’Autriche Joseph, futur empereur Joseph II. Ce premier mariage eut lieu en octobre 1760. La duchesse de Parme songeait au duc de Bourgogne, petit-fils aîné du roi, pour sa fille cadette.

Les défaites s’enchaînant aux Pays-Bas, Madame Infante perdit peu à peu ses illusions. La mort de Ferdinand VI, roi d'Espagne, sans héritier, rapprochait Élisabeth et Philippe du trône espagnol. Mais le frère cadet du défunt monarque, roi de Naples et de Sicile, devint Charles III d'Espagne laissant son royaume italien non à son frère mais à son fils cadet âgé seulement de 8 ans mais promis à une archiduchesse d'Autriche.

Élisabeth s’était prise d’amitié pour l' abbé de Bernis, un abbé qu’elle avait connu à Parme. Choiseul, volontiers calomniateur, écrivit dans ses Mémoires que « Bernis aimait à caresser les seins généreux de la fille aînée de Louis XV ». La rumeur d'une liaison disparut lorsque l’abbé démissionna.

Toujours à Versailles, la santé de Madame Infante se fit de plus en plus chancelante. Les épreuves l'avaient très lourdement affectée. Marie Leszczyńska écrit : « Ma pauvre infante est bien malade d’une grosse fièvre […] je suis très inquiète ».

Au début du mois de décembre 1759, la petite vérole se déclara. Le mal, contre lequel les médecins étaient impuissants, l’emporta rapidement. Élisabeth mourut le 6 décembre 1759 à Versailles.
Elle fut inhumée le 27 mars 1760 à Saint-Denis, auprès de Madame Henriette.

Références[modifier | modifier le code]

  1. AD 78, registre des baptêmes de la paroisse Notre-Dame de Versailles, année 1737, vue 26/76

L'an mil sept cent trente sept le vingt septieme d'avril Louise Elizabeth fille de très haut très excellent et très puissant Prince Louis quinze par la grace de Dieu Roy de France et de Navarre, et de très haute très excellente et très puissante Dame madame Marie Princesse de Pologne son épouse, née et ondoyée le quatorze du mois d'aout mil sept cent vingt sept par messire Henry Hubert de Couravel de Pesé conseiller aumonier du Roy abbé de Beaupré, a reçu les ceremonies du bapteme par haut et puissant Prince evesque de Strasbourg monseigneur Armand Gaston de Rohan cardinal et grand aumonier de France ; en présence de nous curé soussigné, le parrain a été très haut et puissant Prince monseigneur Philippe d'Orléans duc de Chartres Prince du sang, et la marraine très haute et très puissante Princesse madame Louise Elizabeth de Bourbon Princesse douairière de Conty qui ont signés. Le Roy et la Reine présents qui ont bien voulu signer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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