Le titre de cette page ne peut être modifié.

Élisabeth II

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Élisabeth II du Royaume-Uni)
Aller à : navigation, rechercher
Élisabeth II
Élisabeth II en 2007.
Élisabeth II en 2007.
Titre
Reine du Royaume-Uni et des
autres royaumes du Commonwealth
En fonction depuis le 6 février 1952
(62 ans, 10 mois et 21 jours)
Couronnement 2 juin 1953,
en l'abbaye de Westminster
Premier ministre Sir Winston Churchill
Sir Anthony Eden
Sir Harold Macmillan
Sir Alec Douglas-Home
Lord Harold Wilson
Sir Edward Heath
Lord Harold Wilson
James Callaghan
Lady Margaret Thatcher
Sir John Major
Tony Blair
Gordon Brown
David Cameron
Prédécesseur George VI
Princesse héritière du Royaume-Uni
11 décembre 19366 février 1952
(15 ans, 1 mois et 26 jours)
Monarque George VI
Prédécesseur Albert, duc d'York
Successeur Charles, prince de Galles
Biographie
Dynastie Maison de Windsor
Nom de naissance Elizabeth Alexandra Mary
Date de naissance 21 avril 1926 (88 ans)
Lieu de naissance Mayfair (Londres, Royaume-Uni)
Père George VI du Royaume-Uni
Mère Elizabeth Bowes-Lyon
Conjoint Philip Mountbatten,
duc d'Édimbourg
Enfant(s) Charles, prince de Galles
Anne, princesse royale
Andrew, duc d'York
Edward, comte de Wessex
Héritier Charles (depuis 1952)
Résidence Palais de Buckingham
Château de Windsor
Sandringham House

Élisabeth II
Monarques du Royaume-Uni

Élisabeth II (en anglais : Elizabeth II), née le 21 avril 1926, est le monarque constitutionnel de seize États souverains (appelés royaumes du Commonwealth) et de leurs territoires et dépendances, ainsi que le chef du Commonwealth of Nations regroupant 53 États.

À son accession au trône britannique le 6 février 1952, Élisabeth II devient la reine de sept États indépendants du Commonwealth : le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud, le Pakistan et le Sri Lanka (à l'époque Ceylan). Entre 1956 et 1992, le nombre de ses royaumes change car des territoires obtiennent leur indépendance et certains royaumes deviennent des républiques. En plus des quatre premiers pays susmentionnés, Élisabeth II est reine de la Jamaïque, de la Barbade, des Bahamas, de Grenade, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, des Îles Salomon, de Tuvalu, de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, du Belize, d'Antigua-et-Barbuda et de Saint-Christophe-et-Niévès. Son règne de 62 ans est actuellement le second plus long pour un monarque britannique, le premier étant celui de la reine Victoria qui dura 63 ans et 7 mois.

Lorsque son père George VI accède au trône en 1936 à la suite de l'abdication de son frère Édouard VIII, Élisabeth devient l'héritière présomptive de la Couronne britannique. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle s'enrôle au sein de l'Auxiliary Territorial Service. En 1947, elle épouse Philip Mountbatten avec qui elle aura quatre enfants : Charles, Anne, Andrew et Edward. Son couronnement le 2 juin 1953 est le premier à être retransmis à la télévision.

Au cours de son long règne, elle réalise de nombreuses visites historiques et supervise plusieurs changements constitutionnels dans ses royaumes comme la dévolution du pouvoir au Royaume-Uni et le rapatriement de la Constitution du Canada. Elle rencontre également des moments difficiles comme la mort de son père à l'âge de 56 ans, l'assassinat de l'oncle du prince Philip, Louis Mountbatten, les séparations et le divorce de trois de ses enfants en 1992 (année qu'elle qualifie d'annus horribilis), la mort de sa belle-fille, Diana Spencer, en 1997 et les décès de sa mère et de sa sœur en 2002. La reine a parfois dû faire face à de virulentes critiques de la presse à l'encontre de la famille royale et aux idées républicaines mais le soutien à la monarchie et sa popularité personnelle restent élevés.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Image d'un petit enfant aux cheveux blonds bouclés et aux yeux bleus
Elizabeth à l'âge de 3 ans en 1929.

Elizabeth était le premier enfant du prince Albert d'York (futur George VI) et de son épouse, Elizabeth. Son père était le second fils de George V et de la reine Mary et sa mère était la plus jeune fille de l'aristocrate écossais Claude Bowes-Lyon, Lord Strathmore. Elizabeth est née par césarienne à h 40 le 21 avril 1926 dans la résidence londonienne de ses grands-parents maternels à Mayfair[1]. Elle fut baptisée par l'archevêque d'York, Cosmo Lang, dans la chapelle privée du palais de Buckingham le 29 mai[2],[n 1]. Elle fut nommée Elizabeth d'après sa mère, Alexandra d'après la mère de George V morte six mois auparavant et Mary d'après sa grand-mère paternelle[4]. Ses proches la surnommaient « Lilibet[5] ». George V adorait sa petite-fille et lorsqu'il tomba gravement malade en 1929, la presse populaire et ses biographes ultérieurs attribuèrent son rétablissement aux fréquentes visites d'Elizabeth[6].

Elizabeth avait une sœur, Margaret, de quatre ans sa cadette. Les deux princesses furent éduquées à la maison sous la supervision de leur mère et de leur gouvernante, Marion Crawford, surnommée « Crawfie[7] ». L'enseignement se concentrait sur l'histoire, l'élocution, la littérature et la musique[8]. Au désarroi de la famille royale[9], Crawford publia en 1950 un livre sur l'enfance d'Elizabeth et de Margaret intitulé The Little Princesses (« Les Petites Princesses ») dans lequel elle décrit l'amour d'Elizabeth pour les chevaux et les chiens, sa discipline et son sens des responsabilités[10]. D'autres corroborèrent ces observations ; Winston Churchill écrivit au sujet d'Elizabeth alors qu'elle avait deux ans : « Elle a un air autoritaire et une réflexivité époustouflante pour un enfant[11] ». Sa cousine Margaret Rhodes la décrivit comme une « petite fille joviale mais extrêmement sensée et bien élevée[12] ».

Héritière présomptive[modifier | modifier le code]

Une femme âgée en compagnie de deux filles portant des pardessus et des chapeaux. Le groupe semble se trouver sur la passerelle d'un navire.
Elizabeth (à droite) avec sa grand-mère Mary et sa sœur Margaret en 1939.

En tant que petite-fille d'un monarque dans la lignée masculine, le titre complet d'Elizabeth était Son Altesse Royale la princesse Elizabeth d'York. Elle était troisième dans l'ordre de succession pour le trône britannique derrière son oncle, Édouard de Galles et son père, le duc d'York. Même si sa naissance attira l'attention du public, il n'était pas prévu qu'elle devienne un jour reine car le prince de Galles était encore jeune et beaucoup pensaient qu'il se marierait et aurait des enfants[13]. En 1936, lorsque George V décéda, son oncle monta sur le trône en tant qu'Édouard VIII et elle passa en second dans l'ordre de succession. En décembre 1936, Édouard VIII abdiqua car son intention d'épouser la mondaine Wallis Simpson, deux fois divorcée, causa une crise constitutionnelle[14]. Le père d'Elizabeth devint alors roi sous le nom de George VI et elle devint l'héritière présomptive avec le titre de Son Altesse royale la princesse Elizabeth[15]. Si ses parents avaient eu un fils par la suite, elle aurait perdu sa position d'héritière présomptive et son frère serait devenu le prince héritier au trône britannique[16]. Elizabeth reçut un enseignement privé en histoire constitutionnelle avec Henry Marten, le vice-président de l'Eton College[17] et elle apprit le français auprès de gouvernantes dont c'était la langue maternelle[18]. Une compagnie de guidisme, la 1re compagnie du palais de Buckingham fut spécialement formée pour qu'elle puisse rencontrer des filles de son âge[19].

En 1939, les parents d'Elizabeth se rendirent au Canada et aux États-Unis. Comme en 1927, lorsqu'ils s'étaient rendus en Australie et en Nouvelle-Zélande, Elizabeth resta au Royaume-Uni car son père considérait qu'elle était trop jeune pour de tels voyages[20]. Elizabeth « semblait au bord des larmes » au départ de ses parents[21]. Ils échangeaient régulièrement des lettres[21] et le 18 mai, ils réalisèrent le premier appel téléphonique transatlantique de la famille royale[20].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le 3 septembre 1939, le Royaume-Uni entra dans la Seconde Guerre mondiale qui dura jusqu'en 1945. Durant cette période, alors que les villes anglaises étaient fréquemment bombardées par l'aviation allemande, les enfants furent évacués dans les zones rurales. Le politicien Douglas Hogg (en) suggéra que les deux princesses soient évacuées au Canada mais cette proposition fut refusée par la mère d'Elizabeth qui déclara « mes enfants n'iront nulle part sans moi. Je ne partirai pas sans le roi. Et le roi ne partira jamais[22] ». Les princesses Elizabeth et Margaret restèrent au château de Balmoral en Écosse jusqu'à Noël 1939 lorsqu'elles furent emmenées à Sandringham House dans le comté de Norfolk[23]. De février à mai 1940, elles résidèrent au Royal Lodge (en) dans le Grand Parc de Windsor avant de s'installer dans le château de Windsor où elles restèrent pendant la plus grande partie de la guerre[24]. À Windsor, la princesse organisa une pantomime à Noël pour soutenir le Queen's Wool Fund qui achetait de la laine pour tricoter des habits militaires[25]. En 1940, Elizabeth, alors âgée de 14 ans, réalisa sa première allocution radiophonique durant une émission pour les enfants de la BBC dans laquelle elle s'adressa à ceux ayant été évacués[26] :

« Nous essayons de faire tout ce que nous pouvons pour aider nos valeureux marins, soldats et aviateurs et nous essayons également de porter notre part du danger et de la tristesse de la guerre. Nous savons, chacun de nous, que tout se terminera bien[26]. »

En 1943, à l'âge de 16 ans, Elizabeth réalisa sa première apparition publique seule lors d'une inspection des Grenadier Guards dont elle avait été nommée colonel en chef l'année précédente[27]. Alors qu'elle approchait de ses 18 ans, la loi fut modifiée pour qu'elle puisse devenir l'un des cinq conseiller d'État (en) en cas d'incapacité de son père ou lors d'un déplacement à l'étranger comme durant sa visite en Italie en juillet 1944[28]. En février 1945, elle rejoignit l'Auxiliary Territorial Service avec le grade honoraire de sous-lieutenant[29]. Elle reçut un entraînement en conduite et en mécanique et fut promue lieutenant-colonel honoraire cinq mois plus tard[30],[31].

La princesse Elizabeth (à gauche) sur le balcon du palais de Buckingham avec de gauche à droite, sa mère Elizabeth, le premier ministre britannique Winston Churchill, George VI et la princesse Margaret le 8 mai 1945.

Le 8 mai 1945, les princesses Elizabeth et Margaret se mêlèrent anonymement à la foule en liesse dans les rues de Londres. Elizabeth déclara ensuite dans l'un de ses rares entretiens, « nous avions demandé à nos parents si nous pouvions sortir et voir de nous-mêmes. Je me souviens que nous étions terrifiées à l'idée que l'on nous reconnaisse… Je me souviens des files d'inconnus se tenant la main et descendant Whitehall, tous ensemble dans une marée de bonheur et de soulagement[32] ».

Durant la guerre, le gouvernement chercha à plusieurs reprises à apaiser le nationalisme gallois en rapprochant Elizabeth du Pays de Galles[33]. Il fut ainsi suggéré que la princesse devienne connétable du château de Caernarfon, une fonction exercée alors par David Lloyd George. Le secrétaire d'État à l'Intérieur Herbert Morrison (en) envisageait de la nommer à la tête de l'Urdd Gobaith Cymru (en), l'organisation de jeunesse galloise[33]. Les politiciens gallois proposèrent qu'Elizabeth devienne princesse de Galles à l'occasion de son 18e anniversaire[34]. Ces projets furent abandonnés pour diverses raisons dont la peur qu'Elizabeth ne soit associée avec les objecteurs de conscience au sein de l'Urdd[33]. En 1946, elle rejoignit le Gorsedd des bardes de l'île de Bretagne à l'Eisteddfod Genedlaethol[35].

En 1947, la princesse Elizabeth réalisa son premier voyage à l'étranger en accompagnant ses parents en Afrique australe. Dans une allocution au Commonwealth of Nations le jour de ses 21 ans, elle fit la promesse suivante :

« Je déclare devant vous tous que je consacrerai toute ma vie, qu'elle doive être longue ou brève, à votre service et au service de la grande famille impériale dont nous faisons tous partie[36]. »

Mariage[modifier | modifier le code]

La reine Elizabeth, son époux Philip et leurs enfants, Anne et Charles.

Elizabeth rencontra son futur époux, le prince Philippe de Grèce et de Danemark de cinq ans son aîné en 1934 et 1937[37]. Ils étaient cousins issus de germains par le roi Christian IX de Danemark et cousins issus d'issus de germains par Victoria du Royaume-Uni. Ils se rencontrèrent à nouveau au Royal Naval College de Darmouth en juillet 1939 ; même si elle n'avait que 13 ans, Elizabeth déclara qu'elle était tombée amoureuse de Philip et les deux commencèrent à échanger des lettres[38]. Leurs fiançailles furent officiellement annoncées le 9 juillet 1947[39].

Cette relation ne fut pas exempte de controverses car Phillip n'était pas particulièrement riche, était né à l'étranger (même s'il avait été naturalisé à la suite de son service dans la Royal Navy durant la Seconde Guerre mondiale) et certaines de ses sœurs avaient épousé des nobles allemands proches du parti nazi[40]. Marion Crawford écrivit, « certains des conseillers du roi considéraient qu'il n'était pas suffisamment bien pour elle. Il était un prince sans maison ou royaume. Certains documents appuyaient clairement et fortement sur les origines étrangères de Philip[41] ». Des biographies ultérieures avancent que la mère d'Elizabeth se serait initialement opposée à l'union en qualifiant même Philip de Hun (équivalent anglais de « boche »)[42]. Elle indiqua cependant vers la fin de sa vie à son biographe Tim Heald que Philip était un « gentleman anglais[43] ».

Avant le mariage, Philip renonça à ses titres grecs et danois, abandonna l'Église orthodoxe de Grèce pour l'anglicanisme et adopta le titre de Lieutenant Philip Mountbatten en prenant le nom britannique de sa mère[44]. Juste avant le mariage, il fut fait duc d'Édimbourg et reçut le titre de Son Altesse Royale[45].

Elizabeth et Philip se marièrent le 20 novembre 1947 à l'abbaye de Westminster. Ils reçurent environ 2 500 présents venant du monde entier[46]. Comme le Royaume-Uni ne s'était pas encore complètement remis de la guerre, Elizabeth imposa que des coupons de rationnement soient utilisés pour acheter le tissu de sa robe qui fut dessinée par Norman Hartnell (en)[47]. Les proches allemands du duc d'Édimbourg, dont ses trois sœurs[48] ainsi que le duc de Windsor, l'ancien roi Édouard VIII, ne furent pas invités à la cérémonie[49].

Elizabeth donna naissance à son premier enfant, Charles, le 14 novembre 1948. Un mois plus tôt, le roi avait délivré des lettres patentes autorisant ses enfants à porter les titres de prince ou de princesse, ce qui leur était théoriquement interdit car leur père n'était plus un prince royal[50]. Un second enfant, la princesse Anne naquit le 15 août 1950[51].

À la suite de son mariage, le couple loua Windlesham Moor près du château de Windsor jusqu'au 4 juillet 1949[46] lorsqu'ils s'installèrent à Clarence House à Londres. À plusieurs reprises entre 1949 et 1951, le duc d'Édimbourg fut stationné dans le protectorat britannique de Malte du fait de son rôle d'officier dans la Royal Navy. Elizabeth et lui résidaient alors dans le village maltais de Gwardamanga où ils louaient la résidence de l'oncle de Philip, Louis Mountbatten. Durant cette période, leurs enfants restèrent au Royaume-Uni[52].

Règne[modifier | modifier le code]

Accession au trône et couronnement[modifier | modifier le code]

Une demi-couronne à l'effigie de la reine Élisabeth II.
Elizabeth portant une robe et une couronne aux côtés de son époux en uniforme militaire.
Portrait du couronnement de la reine Élisabeth II et du duc d'Édimbourg le 2 juin 1953.

En 1951, la santé de George VI déclina et Elizabeth le remplaçait fréquemment pour les cérémonies publiques. Lors de sa visite en Amérique du Nord où elle se rendit au Canada et rencontra le président Truman à Washington en octobre 1951, son secrétaire particulier, Martin Charteris, portait avec lui le brouillon d'une déclaration d'accession au trône si le roi venait à mourir lors de son voyage[53]. Au début de l'année 1952, Elizabeth et Philip entreprirent une tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande avec une escale au Kenya. Le 6 février 1952, alors qu'ils venaient juste de rentrer à leur résidence kényane de Sagana Lodge après une visite du parc national d'Aberdare, ils apprirent la mort du roi[54]. Martin Charteris lui demanda de choisir un nom de règne et elle choisit de rester Elizabeth, « évidemment[55] ». Elle fut proclamée reine dans tous ses royaumes et les membres de la cour rentrèrent hâtivement au Royaume-Uni[56]. Élisabeth II et le duc d'Édimbourg s'installèrent dans le palais de Buckingham[57].

Avec l'accession au trône d'Elizabeth, il semblait probable que la maison royale allait porter le nom de son époux pour devenir la Maison de Mountbatten comme cela était la coutume pour une femme de prendre le nom de son époux. La grand-mère d'Elizabeth, Mary de Teck, et le premier ministre britannique, Winston Churchill, préféraient conserver le nom de Maison de Windsor et le mot Windsor fut maintenu. Le duc se plaignit qu'il « était le seul homme du pays à ne pas avoir le droit de donner son nom à ses propres enfants[58] ». En 1960, après la mort de Mary de Teck en 1953 et la démission de Churchill en 1955, le nom Mountbatten-Windsor fut adopté pour Philip et ses descendants de lignée masculine qui ne portent pas de titres royaux[59].

Intérieur d'une église remplie de personnes en robes et en uniformes de cérémonie. Un trône a été placé sur un piédestal au centre de l'image et la reine avec une longue traine rouge se tient à proximité.
Cérémonie du couronnement d'Élisabeth II.

Au milieu des préparatifs pour le couronnement, la princesse Margaret informa sa sœur qu'elle souhaitait épouser l'aviateur Peter Townsend de 16 ans son aîné et ayant deux enfants d'un précédent mariage. La reine lui demanda d'attendre un an ; selon Martin Charteris, « la reine était naturellement compatissante envers la princesse mais je pense qu'elle imaginait, qu'elle espérait, qu'avec le temps, cette affaire s'essoufflerait d'elle-même[60] ». Les chefs politiques étaient opposés à cette union et l'Église d'Angleterre n'autorisait pas le remariage si le divorcé n'était pas veuf. Si Margaret réalisait un mariage civil, il était probable qu'elle devrait renoncer à son droit au trône[61]. Elle décida finalement d'abandonner sa relation avec Townsend[62]. En 1960, elle épousa Antony Armstrong-Jones qui fut fait comte de Snowdon l'année suivante. Ils divorcèrent en 1978 et elle ne se remaria pas[63].

Malgré la mort de la reine Mary le 24 mars, les préparatifs du couronnement se poursuivirent et il eut lieu comme prévu le 2 juin 1953[64]. À l'exception de l'eucharistie et de l'onction, l'ensemble de la cérémonie à l'abbaye de Westminster fut retransmis à la télévision pour la première fois de l'histoire[65],[n 2]. La robe de couronnement fut dessinée par Norman Hartnell et était brodée avec les emblèmes floraux des pays du Commonwealth[70] : la rose Tudor anglaise, le chardon écossais, le poireau gallois, le trèfle irlandais, la feuille d'érable canadienne, le mimosa doré australien, la fougère argentée néo-zélandaise, la protée royale sud-africaine, la fleur de lotus pour l'Inde et Ceylan et le blé, le coton et le jute pakistanais[71].

Évolution du Commonwealth[modifier | modifier le code]

Élisabeth II en robe du soir et portant une tiare est entourée de onze hommes en tenue de soirée ou en costume national.
Élisabeth II et ses premiers ministres du Commonwealth lors d'une conférence au château de Windsor en 1960.

Au cours de son règne, la reine Élisabeth II assista à la transformation de l'Empire britannique en Commonwealth of Nations[72]. Au moment de son accession au trône en 1952, son rôle de chef d'État de multiples États indépendants était déjà établi[73]. Entre 1953 et 1954, la reine et son époux s'embarquèrent dans un tour du monde de six mois. Elle devint ainsi le premier monarque d'Australie et de Nouvelle-Zélande à visiter ces pays[74]. Les visites de la reine attirèrent de larges foules et on estime que les trois quarts de la population australienne l'a vu à cette occasion[75]. Au cours de son règne, la reine a réalisé plus de 170 visites dans les États du Commonwealth[76] et près d'une centaine dans les États n'en faisant pas partie[77] ; elle est ainsi le chef d'État à avoir le plus voyagé dans l'histoire[78].

En 1956, le premier ministre français Guy Mollet et son homologue britannique Anthony Eden évoquèrent la possibilité pour la France de rejoindre le Commonwealth. La proposition ne fut jamais acceptée et la France signa l'année suivante le traité de Rome établissant la Communauté économique européenne, précurseur de l'Union européenne[79]. En novembre 1956, le Royaume-Uni et la France envahirent l'Égypte pour reprendre le contrôle du canal de Suez ; l'opération se termina lamentablement et Eden démissionna deux mois plus tard. Louis Mountbatten affirma que la reine était opposée à l'offensive mais Eden nia cette affirmation[80].

En l'absence d'un mécanisme formel au sein du parti conservateur pour choisir un nouveau chef après la démission d'Eden, il incomba à la reine de décider qui devait former un nouveau gouvernement. Eden recommanda qu'elle consulte Lord Salisbury (en), le Lord Président du Conseil. Ce dernier et Lord Kilmuir (en), le Lord Chancelier sollicitèrent l'avis du Cabinet et de Winston Churchill et la reine nomma le candidat proposé, Harold Macmillan[81].

La crise de Suez et le choix du successeur d'Eden donnèrent lieu à la première importante critique personnelle de la reine en 1957. Dans un journal qu'il possédait et éditait[82], Lord Altrincham l'accusa d'être « dépassée[83] » et « incapable d'aligner plus de quelques phrases sans aide ». Les propos d'Altrincham furent condamnés et il fut physiquement agressé[84]. Six ans plus tard, en 1963, Macmillan démissionna et conseilla à la reine de choisir Alec Douglas-Home pour lui succéder, ce qu'elle fit[85]. Elle fut à nouveau critiquée pour avoir nommée un premier ministre sur les conseils d'un petit nombre de ministres ou d'un seul d'entre-eux[85]. En 1965, les conservateurs adoptèrent un nouveau mode de désignation de leur chef qui n'imposait plus à la reine de choisir[86].

En 1957, elle se rendit aux États-Unis et s'adressa devant l'Assemblée générale des Nations unies au nom du Commonwealth. Lors de la même visite diplomatique, elle inaugura la 23e législature du Canada, devenant ainsi le premier monarque canadien à ouvrir une session parlementaire[87]. Deux ans plus tard, uniquement en sa capacité de reine du Canada, elle retourna aux États-Unis et visita le Canada[87],[88] même après avoir appris, à son arrivée à Saint-Jean sur l'île de Terre-Neuve, qu'elle attendait son troisième enfant[89]. En 1961, elle se rendit à Chypre, en Inde, au Pakistan, au Népal et en Iran[90]. Lors d'une visite au Ghana la même année, elle rejeta les craintes pour sa sécurité même si son hôte, le président Kwame Nkrumah, qui l'avait remplacé en tant que chef d'État du Ghana l'année précédente, était la cible d'assassins[91]. Harold Macmillan écrivit « la reine a été absolument déterminée… Elle a effectivement 'le cœur et l'estomac d'un roi'… Elle aime son devoir et veut être reine[91] ». Avant son passage au Québec en 1964, la presse rapporta que des extrémistes du mouvement séparatiste de la province préparaient son assassinat[92],[93],[94]. Il n'y eut pas de tentative d'assassinat mais une émeute éclata alors qu'elle se trouvait à Montréal ; le « calme et le courage de la reine face à la violence » furent remarqués[95].

Élisabeth II avec le premier ministre britannique Edward Heath (à gauche), le président américain Richard Nixon et la première dame Pat Nixon en 1970.

Ses grossesses avec Andrew en 1959 et Edward en 1963 furent les seules occasions au cours desquelles elle ne participa pas à la cérémonie d'ouverture du Parlement britannique durant son règne[96]. En plus de participer aux cérémonies traditionnelles, Élisabeth II introduisit de nouvelles pratiques comme le premier bain de foule royal qui eut lieu lors d'une tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande en 1970[97].

Les années 1960 et 1970 furent marquées par une accélération de la décolonisation en Afrique et dans la Caraïbe. Plus de vingt pays obtinrent leur indépendance par le biais de transitions négociées vers une plus grande autonomie. En 1965, le premier ministre de Rhodésie déclara cependant unilatéralement l'indépendance du pays vis-à-vis du Royaume-Uni pour maintenir la domination blanche tout en exprimant sa « loyauté et sa dévotion » à Élisabeth II. Même si la reine le rejeta dans une déclaration formelle et que la Rhodésie fut touchée par des sanctions internationales, le régime de Smith survécut jusqu'en 1979[98].

En février 1974, le premier ministre britannique Edward Heath conseilla à la reine d'appeler des élections générales alors qu'elle se trouvait en visite dans les îles du Pacifique, ce qui lui imposa de rentrer au Royaume-Uni[99]. Les élections débouchèrent sur un parlement minoritaire et Heath démissionna quand les négociations en vue de former un gouvernement de coalition avec le parti libéral échouèrent. La reine demanda alors au chef de l'opposition officielle, le travailliste Harold Wilson de former un gouvernement[100].

Un an plus tard, au paroxysme de la crise constitutionnelle australienne de 1975, le premier ministre australien Gough Whitlam fut limogé par le gouverneur général John Kerr après que le Sénat contrôlé par l'opposition eut refusé les propositions budgétaires de Whitlam[101]. Comme ce dernier disposait d'une majorité à la Chambre des représentants, son président, Gordon Scholes (en), fit appel à la reine pour annuler la décision de Kerr. Élisabeth II refusa en affirmant qu'elle ne pouvait pas intervenir dans des décisions que la constitution de l'Australie réservait au gouverneur général[102]. La crise alimenta les sentiments républicains en Australie[101].

Jubilé d'argent[modifier | modifier le code]

En 1977, Élisabeth II célébra son jubilé d'argent marquant ses 25 années de règne. Des célébrations et des cérémonies eurent lieu dans tout le Commonwealth et furent généralement organisées au moment de la visite de la souveraine. Ces festivités réaffirmèrent la popularité de la reine malgré la couverture médiatique négative à l'occasion du divorce de la princesse Margaret[103]. En 1978, la reine reçut en visite officielle le dictateur communiste de Roumanie, Nicolae Ceaușescu et son épouse Elena[104], même si elle déclara en privé qu'ils avaient du « sang sur les mains[105] ». L'année suivante fut marquée par deux drames : la découverte qu'Anthony Blunt, l'ancien conservateur des collections royales, était un espion communiste et l'assassinat de son parent proche, Lord Mountbatten, par l'armée républicaine irlandaise provisoire[106].

Selon l'homme politique canadien Paul Martin, à la fin des années 1970, la reine s'inquiéta que la Couronne « signifiait peu pour » le premier ministre canadien Pierre Trudeau[107]. Le politique britannique Tony Benn déclara que la reine trouvait Trudeau « assez décevant[107] ». Le républicanisme supposé de Trudeau semblait être confirmé par ses bouffonneries comme les glissades sur les rampes d'escalier du palais de Buckingham, ses pirouettes dans le dos de la reine en 1977 et le retrait de plusieurs symboles royaux canadiens durant son mandat[107]. En 1980, des hommes politiques canadiens se rendant à Londres pour évoquer le rapatriement de la constitution du Canada trouvèrent la reine « mieux informée… que tout autre politicien ou bureaucrate britannique[107] ». Elle s'intéressait particulièrement au sujet après le rejet de la loi canadienne C-60 qui aurait affecté son statut de chef d'État[107]. Le rapatriement de 1982 supprima le besoin de consulter le Parlement britannique pour modifier la constitution canadienne mais la monarchie fut maintenue. Trudeau déclara dans ses mémoires que la reine était favorable à ses tentatives de réforme constitutionnelle et qu'il fut impressionné par « la grâce qu'elle avait en public » et « la sagesse qu'elle montrait en privé[108] ».

Années 1980[modifier | modifier le code]

Élisabeth II en uniforme rouge sur un cheval noir
Élisabeth II chevauchant sa jument Burmese lors du Salut aux couleurs en juillet 1986.

Durant la cérémonie du Salut aux couleurs en 1981 et six semaines avant le mariage du prince Charles et de Diana Spencer, six coups de feu visèrent la reine alors qu'elle descendait The Mall sur son cheval, Burmese. La police découvrit par la suite qu'il s'agissait de cartouches à blanc. Le tireur, Marcus Sarjeant, fut condamné à cinq ans de prison avant d'être libéré au bout de trois années[109]. Le sang-froid et le contrôle de sa monture par la reine furent largement remarqués[110]. D'avril à septembre 1982, la reine s'inquiéta[111] mais fut fière[112] de son fils, le prince Andrew, qui participa à la guerre des Malouines en tant que pilote d'hélicoptère.

Le 9 juillet 1982, la reine fut réveillée dans sa chambre du palais de Buckingham par un intrus dénommé Michael Fagan (en). Les journaux de l'époque rapportèrent qu'ils discutèrent pendant près de dix minutes avant que la sécurité n'intervienne[113], mais Michael Fagan contredit ces affirmations[114].

Même si elle avait accueilli le président américain Ronald Reagan au château de Windsor en 1982 et s'était rendue dans son ranch californien en 1983, Élisabeth II fut irritée quand son administration lança l'invasion de la Grenade, l'un de ses royaumes caribéens, sans l'avoir informée au préalable[115].

L'intérêt des médias pour les opinions et la vie privée de la famille royale dans les années 1980 entraînèrent une série de révélations sensationnelles dont la véracité n'était pas toujours avérée[116]. Comme Kelvin MacKenzie, le rédacteur en chef de The Sun déclara à son personnel : « Donnez-moi des frasques de la famille royale. Ne vous inquiétez pas si ce n'est pas vrai dans la mesure où il n'y a pas trop de problèmes par la suite[117] ». Le rédacteur de The Observer, Donald Trelford, écrivit dans le numéro du 21 septembre 1986 : « le feuilleton royal a atteint un tel degré d'intérêt public que la frontière entre fiction et réalité a été perdue de vue… Ce n'est pas simplement que certains journaux ne vérifient pas leurs informations ou refusent d'accepter les démentis : ils ne se soucient pas de savoir si ces histoires sont vraies ou non ». Il fut rapporté, principalement par le Sunday Times, que la reine s'inquiétait du fait que les politiques économiques du premier ministre britannique Margaret Thatcher accentuait les divisions de la société et qu'elle était alarmée par le fort taux de chômage, une série d'émeutes en 1981, la violence de la grève des mineurs et le refus du gouvernement de sanctionner le régime d'apartheid en Afrique du Sud. Les rumeurs provenaient de l'assistant de la reine, Michael Shea, et du secrétaire général du Commonwealth, Shridath Ramphal, mais Shea avança que ses paroles avaient été sorties de leur contexte puis amplifiées par les journalistes[118]. Thatcher aurait ainsi dit que la reine allait voter pour ses opposants du parti social démocrate (en)[119]. Le biographe de Thatcher, John Campbell, affirma qu'il s'agissait « d'un exemple de sottises journalistiques[120] ». Contredisant les rapports parlant de leurs mauvaises relations, Thatcher exprima par la suite son admiration personnelle pour la reine[121] et après son remplacement par John Major, la reine la fit entrer dans les ordres du Mérite et de la Jarretière[122]. L'ancien premier ministre canadien Brian Mulroney déclara qu'Élisabeth II avait joué un « grand rôle en coulisses » pour mettre un terme à l'Apartheid en Afrique du Sud[123],[124].

En 1987 au Canada, la reine exprima publiquement son soutien à l'accord du lac Meech qui divisait la classe politique canadienne et elle fut critiquée par les opposants à ces amendements constitutionnels, dont Pierre Trudeau[123]. La même année, le gouvernement fidjien démocratiquement élu fut renversé par un coup d'État. En tant que monarque des Fidji, Élisabeth II soutint les efforts du gouverneur général Penaia Ganilau pour exercer le pouvoir exécutif et trouver une sortie à la crise mais l'organisateur du coup d'État, Sitiveni Rabuka, déposa Ganilau et abolit la monarchie[125]. Au début de l'année 1991, les estimations par la presse de la richesse personnelle de la reine qui étaient supérieures aux données fournies par le palais et les révélations d'adultères et de mariages tendus dans la famille royale affaiblirent le soutien à la monarchie au Royaume-Uni[126]. La participation des enfants de la reine à un jeu télévisé caritatif appelé It's a Royal Knockout fut tournée en ridicule dans la presse[127] et la reine devint la cible des moqueries[128].

Années 1990[modifier | modifier le code]

Le prince Philip et Élisabeth II en octobre 1992.

En 1991, après la victoire de la coalition dans la guerre du Golfe, la reine devint le premier souverain britannique à s'adresser à une session conjointe du Congrès des États-Unis[129]. Le 24 novembre 1992, dans un discours marquant ses 40 années de règne, Élisabeth II qualifia 1992 comme son annus horribilis (« année horrible[130] »). En mars, son second fils, le prince Andrew d'York et son épouse Sarah Ferguson se séparèrent ; en avril, sa fille, la princesse Anne divorça de son époux Mark Phillips[131]; durant une visite officielle en Allemagne en octobre, des manifestants à Dresde lui jetèrent des œufs[132] et en novembre, le château de Windsor fut touché par un grave incendie. La monarchie fut critiquée et cela accrut le désamour du public[133]. Dans un discours inhabituellement personnel, la reine déclara que toute institution doit s'attendre à des critiques mais suggéra qu'elles devraient être réalisées avec « une touche d'humour, de délicatesse et de compréhension[134] ». Deux jours plus tard, le premier ministre John Major annonça une réforme des finances de la monarchie qui se traduisirent par une réduction de la liste civile et obligèrent le souverain à payer un impôt sur le revenu pour la première fois de son histoire[135]. En décembre, le prince Charles de Galles et son épouse Diana Spencer annoncèrent officiellement leur séparation[136]. L'année se termina par un procès pour violation du droit d'auteur intenté par la reine contre le journal The Sun qui avait publié le texte de son allocution de Noël deux jours avant sa diffusion. Le journal fut condamné à payer les frais de justice et une indemnité de 200 000 £ qui fut donnée à des organisations caritatives[137].

Dans les années qui suivirent, les révélations sur le mariage de Charles et Diana continuèrent[138]. Même si les idées républicaines semblaient plus populaires que jamais au Royaume-Uni, le républicanisme restait minoritaire et la reine conservait des niveaux d'approbation élevés[139]. Les critiques se concentraient plus sur l'institution monarchique et la famille élargie de la reine que sur ses actions et son propre comportement[140]. Après en avoir discuté avec le premier ministre John Major, l'archevêque de Cantorbéry George Carey, son secrétaire particulier Robert Fellowes et son époux, elle écrivit à Charles et Diana à la fin du mois de décembre 1995 pour leur dire qu'un divorce était préférable[141]. Un an après le divorce qui eut lieu en 1996, Diana mourut dans un accident de la route à Paris le 31 août 1997. La reine était en vacances avec Charles et ses petits-enfants, William et Harry, au château de Balmoral. Les deux enfants de Diana voulurent se rendre à l'église et le couple royal les y accompagna dans la matinée[142]. Après cette unique apparition publique, la reine et le duc d'Édimbourg protégèrent leurs petits-enfants du tourbillon médiatique en les gardant au château pendant cinq jours[143] mais l'opinion publique fut consternée par le fait que la famille royale n'ait pas mis pas en berne les drapeaux du palais de Buckingham[124],[144]. Pressée par les réactions hostiles, la reine rentra à Londres et accepta de réaliser une allocution télévisée le 5 septembre, la veille des funérailles de Diana[145]. Elle y exprima son admiration pour Diana et ses sentiments « de grand-mère » pour les princes William et Harry[146]; cet acte fut apprécié par l'opinion publique et l'hostilité s'affaiblit[146].

Jubilé d'or[modifier | modifier le code]

Élisabeth II et George W. Bush durant un dîner officiel à la Maison-Blanche le 7 mai 2007.
Élisabeth II (en rose au centre) durant un bain de foule à dans le Queen's Park de Toronto le 6 juillet 2010.

En 2002, Élisabeth II célébra ses 50 ans de règne lors de son jubilé d'or. Sa sœur et sa mère étant mortes respectivement en février et en mars, les médias se demandèrent si le jubilé allait être un succès ou un échec[147]. Elle entreprit à nouveau une longue tournée dans ses royaumes en commençant en Jamaïque en février dont elle qualifia le banquet d'adieux de « mémorable » après qu'une coupure de courant eut plongé la résidence du gouverneur général dans le noir[148]. Comme en 1977, des manifestations de joie eurent lieu à chacun de ses déplacements et des monuments furent nommés en son honneur. Un million de personnes assistèrent chaque jour aux trois journées de célébrations du jubilé à Londres[149] et l'enthousiasme démontré par la foule fut bien plus important que ce que les journalistes avaient prévu[150].

Même si elle avait eu peu de problèmes de santé durant sa vie, elle fut opérée des deux genoux en 2003. En octobre 2006, elle ne participa pas à l'inauguration du nouvel Emirates Stadium de Londres en raison d'une déchirure musculaire au dos qui l'handicapait depuis l'été[151]. Deux mois plus tard lors d'une apparition publique, elle portait un pansement à la main droite, ce qui fut interprété par la presse comme le signe d'une mauvaise santé[152]. Elle avait en réalité été mordue par l'un de ses corgis alors que deux d'entre-eux se battaient[153].

En mai 2007, The Daily Telegraph avança de sources anonymes que la reine était « exaspérée et déçue » par les politiques du premier ministre britannique Tony Blair, qu'elle s'inquiétait d'un épuisement des troupes en Irak et en Afghanistan et qu'elle avait à plusieurs reprises émis des inquiétudes sur ses politiques rurales[154]. Selon les mêmes sources, elle admirait néanmoins les efforts de Blair pour mettre un terme aux violences en Irlande du Nord[155]. Le 20 mars 2008 dans la cathédrale Saint-Patrick d'Armagh de l'Église d'Irlande, la reine assista à la première messe du Jeudi Saint (en) organisée en dehors de l'Angleterre et du Pays de Galles[156]. À l'invitation de la présidente d'Irlande, Mary McAleese, la reine réalisa en mai 2011, la première visite officielle d'un monarque britannique en Irlande depuis son indépendance en 1922[157].

Élisabeth II s'adressa une seconde fois en tant que chef du Commonwealth devant l'Assemblée générale des Nations-Unies en juillet 2010[158]. Durant son passage à New York, qui suivait une visite au Canada, elle inaugura officiellement un jardin mémorial pour les victimes britanniques des attentats du 11 septembre 2001[159]. La visite de la reine en Australie en octobre 2011, sa onzième depuis 1954, fut qualifiée de « tournée d'adieux » par la presse en raison de son âge[160].

Jubilé de diamant[modifier | modifier le code]

Le jubilé de diamant de 2012 marqua les 60 années de règne d'Élisabeth II et il fut à nouveau célébré dans tout le Commonwealth. Dans un communiqué publié le 6 février, elle indiqua : « En cette année spéciale, alors que je me consacre à nouveau à votre service, j'espère que nous allons tous nous souvenir de la puissance de l'unité et de la force rassembleuse de la famille, de l'amitié et du bon voisinage… J'espère aussi que cette année de jubilé sera l'occasion d'exprimer notre gratitude pour les avancées majeures réalisées depuis 1952 et d'envisager l'avenir avec sérénité[161] ». Elle et son mari réalisèrent une tournée au Royaume-Uni tandis que ses enfants et petits-enfants la représentèrent dans les royaumes du Commonwealth[162],[163],[164].

La reine ouvrit les Jeux olympiques d'été le 27 juillet et les Jeux paralympiques d'été le 29 août 2012 à Londres. Elle joua son propre rôle dans un court-métrage dans le cadre de la cérémonie d'ouverture avec Daniel Craig dans le rôle de James Bond[165]. Son père avait ouvert les Jeux olympiques de 1948 à Londres, et son arrière-grand-père, Édouard VII, ceux de 1908, tous deux à Londres. Élisabeth II avait également ouvert ceux de 1976 à Montréal et Philip ceux de 1956 à Melbourne[166]. Elle est ainsi la première chef d'État à ouvrir deux Olympiades dans deux pays différents[167].

En décembre 2012, elle devint le premier souverain britannique à assister en temps de paix à une réunion du Cabinet britannique depuis George III en 1781 et le secrétaire d'État des Affaires étrangères, William Hague, annonça peu après que la partie auparavant sans nom du sud du territoire antarctique britannique serait nommé terre de la Reine-Élisabeth en son honneur[168],[169].

Élisabeth II est aujourd'hui le monarque britannique le plus âgé, le second en termes de durée de règne derrière Victoria et le second plus ancien souverain encore en exercice derrière le roi Rama IX de Thaïlande. Elle n'a pas l'intention d'abdiquer[170] même si ses fonctions publiques sont de plus en plus assurées par le prince Charles[171]. Elle dépassera éventuellement la durée de règne de Victoria le 9 septembre 2015[172].

Image publique et personnalité[modifier | modifier le code]

Ronald Reagan et Élisabeth II à Windsor en 1982.

Comme Élisabeth II n'a accordé que de rares entretiens, on sait peu de choses de ses opinions privées. En tant que monarque constitutionnel, elle n'exprime pas ses opinions politiques en public. Elle possède un profond sens des devoirs religieux et civiques et prend son serment de couronnement très au sérieux[173]. À côté de son rôle religieux officiel en tant que gouverneur suprême de l'Église d'Angleterre, elle fréquente cette Église et celle d'Écosse[174]. Elle a témoigné de son soutien pour le dialogue interreligieux et a rencontré les chefs d'autres Églises et religions dont quatre papes : Jean XXIII, Jean-Paul II, Benoît XVI et François.

Élisabeth II est la mécène de plus de 600 organisations[175]. Parmi ses principaux centres d'intérêt figurent l'équitation et les chiens, en particulier les Welsh Corgis[176] dont elle est passionnée depuis 1933 et Dookie, le premier Corgi possédé par sa famille[177],[178].

Dans les années 1950 au début de son règne, Élisabeth II était considérée comme une « reine de conte de fées[179] ». Après le traumatisme de la guerre, la période de progrès et de modernisation fut présentée comme une « nouvelle ère élisabéthaine[180] ». En cela les propos de Lord Altrincham de 1957 accusant ses discours d'être ceux d'une « écolière suffisante » étaient particulièrement inhabituels[181]. Dans les années 1960, la monarchie tenta de renvoyer une image plus moderne en réalisant un documentaire télévisée Royal Family montrant la famille royale dans la vie de tous les jours et en retransmettant l'investiture du prince Charles[182]. La reine prit l'habitude de porter des pardessus aux couleurs éclatantes et des chapeaux décorés qui lui permettaient d'être facilement visible dans une foule[183].

Lors de son jubilé d'argent en 1977, les foules étaient véritablement enthousiastes[184] mais les révélations de la presse sur la monarchie dans les années 1980 accrurent les critiques à son encontre[185]. La popularité d'Élisabeth II continua de diminuer dans les années 1990 et sous la pression du public, elle fut obligée de payer un impôt sur le revenu et d'ouvrir le palais de Buckingham[186]. La désaffection envers la monarchie atteignit son maximum après la mort de Diana même si elle diminua après l'allocution de la reine six jours plus tard[187].

En novembre 1999, les électeurs australiens refusèrent la suppression de la monarchie australienne lors d'un référendum[188]. Des sondages en Grande-Bretagne en 2006 et 2007 révélèrent un fort soutien envers Élisabeth II[189],[190],[191] et des référendums aux Tuvalu en 2008 et à Saint-Vincent-et-les-Grenadines en 2009 rejetèrent des propositions républicaines[192].

Richesse[modifier | modifier le code]

La résidence privée de la reine de Sandringham House dans le comté de Norfolk

La fortune personnelle d'Élisabeth II a fait l'objet de nombreuses spéculations au cours des ans. Le magazine Forbes estima en 2010 que ses biens auraient une valeur d'environ 450 millions de dollars[193] mais une déclaration officielle du palais de Buckingham en 1993 qualifia les estimations de 100 millions de livres de « grossièrement exagérées[194] ». Jock Colville, qui fut l'un de ses secrétaires particuliers et le directeur de sa banque, Coutts, estima en 1971 sa richesse à 2 millions de livres (l'équivalent d'environ 23 millions de livres de 2012[195],[196],[197]). La Royal Collection (qui inclut des œuvres d'art et les Joyaux de la Couronne britannique) n'appartient pas personnellement à la reine et est gérée par une fiducie[198] de même que les résidences royales comme le palais de Buckingham et le château de Windsor[199] et le duché de Lancastre (en), un portefeuille d'investissement évalué en 2011 à 383 millions de livres[200]. Sandringham House et le château de Balmoral sont des propriétés personnelles de la reine[199]. Le portefeuille du Crown Estate gérant les actifs de la Couronne britannique avait une valeur de 7,3 millions de livres en 2011[201] mais est indépendant de la reine[202].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Timbre du Basutoland émis à l'occasion de son couronnement

L'effigie de la reine a été reproduite sur un grand nombre de pièces de monnaie, de billets de banque et de timbres dans les royaumes du Commonwealth.

Élisabeth II a été jouée à l'écran par :

Élisabeth II a également été jouée à la télévision par :

Le personnage de la reine (accompagnée de ses corgis) apparaît brièvement dans une scène du film 2012, de Roland Emmerich, au moment de l'embarquement dans l'Arche.

Jan Ravens faisait la voix de sa marionnette dans l'émission satirique britannique Spitting Image (1984-1996) et l'imitait dans plusieurs émissions radios ou télévisées. Scott Thompson jouait fréquemment la reine dans l'émission comique canadienne The Kids in the Hall au début des années 1990. L'animatrice britannique Tracey Ullman l'imitait régulièrement dans son émission Tracey Takes On.... Élisabeth II fut représentée dans l'épisode Homer rentre dans la reine de 2003 des Simpsons.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Descendance[modifier | modifier le code]

Titres et honneurs[modifier | modifier le code]

Monogramme royal de la reine

Titulature complète[modifier | modifier le code]

Élisabeth II possède de nombreux titres et grades militaires honoraires dans tout le Commonwealth, est la souveraine de nombreux ordres dans ses royaumes et a reçu des distinctions et des honneurs dans le monde entier. Elle possède officiellement un titre différent dans chacun de ses royaumes : Reine de Nouvelle-Zélande en Nouvelle-Zélande, reine des Tuvalu dans les Tuvalu, etc. Dans les îles Anglo-Normandes et l'île de Man qui sont des dépendances de la Couronne, elle est désignée respectivement par duc de Normandie et seigneur de Man. Dans certains territoires, son titre officiel comprend « défenseur de la foi » et « duc de Lancastre ».

Elle est connue successivement sous les titres de :

  • 21 avril 1926 : Son Altesse royale la princesse Élisabeth d'York
  • 11 décembre 1936 : Son Altesse royale la princesse Élisabeth
  • 20 novembre 1947 : Son Altesse royale la princesse Élisabeth, duchesse d’Édimbourg
  • 6 février 1952 : Sa Majesté la reine

Armes[modifier | modifier le code]

Du 21 avril 1944 (jour de ses 18 ans) à son couronnement, les armoiries d'Élisabeth II étaient composées d'un losange portant les armoiries royales du Royaume-Uni différenciées par un lambel de trois points argent ; le point central portant une rose Tudor et les deux autres, une croix de saint Georges[203]. À son accession au trône, elle hérita des diverses armoiries utilisées par son père durant son règne.

Figure Blasonnement
Coat of Arms of Elizabeth, Duchess of Edinburgh (1947-1952).svg Princesse du Royaume-Uni (1926-1952), duchesse d’Édimbourg (1947-1952)
Écartelé, en I et IV de gueules à trois léopards d'or armés et lampassés d'azur [Angleterre], en II d'or, au lion de gueules, au double trescheur fleuronné et contre-fleuronné du même [Écosse], en III d'azur, à la harpe d'or, cordée d'argent [Irlande] ; au lambel à trois pendants d'argent brochant, chargé en cœur d'une Rose Tudor, les deux autres chargés d'une croix de gueules.

Ajout de l'Ordre de la Jarretière en 1947.

Royal Coat of Arms of the United Kingdom.svg Reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande-du-Nord (depuis 1952)
Écartelé, en I et IV de gueules à trois léopards d'or armés et lampassés d'azur [Angleterre], en II d'or, au lion de gueules, au double trescheur fleuronné et contre-fleuronné du même [Écosse], en III d'azur, à la harpe d'or, cordée d'argent [Irlande..

Étendards[modifier | modifier le code]

La reine possède également des étendards et des drapeaux personnels dans les différents royaumes du Commonwealth[204].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ses parrains étaient le roi George V, la reine Mary, Lord Strathmore, Arthur, duc de Connaught (son arrière-grand-oncle paternel), la princesse Mary (sa tante paternelle) et Mary Elphinstone (sa tante maternelle)[3].
  2. La retransmission télévisée du couronnement joua un grand rôle dans le développement de ce mode de communication ; le nombre de foyers britanniques payant la redevance audiovisuelle passa à 3 millions[66] et beaucoup des 20 millions de spectateurs britanniques regardèrent la télévision pour la première fois chez leurs amis ou voisins[67]. En Amérique du Nord, près de 100 millions de personnes regardèrent les enregistrements de la cérémonie[68]. Pour que les spectateurs canadiens puissent voir la cérémonie le même jour, l'Aviation royale du Canada utilisa des avions à réaction pour transporter les bobines du film de la cérémonie au-dessus de l'Atlantique ; il y eut trois vols de ce type alors que la cérémonie se poursuivait[69].
  1. Bradford 2012, p. 22 ; Brandreth 2004, p. 103 ; Marr 2011, p. 76 ; Pimlott 2001, p. 2-3 ; Lacey 2002, p. 75-76 ; Roberts 2000, p. 74
  2. Hoey 2002, p. 40
  3. Brandreth 2004, p. 103 ; Hoey 2002, p. 40
  4. Brandreth 2004, p. 103
  5. Pimlott 2001, p. 12
  6. Lacey 2002, p. 56 ; Nicolson 1952, p. 433 ; Pimlott 2001, p. 14-16
  7. Crawford 1950, p. 26 ; Pimlott 2001, p. 20 ; Shawcross 2002, p. 21
  8. Brandreth 2004, p. 124 ; Lacey 2002, p. 62-63 ; Pimlott 2001, p. 24, 69
  9. Brandreth 2004, p. 108-110 ; Lacey 2002, p. 159-161 ; Pimlott 2001, p. 20, 163
  10. Brandreth 2004, p. 108-110
  11. Brandreth 2004, p. 105 ; Lacey 2002, p. 81 ; Shawcross 2002, p. 21-22
  12. Brandreth 2004, p. 105-106
  13. Bond 2006, p. 8 ; Lacey 2002, p. 76 ; Pimlott 2001, p. 3
  14. Lacey 2002, p. 97-98
  15. Ralph Assheton, « Succession to the Throne », The Times,‎ 18 décembre 1936, p. 10
  16. Marr 2011, p. 78, 85 ; Pimlott 2001, p. 71-73
  17. Brandreth 2004, p. 124 ; Crawford 1950, p. 85 ; Lacey 2002, p. 112 ; Marr 2011, p. 88 ; Pimlott 2001, p. 51 ; Shawcross 2002, p. 25
  18. « Her Majesty The Queen: Education », Royal Household (consulté le 31 mai 2010)
  19. Marr 2011, p. 84 ; Pimlott 2001, p. 47
  20. a et b Pimlott 2001, p. 54
  21. a et b Pimlott 2001, p. 55
  22. « Biography of HM Queen Elizabeth the Queen Mother: Activities as Queen », Royal Household (consulté le 28 juillet 2009)
  23. Crawford 1950, p. 104-114 ; Pimlott 2001, p. 56-57
  24. Crawford 1950, p. 114-119 ; Pimlott 2001, p. 57
  25. Crawford 1950, p. 137-141
  26. a et b « Children's Hour: Princess Elizabeth », BBC,‎ 13 octobre 1940 (consulté le 22 juillet 2009)
  27. « Early public life », Royal Household (consulté le 20 avril 2010)
  28. Pimlott 2001, p. 71
  29. London Gazette: (Supplement) no. 36973. p. 1315. 6 mars 1945.
  30. Bradford 2012, p. 45 ; Lacey 2002, p. 148 ; Marr 2011, p. 100 ; Pimlott 2001, p. 75
  31. London Gazette: (Supplement) no. 37205. p. 3972. 31 juillet 1945.
  32. Bond 2006, p. 10 ; Pimlott 2001, p. 79
  33. a, b et c « Royal plans to beat nationalism », BBC,‎ 8 mars 2005 (consulté le 15 juin 2010)
  34. Pimlott 2001, p. 71-73
  35. « Gorsedd of the Bards », National Museum of Wales (consulté le 17 décembre 2009)
  36. « 21st birthday speech », Royal Household (consulté le 28 juillet 2009)
  37. Brandreth 2004, p. 132-139 ; Lacey 2002, p. 124-125 ; Pimlott 2001, p. 86
  38. Bond 2006, p. 10 ; Brandreth 2004, p. 132-136, 166-169 ; Lacey 2002, p. 119, 126, 135
  39. Heald 2007, p. 77
  40. Phil Edwards, « The Real Prince Philip », Channel 4,‎ 31 octobre 2000 (consulté le 23 septembre 2009)
  41. Crawford 1950, p. 180
  42. Caroline Davies, « Philip, the one constant through her life », The Telegraph,‎ 20 avril 2006 (consulté le 23 septembre 2009)
  43. Heald 2007, p. xviii
  44. Hoey 2002, p. 55-56 ; Pimlott 2001, p. 101, 137
  45. London Gazette: no. 38128. p. 5495. 21 novembre 1947.
  46. a et b « 60 Diamond Wedding anniversary facts », Royal Household,‎ 18 novembre 2007 (consulté le 20 juin 2010)
  47. Hoey 2002, p. 58 ; Pimlott 2001, p. 133-134
  48. Hoey 2002, p. 59 ; Petropoulos 2006, p. 363
  49. Bradford 2012, p. 61
  50. Lettres patentes, 22 octobre 1948 ; Hoey 2002, p. 69-70 ; Pimlott 2001, p. 155-156
  51. Pimlott 2001, p. 163
  52. Brandreth 2004, p. 226-238 ; Pimlott 2001, p. 145, 159-163, 167
  53. Brandreth 2004, p. 240-241 ; Lacey 2002, p. 166 ; Pimlott 2001, p. 169-172
  54. Brandreth 2004, p. 245-247 ; Lacey 2002, p. 166 ; Pimlott 2001, p. 173-176 ; Shawcross 2002, p. 16
  55. Bousfield et Toffoli 2002, p. 72 ; Charteris cité dans Pimlott 2001, p. 179 et Shawcross 2002, p. 17
  56. Pimlott 2001, p. 178-179
  57. Pimlott 2001, p. 186-187
  58. Bradford 2012, p. 80 ; Brandreth 2004, p. 253-254 ; Lacey 2002, p. 172-173 ; Pimlott 2001, p. 183-185
  59. London Gazette: (Supplement) no. 41948. p. 1003. 5 février 1960.
  60. Brandreth 2004, p. 269-271
  61. Brandreth 2004, p. 269-271 ; Lacey 2002, p. 193-194 ; Pimlott 2001, p. 201, 236-238
  62. Bond 2006, p. 22 ; Brandreth 2004, p. 271 ; Lacey 2002, p. 194 ; Pimlott 2001, p. 238 ; Shawcross 2002, p. 146
  63. « Princess Margaret: Marriage and family », Royal Household (consulté le 8 septembre 2011)
  64. Bradford 2012, p. 82
  65. « 50 facts about The Queen's Coronation », Royal Household,‎ 25 mai 2003 (consulté le 14 avril 2011)
  66. Pimlott 2001, p. 207
  67. Asa Briggs, The History of Broadcasting in the United Kingdom: Volume 4, Oxford: Oxford University Press,‎ 1995 (ISBN 0-19-212967-8), p. 420 ff ; Pimlott 2001, p. 207 ; Roberts 2000, p. 82
  68. Lacey 2002, p. 182
  69. « 1953: Coronation of Queen Elizabeth II », Société Radio-Canada
  70. Lacey 2002, p. 190 ; Pimlott 2001, p. 247-248
  71. Cotton, Belinda; Ramsey, Ron, « By appointment: Norman Hartnell's sample for the Coronation dress of Queen Elizabeth II », Galerie nationale d'Australie (consulté le 4 décembre 2009)
  72. Marr 2011, p. 272
  73. Pimlott 2001, p. 182
  74. « Queen and Australia: Royal visits », Royal Household (consulté le 8 décembre 2009)
    « Queen and New Zealand: Royal visits », Royal Household (consulté le 8 décembre 2009)
    Marr 2011, p. 126
  75. Brandreth 2004, p. 278 ; Marr 2011, p. 126 ; Pimlott 2001, p. 224 ; Shawcross 2002, p. 59
  76. « Commonwealth visits since 1952 », Site officiel de la monarchie britannique
  77. « Outward State visits since 1952 », Site officiel de la monarchie britannique
  78. Challands, Sarah, « Queen Elizabeth II celebrates her 80th birthday », CTV News,‎ 25 avril 2006 (consulté le 13 juin 2007)
  79. Mike Thomson, « When Britain and France nearly married », BBC,‎ 15 janvier 2007 (consulté le 14 décembre 2009)
  80. Pimlott 2001, p. 255 ; Roberts 2000, p. 84
  81. Marr 2011, p. 175-176 ; Pimlott 2001, p. 256-260 ; Roberts 2000, p. 84
  82. Lacey 2002, p. 199 ; Shawcross 2002, p. 75
  83. Lord Altrincham dans la National Review cité par Brandreth 2004, p. 374 et Roberts 2000, p. 83
  84. Brandreth 2004, p. 374 ; Pimlott 2001, p. 280-281 ; Shawcross 2002, p. 76
  85. a et b Hardman 2011, p. 22 ; Pimlott 2001, p. 324-335 ; Roberts 2000, p. 84
  86. Roberts 2000, p. 84
  87. a et b « Queen and Canada: Royal visits », Royal Household (consulté le 12 février 2012)
  88. Bradford 2012, p. 114
  89. Bousfield et Toffoli 2002, p. 107
  90. Pimlott 2001, p. 303 ; Shawcross 2002, p. 83
  91. a et b Harold Macmillan, Pointing The Way 1959-1961 Londres, Macmillan,‎ 1972 (ISBN 0-333-12411-1), p. 466-472
  92. Robert Speaight, Vanier, Soldier, Diplomat, Governor General: A Biography, Londres, William Collins, Sons and Co. Ltd.,‎ 1970 (ISBN 978-0-00-262252-3)
  93. « Courage of the Queen », Canadian Royal Heritage Trust (consulté le 22 février 2010)
  94. Paul Dubois, « Demonstrations Mar Quebec Events Saturday », Montreal Gazette,‎ 12 octobre 1964, p. 1 (lire en ligne)
  95. Bousfield et Toffoli 2002, p. 139
  96. Dymond, Glenn, « Ceremonial in the House of Lords », House of Lords Library,‎ 5 mars 2010 (consulté le 5 juin 2010), p. 12
  97. « Public life 1962-1971 », Royal Household (consulté le 1 septembre 2011)
  98. Bond 2006, p. 66 ; Pimlott 2001, p. 345-354
  99. Bradford 2012, p. 181 ; Pimlott 2001, p. 418
  100. Bradford 2012, p. 181 ; Marr 2011, p. 256 ; Pimlott 2001, p. 419 ; Shawcross 2002, p. 109-110
  101. a et b Bond 2006, p. 96 ; Marr 2011, p. 257 ; Pimlott 2001, p. 427 ; Shawcross 2002, p. 110
  102. Pimlott 2001, p. 428-429
  103. Pimlott 2001, p. 449
  104. Hardman 2011, p. 137 ; Roberts 2000, p. 88-89 ; Shawcross 2002, p. 178
  105. Élisabeth II à son personnel, cité dans Shawcross 2002, p. 178
  106. Pimlott 2001, p. 336-337, 470-471 ; Roberts 2000, p. 88-89
  107. a, b, c, d et e Geoff Heinricks, « Trudeau: A drawer monarchist », National Post,‎ 29 septembre 2000, B12
  108. Pierre Elliott Trudeau, Memoirs, McLelland & Stewart,‎ 1993 (ISBN 0-7710-8588-5), p. 313
  109. « Queen's 'fantasy assassin' jailed », BBC,‎ 14 septembre 1981 (consulté le 21 juin 2010)
  110. Lacey 2002, p. 281 ; Pimlott 2001, p. 476-477 ; Shawcross 2002, p. 192
  111. Bond 2006, p. 115 ; Pimlott 2001, p. 487
  112. Shawcross 2002, p. 127
  113. Lacey 2002, p. 297-298 ; Pimlott 2001, p. 491
  114. « Michael Fagan: 'Her nightie was one of those Liberty prints, down to her knees' », The Independent,‎ 19 février 2012 (lire en ligne)
  115. Bond 2006, p. 188 ; Pimlott 2001, p. 497
  116. Pimlott 2001, p. 488-490
  117. Pimlott 2001, p. 521
  118. Pimlott 2001, p. 503-515 ; voir aussi Neil 1996, p. 195-207 et Shawcross 2002, p. 129-132
  119. Thatcher à Brian Walden cité dans Neil 1996, p. 207 ; Andrew Neil cité dans le journal de Woodrow Wyatt (en) du 26 octobre 1990 (Woodrow Wyatt, The Journals of Woodrow Wyatt: Volume II, Londres, Macmillan,‎ 1999 (ISBN 0-333-77405-1))
  120. Campbell 2003, p. 467
  121. Margaret Thatcher, The Downing Street Years, Londres, HarperCollins,‎ 1993 (ISBN 0-00-255049-0), p. 309
  122. Roberts 2000, p. 101 ; Shawcross 2002, p. 139
  123. a et b (en) John Geddes, « The day she descended into the fray », Maclean's, Rogers Communications,‎ 2012, p. 72
  124. a et b Ken MacQueen et Patricia Treble, « Special Commemorative Edition: The Diamond Jubilee: Celebrating 60 Remarkable years », Maclean's, Rogers Communications,‎ 2012, p. 43-44
  125. Pimlott 2001, p. 515-516
  126. Pimlott 2001, p. 519-534
  127. Hardman 2011, p. 81 ; Lacey 2002, p. 307 ; Pimlott 2001, p. 522-526
  128. Lacey 2002, p. 293-294 ; Pimlott 2001, p. 541
  129. Pimlott 2001, p. 538
  130. « Annus horribilis speech, 24 November 1992 », Royal Household (consulté le 6 août 2009)
  131. Lacey 2002, p. 319 ; Marr 2011, p. 315 ; Pimlott 2001, p. 550-551
  132. Stanglin, Doug, « German study concludes 25,000 died in Allied bombing of Dresden », USA Today,‎ 18 mars 2010 (consulté le 19 mars 2010)
  133. Brandreth 2004, p. 377 ; Pimlott 2001, p. 558-559 ; Roberts 2000, p. 94 ; Shawcross 2002, p. 204
  134. Brandreth 2004, p. 377
  135. Bradford 2012, p. 229 ; Lacey 2002, p. 325-326 ; Pimlott 2001, p. 559-561
  136. Bradford 2012, p. 226 ; Hardman 2011, p. 96 ; Lacey 2002, p. 328 ; Pimlott 2001, p. 561
  137. Pimlott 2001, p. 562
  138. Brandreth 2004, p. 356 ; Pimlott 2001, p. 572-577 ; Roberts 2000, p. 94 ; Shawcross 2002, p. 168
  139. Sondage Mori pour The Independent en mars 1996, cité dans Pimlott 2001, p. 578 et Jack O'Sullivan, « Watch out, the Roundheads are back », The Independent,‎ 5 mars 1996 (lire en ligne)
  140. Pimlott 2001, p. 578
  141. Brandreth 2004, p. 357 ; Pimlott 2001, p. 577
  142. Brandreth 2004, p. 358 ; Hardman 2011, p. 101 ; Pimlott 2001, p. 610
  143. Bond 2006, p. 134 ; Brandreth 2004, p. 358 ; Marr 2011, p. 338 ; Pimlott 2001, p. 615
  144. Bond 2006, p. 134 ; Brandreth 2004, p. 358 ; Lacey 2002, p. 6-7 ; Pimlott 2001, p. 616 ; Roberts 2000, p. 98 ; Shawcross 2002, p. 8
  145. Brandreth 2004, p. 358-359 ; Lacey 2002, p. 8-9 ; Pimlott 2001, p. 621-622
  146. a et b Bond 2006, p. 134 ; Brandreth 2004, p. 359 ; Lacey 2002, p. 13-15 ; Pimlott 2001, p. 623-624
  147. Bond 2006, p. 156 ; Bradford 2012, p. 248-249 ; Marr 2011, p. 349-350
  148. Brandreth 2004, p. 31
  149. Bond 2006, p. 166-167
  150. Bond 2006, p. 157
  151. « Queen cancels visit due to injury », BBC,‎ 26 octobre 2006 (consulté le 8 décembre 2009)
  152. Greenhill, Sam; Hope, Jenny, html « Plaster on Queen's hand: minor cut or IV drip? », Daily Mail,‎ 6 décembre 2006 (consulté le 8 décembre 2009)
  153. Whittaker, Thomas, « Corgi put the queen in plaster », The Sun,‎ 14 décembre 2006 (consulté le 18 août 2011)
  154. Alderson, Andrew, « Revealed: Queen's dismay at Blair legacy », The Telegraph,‎ 28 mai 2007 (consulté le 31 mai 2010)
  155. Alderson, Andrew, « Tony and Her Majesty: an uneasy relationship », The Telegraph,‎ 27 mai 2007 (html lire en ligne)
  156. « Historic first for Maundy service », BBC,‎ 20 mars 2008 (consulté le 12 octobre 2008)
  157. Bradford 2012, p. 253
  158. « Address to the United Nations General Assembly », Royal Household,‎ 6 juillet 2010 (consulté le 6 juillet 2010)
  159. « Queen addresses UN General Assembly in New York », BBC,‎ 7 juillet 2010 (consulté le 7 juillet 2010)
  160. « Royal tour of Australia: The Queen ends visit with traditional 'Aussie barbie' », The Telegraph,‎ 29 octobre 2011 (consulté le 30 octobre 2011)
  161. « The Queen's Diamond Jubilee message », Royal Household (consulté le 31 mai 2012)
  162. Eleanor Gower, « A royal match! Glamorous Prince Edward and Sophie wear co-ordinated outfits as they attend Barbados state dinner », Daily Mail,‎ 24 février 2012 (lire en ligne)
  163. « Prince Harry pays tribute to the Queen in Jamaica », BBC,‎ 7 mars 2012 (consulté le 31 mai 2012)
  164. « Their Royal Highnesses The Prince of Wales and The Duchess of Cornwall to Undertake a Royal Tour of Canada in 2012 », Office of the Governor General of Canada,‎ 14 décembre 2011 (consulté le 31 mai 2012)
  165. « How James Bond whisked the Queen to the Olympics », BBC
  166. « Opening of the Olympic and Paralympic Games », Royal Household (consulté le 1 mars 2012)
  167. « Canada's Olympic Broadcast Media Consortium Announces Broadcast Details for London 2012 Opening Ceremony, Friday », Bellmediapr.ca,‎ 24 juillet 2012 (consulté le 30 juillet 2012)
  168. « Queen Attends Cabinet Meeting For Jubilee Celebration », Huffington Post
  169. « UK to name part of Antarctica Queen Elizabeth Land », BBC,‎ 18 décembre 2012
  170. Brandreth 2004, p. 370-371 ; Marr 2011, p. 395
  171. Glen Owen et Martin Smith, « Key aides move to Windsor ahead of Queen's retirement », The Mail on Sunday,‎ 18 novembre 2006 (lire en ligne)
  172. « Élisabeth II, Le plus vieux monarque d'Angleterre », Radio télévision suisse,‎ 20 juin 2010
  173. « Queen 'will do her job for life' », BBC,‎ 19 avril 2006 (consulté le 4 février 2007)
    Shawcross 2002, p. 194-195
  174. « How we are organised », Church of Scotland (consulté le 4 août 2011)
  175. « Queen and Charities », Royal Household (consulté le 29 juin 2010)
  176. « 80 facts about The Queen », Royal Household (consulté le 20 juin 2010)
  177. Karen Bush, Everything Dogs Expect You To Know, Londres, New Holland Publishers (ISBN 978-1-84537-954-4, lire en ligne), p. 115
  178. « Hug for Queen Elizabeth's first corgi », The Telegraph,‎ 1er octobre 2007 (lire en ligne)
  179. Bond 2006, p. 22
  180. Bond 2006, p. 35 ; Pimlott 2001, p. 180 ; Roberts 2000, p. 82 ; Shawcross 2002, p. 50
  181. Bond 2006, p. 35 ; Pimlott 2001, p. 280 ; Shawcross 2002, p. 76
  182. Bond 2006, p. 66-67, 84, 87-89 ; Bradford 2012, p. 160-163 ; Hardman 2011, p. 22, 210-213 ; Lacey 2002, p. 222-226 ; Marr 2011, p. 237 ; Pimlott 2001, p. 378-392 ; Roberts 2000, p. 84-86
  183. Jess Cartner-Morley, « Elizabeth II, belated follower of fashion », The Guardian,‎ 10 mai 2007 (lire en ligne)
  184. Bond 2006, p. 97 ; Bradford 2012, p. 189 ; Pimlott 2001, p. 449-450 ; Roberts 2000, p. 87 ; Shawcross 2002, p. 114-117
  185. Bond 2006, p. 117 ; Roberts 2000, p. 91
  186. Bond 2006, p. 134 ; Pimlott 2001, p. 556-561, 570
  187. Bond 2006, p. 134 ; Pimlott 2001, p. 624-625
  188. Hardman 2011, p. 310 ; Lacey 2002, p. 387 ; Roberts 2000, p. 101 ; Shawcross 2002, p. 218
  189. « Monarchy poll », Ipsos MORI,‎ avril 2006 (consulté le 24 juillet 2009)
  190. « Monarchy Survey », Populus Ltd,‎ 14-16 décembre 2007 (consulté le 17 août 2010), p. 9
  191. « Poll respondents back UK monarchy », BBC,‎ 28 décembre 2007 (consulté le 17 août 2010)
  192. « Vincies vote « No » », BBC,‎ 26 novembre 2009 (consulté le 26 novembre 2009)
  193. Tatiana Serafin, « The World's Richest Royals », Forbes,‎ 7 juillet 2010 (lire en ligne)
  194. Lord Chambellan David Ogilvy cité dans Hoey 2002, p. 225 et Pimlott 2001, p. 561
  195. Valeur calculée sur le site Measuring Worth
  196. « £2m estimate of the Queen's wealth 'more likely to be accurate' », The Times,‎ 11 juin 1971, p. 1
  197. Pimlott 2001, p. 401
  198. « FAQs », Royal Collection (consulté le 29 mars 2012)
    « Royal Collection », Royal Household (consulté le 9 décembre 2009)
  199. a et b « The Royal Residences: Overview », Royal Household (consulté le 9 décembre 2009)
  200. « Accounts, Annual Reports and Investments », Duchy of Lancaster,‎ 18 juillet 2011 (consulté le 18 août 2011)
  201. « Financial Information », The Crown Estate,‎ 6 juillet 2011 (consulté le 1 septembre 2011)
  202. « FAQs », Crown Estate (consulté le 1 septembre 2011)
  203. « Heraldry Traditions », Lieutenant Governor of British Columbia,‎ 2007 (consulté le 21 juin 2010)
  204. « Personal flags », Royal Household (consulté le 21 juin 2010)


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :