Élisabeth Alexandrovna Stroganoff

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Portrait par Robert Lefèvre (c. 1800-1805), Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage.
Monument funéraire des Demidoff au Père-Lachaise

La baronne Élisabeth Alexandrovna Strogonoff, madame puis comtesse Nicolas Demidoff, est une aristocrate russe née le 5 février 1779 et morte à Paris le 8 avril 1818.

Biographie[modifier | modifier le code]

À seize ans, en septembre 1795, elle épouse Nicolas Demidoff en Toscane, créé comte en 1827. Elle lui donne deux fils : le comte Pavel (Paul, 1798-1840) et Anatoly (Anatole, 1812-1869), créé prince de San Donato en 1840.

Nicolas Demidoff entra dans la diplomatie et le jeune ménage s'installa à Paris où tous deux soutinrent ardemment Napoléon Ier. Mais la montée des tensions entre la France et la Russie entraîna le rappel de Nicolas dès 1805. Le couple s'installa d'abord en Italie avant de rentrer en Russie en 1812 et de s'installer à Moscou.

Les deux époux avaient des caractères assez dissemblables et vivaient assez souvent éloignés l'un de l'autre. Belle, légère et gaie, Élisabeth Alexandrovna s'ennuyait avec son mari. Après la naissance d'Anatole en 1812, ils se séparèrent et elle retourna vivre à Paris où elle mourut en 1818. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise à Paris dans un beau monument à colonnades (architectes Jaunet et Chatillon).

Après sa mort[modifier | modifier le code]

« Ici reposent les cendres d'Elisabeth Démidoff née Baronne de Strogonoff. Décédée le 8 avril 1818. »

Le gigantesque et somptueux mausolée de la baronne russe Élisabeth Alexandrovna Stroganoff dans la 19e division du cimetière du Père-Lachaise, auquel on parvient par de larges escaliers de pierre, serait, paraît-il, un lieu d'accès direct aux enfers.

Une interview du conservateur du Père Lachaise par Adolphe Brisson, parue dans le journal Le Temps en date du 2 novembre 1896[1], nous éclaire sur la légende de la princesse russe: « Elle naquit, voilà quelques années, à la troisième page d'un journal boulevardier. On y racontait, en termes mystérieux, dans le style amphigourique des romans feuilletons, qu'une grande dame moscovite, immensément riche, s'était fait enterrer au Père-Lachaise. On décrivait son monument, une colonne surmontée d'un dôme polychrome, et sa chapelle dallée de marbre précieux, et son cercueil en cristal de roche. On ajoutait que la princesse avait déposé son testament chez un notaire de Paris et qu'elle léguait la totalité de sa fortune (approximativement deux millions de roubles) à la personne de bonne volonté qui consentirait, pendant 365 jours et 366 nuits, à s'enfermer auprès de son corps dans la solitude du caveau, et à ne s'en éloigner sous aucun prétexte. La princesse désirait être veillée sans interruption ; elle ne s'opposait pas à ce qu'on fît à côté d'elle plantureuse chère, à ce qu'on lût des livres amusants. Mais il ne fallait point la quitter d'une seconde. Elle mettait cette condition expresse à ses libéralités. »

Adolphe Brisson termine l'article: « Cette fable, renouvelée de Sheherazade, fut reproduite un peu partout en France, en Europe, en Amérique. Le conservateur a reçu des milliers de lettres lui demandant des renseignements sur la féérique princesse, et s'inquiétant des conditions à remplir pour devenir son héritier. Et l'on continue de lui écrire. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. Disponible sous Gallica Journal Le Temps du 2 novembre 1896

Article connexe[modifier | modifier le code]